Forum Rwandais
Nous dirons la vérité.......même si elle blesse !

Espace d'expression pour construire l'avenir du Rwanda
Bulletin du Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda
No. 8, Mars 2000


SOMMAIRE

1. Le régime du FPR va t-il s'écrouler bientôt?

2. Révélations sur la mort du Président Habyarimana

3. Invitation pour une manifestation le 06 avril 2000 contre l'impunité instaurée au Rwanda

4. Les victimes du génocide : les chiffres qui parlent

5. Appel pour une enquête internationale indépendante sur le génocide des Hutu dans la région de Byumba depuis le premier octobre 1990


Le régime du FPR va t-il s'écrouler bientôt?

Ceux qui ont suivi les propagandes du Front Patriotique Rwandais (FPR) depuis son invasion du Rwanda en 1990 se rappellent encore de ses slogans et de ses revendications alléchantes. A savoir : une lutte pour la restauration d'un Etat de droit, la démocratie, l'arrêt de l'impunité, etc.. Encore mieux, dès son installation au pouvoir à Kigali, le FPR s'est présenté comme " Libérateur " du Rwanda et cette libération devait s'étendre sur le Zaïre deux ans plus tard.

Aujourd'hui le même FPR, cette fois-ci à visage découvert, enseigne que la démocratie, l'Etat de Droit et toutes les valeurs prêchées pendant sa lutte ne sont plus possibles, à cause du génocide. Grâce à celui-ci, par contre, on peut tuer, on peut attaquer et piller les pays voisins et faire tous les maux inimaginables. Car de toutes les façons celui qui va élever la voix pour dénoncer ces crimes, s'il est de l'ethnie hutu (modéré ou pas modéré, pas d'importance), il sera taxé de génocidaire, sinon un infiltré. Si c'est un membre de l'ethnie Tutsi rescapé du génocide ou rentré de l'exil, on dira qu'il appartient au groupe qui réclame le retour du " MWAMI " (le Roi Kigeli).

Vu sous cet angle, le FPR a réussi son projet. En effet, même tous les pays qui se disent démocratiques semblent donner crédit au gouvernement du FPR, à commencer par la superpuissance du monde (les USA). C'est ainsi que la Belgique, qui a pourtant pris des initiatives louables dans le cas de Pinochet qui aurait commis des exactions sur environ 3000 personnes, a accepté de recevoir sur son territoire, un ambassadeur qui a des responsabilités évidentes dans le massacre de plus de 8.000 personnes dans les camps de personnes déplacées de KIBEHO en avril 1995.

Les Rwandais de l'intérieur n'ont pas d'autre choix que de se taire, sinon c'est la mort ; ou alors ils prennent le chemin de l'exil. La diaspora quant à elle (à l'exception de quelques rares personnes) se contente de l'autosatisfaction comme quoi le régime du FPR va bientôt tomber sans préciser quand ni comment. Remarquez que le départ du Général Kagame ne signifie pas nécessairement la fin du régime FPR.

Evidemment tout cela encourage le FPR à poursuivre son projet macabre d'exterminer l'ethnie Hutu et de la réduire à l'esclavagisme, de piller le Rwanda et la RDC en toute impunité. Le FPR n'a pas hésité en juillet dernier à faire un bilan positif de ses 5 années au pouvoir.

Le FPR peut-il se démocratiser et gouverner encore plus long temps ?

A notre avis, le FPR peut encore gouverner long temps, voir même plus longtemps. Si certains lecteurs ne sont pas d'accord avec nous, leurs points de vue sont les bienvenus. Notre seule conviction est que le FPR ne peut pas se transformer en un régime démocratique qui garantirait un Etat de Droit.

Une affirmation gratuite, pourrait-on répliquer. Hélas, non. En effet, certains faits ne peuvent pas permettre au FPR de reculer. Nous pouvons en citer 4 les plus significatifs :

1. Le génocide contre l'ethnie hutu.

L'armée mono ethnique du FPR s'est livrée au massacre à grande échelle des populations Hutus dans tout le Rwanda et dans les pays voisins surtout en RDC. Les crimes sont tellement graves que le FPR puisse passer l'éponge et gagner la confiance de la population. Pour se protéger, les criminels feront tous pour se maintenir au pouvoir en utilisant la répression comme moyen de gouvernance.

2. La peur de la démocratie

Comme tous les régimes issus de la minorité et qui veulent monopoliser le pouvoir, celui du FPR ne peut pas organiser des élections véritablement démocratiques. Etant donné que le pouvoir est aux mains de la minorité Tutsi celle-ci ne prendrait pas le risque d'organiser des élections de peur que le pouvoir ne bascule entre les mains de la majorité hutu.

4. Le tribut payé par les paysans

Plus de 90% de la population rwandaise travaille dans l'agriculture. Par conséquent, l'économie rwandaise, est une économie agricole. Il est historiquement connu que le travail de la terre est principalement effectué par les paysans hutus. Aujourd'hui, l'économie rwandaise est paralysée. Les paysans Hutus sont malmenés par le pouvoir. Un bon nombre se trouve dans les prisons mouroirs. Les épouses et les enfants se succèdent pour apporter la provision aux détenus. Les jeunes gens sont forcés d'aller faire la guerre en RDC. Des régions les plus fertiles de l'Est du Rwanda sont réservées à des familles Tutsi rentrées de l'exil et leurs troupeaux. Les paysans Hutus du Nord du Rwanda, (une région qui était considérée comme grenier du Rwanda) sont forcés de quitter leurs terres pour être regroupés dans des camps de concentration appelés "villages". Comme si cela n'était pas assez, les paysans Hutus ont vu leurs troupeaux de vaches confisqués par les seigneurs Tutsis, car d'après ces derniers les Hutus n'ont pas droit de posséder des vaches.. Nous pensons qu'il est trop tard pour le FPR de pouvoir redresser la situation dans les campagnes et regagner la confiance de tout le monde.

3. La guerre contre la RDC

Le FPR s'était montré au départ comme étant préoccupé par la sécurité de la minorité Tutsi qui aurait été menacée par la présence des ex-FAR au Zaïre. Cependant il est apparu qu'en plus de continuer l'extermination des Hutus, les richesses minières constituaient un deuxième mobile pour occuper l'Est de la RDC. L'armée du FPR pourra-t-elle rentrer au Rwanda et remettre la casquette de victime tutsi. Allez raconter cela à la population congolaise du Kivu.

4. La trahison dans le camp Tutsi

Le FPR, composé d'un petit noyau de Tutsi, a commencé la lutte en se faisant passer pour un mouvement qui pouvait garantir la sécurité de tous les tutsi. Les familles Tutsi ont envoyé au front leurs enfants dont un grand nombre était encore sur les bancs de l'école. Ces enfants espéraient réintégrer les études à la fin de la guerre. Cependant, dix ans après ils se battent encore et cette fois-ci pour libérer un pays-continent qu'est la RDC. Inutile de rappeler la marginalisation des Tutsis qui résidaient au Rwanda avant la guerre, dans la gouvernance du FPR de telle sorte que bon nombre préfèrent fuir le pays, le cas le plus récent est celui de M. Joseph SEBARENZI, ancien président du Parlement. Encore une fois, un système qui trahit même dans son propre camp aura du mal à redevenir viable.

La conclusion est très simple, le régime du FPR ne présage rien de bon pour le peuple rwandais toutes les ethnies confondues. Malgré les signaux d'un système prêt à s'écrouler, qu'on se détrompe, le régime du FPR ne partira pas de lui-même. Evitons l'autosatisfaction. " Nyiri amatwi abwirwa byinshi..."

Oscar Nkurunziza

 


Révélations sur la mort du Président Habyarimana

Dans son numéro du 1er mars 2000, se référant à un rapport tenu secret par l'Organisation des Nations Unies (ONU) depuis le 1er août 1997, le quotidien canadien <<National Post>> révélant que le Président Juvénal Habyarimana du Rwanda et son homologue Burundais Cyprien Ntaryamira auraient été assassinés le 6 avril 1994 par le Général Paul Kagame. Suite à cette révélation, il y a eu beaucoup de réactions qui demandaient en général à l'ONU de mener à terme les enquêtes sur cet acte déclencheur du génocide rwandais.

Dans ce numéro du Forum, nous jugeons bon de publier la réaction d’un politicien qui explique à une juriste ce que signifie l’assassinat d’un chef dans la tradition bantoue. Nous ne prétendons pas que cette thèse est la seule explication plausible du malheur dans la région des Grands Lacs, raison pour la quelle nous encourageons toute personne qui contribuerait à la recherche pas seulement des conséquences mais aussi des causes du génocide pour en éviter d’autres dans l’avenir.

La rédaction

Madame Me Tiphaine, je suis sûr qu'en tant que juriste, vous avez là, avec ces informations, ce qui va se cristalliser en preuves de plus en plus tangibles de ce qui devra s'appeler la vraie planification du génocide rwandais. J'insiste bien sur le terme de génocide rwandais. Car, contrairement aux apologistes de l'ethnisme raciste, il n'y eut de tutsi ou de hutu ou de twa qui aient été massacrés en tant que tels au Rwanda en 1994. Il y eut bel et bien des tutsi, des hutu ou des twa massacrés, associés, à tort ou à raison, soit aux membres, soit aux opposants, actifs ou potentiels, réels ou présumés, du mouvement "power" des deux bords extrémistes. Ces bords, une minorité en réalité, faussement qualifiés de hutu et ou de tutsi, furent chauffés au paroxysme par des belligérants, professionnels et organisés en forces militaires et politiques évidentes !

Le génocide rwandais pourra donc, tôt ou tard, s'avérer avoir été plus celui des groupes nationaux politiques que celui des groupes nationaux ethniques. Kajuga, le chef des Interahamwe était un tutsi, Kanyarengwe le chef du FPR est un hutu. L'ancien chef des services de sécurité du Rwanda, sous le régime de Habyarimana, n'est autre que l'actuel ministre des affaires étrangères, Dr Iyamuremye, et j'en passe !

On a tendance de faire trop la chasse aux anciens dignitaires du régime de Habyarimana, en oubliant de commencer par balayer devant la porte de Kigali ! Quoi qu'il en soit, un fait est évident : avec plus ou près de 3.000.000 de victimes, contrairement à la tendance négationniste, ce qui se passe au Rwanda est un véritable génocide du peuple rwandais.

Ce génocide continue d'ailleurs et en réalité, ne fût-ce qu'au niveau de beaucoup de cœurs, armés jusqu'aux ventricules d'une haine difficile à endiguer avec la complicité internationale, au grand mépris de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9.12.1949. Il faudrait peut-être un psychologue et ou un psychiatre en qualité de conseiller du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour que celui-ci en arrive enfin à cesser sa comédie et ne risque plus de traîner (sans s'en rendre compte ?) la dignité de l'homme et la justice dans la boue au détriment de la sécurité et de la paix internationales qu'il est sensé de garantir.

Un guérisseur traditionnel de Butaro, sachant à peine lire et écrire, et se faisant traduire en Kinyarwanda le contenu de toute la paperasse en anglais et en français de New York, ferait un meilleur rapport que celui, tristement célèbre, de la dernière équipe sous l'ancien premier ministre Carlsson. Le même guérisseur aurait aussi, mieux que l'ancien ministre togolais Atsu-Améga et autres Degnui Ségui, rapporté la vérité aux Nations Unies sur la tragédie du Rwanda ! Un ancien sage de l'"agacaca" rwandais à Butare, autour d'une seule cruche de vin de banane, l'urwagwa, ferait meilleure figure que toute l'armada des juristes du TPIR malgré ses dizaines de millions de dollars par an !

A force d'avoir été constamment cassée les tympans, l'opinion publique n'écoute plus, brouillée par le bruit assourdissant sur le "Hutu Power". Celui-ci est aussi une création de la presse, car en réalité il n'y eût au Rwanda que le MDR power (pour preuve, Karamira, le chef de cette aile était un tutsi !). Il n'y eut que le MRND power. Il n'y eut que le CDR presque exclusivement power. Il n'y eut que de PSD power, etc. et, jamais, de mouvement "hutu power" en tant que tel. A force de ce genre d'impostures, on a d'ailleurs oublié qu'il y eut également et qu'il y a toujours au Rwanda ce qui s'appelle les "TIP"-FPR, les "Tutsi international Power" du FPR (remarquez bien : non, pas les tutsi power) !

L'histoire, elle, plus juste et plus équitable que tous les juristes du monde, ceux d'Arusha y compris, posera la question de savoir pourquoi ce silence complice. Elle posera la question de savoir pourquoi avoir tant parlé de la RTLM, en taisant le fait évident de la Radio Muhabura, également semeuse de troubles et de chaos en 1994. Elle posera la question de savoir pourquoi avoir fait tant de bruits seulement sur les Ngeze Hassan et autres Ruggio d'un côté, et, de l'autre côté, tant continué à courtiser les gens comme le Prof. Dr Alexandre Kimenyi, un clone du Prof. Dr Mugesera.

Mugesera et Kimenyi, à titre d'exemple parmi tant de milliers d'autres, semblent personnifier le néo-fascisme ethnique qu'il faut oser "désinterahamwiser" pour l'affronter, sans faux boucs émissaires. Car, pour l'histoire, ce ne sont pas les petits poissons qui payeront la note des grands poissons néo-fascistes rwandais ou aryens. Ceux qui payeront, tôt ou tard, c'est Hitler, C'est Himmler, C'est Rudolf Heß, c'est Kanyarengwe, c'est Kajuga, c'est Kagame, et autres clones rwandais du "Dr Joseph Goebbels"! Habyarimana fait-il partie de cette liste ? L'avenir proche de l'histoire du Rwanda nous le dira également !

Cette histoire du Rwanda apprendra beaucoup de choses aux apologistes de Kagame qui se recrutent dans les soi-disant organisations des Droits de l'homme ( les "African Rights" de Rakiiya Omar qui confond l'issue des droits de l'homme avec les amitiés et le copinage). L'histoire leur apprendra ce que ça veut dire en Afrique qu'assassiner "un chef de grande famille, de tribu ou de clan", tout imparfait qu'il ait été. J'ai lu dernièrement dans un "Jeune Afrique", de la bouche d'un juge du TPIR burkinabé qui doit me donner raison en silence, que les commandants militaires des Mossi n'étaient jamais tués par l'ennemi sur les champs de bataille.

Selon, la tradition bantoue et africaine en effet, tuer un chef de groupes c'est déclarer une guerre d'extermination totale à tous les membres non seulement de ce groupe mais aussi au sien, tous les deux étant appelés "inzigo". La bataille qui résultait de genre d'actes criminels pouvait s'éterniser, jusque la fameuse pratique du "guca inzigo" (bannir la vendetta) ou le rituel "kuvuza Rucabagome"(battre le tambour du bannissement des criminels) par le souverain légitime du pays( à cette époque, le mwami) ! Qui sont ces fameux experts qui veulent ignorer ce genre de vérités tragiques redevenues réalité au Rwanda sous Kagame ?

L'attentat à l'avion présidentiel fut une déclaration de guerre injuste, illégitime et immorale, à considérer comme ayant été faite consciemment (quand, comme Paul Kagame, on connaît l'histoire et la culture bantoues) ou inconsciemment (quand on s'est fait perfidement rouler comme pour le cas de ce fameux "gouvernement" étranger qui aurait aidé le FPR à assassiner Habyarimana et Ntaryamira ce soir du 06.04.1994, six mois après la mort de Ndadaye, le 21.10.1993).

Au Rwanda et dans toute la région de culture bantoue, comme dans les cas de la culture juive et ou ancien testamentaire (lire : 2. Moise 21, 23-25 ; 4, Moise 35, 12 ; 5. Moise 19, 6 ; 2. Sam 14, 11 pour vous en persuader), nous avons connu un temps où, avant le christianisme et la connaissance de saint Matthieu (voir Mt. 5, 38-39) et de saint Paul (voir Rom 12, 19-21), la politique de l'œil pour œil et dent pour dent, du sang pour sang et feu pour feu, etc. fut une normalité !

Paul Kagame, si ce fut effectivement lui qui planifia l'attentat sur Habyarimana, rentrera dans les annales de l'histoire universelle comme ce genre de figures tragiques qui nous auront fait rebourser chemin sur une pente de la décadence morale dans un bond en arrière, de tout un siècle pour le Rwanda et de deux millénaires pour l'humanité, selon les critères de la civilisation judéo-chrétienne. Il ne faut pas être un juriste (moi non plus, je ne le suis pas) pour comprendre ainsi ce qui s'appelle un véritable criminel contre l'humanité !

Le Rwanda a été ramené aux temps de Rucunshu en 1897 car, alors, Kanjogera la reine mère régente, Musinga, son fils, le roi putschiste et Kabare l'oncle de Musinga, complotèrent avec toute la clique du clan des Bega pour attaquer et contraindre le dernier roi légitime du Rwanda, Rutalindwa, à un suicide, qui déclencha le chaos, les famines, les épidémies et les guerres, pendant plus d'une décennie au Rwanda!

Il faut être un imbécile en matière de connaissance de l'histoire ou être né en 1994 pour être excusé en affirmant que le drame connu depuis 1990 n'allait pas déboucher en tragédie sans précédent avec la mort de Habyarimana. Et quand ces "fameux experts" veulent faire comme si le cœur d'un peuple n'a pas souvent des raisons que la raison de ce peuple ne connaît pas, je dois leur apprendre que le feu à la poudre de Rucunshu fut " un essaim d'abeilles". Nerveuses, les forces adverses ont pris le bruit des abeilles pour une attaque de l'autre camp, respectivement des bega ou des banyiginya, alors en conflits violents pour le pouvoir !

Se rappelle-t-on au fait comment fut déclenchée la première guerre mondiale à Sarajevo en 1914 ? Et, quand le procureur du TPIR, M. Moghalu nous apprend, sidérés et ébahis, que l'attentat à l'avion du président Habyarimana qui a emporté avec lui non seulement les deux présidents du Burundi et du Rwanda mais aussi leurs délégations respectives, ne fait pas partie des cas de figures à être examinés par le TPIR, alors, maître, je vous pose la question, en tant que non-juriste : vous, les juristes, dans la méthodologie de votre métier, vous arrive-t-il de distinguer entre effets et causes ? Quand et comment ? si et si seulement si ... quoi ? Si non, pourquoi et pour quelle vérité et quelle justice ?

Vous le savez bien ce n'est pas à vous personnellement que je m'en prends, mais bien au métier du juriste ! Vous connaissant de plus en plus, je pressens déjà ce que vous me répondriez. Mais que me répondraient Madame Carla del Ponte et Mr. Moghalu du TPIR ? Quelqu'un peut-il leur transmettre mon message avec prière d'une réponse diligente qui puisse sauver le Rwanda et l'humanité ?

Respectueusement votre

Jean N. Gahururu


Invitation pour une manifestation le 06 avril 2000 contre l'impunité instaurée au Rwanda

Depuis la guerre lancée par le FPR en 1990, le Rwanda et l'Humanité viennent de perdre plus de 3.000.000 de personnes, trop c'est trop. Le génocide du peuple rwandais doit cesser.

Cette politique d'extermination du peuple rwandais se poursuit avec le silence complice de la communauté internationale, silence qui va à l'encontre de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948. Pourtant, dans la lettre datée du 1 octobre 1994 que le Secrétaire Général de l'ONU Boutros-Ghali a adressé au Conseil de Sécurité en reprenant les conclusions du Rapporteur Spécial de la Commission des Droits de l'homme pour le Rwanda, il est explicitement indiqué que les personnes appartenant à l'une ou l'autre partie au conflit armé ont perpétré des crimes contre l'humanité.. Les paragraphes 44 à 78 de l'annexe à la lettre détaillent les faits reprochés aux éléments hutus et les paragraphes 79 à 83 détaillent les faits reprochés au FPR. En particulier le paragraphe 82 stipule qu'il faudrait une enquête approfondie pour le cas du FPR, car apparemment la Commission n'avait pas eu suffisamment de temps pour faire des recherches du côté FPR. C'est ce même rapport qui a conduit le Conseil de Sécurité à mettre en place le Tribunal Pénal International sur le Rwanda. Le Statut du TPIR en ses articles 3 et 4, donne mandat au Tribunal de poursuivre les personnes présumées responsables des tels crimes.

Le peuple rwandais s'étonne que 6 ans après ces actes horribles, le Procureur du TPIR se contente uniquement de poursuivre une partie en conflit et rien n'est fait pour traduire devant ce Tribunal des éléments du FPR présumés coupables. Bien au contraire le FPR se livre à des actes d'intimidation du Tribunal et le jeu semble fonctionner à merveille. Le FPR profite criminellement de l'apathie de la communauté internationale rongée par l'auto culpabilisation en raison de sa non-assistance à personnes en danger lors du génocide de 1994, pour exploiter à fond ce crédit illimité qui lui permet de justifier toutes les abominations passées (BYUMBA, KIDAHO, GITARAMA, KIBEHO) et actuelles (KANAMA, GICIYE, NYAMUTERA, CYABINGO) dont il porte des responsabilités politiques et criminelles évidentes. La politique de deux poids deux mesures, pratiquée par la communauté internationale sous la houlette des sponsors du régime du FPR, est scandaleuse et inacceptable, et ne peut éradiquer l'impunité qui s'est instaurée au Rwanda.

C'est cette attitude qui a encouragé le FPR d'exporter sa folie meurtrière dans l'ex-Zaïre (RDC) où différentes organisations internationales et congolaises de défense des droits de l'homme ont recueilli des preuves de crimes déjà qualifiés "d'actes de génocide". Déjà dans son rapport du 02 avril 1997 (E/CN. 4/1997/6/add. 2), l'envoyé spécial du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme, le chilien Roberto Garreton, parlait de crimes de "privations collectives de la vie". Monsieur Garreton cite dans ce rapport plus d'une cinquantaine d'endroits précis et énumère les faits sur ce génocide qui fut caractérisé par "des massacres prémédités, la dispersion des réfugiés vers des zones inhospitalières, le blocage systématique de l'aide humanitaire", etc.

En juillet 1997, une mission onusienne comprenant, outre M. Roberto Garreton, M. Bacré Wanly Ndiaye du Sénégal et Jonas Foli du Ghana, respectivement rapporteur sur les exécutions sommaires et expert sur les disparitions forcées, a examiné plus d'une centaine de cas de massacres, de tortures, de viols, de pillages et de violations graves des droits de l'homme. Toutes ces violations revêtaient, selon ces experts, "un caractère systématique, produit d'une préparation préalable".

La Communauté Internationale doit mettre fin à son silence complice qui continue à accorder un chèque en blanc au régime du FPR, qui a fait du génocide de 1994 au Rwanda un véritable fond de commerce, alors qu'il en porte une large part de responsabilité. La vérité sur le drame Rwandais doit être établie pour l'intérêt de la justice, de la réconciliation du peuple rwandais et la crédibilité de l'ONU car il ne peut y avoir de paix sans justice, et qu'il ne peut y être de réconciliation sans justice équitable.

Le TPIR doit rechercher la vérité sur le drame rwandais en vue d'aider la justice à établir les responsabilités et à punir les véritables coupables de tous les crimes commis contre le peuple rwandais, sans distinction de l'auteur ni de la victime. Tous les criminels, quelles que soient leurs fonctions ou leur appartenance ethnique, doivent être identifiés, pour répondre de leurs actes, chacun individuellement, devant ce Tribunal, seul cadre approprié pour juger les responsables de ces crimes.

Le peuple rwandais réitère une fois de plus sa demande d’une enquête internationale indépendante sur l'assassinat du Président rwandais Juvénal Habyarimana et du Président burundais Cyprien Ntaryamira le 06/04/1994, assassinat qui a déclenché le génocide de 1994.

Nous vous invitons tous à venir dire NON à l'Impunité, NON à la globalisation, NON aux préjugés et à la diabolisation des opposants ; OUI à la justice pour tous, Oui à une justice impartiale et équitable. Aidez le peuple rwandais à se réconcilier.

Merci pour votre participation.

Pour l'UFDR-Section Hollande.

Victoire Umuhoza Ingabire

Postbus 3124

2280 GC

Rijswijk

Tél/fax : (31)-(0)-180633822


Les victimes du génocide : les chiffres qui parlent

Estimation du rédacteur selon les médias et les chiffres fournis par le Docteur James Gasana, ex-ministre de la défense du Rwanda.

Coût en vies humaines de la crise politique du Rwanda 1990-1997

Par Dr James K. Gasana

Phase de la crise

Régions

Objectif des massacres

Nombre de victimes

Octobre 1990 - février 1993

Byumba et Ruhengeri

Le FPR et la NRA dégagent un territoire <<Tutsiland>>, pour la négociation du pouvoir et l'installation des réfugiés tutsis.

20.000

Février 1993 - avril

Byumba et Ruhengeri

Idem

40.000

Avril - juin 1994

Toutes, pour le génocide Tutsi ; et Byumba, Kibungo, Bugesera et Kigali-Est pour le génocide contre les Hutu

Lutte interethnique pour le pouvoir et l'espace. Pour Byumba et Kibungo, le FPR dégage l'espace pour l'installation des rapatriés Tutsi.

1.180.000

(500.000-800.00 Tutsi) et (380.000-680.000 Hutu)

Juin - août 1994

Centre et Sud du Rwanda

Consolidation de l'ethnocratie militaire Tutsi et du butin de guerre.

400.000

Août - décembre 1994

Toutes

Ecrémage accéléré des élites et mâles Hutu, vengeance, consolidation du butin de guerre.

580.000

1995 - août 1996

Toutes

Idem

250.000

Novembre 1996 - février 1997

Camps de réfugiés au Zaïre

Génocide Hutu perpétré par le pouvoir du FPR et la rébellion de Kabila.

500.000

TOTAL

Rwanda

-

3.070.000

 


Appel pour une enquête internationale indépendante sur le génocide des Hutu dans la région de Byumba depuis le premier octobre 1990

Lettre signée par les rescapés du génocide des Hutu originaires de la région de Byumba

 

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies
United Nations Plaza
New York NY 10017

Nous, les rescapés du génocide des Hutu originaires de la région de Byumba, protestons énergiquement contre la globalisation de la responsabilité criminelle des Hutu sur le génocide des Tutsi ; dans la mesure où nous ne reconnaissons, dans notre région, que le génocide des Hutu perpétré par le Front Patriotique Rwandais (FPR) appuyé par l'armée ougandaise depuis l'invasion du Rwanda du premier octobre 1990. Ce n'est pas parce qu'un génocide a été perpétré loin des cameras occidentales qu'il peut être contesté. C'est pour cette raison que nous lançons à travers vous, un appel pressant à toute la communauté internationale, à toutes les organisations nationales et internationales de Défense des droits de l'Homme, à tous les mass média ainsi qu'à toutes les femmes et tous les hommes, épris de justice et de respect de la vie, pour qu'ils procèdent à de sérieuses investigations dans la région afin de faire la lumière sur les violations massives et systématiques des droits de l'Homme commises par les rebelles tutsi du FPR dans les zones sous son contrôle entre 1990 et juillet 1994.

Nous, rescapés du génocide des Hutu originaires de la région de Byumba, croyons fermement que seule la Vérité sur ce qui s'est réellement passé dans cette région depuis la date fatidique du 1er octobre 1990, pourra non seulement nous permettre d'être réhabilités dans nos droits les plus inaliénables mais aussi donnera au Tribunal International d'Arusha, empêtré pour l'instant dans les méandres politico-juridiques inhérents à la nature du conflit rwandais pour le moins ésotérique, l'occasion de mieux saisir les causes profondes de la tragédie rwandaise en démontrant l'une après l'autre, les thèses des propagandistes de ceux-là même dont la prise du pouvoir à Kigali par les armes était une obsession quasi pathologique.

Sans faire toute la lumière sur ce qui s'est passé sur toute l'étendue du territoire national, le tribunal pénal international pour le Rwanda ne défendra qu'une certaine vérité et ne pourra que tomber tout droit dans le piège lui tendu par le régime tutsi de Kigali, en le confortant dans ses visées hégémoniques d'une part et d'autre part en ravivant chez les victimes des sentiments de frustrations et d'injustice.

L'on retiendra que les massacres systématiques et répétitifs dont nous faisons état et sur lesquels nous attirons toute l'attention de la communauté internationale, répondaient à un plan soigneusement élaboré et méthodiquement exécuté en dehors des yeux indiscrets grâce au savoir-faire du FPR en matière de manipulation et d'intoxication de l'opinion publique internationale.

Ainsi, ils ont réussi à faire de la mort d'un hutu un simple incident banal au moment où la mort d'un tutsi était un acte ignoble.

C'est à se demander si pour le FPR et ses alliés, aussi bien nationaux qu'internationaux, les droits de l'homme ne se réduisent pas aux droits de tutsi. Au commencement étaient des massacres. Depuis le début de la guerre, les tutsi du FPR massacraient enfants, femmes et vieillards, égorgeaient les malades sur leurs lits d'hôpitaux, détruisaient habitations et infrastructures diverses, semaient la terreur et la désolation au sein de la population, jetaient les milliers de rescapés sur le chemin de l'exode qui les conduira dans les camps de fortune où ils furent entassés dans des conditions inhumaines et furent pour la plupart décimés par la faim et les maladies. Les autres, personne ne peut dire ce qu'ils sont devenus depuis que ce même FPR les a délogés de leurs camps de fortune.

Depuis le 8 février 1993, des massacres à grande échelle dirigés contre la population civile furent organisés dans la région de Byumba et débordèrent même sur celle de Ruhengeri, emportant des milliers de personnes et jetant, comme à l'accoutumé, des milliers de rescapés sur le chemin de l'exode, y compris des anciens rescapés, dont des centaines de milliers arrivèrent aux portes même de la capitale Kigali et le même scénario recommença : entassement dans des camps de fortune, extermination par les maladies et la faim. Comme si cela ne suffisait pas, suite à l'attentat qui coûta la vie aux présidents Habyalimana du Rwanda et Ntaryamira du Burundi et à leurs proches collaborateurs, attentat dont les circonstances ne sont toujours pas élucidées, toute la préfecture de Byumba fut encerclée par le FPR et toutes les issues bouclées. Personne ou presque ne put s'enfuir. Pour réaliser leur funeste dessin, les tutsi du FPR firent convoquer des populations dans des endroits publics pour, faisait-on croire, recevoir de l'aide humanitaire. Une fois ces lieux publics bondés, la machine à tuer du FPR se mit en marche et tout Byumba fut transformé en une boucherie humaine. On a dû recourir à de gros moyens pour cacher des cadavres de telle manière que le surplus fut exporté en Ouganda. Rien alors, mais plus rien au monde, ne peut justifier ce carnage qui, du reste ne fait que continuer. Ni les représailles, ni la vengeance aveugle n'auraient le droit de cité ici dans la mesure où d'une part, les communes frontalières avec l'Ouganda n'ont jamais compté au sein de leurs populations, des membres de l'ethnie tutsi, et d'autre part, cette région était sous contrôle du FPR au lendemain du 06 avril 1994. Le témoignage le plus convaincant est celui de la commune Giti dont l'ancien bourgmestre, Edouard Sebushumba, a été officiellement récompensé par le gouvernement FPR de Kigali pour avoir protégé les tutsi de sa commune contre toute agression éventuelle. Néanmoins, la remise du prix a eu lieu au cours d'une cérémonie d'inhumation des restes des corps de victimes du génocide en commune même de Giti. Qui sont alors ces victimes ? C'est pour ces raisons que nous demandons à toute la communauté internationale, de faire ce qui est en son pouvoir pour faire la lumière sur le génocide de Hutu dans la région de Byumba. Convaincu que notre appel sera entendu et que votre fonction vous permet de prendre une décision adéquate, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l'assurance de notre haute considération.