Nous dirons la vérité.......même si elle blesse!
Espace d'expression pour construire l'avenir du Rwanda
Bulletin du Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda
N° 7, Janvier 2000
Au Rwanda il y a une évolution qui ne trompe pas: le régime du FPR se consolide en une dictature militariste. Le rejet des offres de dialogue que lui propose tout courant opposé à sa pensée unique cache une volonté délibérée de régner en tyran. Cinq ans après son installation à Kigali, le FPR procède par un démembrement progressif de la puissance publique. L'élimination de l'État au profit d'une autorité parallèle se fait méthodiquement et sûrement. Quiconque (journaliste, politicien, militaire, religieux ou autre) tente de s'opposer à cette démarche se condamne à l'exil ou à un lynchage certain.
Un réseau constitué par une dizaine de militaires et d'un nombre presque égal de civils (les faucons) exerce cette autorité parallèle. Ce réseau, tissé par les proches du Ministre Mazimpaka Patrick mais aussi où figurent les agents du général Kagame, a pris en otage les Institutions républicaines.
Il a opéré l'installation des ordres juridiques autonomes à l'intérieur de l'État même. Il a organisé la disparition de l'ordre légal en soumettant le parlement à des règles esotériques de nomination et de révocation des députés.
Il suffit d'avoir une idée contraire à celle de ce réseau pour encaisser directement une démission forcée. Les décisions du parlement sont soumises régulièrement à la censure de ce réseau. Pour mémoire, le ministre Gasana Anastase reste au gouvernement malgré l'avis contraire du Parlement.
Le limogeage déguisé du Président du Parlement (Kabuye Sebarenzi) met en lumière cette domination de la législature par l'exécutif. Aucune règle de procédure reconnue n'est suivie pour écarter cet homme qui ne cachait plus son opposition aux méthodes dictatoriales du gouvernement. Son prédécesseur Juvénal Nkusi avait aussi été limogé dans les mêmes circonstances de non respect du droit et de la démocratie. L'humiliation touche non seulement le Parlement mais aussi les partis politiques. Or, ces deux Institutions constituent l'essence même d'un État de droit.
Au niveau judiciaire, les juges des tribunaux supérieurs du pays ne sont pas libres dans leurs décisions. Ils doivent, face à chaque cas jugé politiquement ou financièrement important, se référer aux volontés du réseau. À défaut de quoi une démission forcée s'en suivra. Les cas de François Nsanzuwera, d'Alype et du Major Cyiza suffisent pour démontrer ce musellement de la justice (pourtant censée être la base de la réconciliation nationale). Le procureur Général Gahima Gérard est le puissant acteur de ce réseau en matière judiciaire. Bien enrôlé dans les magouilles, il défait les ministres et les procès à sa guise.
Au point de vue économique, ce réseau vient d'orchestrer une simulation de privatisation des entreprises rentables du Rwanda. Cette privatisation apparente cache une volonté délibérée de concentrer tous les biens dans les mains des membres influents du FPR véritable. Les acheteurs sont choisis après des consultations qui se déroulent en Ouganda. Ces consultations consistent à constituer des compagnies autonomes ou mixtes de rwandais et des ougandais sous le couvert des étrangers. C'est ainsi que la sucrerie rwandaise est passée aux mains du FPR sous un prête-nom d'origine indienne. L'actuel ministre des finances est sommé de respecter les décisions du réseau dans le choix des acheteurs. N'en étant pas membre, il cherche à tout prix à garder sa confiance et ses faveurs.
Au niveau patrimonial, il n'existe aucune règle permettant de faire la distinction entre la chose publique et le bien privé pour les membres de ce réseau. Leur pouvoir de réquisition est illimité sous le couvert tantôt de l'urgence, tantôt de la sécurité publique. Les membres du réseau usent de leur force politique pour abuser des biens d'autrui, de la chose publique et même des personnes humaines.
Chacun de ses membres a un pouvoir de répression personnel et illimité. Il peut emprisonner, torturer, réquisitionner et contraindre à faire tout ce qu'il désire sans aucune norme de légalité. Or sans assujettissement des dirigeants à des règles bien connues, il ne peut y avoir émergence d'un État de droit.
Le critère de mesure d'un État de droit reste que l'Exécutif se situe à un rang hiérarchique inférieur à la législature (élue et souveraine) qui vote des lois et au pouvoir judiciaire indépendant qui interprète et applique ces lois. Cette soumission des gouvernants au droit permet aux Institutions de fonctionner normalement. Elle oblige chacun des citoyens à respecter les règles de fonctionnement de la société. De là émergeront lentement les fondements d'un État-collectivité où chacun a des droits et des obligations correspondantes. Toute interférence dans les décisions législative ou judiciaire se traduit par un refus du droit et la mise en branle de la dynamique de chaos. Les pyromanes du FPR, regroupés au sein d'un réseau de pilleurs, ont fait du Rwanda un État qui évolue vers cette dérive autoritaire. Il est presque tard de les appeler à la retenue.
Tout simplement le moteur est usé et a besoin d'être remplacé avant qu'il provoque encore une fois une implosion sanglante.
Nos voeux les meilleurs pour l'an 2000
Célestin Hitimana
Par Ndereyehe Charles , président du RDR.
Lorsque j'ai fait mon intervention à UTRECHT le 2 Octobre 1999 dans une conférence sur la problématique de la réconciliation rwandaise, organisée par des ONGs et Asbl rwandaises œuvrant en Hollande, sur le thème " La PAIX EST UN PREALABLE AU DEVELOPPEMENT DURABLE " , certains exilés rwandais et même certains occidentaux qui étaient présents parmi les participants se sont étonnés de m'entendre dire que " le vrai problème rwandais actuel n'est pas le conflit entre les hutu et les tutsi " ; pourtant c'est une réalité toute crue. Il y a une différence à dire que tel ou tel régime , comme actuellement le régime du FPR, est ethnisante et ethnocentriste , et affirmer que le conflit rwandais est ethnique .
On ne peut pas trouver une bonne solution à un problème mal posé. Beaucoup de personnes confondent souvent les causes du drame rwandais avec ses effets ou ses conséquences . Certains experts, voire même ceux de l'ONU, se limitent souvent au constat des faits sans pousser le raisonnement plus loin jusqu'à l'identification du "problème central". C'est dans ce piège que tombent beaucoup de personnes lorsqu'elles abordent l'analyse de la crise rwandaise et la désintégration de la société rwandaise qui s'en est suivie.
Quand vous demandez la cause de la crise rwandaise au rwandais ordinaire ou à certains "experts" du problème rwandais, ils vous répondent souvent que "il y a deux problèmes à savoir le régionalisme et l'ethnisme ". Mais rares sont ceux qui réussissent à définir "le problème central" .
Même si ces problèmes sont semblables, ils sont complètement différents. Résoudre l'ethnisme n'entraîne nécessairement pas la résolution du problème du régionalisme et inversement. Pour résoudre ces deux problèmes en même temps , il faudrait avant tout trouver la cause commune qui en est à la base.
La plate-forme du RDR est très explicite en la matière: " Tout comme l'ethnisme, le régionalisme est une conséquence d'absence d'Etat de Droit... En effet, jusqu'à nos jours, la mauvaise gouvernance au Rwanda se manifeste essentiellement par l'exclusion, la discrimination, la restriction ou la préférence basée sur l'origine régionale ou l'appartenance ethnique. Elle a la conséquence de dénier ou de compromettre la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice des droits et des libertés dans les domaines politique, économique, social et culturel, et dans d'autres domaines de la vie publique, dans des conditions d'égalité entre citoyens d'un même pays." Plate-forme du RDR, IIème Congrès ordinaire du RDR, Paris 23/8/98.
Qu'une dictature soit hutu ou tutsi, les effets sont relativement les mêmes pour celui qui la subit . Quelle différence ça fait pour un enfant qui a perdu ses parents ou ses frères sous la deuxième république et celui qui les a perdu sous le FPR ? Y a-t-il vraiment une différence pour un parent qui , hier, se voyait refuser l'accès de ses enfants à l'éducation et qui se retrouve dans la même situation actuellement. Quelle est la différence entre le régime du FPR et la monarchie féodale antérieure à 1959, pour un paysan qui voit ses cultures broutées par les vaches d'un éleveur sans pouvoir broncher ni recourir à la justice ou celui qui est interné dans un camps de concentration sans pouvoir exploiter librement son patrimoine foncier?... Un hutu démocrate accepterait-il de retourner au Rwanda pour aller vivre sous une dictature hutu ? Le degré de dictature ou de criminalité est indépendante de l'ethnie.
Les effets, le résultat et les manifestations des conflits cycliques dont le peuple rwandais est victime jusqu'à présent, ont été la plupart des cas dominés par une confrontation ethnique, mais l'essence et le fondement de ces conflits ne sont pas de nature ethnique . Vers la fin de la période féodo-monarchiste, les clans des ABANYIGINYA et des ABEGA qui avaient réussi à imposer leur domination sur les autres clans tutsi , se sont servis et se sont appuyés sur l'ethnie tutsi pour asseoir leur exploitation des couches paysannes qui étaient principalement des hutu. Mais il y avait aussi des hutu qui exploitaient des masses paysannes hutu bien qu'étant d'une même ethnie. Par ailleurs, il y a toujours eu des hutu qui ont été des alliés du pouvoir féodo-monarchiste aussi bien comme il y a des hutu qui sont actuellement alliés du pouvoir mis en place par le FPR et dominé par des extrémistes tutsi. Lorsque les colonialistes sont arrivés , ils se sont servis du pouvoir féodo-monarchiste pour exploiter le pays et son peuple.
L'ethnie a donc continué à servir d'outil d'exploitation , mais ne fut pas la cause de cette exploitation. Dans la période féodale comme sous le régime du FPR, l'ethnie a été érigée en système de gouvernance et de discrimination , les rouages du pouvoir ont été dominé ou sont dominés par l'ethnie Tutsi, mais l'ethnie en tant que telle n'est pas un mal du tout. Chacun doit être fier d'appartenir à son ethnie car elle fait partie intégrante de son identité socio-culturelle. L'ethnisme n'est pas à confondre avec la diversité ethnique. C'est plutôt la discrimination basée sur l'ethnie qui est un problème , c'est du racisme comme il y a d'autres formes de racisme, comme celui qui est basé sur la couleur de la peau.
Malheureusement les gens tombent souvent dans le piège de la globalisation et assimilent celui qui gouverne avec son ethnie ou sa région. Réduire le problème rwandais à l'ethnisme c'est trop simplifier le problème rwandais et tomber dans le piège des ethnistes qui ont toujours présenté la Révolution sociale de 1959 comme une révolution ethnique, alors qu'elle visait l'égalité des droits de tous les rwandais et de toutes les ethnies . Cette attitude réductionniste frise de racisme et est contraire à la vérité qu'on découvre en analysant la composition de la diaspora rwandaise. En effet on y retrouve toutes les ethnies et voire même de toutes les régions. Le coup d'état de Rutsunshu en 1896 a provoqué des exilés tutsi en Ouganda et au Congo (RDC). Le coup d'Etat militaire de 1973 a été à l'origine de beaucoup d'exilés hutus et par la suite , il y a même eu d'autres réfugiés hutu durant le règne du MRND comme Kanyarengwe Alexis et Bizimungu Pasteur. Actuellement il y a des tutsis qui refusent de rentrer au Rwanda, tout comme il y a des Tutsi qui fuient encore le pays sous ce régime du FPR.
En outre, l'histoire devrait apprendre également à ces réductionnistes que des rwandais peuvent faire des alliances basés sur la communauté des intérêts, sans qu'ils ne soient nécessairement pas de même ethnie ou de même région. Certains se complairont de parler actuellement de "Hutu de Service " ou de "Hutus de façade", mais je suis de l'avis qu'il ne faut pas continuer à banaliser des choix politiques des adversaires politiques comme si leurs actes étaient des improvisations.
Il est vrai que certains choix soient dus au manque de patriotisme qui conduit à un opportunisme personnel, basé sur des intérêts strictement personnels et égoïstes, ou soient dus à un opportunisme politique qui au lieu de privilégier les intérêts long terme de la population se cantonne plutôt sur des intérêts court terme pas vraiment beaucoup différents du premier type d'opportunisme, mais d'autres alliances peuvent bel et bien être fondées sur la communauté d'intérêts.
Dans l'histoire rwandaise on connaît des exemples d'alliances qui sont loin d'être inopportunes. Basebya (Twa) , Ndungutse (Tutsi) et Rukara (hutu) se sont alliés contre le pouvoir "illégal" de Musinga. En 1959 certains tutsi ont préféré la République à la monarchie féodale tutsi. Pendant la guerre 1990-1994, les leaders des Forces Démocratiques du Changement (FDC) à savoir le Mouvement Démocratique Républicain (MDR), le Parti Social Démocrate (PSD) et le Parti Libéral (PL) ont été des alliés de première heure du FPR à dominance Tutsi, avant que certains d'entre eux ne fassent un virage de 180 degrés suite à l'intransigeance de ce Front qui voulait instaurer un pouvoir sans partage. Actuellement le roi féodo-monarchiste tutsi déchu Kigeli V Ndahindurwa est opposé au régime de Paul Kagame (tutsi) tout comme y sont opposés des Républicains. Des tutsi démocrates du FPR sont contre les extrémistes tutsi qui dominent le FPR de même que le sont d'autres démocrates hutus de la diaspora etc...
Pour ce qui nous concerne , le problème n'est donc pas l'ethnie de celui qui gouverne , mais plutôt la manière dont il s'est approprié le pouvoir et la façon dont il l'exerce. Nous luttons contre l'appropriation et la monopolisation du pouvoir du peuple. Nous nous sommes soulevés contre l'exclusion d'une partie du peuple à l'exercice du pouvoir politique qui lui revient de droit. Nous refusons qu'il y ait de citoyens de 2ème rang. Fondamentalement donc, le problème central est au niveau de la mauvaise gestion du pouvoir .
Bien que ce soit un fait actuel que les extrémistes tutsi du FPR se soient emparés des reines du pouvoir et tentent à tout prix de s'appuyer sur leur ethnie pour asseoir et consolider leur dictature, le RDR n'est pas d'accord avec le courant de globalisation voulant faire croire que le FPR incarne ou représente l'ethnie tutsi, tout comme nous ne sommes pas d'accord avec ceux tendent à affirmer qu'il n'y a pas de démocrates au sein du FPR . Le RDR considère que les membres du FPR , Hutu et Tutsi confondus, ont choisi librement d'adhérer à l'idéologie qui répondait le mieux à leurs intérêts du moment. C'est leur droit le plus absolu et nous les considérons tout simplement comme nos adversaires politiques qui doivent avoir leur place dans la vie politique nationale. Ils ne peuvent donc pas se considérer ni être considérés comme des représentants ethniques des autres rwandais qui n'épousent pas l'idéologie du FPR, surtout que le régime actuel n'a reçu aucune légitimité du peuple rwandais auquel il s'est imposé par la force des armes.
Pour le RDR, ce Front qui se veut UMULYANGO (famille), comme hier le MRND se voulait UBWATO (bateau) , ne peut être qu'une imposture car il exige que tout le monde adhère de grès ou de force à son idéologie . Le gouvernement qu'il a mis en place est donc monolithique et ne peut être soutenu par des démocrates. Le RDR n'a donc avec le FPR qu'un contentieux d'exclusion et d'usurpation du pouvoir, et pas un problème ethnique. Nous refusons absolument que les extrémistes Tutsi utilisent le FPR et son armée quasi mono-ethnique pour priver les autres rwandais de leurs droits humains, sociaux, politiques et économiques. Nous trouvons inadmissible que le FPR s'érige en SuperParti, se confonde avec les Institutions républicaines , impose les leaders et le règlement d'ordre intérieur aux autres partis, et aille jusqu'à déposer les parlementaires et les magistrats, Hutu et Tutsi confondus, qui s'opposent à sa mauvaise gouvernance.
Le RDR est fermement convaincu que la réconciliation est possible , et que toutes les ethnies peuvent vivre en harmonie au Rwanda, à condition qu'il y ait des Institutions démocratiques qui rassurent et sécurisent tout le monde. Or le FPR, qui n'a pas de crédibilité morale, philosophique et éthique, est incapable de mettre en place ces institutions. Sa nature oligarchique ne peut lui permettre d'avoir la volonté politique d'instaurer une démocratie pluraliste, d'autant plus qu'il est dominé par des extrémistes politiquement, moralement et criminellement co-responsables du génocide du peuple rwandais.
Pour le RDR, l'homme doit être au centre des préoccupations journalières de tous les pouvoirs . Le développement humain doit aller de paire avec le strict respect des droits civils, des droits économiques, des droits sociaux et des droits politiques des citoyens. Aucune action politique ne peut être exonérée du strict respect des droits de l'homme tels qu'ils ressortent dans les conventions et instruments internationaux. C'est pourquoi le RDR a la profonde conviction que cette politique n'est pas possible sans l'instauration d'un Etat de droit, et a choisi pour devise : Un peuple réconcilié dans un Etat de droit . Mais par ailleurs, le RDR sait qu'il ne peut exister d'Etat de droit sans démocratie car celle-ci est un préalable au respect des libertés fondamentales de la personne humaine et des droits fondamentaux des citoyens. Voilà pourquoi au bout de son analyse, le RDR conclut que l'absence de démocratie et donc de l'Etat de droit qu'elle sous-tend, constitue le vrai problème de la crise rwandaise. En effet, le peuple n'a jamais eu sa place dans la gestion du pouvoir. Exception faite de la période allant de 1959 à 1968 durant la première République, les "représentants " du peuple ont jusqu'à présent été nommés ou désignés.
C'est entre autres une des raisons pour lesquelles les Accords d'Arusha restent la référence politique du RDR, car ils stipulent clairement que la démocratie est fondée sur l'idée que toute souveraineté appartient au peuple et que la représentation populaire doit être le reflet authentique de la volonté des citoyens. En plus , tout comme ces Accords, la plate-forme politique du RDR affirme que la société démocratique doit reposer sur la séparation des pouvoirs législatif-exécutif-judiciaire, tout comme elle insiste sur la nécessité de l'instauration du pluralisme en tant qu'expression des libertés individuelles. En fin , comme les Accords d'Arusha , cette plate-forme réaffirme que le multipartisme doit impliquer la légitimité de l'opposition.
Le vrai problème central de la crise rwandaise n'est pas ethnique. Il est identifiable à la lutte violente et non-démocratique d'accès au pouvoir. Cette usurpation du pouvoir du peuple conduit à la marginalisation et à la privation de certains rwandais d'une ethnie ou d'une région de leurs droits fondamentaux, notamment le droit à la vie et à la sécurité tant physique que juridique, l'accès à la nourriture et aux soins médicaux, l'accès aux facteurs de production et au crédit, l'accès à l'éducation et /ou à la formation professionnelle et donc à l'emploi...
C'est pourquoi le RDR se bat pour un pouvoir intégral: politique, économique, social et culturel du peuple rwandais, pour tout le peuple rwandais et par tout le peuple rwandais, libre et souverain . De part ce fait, le RDR trouve qu'il est erroné de prétendre que la création du Hutuland et du Tutsiland résoudrait le problème rwandais, surtout que les tenants de cette solution ne montrent même pas clairement la place réservée aux Twa, dont on ne parle presque jamais, et aux enfants nés des mariages mixtes..
Les Hutus, les Tutsi, les Twa sont des rwandais et doivent vivre ensemble en harmonie. Personne ne doit être victime ni de son ethnie , ni de sa région, ni de son sexe , ni de sa religion ou de ses opinions politiques. Le génie des Hutu , des Tutsi et des Twa doit se mettre à la disposition du développement et du bien-être de tout le peuple rwandais. Le RDR lutte pour mettre en place un système de gestion du pouvoir qui garantisse et sécurise tout un chacun, et qui lui permette de jouir des retombées de ce développement et des fruits de son travail.
La lutte se poursuivra jusqu'à ce que le peuple récupère sa souveraineté notamment pour sélectionner ses représentants et choisir ses gouvernants sans aucune contrainte, ainsi que pour exercer son droit de participer sans aucune intimidation à la détermination des politiques publiques. Chaque rwandais a droit à un espace de liberté. Le RDR n'est ni contre une personne , ni contre une ethnie, il est contre un système injuste.
Le RDR trouve que le niveau bas d'éducation et de formation professionnelle de la population est source de beaucoup de disparités sociales et que des gouvernants irresponsables profitent de cette ignorance pour instrumentaliser les ethnies comme support de leur mauvaise gouvernance . C'est pour cela que l'éducation de base figure parmi les priorités du programme politique du RDR.
par Bahembera Eric
Hitimana Célestin semble avoir complètement raison, lisez vous-mêmes!
NATIONS UNIES: Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires - IRIN Pour l'Afrique Centrale et de l'Est; Tél.: +254 2 622147; Fax: + 254 2 622129; E-mail: irin@ocha.unon.org GRANDS LACS: IRIN-CEA Bulletin 851 (mardi 1er février 2000).
Un groupe d'étudiants rwandais cherchant asile en Ouganda ont accusé le vice-président rwandais, Paul Kagame et le secrétaire général du Front patriotique rwandais (RPF), Charles Murigande, d'être des 'dictateurs', a rapporté, lundi, le journal ougandais semi-officiel 'New Vision'. Au moins 40 étudiants se sont enfuis du Rwanda en décembre en raison d'une discorde sur l'enseignement bilingue dans les institutions rwandaises. Ils ont affirmé avoir été persécutés par les autorités. 'De nouvelles preuves viennent chaque jour confirmer que les soldats quittent le pays, les étudiants fuient et le président de l'assemblée a déjà fui,' ont déclaré au journal les étudiants. Ils ont accusé Kagame et Murigande de compliquer les choses' au Rwanda. 'Le secrétaire général est le chef politique et le vice-président est le chef militaire,' ont-ils commenté.
<< Oh good heavens ! I learned that Murigande the secretary general of RPF is touring Europe to inform RPF members about the Sebarenzi` incident. He said people misunderstood it : " Sebarenzi showed no concern for the plight of the RPF policy. Rwanda today is a paradise, its people enjoy a prosperity and justice unknown to other neighbouring countries. Sebarenzi is simply a threat to our national security ". Murigande said. My friends, it is should be noted that Sebarenzi is a genuine patriot who was willing to prosecute public officials who abuse their office for public gain. Sebarenzi publicly acknowledged the problem and was going to confront the issue, to subject the corrupt officials members of Akazu to prosecution and to earn public confidence by his anti - bribery policies. Transparency was his number one concern not the return of Kigeli at first place. At the point when the government had begun to think that there is an army of Tutsi training to attack, it has once again slipped back into the old days of the 1st. and 2nd republic when the enemy was Inyenzi or Unarists. When historians and people in Kigali come to settle accounts, they say inevitably war will happen. It was the first time Kagame and his clique acknowledged that tutsis had fled because they were being promised by some APR officers a tough war. Kagame has emphasised that he is in power and he is gone KUBASHWANYAGUZA.
In fact, it may be getting worse. Some people who compile the list of army men fleeing the country have discovered that there is at least 2 000 well trained tutsi soldiers. Quite logically, these soldiers argue, that if the government of Kigali fail to adopt effective anti - corruption programmes make democracy a way of life, potential nightmare will be next the door of Kigali capital. I find it a shame that Muligande, Major Kabuye Rose, Pasteur Bizimungu`s wife are sent in Europe and America to justify the illegitimate coup against Sebarenzi. In a bid to humiliate Sebarenzi they might face people with lies as usually. Don't buy it. Be strong and ask questions about the truth. Fearful for his own safety, Sebarenzi carried a wise move and soon or latter he will be among you all hutu, tutsi and twa. From Belgium Muligande will fly on his next destination of the tour, USA. Be ready and face him. >>
Unbelievable
Ce 28 Janvier , 39ème Anniversaire de la Démocratie au Rwanda, le RDR-Allemagne a organisé une Marche pour la Démocratie à Bonn: Elle a commencé par une manifestation devant l'Ambassade du Rwanda et s'est terminée devant le Ministère fédéral Allemand de la Coopération Economique.
La foule de participants a rédigé deux messages que les responsables du RDR en Allemagne ont remis à son Excellence Mr. Bernard MAKUZA, Ambassadeur du Rwanda en Allemagne et à Madame Heidemarie Wieczorek-Zeul, Ministre de la Coopération Economique.
Dans le premier message, les manifestants ont souligné l'attachement du Peuple Rwandais aux acquis de la Démocratie et ont rendu hommage aux éminents Leaders qui se sont sacrifiés pour la Démocratie et la République. Ils ont rappelé qu'ANASTASE MAKUZA, père de l'actuel Ambassadeur du Rwanda à Bonn, fut l'un de ces Leaders qui ont libéré le Peuple Rwandais du joug de la monarchie et des abus de l'UNAR, parti féodo-monarchiste opposé à la République et aux valeurs de la Démocratie.
Tout en rappelant la mémoire de ces Leaders, les manifestants ont demandé à l'Ambassadeur Bernard Makuza de réfléchir sur l'action libératrice de son père qu'il a trahi en épousant l'idéologie ethnocratique et génocidaire du Régime FPR installé à Kigali depuis juillet-Août 1994.
Enfin, les manifestants ont attiré son attention sur le fait que le pouvoir imposé au Peuple Rwandais par les armes n'a rien résolu, si ce n'est que répandre la haine et effacer les acquis de la République tout en écartant par tous les moyens les Hutu.
Les manifestants ont souhaité à l'Ambassadeur Bernard Makuza une bonne fête-anniversaire et lui ont demandé d'honorer aussi la mémoire de son très cher Père, un des principaux Leaders de la Démocratie.
Dans le deuxième message, les participants à la Marche pour la Démocratie ont demandé à Madame le Ministre de la Coopération:
- à ce que Monsieur Kagame, qui est cité dans plusieurs rapports de l'ONU pour avoir commis plusieurs crimes graves contre la Paix et contre l'humanité, soit traduit devant le Tribunal Pénal International sur le Rwanda;
- à ce qu'un embargo militaire soit imposé au Rwanda;
- à ce que l'aide bilatérale et multilatérale accordée au Rwanda ainsi que les comptes bancaires des membres de la clique "Kagame" soient bloqués;
- à ce que le Gouvernement Fédéral Allemand aident activement les organisations de droits de l'homme rwandaises ainsi que l'opposition démocratiques rwandaise à s'affranchir de la dictature du FPR.
Fait à Bonn, le 28 Janvier 2000
Pour le RDR-Allemagne
Ignace Murwanashyaka
Président
Beaucoup de gens de divers horizons ont exprimé des vues sur la crise rwandaise. La rédaction de Forum Rwandais vous propose un poème de Jean Baptiste BYUMVUHORE sur le même sujet. Mais tout d'abord un mot sur l'auteur. Jean Baptiste Byumvuhore est un jeune artiste musicien rwandais; il est auteur, compositeur et interprète. Le texte qui suit est tiré de son Vè volume intitulé "Singire inkovu nkomeretsa" (Que je ne blesse aucune cicatrice) publié au Rwanda en mars 1995. Monsieur Byumvuhore qui est retourné au Rwanda après un bref exil de quelques mois dans un camp de réfugiés en République Démocratique du Congo ( ex Zaïre) est réfugié en Belgique depuis 2 ans. Dans ce recueil, le poète invite les Rwandais à faire le bilan de la guerre et à en tirer les conclusions, et suggère que chacun réponde de ses actes individuellement. Il termine par un long poème dans lequel il décrit les événements d'avril à juillet 1994 et leurs conséquences. Nous publions ci-après la première partie dans une traduction littérale du Kinyarwanda. La suite et la fin vous parviendront dans nos prochains numéros.
La rédaction
Quel Rwanda, quels Rwandais!
Pourtant les beaux temps étaient au bout des doigts.
Pourtant les réfugiés se préparaient au retour
Pourtant de nombreux malheureux allaient être soulagés
Pourtant les affamés allaient être rassasiés
C'est vrai et c'était possible
Et maintenant...
Pourtant les dirigeants se préparaient à diriger
Pourtant le peuple se préparait à être dirigé
Pourtant l'absence de liberté d'expression allait disparaître
Pourtant le noeud de l'unité allait être renforcé
C'est vrai et c'était possible
Et maintenant...
Pourtant les coeurs redevenaient tranquilles
Pourtant le Rwanda allait retrouver l'espérance
Pourtant la soif et la faim allaient disparaître du Rwanda.
Pourtant la paix allait régner au Rwanda
C'est vrai et c'étaient possible
Et maintenant...
Et maintenant l'ignorance a dominé la sagesse
Tout le pays est en deuil
Les pleurs et le sang se sont frayés un autre chemin
Quel Rwanda, quel Rwandais
La cause, c'est cet avion
Ce sont ces personnes, c'est ce jour
C'est cette nuit et cette réunion
C'est cette mauvaise nouvelle et celles qui se sont succédées.
La cause , c'est cette colère
C'est cet orgueil et cette sottise
C'est surtout cet entêtement propre aux Rwandais
C'est aussi ces partis politiques qui nous divisent
C'est le courage dont on se vante toujours
C'est la vengeance en chaîne.
Et maintenant l'ignorance a dominé la sagesse
Tout le pays est en deuil
Les pleurs et le sang se sont frayés un autre chemin
Quel Rwanda, quels Rwandais!
Satan est venu habiter au Rwanda
Il a divisé pour régner
Il a fort travaillé avec zèle
Il a dominé tant ceux de l'intérieur que ceux de l'extérieur
Puis la communauté internationale a parlé d'une voix discordante et a organisé des réunions pour sauver le Rwanda.
Cela n'a abouti à rien et les gens sont morts.
Mais Satan n'a pas été satisfait
Il a lancé des attaques ici et là
De Kinyaga jusqu'au Mutara
Tout le pays s'est embrasé
Et il a eu de nombreuses victimes au Rwanda
Beaucoup d'autres se sont sauvés
Les autres se sont cachés là où il était possible
Beaucoup de sang a coulé
Tu tues une personne et tu t'en vantes publiquement
Tu dis" je suis innocent je viens de tuer un ennemi"
Quel Rwanda, quel Rwandais !
J'ai vu beaucoup d'horreurs, chers honnêtes Rwandais
Je m'adresse à ces gens intègres
J'ai vu et entendu beaucoup
J'ai vu et écouté beaucoup de gens
Que parmi ces amis il y avait beaucoup d'ennemis
Que parmi ces médecins il y avait des empoisonneurs
Que parmi les passeurs il y avait des crocodiles
Que parmi les cygnes il y avait des renards
Que ces plans étaient connus de tous
Et aussi ces trous et ces armes et aussi cette heure et ce jour
Que ce rire était moqueur que ces paroles étaient mêlées de mensonges
Que ces accords, ces chansons et ces rumeurs
Que...
Quel Rwandais, quels Rwandais
Beaucoup de gens se sont exilés, d'autres se sont cachés
Ceux qui ont fui ont eu des problèmes
Ceux qui se sont cachés en ont eu d'autres
Nous avons embrassé une vie que nous avions rejetée
Nous avons dormi à la belle étoile, nous avons vécu dans la brousse
Camouflés, nous avons parcouru des routes inconnues
Nous avons beaucoup radoté
Mais Seigneur !
(à suivre)
Editeur Responsable: Eric Bahembera ; P.O. Box 85 ; 3840 Hardewijk; NEDERLAND
Forum Rwandais N° 7; Janvier 2000