Espace d'expression pour
construire l'avenir du Rwanda
Bulletin du Rassemblement pour le Retour des
Réfugiés et la Démocratie au Rwanda
No. 9, Avril
2000
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SOMMAIRE
2. UN GÉANT NE FAIT JAMAIS UN PETIT PAS 3. PLAIDOYER POUR LA PRÉSERVATION DU DROIT D'ASILE AUX RESSORTISSANTS RWANDAIS |
Dans son discours d'investiture, le Général Paul Kagame a reconnu qu'il y a encore des réfugiés rwandais, et les a invités à rentrer au pays. Actuellement, le nouveau Chef de l'Etat rwandais n'a plus de boucs émissaires et doit entièrement assumer les responsabilités des malheurs qui continuent à s'abattre sur notre peuple. Nous voudrions saisir cette occasion pour lui rappeler que depuis que le FPR est au pouvoir à Kigali, il est resté sourd aux multiples appels au dialogue et à la réconciliation de toutes les composantes de la société rwandaise, alors que le dialogue constitue un préalable pour panser les plaies des uns et des autres, réconcilier les cœurs et jeter les bases d'une paix durable. Le Général Paul Kagame devrait se rappeler que, lors du Sommet Régional de Dar Es-Salaam du 19 février 1991 sur les réfugiés rwandais, tous les participants, étaient tombés d'accord qu'il n'y aurait jamais eu de paix durable au Rwanda tant que tous les réfugiés n'auraient pas joui de leur droit inaliénable au retour et qu'un dialogue politique n'aurait pas été établi entre le FPR et le Gouvernement rwandais de l'époque. Ce qui était valable pour les anciens réfugiés, l'est aussi bien pour les réfugiés d'aujourd'hui. C'est l'intransigeance des extrémistes du FPR et son sectarisme qui empêchent la réalisation des conditions minimales pour le retour volontaire et pacifique des réfugiés. Ces conditions sont les suivantes :
La rédaction.
 
Par Ndereyehe Charles : Président du RDR et Premier vice-Président de l'UFDR
L'Union des Forces Démocratiques Rwandaises (UFDR), Coalition constituée des Forces de Résistance pour la Démocratie (FRD), du Groupe d'Initiative pour la Réconciliation (GID) et du Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda ( RDR), est devenue une réalité. Ce qui était hier jugé impossible, est devenu aujourd'hui possible. En effet, l'UFDR vient de tenir son premier congrès et a réussi à faire asseoir autour d'une même table, des adversaires politiques qui, hier, se considéraient à tort comme des ennemis jurés. Des rwandais qui ont beaucoup plus de choses qui les rassemblent, que des choses qui les divisent. Des rwandais qui, malgré tout ce qui s'est passé, doivent de toutes les façons partager le même pays. Des rwandais qui luttent pour que tout un chacun soit rassuré, vive en sécurité, ne soit victime ni de son opinion politique, ni de son ethnie, ni de sa région, ni de son rang social. Des rwandais qui refusent qu'on ne se sente sécurisé que par un pouvoir appartenant à son ethnie et/ou à sa région.
En dates du 19 et 20 septembre 1998, les démocrates rwandais de différentes ethnies, de toutes les tendances et sensibilités : Républicains et Monarchistes, du Nord et du Sud, ex-partisans des partis cdr-mdr-mrnd-pdc-peco-pl-psd-fpr, s'étaient assis autour d'une table pour étudier ensemble comment restaurer au Rwanda un Etat de droit fondé sur une démocratie pluraliste. Cet événement historique avaient rassemblé des représentants des FRD, du GID, du RDR, du RNLM (Rwanda Liberation Movement) et de l'UNAR (Union Nationale Rwandaise). Ils ont analysé ensemble comment consolider une opposition commune et unifiée face au pouvoir dictatorial instauré par le FPR à Kigali. Il a été prouvé à cette occasion que des rwandais pouvaient s'accepter mutuellement dans leurs différences et discuter de l'avenir de leur pays. Ce n'est donc plus un mythe penser que des hutu, des tutsi et des twa, des rwandais de différentes tendances idéologiques peuvent s'asseoir ensemble, se parler, résoudre leurs contentieux et construire le Rwanda ensemble pour un meilleur avenir des générations futures.
C'est pourquoi les participants à cette réunion constitutive de l'UFDR se sont mis d'accord sur une plate-forme minimale commune suivante:
Ce fut ici la première victoire du RDR. Car en effetconscient que le dialogue, la tolérance et l'acceptation mutuelle entre les différentes composantes ethniques, régionales, sociales et politiques sont des préalables à une paix durable au Rwanda,le RDR a toujours lutté pour que les rwandais dépassent leurs différences afin de pouvoir discuter de l'avenir de leur pays, d'œuvrer pour la mise en place d'institutions représentatives de toutes les composantes de la population et garantes de la sécurité et des libertés individuelles de chaque citoyen, dans le cadre d'une démocratie pluraliste.
Dès sa création, le RDR se voulait être une organisation rassembleur, pour reconstituer les forces morales et politiques des rwandais, en vue de rendre au peuple rwandais sa dignité perdue, de réconcilier ses différentes composantes et de réaliser l'unité nationale. Cependant , dès sa naissance , le RDR a été diabolisé par le régime instauré par le FPR au Rwanda et par ses alliés tant rwandais qu'étrangers, pour le seul fait qu'il désapprouvait la situation créée par la guerre déclenchée par le FPR, en plus de l'exclusion de la majorité de la population et de la mainmise du FPR sur toutes les Institutions du pays et sur tous les rouages du pouvoir . Ceci explique en partie pourquoi les alliés rwandais du FPR de l'intérieur qui ont continué à fuir la dictature du FPR, après mille déceptions, ont préféré créer d'autres organisations, bien que le RDR ait été resté toujours ouvert aussi bien aux "anciens" qu'aux "nouveaux" réfugiés, ainsi qu'aux Tutsi, Hutu et Twa. Les membres du RDR ont été ainsi victimes d'avoir compris tout de suite ce que les autres ont mis du temps pour comprendre.
Le RDR ne peut donc que se réjouir du couronnement de tant d'années d'efforts. Il serait donc irresponsable, utopique et intellectuellement malhonnête de réclamer le dialogue et la réconciliation avec les extrémistes du FPR, si ceux qui ont fui ou fuient encore la dictature du FPR, si ceux qui se réclament des démocrates et qui prétendent lutter contre la marginalisation et l'exclusion, ne peuvent pas dialoguer, se réconcilier, et établir les règles de jeu politique pour instaurer un Etat de droit et une société démocratique qui garantisse la sécurité juridique à tout un chacun.
Actuellement le FPR a instauré un monopartisme de fait, les partis politiques de l'intérieur sont muselés, la répression contre l'opposition intérieure est toujours sanguinaire, et la justice est pratiquement inexistante. La diaspora rwandaise reste donc la seule capable de continuer la lutte sur tous les fronts, mais il manquait un cadre de concertation des organisations politiques pour coordonner leurs actions. Ainsi, le peuple rwandais vient de gagner un pari par la mise en place l'UFDR et en faisant un FORUM où les démocrates des différentes tendances politiques se côtoient et acceptent de travailler ensemble. L'UFDR vient de prouver que les rwandais sont capables de se dépasser, de se réconcilier, de ne pas s'alourdir sur le passé, de ne pas se limiter à se culpabiliser et/ou de s'auto flageller, mais plutôt de donner la priorité à l'avenir et à la construction d'une société nouvelle qui permette tout le peuple rwandais de vivre en harmonie.
Le RDR salue donc cette consolidation de la coalition qui, tout en permettant à chacun de garder son identité, galvanise l'opposition démocratique et crée la synergie entre ses membres. Il faut maintenant, plus que jamais, une concertation et une coordination contre un pouvoir qui vient de confirmer son caractère militaire et dictatorial en nommant le Général Kagame Paul comme Président de la IIIème République. Après tant d'hésitations, la dictature du FPR n'a plus besoin de masques des Hutus pour s'imposer. Avec le départ de Bizimungu Pasteur et de Rwigema, sur le pas de Kanyarengwe et tant d'autres qui les ont précédés, le monde vient de réaliser que, ce que le RDR a toujours dit, était une pure vérité.
Le RDR se félicite du nouveau pas de géant que vient de faire l'UFDR. Conformément aux articles 3 et 5 de son Statut et des articles 16 et 18 de son Règlement d'Ordre Intérieur, l'UFDR est une COALITION des organisations politiques. Pour mieux coordonner l'action de l'opposition contre le FPR en vue de réhabiliter le peuple rwandais, lui rendre sa dignité, impulser des réformes structurelles à même de réconcilier durablement les rwandais, consolider la cohésion nationale, instaurer l'Etat droit à travers des institutions démocratiques et républicaines, et mettre définitivement fin au conflit rwandais en collaboration avec les autres peuples de la sous-région, l'UFDR doit continuer ses efforts de contacter les autres organisations pour élargir le cercle et viser l'unicité de l'action. Sans mettre en danger son identité et son idéologie, le RDR fera tout ce qui est de son pouvoir pour que l'UFDR consolide l'opposition démocratique contre la dictature du FPR.
Par Musabyimana Gaspard
Le 20 ème siècle laisse la population rwandaise dans le désarroi. Celle-ci entame ainsi avec amertume le nouveau siècle et le nouveau millénaire.
Actuellement, des échos nous parviennent comme quoi les pays occidentaux ayant accueilli les réfugiés rwandais auraient l'intention de les rapatrier, sous prétexte que le Rwanda serait redevenu un pays pacifique et démocratique. Ce projet risque d'en ajouter au sort macabre de la population rwandaise maintenue dans une dictature et une misère indescriptibles. En effet, au Rwanda, la répression n'a jamais arrêté. Au contraire elle s'est amplifiée avec les années. De nouvelles méthodes d'oppression ont vu le jour et le pouvoir se dissimule derrière un simulacre de légalité.
Rappelons que depuis l'attaque du Rwanda en octobre 1990 par le FPR à partir de l'Uganda, un nombre croissant des civils innocents n'a cessé d'être exterminé partout avec l'avancée de cette rébellion. On se souviendra des actes atroces et criminels qu'ont connu les populations des communes Kivuye, Kiyombe, Butaro et Kidaho (des préfectures de Byumba et Ruhengeri) ; suivis d'actes ignobles contre les opposants politiques du FPR dans la sous préfecture de Kirambo et partout ailleurs dans le pays ; la cruauté du FPR dont ont été victimes les déplacés de guerre, partout où ils s'installaient sur leur passage de l'exil, en l'occurrence les déplacés du camp de Nyacyonga près de la capitale du Rwanda. En un mot de Byumba jusqu'à Kigali, le FPR a marché sur les cadavres pour prendre le pouvoir.
Il faut ajouter le comportement du FPR depuis 1994 après la prise du pouvoir à Kigali laquelle le conduit à réaliser son plan machiavélique lequel se poursuit sous le regard indifférent de la communauté internationale. La prise du pouvoir par le FPR a causé l'exil de plusieurs milliers de rwandais. Ils fuyaient les atrocités, les tortures et les mauvais traitements dont ce front s'est toujours rendu coupable. Sur son passage et dans tout le pays, le FPR ravageait tout. D'aucuns se rappellent encore du carnage délibéré de Kibeho où plus de 8.000 personnes ont été massacrées sans parler des massacres des populations civils attestés entre autres par le rapport de Gersony.
Aujourd'hui, les disparitions, les formes de traitements cruels, dégradants et répugnants, la détention arbitraire dans des milieux tenus secrets et inaccessibles par les familles des prisonniers, sont le lot quotidien des détenus. Ces conditions inhumaines de détention provoquent des dommages corporels graves allant jusqu'à l'amputation des membres inférieurs. Des rapports des ONG crédibles sont là pour l'attester. (voir par exemple : Rapport 1999 d'Amnesty Internationale p 321-324).
La transgression de la loi et le non-respect des principes fondamentaux des droits de l'homme et des droits humains sont devenus monnaie courante au Rwanda. Sous la couverture des lois injustes et fantômes, le pouvoir militaire du FPR d'écrase et d'assujettit la population. La cour "suprême" n'a pas la possibilité de défendre la cause juridique ; la législation et la justice se résolvent à se plier devant la dictature instaurée par le pouvoir militaro-politique de Kigali. ( Cfr :Témoignage de M. NTEZIRYAYO Faustin ex-ministre de la justice au gouvernement du FPR, actuellement en exil Ottawa, Canada, in. DIALOGUE N° 213 Novembre-Décembre 1999).
Actuellement, le gouvernement du FPR envisage recourir à un organe coutumier et occulte appelé " GACACA" pour juger des personnes incarcérées et " présumées génocidaires ". Des personnes illettrées devront prendre de grandes décisions dans des procès impliquant la vie humaine. Il est curieux de savoir quelle sera la composition de ces organes qui seront basés sur les collines où les hutu sont tous traités de "génocidaires". Cette décision couvre un grand danger et une ambition morbide de vouloir en finir avec la masse des hutu qui croupit dans des prisons, cachots, conteneurs et autres lieux tenus secret. Ceci justifie l'effondrement de l'espoir d'avoir une justice équitable au Rwanda. Cette incertitude judiciaire et l'absence de toute garantie de droit humain viennent s'ajouter la peine de mort que le gouvernement rwandais a érigé en règle.
Toute initiative de loi ne sert que l'agenda politique de la machine militaro-politique du FPR. Celui-ci se préoccupe de consolider son pouvoir et d'asseoir son hégémonie sur le pays en éliminant physiquement les opposants politique et d'autres leaders d'opinion ayant une certaine influence au sein de la population. Les organes judiciaires et les commissions "chargées de veiller sur le respect des droits de la personne humaine" sont composés et taillés sur juste mesure de servir les causes politiques du pouvoir.
Comme par le passé, nombreuses sont les personnes qui fuient les persistantes atrocités du FPR : ministres, magistrats, parlementaires, diplomates,... Ce ne sont là que de grandes figures, le bas peuple lui reste suffisamment écrasé et abandonné à lui seul. Certains hauts dignitaires qui restent dans le pays ont aussi pris leurs stratégies qui mettent en doute les affirmations par le régime de Kigali. L'ex-Premier Ministre M. Pierre Célestin RWIGEMA avait pris soins d'envoyer ses enfants en Allemagne, l'ex chef d'Etat Major M. Marcel GATSINZI a dépêché toute sa famille en France, Assiel KABERA, qui vient d'être assassiné à Kigali avait placé toute sa famille aux USA. Quant à M. Marc RUGENERA, l'ancien ministre des finances, ses enfants se trouvent à Namur (Belgique). Beaucoup d'autres personnalités ont fait de même pour prévenir le pire.
Beaucoup de jeunes, souvent mineurs, sont envoyés contre leur gré au champ de bataille en RDC et d'autres en Angola dans les rangs de l'UNITA. Des informations nous parviennent que les filles et femmes sont fréquemment violées et les biens de la population spoliés surtout par la milice du FPR.
Les publications interminables des listes sauvages des hutu à exterminer ou à condamner pour l'éternité démontrent l'acharnement et la cruauté du FPR. Il suffit tout simplement d'être repéré comme étant capable de résister aux différentes manipulations et manigances du FPR pour apparaître sur la liste. L'exemple le plus parlant est celui de l'actuel préfet de Ruhengeri Boniface RUCAGU contre qui le FPR s'acharnait depuis bien longtemps. Il figure même sur des premières listes des présumés massacreurs de 1994. Il a suffi qu'il se range dans le camp du FPR pour être rayé de la nouvelle liste. Par contre les collaborateurs d'hier qui lui ont faussé compagnie se trouvent aujourd'hui sur les listes des "génocidaires". Le cas du Général RUSATIRA est éloquent à ce sujet.
La terreur entretenue par le FPR contre la population rwandaise est loin de prendre fin. Le FPR est déterminé à faire souffrir ou à faire disparaître tous ceux qui contestent sa dictature. Les propos de l'ex-Président du conseil d'Etat et vice-président de la cour suprême M. Alype NKUNDIYAREMYE sont illustratifs à ce sujet : "On dirait que le génocide de 1994, qui est devenu un véritable fonds de commerce pour justifier même qu'il est permis au FPR d'opérer les plus horribles crimes d'extermination systématique d'un groupe ethnique, est le seul aspect qui est considéré actuellement par les techniciens du droit international humanitaire… ; " (Note sur la situation socio-politique du Rwanda actuel, Bilan catastrophique de 5 ans du régime FPR p.34 ). Le projet de blanchir le régime de Kigali est actuellement sur la table des instances décisionnelles de certains pays comme la Suisse. Il ne vise qu'à accentuer le malheur des réfugiés déjà diabolisés et qui risquent d'être conduits à la guillotine si la situation qui prévaut au Rwanda n'est pas considérée à sa juste mesure.
Les témoignages de Messieurs Alype Nkundiyaremye et Faustin Nteziryayo qui sont des plus récents et fiables, reflètent un Etat dont la situation est en parfaite dégradation : la démocratie est totalement massacrée et tournée en dérision, les partis politiques ont été soumis à des conditions de soit servir la cause du FPR ou de disparaître de la scène politique.
Les violences à l'égard des populations innocentes ont culminé par le massacre de plus de 200.000 réfugiés hutu en RDC. Les rescapés, ramenés de force au Rwanda, éprouvent de sérieux problèmes : famine, épidémies. La politique de villagisation cache mal une grande ambition d'anéantir physiquement et moralement toute la population hutu dans des camps de concentration. Ce sont ces camps de concentration qui permettent au FPR d'effectuer un contrôle systématique et rigoureux de toute la population hutu après l'avoir contraint d'abandonner ses biens sans être indemnisée et conduite dans des endroits non aménagés à cet effet. Ces cas constituent encore une autre forme d'emprisonnement. En effet, les gens ne circulent pas librement dans ces camps. Les agriculteurs ne sont plus libres d'aller dans leurs champs sans être accompagné de militaire, les camps sont aussi inondés de cadres paramilitaires (Abakada) qui sont en outre le rouleau compresseur et la machine à tuer du FPR. Ceux-ci opèrent nuitamment des tris réguliers de personnes qui ne réapparaissent plus. Ces camps servent également de contraindre les enfants hutu à ne plus fréquenter l'école suite à la pauvreté grandissante qui leur est imposée..
N'est-il pas hypocrite voire cynique de déclarer un pays comme le Rwanda, dont le portrait est très sombre comme nous venons de le voir, comme étant un pays sans risque ?
Aux hommes de bonne volonté échoit la grande responsabilité d'exiger que le Rwanda se mette au diapason des droits de l'homme et de la démocratie au lieu d'envoyer un peuple malheureux vers une mort certaine.
RÉSOLUTIONS ET RECOMANDATIONS
Réuni en son Premier Congrès ordinaire à Bruxelles les 11 et 12 mars 2000, le Congrès de l'Union des Forces Démocratiques Rwandaises a pris les résolutions et recommandations suivantes :
Structure et Organisation de l'Union
Considérant que la réussite de l'Union dépend de sa structure et de la performance de son organisation ;
Constatant la dispersion et l'émiettement des initiatives ainsi que des efforts dans la recherche de solution aux problèmes rwandais ;
Convaincu de l'efficacité d'une plus grande cohésion dans les actions de lutte à mener ;
Le Congrès recommande que la fusion des Organisations membres de l'UFRD soit effective dans les délais de six mois,
invite à cette fin les Organisations respectives à prendre les mesures nécessaires pour mettre en œuvre les modalités de mise en application de cette recommandation.
Le Congrès décide de créer un comité ad hoc chargé d'assurer le suivi et conseil au cours de ce processus.
Justice et le TPIR
2. Réaffirmamt sa condamnation du génocide du peuple rwandais et demandant le jugement de tous les responsables de ce crime ;
Surpris par l'accréditation à Arusha, auprès du TPIR, d'un émissaire du Gouvernement rwandais, partie intéressée puisque comprenant des présumés coupables de crimes contre l'humanité et capable de paralyser les travaux de ce Tribunal sensé assurer une justice équitable et impartiale ;
Le Congrès recommande aux Nations Unies la création d'une Commission "Justice et vérité " avec mandat - de collaborer avec le TPIR dans la recherche et collecte de témoignages en vue d'une justice équitable et - de collaborer avec toutes les organisations, Institutions ou Etats qui œuvrent pour l'établissement de la vérité sur les causes et les conséquences du drame rwandais.
3. Considérant les graves présomptions sur la responsabilité du FPR dans l'assassinat des deux Chefs d'Etat rwandais et burundais et leurs suites ministérielles le 6 avril 1994 et dont la presse internationale fait actuellement un large écho ;
Le Congrès recommande aux Nations Unies et au TPIR de poursuivre jusqu'à son terme l'enquête sur cet assassinat afin de traduire en justice les responsables de ce crime odieux déclencheur du génocide du peuple rwandais.
Les droits de l'homme au Rwanda
4. Déplorant la violation grave et persistante des droits humains entretenue au Rwanda ;
Le Congrès recommande à la communauté internationale de restaurer le monitoring international des droits de l'homme au Rwanda, et d'appuyer les Organisations de promotion et de défenses de ces droits.
5. Condamnant la compilation de mensonges et l'amalgame délibérés entretenus par le FPR sur le drame rwandais ;
Le Congrès demande à la communauté Internationale de créer en toute priorité une Commission d'enquête indépendante sur les origines et les conséquences du drame rwandais, à l'instar de la Commission d'enquête indépendante de l'ONU sur ses propres responsabilitéS dans le génocide rwandais.
6. Profondément préoccupé par une surpopulation carcérale excessive de plus de 150.000 êtres humains dans les prisons mouroirs rwandaises dans des conditions inhumaines depuis bientôt 6 ans ;
Considérant les arrestations arbitraires quotidiennes de populations innocentes pour remplacer les détenus décédés afin de maintenir le même nombre de prisonniers sans pour autant attirer l'attention de la Communauté internationale sur l'excès d'élimination massive des détenus ;
Convaincu que la publication de la récente mise à jour de la première liste des personnes poursuivies et accusées d'actes de génocide n'a d'autre fin que le harcèlement, les nouvelles arrestations, détention et mise à mort de ces présumés coupable alors même que la plupart des 150.000 personnes incarcérées n'ont dans leur dossier aucun acte d'accusation ;
Le Congrès interpelle la communauté internationale pour qu'elle se libère de la manipulation du FPR et l'amène à faire une libération conditionnelle pour toutes les personnes dont la culpabilité n'est pas encore démontrée par une enquête impartiale. Le Congrès exige également le retrait de la circulation de ladite liste vicieuse, qui n'a d'autre fin que la persécution des personnes encore présumées innocentes.
Réconciliation et résolution du conflit rwandais
7. Considérant l'instabilité des Institutions et de l'administration rwandaises suite à leur persistante manipulation par le FPR pour ses visées de monopoliser le pouvoir politique, économique et sociale ;
Constatant l'asphyxie des partis politiques qui ne le sont plus que de nom ;
Condamnant l'animation et l'entretien des haines et divisions au sein de la population rwandaise et de ses voisins ;
Le Congrès exige l'organisation d'un Cadre de dialogue inter-rwandais, franc, libre et transparent en vue de la mise en place d'un Gouvernement de transition véritablement représentatif devant conduire le Pays aux élections libres et démocratiques et invite le peuple rwandais et la Communauté internationale à se mobiliser à cette fin.
Crimes économiques
8. Dénonçant la violation répétée par le FPR des décisions du Conseil de Sécurité de l'ONU notamment en ce qui concerne les résolutions relatives à l'embargo à l'encontre de l'UNITA ;
Déplorant le pillage institutionnalisé de la République Démocratique du Congo entre autres et des crimes économiques à l'actif du FPR ;
Le Congrès recommande au Conseil de Sécurité de l'ONU d'imposer des sanctions contre le régime FPR y compris un embargo sur les armes, plutôt que l'encourager par l'assistance à l'instar du récent don de 180 Millions de dollars américains accordés par l'U.E.au régime impénitent de Kigali.
Recensement de la population rwandaise actuelle
9. Préoccupé par les spéculations et les manipulations de chiffres quant à la population actuellement présente au Rwanda, et les victimes du génocide et des massacres à grande échelle ainsi que des crimes de guerre qui ont endeuillé le Rwanda depuis 1990 ; considérant par ailleurs que le dernier recensement général de la population a eu lieu en 1991, le congrès demande à la communauté internationale d'initier et de financer dans les meilleurs délais un Recensement Général de la population rwandaise afin d'établir la vérité sur l'ampleur réelle de la destruction du peuple rwandais.
La guerre en République Démocratique du Congo
10. Préoccupé par l'invasion du FPR en République Démocratique du Congo ; conscient de la gravité des conséquences à court, moyen et long termes de cette situation prolongée, solidaires avec les nombreuses victimes de cette aventure expansionniste du FPR, le Congrès exprime sa sympathie aux familles des victimes des forfaits du FPR tant au Rwanda qu'en RDC, ainsi que sa solidarité au peuple congolais dans sa lutte de libération et demande à la Communauté Internationale de mettre fin sans délais à cette situation de souffrance et d'humiliation des populations civiles innocentes et qui n'a que trop duré.
Mobilisation, sensibilisation et formation
11. Soucieux de la réussite de ses objectifs de rétablir au Rwanda les valeurs démocratiques, économiques et sociales ; d'instaurer rapidement un État de droit digne de ce nom ; conscient du besoin de mobilisation maximale à cette fin ;
Le Congrès trouve qu'il est impératif de faire participer tout Rwandais de bonne volonté à l'action constructive entreprise par l'UFDR ;
Le congrès recommande la création rapide d'un organe d'information, de sensibilisation et de formation aux objectifs, programme et stratégie de l'UFDR. Cette action portera une attention particulière aux femmes et à la jeunesse.
12. Considérant que l'absence d'un Etat de droit et de la démocratie a été la cause essentielle du monopartisme, de la discrimination ethnique, régionale, idéologique ou religieux et d'autres formes de discriminations qui ont conduit aux massacres des populations civiles innocentes et au génocide du peuple rwandais ;
Le Congrès recommande avec insistance le dialogue, la tolérance, le respect de son prochain comme de soi même, préalables à la paix, à l'unité, à la concorde nationale et à l'épanouissement intégral du peuple rwandais, sans lesquels il est impossible d'instaurer un Etat de droit au Rwanda.
Dispositions Générales
13. Convaincu de l'importance de la collaboration active entre les membres de l'UFDR et les Organisations similaires ;
Conscient du rôle important qui revient à la société civile et de l'engagement de collaboration exprimé par celle-ci dans l'esprit de la recherche de solutions aux problèmes rwandais ;
Le congrès recommande la synergie entre les membres de la société civile d'une part et entre celle-ci et l'UFRD d'autre part,
le développement et le maintien des bonnes relations et des contacts suivis avec ces partenaires ainsi que le renforcement des voies et moyens d'information régulière des membres de l'UFDR et de la Communauté Internationale.
Fait à Bruxelles le 12 mars 2000.
Faustin Twagiramungu
Président de l'UFDR
Sur invitation de l'UFDR, une réunion de concertation avec les membres de la société civile de la diaspora rwandaise s'est tenue en date du 12 mars 2000.
L'UFDR remercie sincèrement toutes les organisations qui ont répondu à cette invitation.
L'UFDR reconnaît le rôle capital de la Société Civile de modérateur, de Contre-pouvoir et de garde-fou des dérives éventuelles du pouvoir politique.
L'UFDR a bien accueilli les avis, considérations et recommandations qui ont été formulés par les participants, et s'engage à en intégrer la substance dans sa plate-forme et dans son programme politique.
L'UFDR est encouragée par le souhait unanime de voir les organisations politiques de l'opposition conjuguer leurs efforts pour mettre fin au calvaire du peuple rwandais.
L'UFDR appuie l'idée de la Société civile d'instituer son propre cadre de concertation.
L'UFDR reste disponible à toute critique pouvant l'aider à servir plus efficacement les intérêts de tout le peuple rwandais.
Fait à Bruxelles le 12 mars 2000
Faustin Twagiramungu
Président de l'UFDR
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