Forum Rwandais
Nous dirons la vérité.......même si elle blesse !

Espace d'expression pour construire l'avenir du Rwanda
Bulletin du Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda
Mensuel No. 2; juin 1999


ÉDITORIAL

Cent jours pour comprendre

Depuis le génocide rwandais de 1994, certains milieux politiques se mobilisent chaque année pou marquer leurs sympathie aux victimes.

Et chaque année apporte son cortège d'originalité. Pendant qu'en Suisse la diaspora tutsi organisait une manifestation contre Monseigneur André PERRAUDIN pour son rôle dans l'accéssion à l'indépendance du Rwanda, en Belgique, le lobby pro-FPR lançait à grand renfort de publicité, une campagne baptisée " Cent Jours pour Comprendre ". Cette campagne a même éclipsé l'accord arraché in extremis à Koffi Annan Secrétaire général de l'ONU sur le rôle joué par cette organisation dans le Génocide rwandais.

Il n'y a absolument rien de plus légitime que de célébrer la

mémoire des siens emportés par la main de l'homme. Et de fait, si le FPR autorisait aussi aux Hutu de pleurer les leurs massacrés dans la foulée du génocide, c'est tout le pays qui serait en deuil. Deuil pour un frère, une soeur ou une autre parenté disparus dans la folie meurtrière de 1994, deuil pour une parenté ou une connaissance qui vous était chère, qui vit un exil impitoyable. Deuil aussi pourquoi pas pour les libertés et la dignité perdues, deuil pour le cohorte des malheurs qui se sont abattus sur le Rwanda dans le sillage de l'avènement au pouvoir du FPR.

S'il est vrai que le rôle de l'ONU avant, au cours et après le Génocide, a été des plus énigmatique, il n'en demeure pas moins vrai que la responsabilité du FPR dans ce drame a toujours été escamotée.

S'il est de bonne guerre selon ce dernier, de remonter les racines de ce qu'il appelle "l'idéologie génocidaire " jusqu'en 1959, il serait absurde de passer l'éponge sur la guerre d'octobre 1990. Or, cette guerre a été déclenchée par le FPR et il est généralement admis que dans toute guerre le premier crime de guerre est de la déclencher.

S'il Par soucis donc d'équité aucun des acteurs de la tragédie rwandaise ne doit occulter sa responsabilité. Sinon, ce serait la justice du vainqueur.

Eric BAHEMBERA

 

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La dérive du FPR : Témoignage d'un Transfuge


Quand un exilé rwandais dénonce les lacunes du régime du FPR, ses propos sont balayés d'un seul trait comme des lamentations d'un nostalgique révisionniste et que sais-je encore. Le présent témoignage émane d'un journaliste rwandais, Jean-Pierre MUGABE.

Ancien rédacteur en chef du journal le Tribun du Peuple, Jean-Pierre MUGABE a été pendant longtemps un sympathisan du FPR et son journal a largement ouvert ses colonnes à ses thèses, ce qui lui valut les foudres de l' "establishment " sous le régime de Habyarimana. En avril 1994, il rejoint le maquis du FPR à Byumba et coopère avec lui jusqu'à sa victoire militaire. Désabusé comme beaucoup d'autres admirateurs par les dérives du FPR, il vient de fuir le Rwanda et dresse dans un volumineux courrier adressé à Paul Kagame ,homme fort de Kigali, un bilan accablant que je me hasarde à résumer. L'original est en Kinyarwanda.

1. Détournement des deniers publics et de l'aide internationale

L'auteur met en exergue les détournements de l'aide internationale accordée au défunt ministère de la Réhabilitation et la Réinstallation des réfugiés dont le 1er titulaire fut Patrick MAZIMPAKA, vice-Président du FPR et actuel ministre à la Présidence de la République. Son directeur de cabinet n'était autre qu' UMUTONI Christine également éminence grise du FPR. L'argent détourné provenait d'Espagne, d'Italie, de la Chine et du Japon. Le matériel gracieusement offert par le PNUD, l'UNICEF et d'autres ONG, n'a pas été épargné et l'enquête qui avait été lancée par le gouvernement a été mystérieusement suspendue.

" Quand j'ai fait état de ces détournements dans un journal, se plaint MUGABE, j'ai eu à mes trousses des escadrons de la mort et ce n'est que grâce à Dieu que j'eus la vie sauve ".

" Le 24-12-1997, durant une conférence de presse, je vous ai posé une question sur la suspension de cette commission d'enquête et vous vous êtes mué dans le silence ", remarque l'auteur. " J'ai encore posé la question du don de médicament offert au ministère de la santé sous la tutelle du Colonel Dr. KAREMERA, et qui a été vendu en Uganda ". Sans plus de succès ", écrit encore MUGABE.

L'auteur cite encore une série de scandales politico-financiers à charge du FPR. " Votre Excellence, dit-il, " vous êtes sans ignorer la somme de 500 millions de Francs rwandais, équivalent à 1.470.588 $ US que vous avez subtilisée du ministère des Travaux Publics ". Cet argent aurait servi à l'érection d'une ferme laitière à Kibungo, dénommé NTEBE Dairy Farm, une duplication de la ferme de MUSEVENI sise à NYABUSHOZI. Sur la sellette , se trouve aussi la vente par le vice-Président Paul Kagame, d'une large propriété d'un ancien colon belge du nom de Deburghrave sise à GASYATA pour la bagatelle de 100 millions de FRW (294.117 $). L'acheteur n'était rien d'autre que son associé, le commerçant GAPOSHO GAHUNDE de la société STIPPAG. Mr. MUGABE n'épargne pas le havre de la gangrène, tout en sachant les risques auxquelles il s'expose. Et de rappeler à l'adresse de Kagame ; " votre Excellence, vous savez très bien les faramineuses sommes d'argent détournés par certains officiers supérieurs qui opèrent en mafia. Cet argent devait servir à acheter les rations de l'armée.

Chaque mois, l'Etat déboursait 800 millions de FRW (2.857.142 $) ". Deux ans plus tard, il s'est avéré que chaque mois, 400 millions de FRW finissaient dans les poches de cette mafia. Les personnes les plus en vue dans cette mafia sont les Lt.-Col. Frank RUSAGARA et KAMANZI MUSHYO qui était G4 (chargé de l'intendance).

Un autre gouffre identifié se trouve au ministère de l'éducation nationale, sous l'administration jusque très récemment du Col. Dr. Karemera. Celui-là qui a introduit un système de quota en faveur des étudiants anglophones. Alors que pour passer du primaire au secondaire, les élèves francophones doivent obtenir au moins 52 %, leurs confrères anglophones venus de l'Uganda n'ont besoin que de 37 %.

S'agissant encore de la spoliation des deniers publics, MUGABE écrit ceci : " Enquêtez sur la finalité de 100.440.000 FRW (2.54.411 $) dépensés pour l'achat de machines sud-africaines de fabrications de briques pour les constructions scolaires au MUTARA ", ce Tutsiland. " Sur les bons de commandes, il est indiqué que chaque machine a été achetée à 10.044.000 FRW. Certaines communes rwandaises ont acheté les mêmes machines à 3 millions de FRW, moins d'1/3 le prix facturé à l'Etat. MUGABE relève aussi la volatilisation de 2 millions de dollars octroyés par le PNUD pour acheter du matériel scolaire qui aurait fini sur le compte de l'épouse du ministre Karemera en Belgique.

Des Hutu de service ont profité de cette impunité pour ramasser aussi quelques miettes. Ainsi, le ministre Charles NTAKIRUTINKA, actuellement aux affaires sociales, de mèche avec le commerçant UZABUMWANA Augustin, aurait

 

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occasionné à l'Etat une perte de 170.000.000 FRW (plus ou moins 500.000 £) en travaux et fournitures publics.

Mr. MUGABE ne cite pas des bobards, il a des sources solides. " Vous êtes au courant ", dit-il dans son courrier au général Kagame, " du rapport de l'inspection des finances déposé en février 1998 et remis à l'Etat le 27-2-1998 ". Le rapport évoquait un trou d'un milliard de FRW (17,647,059 $) et identifiait les les coupables sous forme de fraude fiscale et exonération intempestive avec la complicité des officiers supérieurs de l'APR. Et de faire un parallélisme entre le régime du FPR et celui de Habyarimana, qu'il avait pourtant voué au diable. Selon lui, durant les 3 dernières années du régime de ce dernier 600 millions de FRW au total avaient été volatilisés. Pendant la même période (3 ans) sous le régime du FPR, les estimations les plus conservatrices évaluent les sommes détournes à 3 milliards de FRW, soit 5 fois plus.

" Je vous rappelle aussi tout l'argent détourné dans des travaux de réfection des maisons de l'Etat depuis votre ascension au pouvoir en 1994. Et de citer en appui les révélations du journal " UKURI " qui a épluché les comptes de l'entreprise Fair-construction d'un certain MUGISHA " sur votre recommandation ".

La gabégie dans l'achat de luxueux véhicules de l'Etat, dans les travaux de réfaction des routes, citant en l'exemple la route Kigali-Bugesera et Gikondo-Nyenyeli, est un autre souci d'inquiétude. La vente au rabais du porte feuille de l'Etat dans le cadre de la privatisation rapporte aussi gros pour la mafia de l'APR. La cession de la sucrerie de Kabuye à l'homme d'affaire asiatique MADHIVANI, proche de YOWERI MUSEVENI, ainsi que la vente de l'Imprimerie Nationale

du Rwanda à INTERSEC " dont nous savons très bien les liens avec le FPR, sont autant d'exemples.

2. Sécurité des personnes et des biens

La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme que le Rwanda ratifié consacre l'inviolabilité de la propriété privée. Sous le régime du FPR on dirait qu'on revit l'anecdote de " Animal Farm ". La loi du fusil n'a de limite que le ciel. Ecoutons encore notre transfuge :

" Certains des officiers supérieurs de l'APR se sont accaparés de propriétés terriennes des paysans et les ont clôturées avec des fils barbelés à Kibungo au bord des lacs à l'Est de Kigali et au Mutara ". Et de rappeler que KAGAME en a été bien informé par ses " cadres " au cours d'une de leurs réunions qu'il a présidé lui-même. Le Lt.Col. Frank RUSAGARA a été le plus decrié. Même les frères Tutsi Bagogwe ont fait les frais de cette culture de pillage. Le Lt.-Col. NGOGA très proche de Kagame, le Lt.Colonel KAYONGA, le major MACUMU ainsi que le capitaine MALIDADI ont honteusement volé un millier de vaches des Bagogwe à Gisenyi et éliminé certaines des victimes qui osaient protester.

" Vous ne pouvez pas prétendre ne pas en être au courant, puisque vous avez ordonné une enquête dirigée par le major NDAHIRO (conseiller de Kagame) et comprenant en outre le capitaine MUTIGANDA ", du DMI (le tristement célèbre service de renseignement militaire) s'indigne l'auteur.

L'occupation et l'aliénation des immeubles privés est aussi évoquée.

A Kigali, on veut faire croire que seules les maisons de génocidaires et des exilés dont on n'a pas d'adresses sont occupées, mais détrompez-vous. Prêtons encore plutôt

l'attention à notre journaliste.

" Vous avez été informés du problème des immeubles privés qui ont été vendus aux enchères, alors que leurs propriétaires sont au pays ". Et de citer la maison de Feu Vincent NTIVUNWA mort en 1989, mais dont le nom figure sans doute pour brouiller les pistes, sur la liste des génocidaires de 1994 ( !) de la 1ère catégorie.

La veuve de ce dernier avait en vain introduit un recours en justice. Son fils a été enlevé en pleine journée en 1995 au bureau communal de NYARUGENGE et assassiné. L'autre cas cité est celui de la maison de Feu KALIMUNDA Gérard enlevé par l'APR le 19 juillet 1994 et assassiné. Son chauffeur qui avait osé informer sa famille des circonstances de son enlèvement a été aussi assassiné, de même qu'une dame du nom d'Ancille, agent du MINITRAPE qui avait donné à la famille copie du dossier cadastral de cet immeuble.

L'assassinat par les services de renseignements de l'armée a été aussi esquissé, quoi que de façon moins détaillée.

L'enlèvement et assassinat par les agents de l'ESO (External Security Organization) de Feu SEMWAGA et madame DROCELLA, cadres du bureau du PNUD à Kigali est évoqué avec force détail. Ceci jette peut être un peu de lumière sur la mystérieuse disparition de SPIRIDION, un autre cadre Hutu comme les précédents morts en 1994, ainsi que la mort subite de François MUNYENTWALI, cadre de l'OMS à Kigali qui cherchait depuis quelques jours à regagner l'Uganda pour fuir.

L'assassinat en 1998 du commerçant NDOLI Damascène, et son épouse et du journaliste MUNYEMANZI de l'ORINFOR dont le corps a été aperçu tout près de l'Hôtel des Milles Collines en plein centre ville sont aussi mentionnés.

 

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3. Le népotisme dans l'administration.

Sous le régime du défunt Président Habyarimana, la lexicologie politique s'était enrichie d'un mot magique, l'AKAZU. Il suffisait que quelqu'un soit brandi comme un noyau de personnes qui gravitaient autour du Président membre de ces AKAZU pour subir les pires vexations. Au TPIR, certains actes d'accusation soulignent que tel ou tel était membre de l'AKAZU, comme si c'était un crime d'être un haut fonctionnaire, un commerçant prospère, un officier supérieur des FAR etc..., sous ce régime de Habyarimana.

Mais le récit du journaliste MUGABE sur le népotisme dans l'administration du FPR relègue l'AKAZU du régime de Habyarimana au statut de véritable nain. Tenez.

En plus du fléau ethnique et régional qui gangrène la société rwandaise, le FPR a attéri avec une nouveauté, la ségrégation linguistique des anglophones font la pluie et le beau temps. Laissons parler les faits.

MAZIMPAKA Patrick, vice-Président du FPR de 1991-1997 et actuel ministre à la présidence et véritable n°2 du régime. A évolué en Uganda comme Kagame.

Dr. Théogène RUDASINGWA, Secrétaire Général du FPR de 1993-1996 et actuel ambassadeur à Washington. Un produit de l'Uganda.

Col. Frank MUGAMBAGE, ancien commissaire politique de l'APR et actuel chef de cabinet à la présidence, de la mouture ugandaise aussi.

Les trois ci-haut formeraient le noyau dur du FPR par qui passent toutes les décisions, ensemble avec le peloton de choc de l'APR formé du Général KAYUMBA, du Col. James KABAREBE, architecte de l'aventure congolaise, du Lt.Col. Patrick KAREGEYA de l'ESO,

ainsi que du Lt.Col. NZIZA Jack (de son vrai nom NKURUNZIZA Jackson) du DMI. Ce dernier est un sujet MUFUMBIRA ugandais qui a rejoint le FPR dans le seul cadre de l'Internationalisme Tutsi. Tous ont évolué en Uganda dans la NRA.

Sur 7 ministres du FPR (à l'exclusion des formations satellites), 5 proviennent de l'Uganda.

Sur 8 ambassadeurs du FPR, 7 viennent de l'Uganda.

Pire encore, la plupart sont originaires de GAHINI-KIBUNGO:

Dr.RUDASINGWA Théogène (Washington)

NSENGA Isaac (London)

RUGEMA Mike (Israël)

Major Dr.KARENZI (South Africa)

KAYINAMURA Gédéon (New York)

KARENZI Théoneste (Bujumbura).

Et notre journaliste d'ajouter sur un ton amer : " La situation est pareille partout dans les postes de responsabilité les mieux payés comme à l'Office des Recettes (Rwanda Revenue Authority), une copie fidèle de UGANDA Revenue Authority qui s'est même séparé de son directeur général, un ghanéen, pour venir piller le Rwanda. Selon MUGABE, 80 % du personnel de RWANDA Revenue Authority vient de l'Uganda.

L'attribution des bourses d'études à l'étranger reflète aussi cette " ugandisation ". Sous la tutelle du Dr. Karemera, les bourses aux USA, au Canada, en Irlande, en Egypte et en R.S.A. étaient réservées aux anciens sujets de YOWERI MUSEVENI.

Dans l'armée, il n'y a pas de critère de promotion sinon que de faire la cour et de parler anglais. Des officiers brillants qui ont dénoncé cet état de chose dans l'armée ont été récemment mis en retraite anticipée. Il s'agit

des colonels TWAHIRWA Dodo, MUSITU et GASHUMBA, ainsi que du Lt.Col. GASHUGI. Laissons encore une fois parler les faits pour mieux saisir la gravité de ce phénomène d'AKAZU version FPR.

  • 1. DMI (Directory of Military Intelligence) ; directeur : Lt. Col. Jack NZIZA, ancien confrère de Kagame au DMI de la NRA en Uganda. Tous ses directeurs viennent aussi de l'Uganda.

  • 2. Responsable du bureau G2 de la Gendarmerie : Major MUPENZI de l'uganda.

  • ESO, External Security Organization) : Directeur : Lt.Col. Patrick KAREGEYA, ancien confrère de KAGAME du DMI de la NRA en Uganda, de même que son adjoint le Major Richard ASOZERA.

  • CID (Criminal Investigation Department), Directeur : Major BAYINGANA Emmanuel, ancien de l'uganda.

  • Special Branch : Directeur, major GACINYA RUBAGUMYA, de l'Uganda.

  • Military Police, Commandant : Major ZIGIRA de l'Uganda.

  • Republican guard : Commandand, Lt.Col. KAGAME Alexis, ancien de l'Uganda.

  • Auditeur Militaire : Col.RWIGAMBA, ancien de la NRA de l'Uganda. Son adjoint le major NZABANITA Joseph est aussi un ancien de l'Uganda.

  • Police nationale : Commandant, Major KARERA, ancien de l'Uganda.

    De là à parler d'ugandaphilie, la comparaison ne serait pas exagérée. Ceci a créé des cassures au sein de l'APR, entre les " ugandais ", les " burundais " et le reste.

Selon ce journaliste qui, rappelons-le, a bien connu le

 

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maquis du FPR, beaucoup de jeunes recrus Tutsi en provenance du Burundi auraient été éliminés dans le maquis du fait de ces rivalités entre les " ugandais " et les " burundais ". Tous comme les Tutsi en provenance du Rwanda, qui étaient traités d'IBIPINGA ' réactionnaires), ces " burundais " auraient péri par l'AGAFUNI (manchette de houe usagée). Eux aussi ? Et moi qui

croyais que le FPR réservait ce supplice aux Hutu !

Mais que les républicains se rassurent, les relations entre le FPR et le monarque KIGERI, à en croire MUGABE, connaîtraient quelques frictions. Répondant à une question sur l'éventualité de son retour au bercail, le Général KAGAME aurait répondu narquoisement qu'il " doit rentrer comme tous les autres rwandais du commun des mortels ".

Si urw'umwe, dit un adage rwandais. Dans le livre " VERS UN NOUVEAU RWANDA ", une autobiographie, qui lui a été consacré par François MISSER, KAGAME n'avait-il pas reproché aux Hutu de n'avoir pas " jeté en prison " le monarque après sa destitution?

MBANZAMIHIGO Arthur
SACRAMENTO U.S.A.


POUR UNE PAIX DURABLE DANS LES PAYS DES GRANDS LACS


Par Faustin TWAGIRAMUNGU, Président de l'UFDR.

(UFDR est une Coalition des organisations politiques RDR, FRD, GID)

Aujourd'hui la République Démocratique du Congo, pays limitrophe du Rwanda, est confrontée à une guerre meurtrière menée par le régime minoritaire et hégémonique du Général Major Paul Kagame qui s'est imposé au peuple rwandais par les armes depuis 1994. Il est soutenu comme toujours par l'armée de son parrain le Président ougandais dans cette guerre de colonisation d'un pays 75 fois la taille de ses agresseurs, le Rwanda et l'Ouganda réunis.

Cette deuxième guerre de ces deux seigneurs de la guerre des Grands Lacs ne peut plus être justifiée avec le même argumentaire que la première de 1996/97, lorsque l'armée de Kagame a détruit, à l'arme lourde, les camps de réfugiés rwandais dans l'ex-Zaïre, exterminant dans le processus plus de 200.000 réfugiés dans ce que la Commission d'enquête des Nations Unies a qualifié d'actes de génocide et pour lesquels elle a réclamé un complément d'enquête pour déterminer les coupables et les traduire devant la justice internationale.

Depuis le 2 août de l'année passée, date où cette deuxième guerre par procuration a

commencé, sa nature plus économique que civile s'est révélée, montrant la complicité de groupes d'intérêts économiques voire de certains gouvernements occidentaux avec les agresseurs, notamment celui des Etats-Unis. La politique de ce pays dans cette région est défaillante et sa campagne promotionnelle en faveur d'une "nouvelle génération de leaders éclairés" s'est avérée désastreuse et à courte vue. En effet, de la Corne de l'Afrique à la région des Grands Lacs, les lauréats de ces titres décernés sans discernement sont en guerre les uns contre les autres. L'implication de forces extérieures est patente puisque ni l'Ouganda et encore moins le Rwanda ne peut faire face à cette guerre qui coûte au moins 2 millions de dollars par jour à chacune de ces économies classées parmi les plus pauvres du monde.

Le génocide et les massacres qualifiés d'actes de génocide

Le génocide contre les Tutsi en 1994 est une abomination qui doit être condamnée par tous les rwandais comme un acte horrible et barbare qui ne doit jamais être réédité. Les auteurs de ce crime contre l'humanité doivent être arrêtés, jugés et condamnés. Cependant les responsabilités ne peuvent en aucun cas être collectives et étendues à toute une ethnie comme le régime de Kigali veut le faire accepter en qualifiant tous les Hutu, ceux de

l'opposition en particulier comme des génocidaires réels ou potentiels.

Le génocide contre les Tutsi, banalisé à outrance pour être devenu un fonds de commerce politique du régime de Kigali et les appuis inconditionnels dont ce régime bénéficie de la part de certaines puissances occidentales sont à la base d'un comportement insupportable qui lui permet d'asseoir sa dictature militaire sur le peuple rwandais et à l'étendre sur les pays voisins en foulant aux pieds les conventions internationales dont le respect de l'intangibilité des frontières et les droits de l'homme.

L'UFDR qui réitère sa condamnation sans équivoque du génocide des Tutsi en 1994, trouve scandaleux et inacceptable la pratique de deux poids deux mesures de la part de la communauté internationale sous la houlette des sponsors du régime de Kigali. Ces derniers sont en effet tombés dans le panneau de ce régime militaro-ethniste et impopulaire et assimilent tous les opposants à ce régime à des génocidaires et agitent en tous temps et en tous lieux, l'épouvantail des miliciens "Interahamwe" et d'un danger de génocide permanent contre les Tutsi, et cela chaque fois que les crimes de ce régime sont évoqués. Cette stratégie qui procède par diversion est faite pour couvrir les crimes innombrables des tenants du

 

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pouvoir actuel qui pratiquent un génocide rampant contre les populations innocentes composées en grande majorité par les Hutu (90%) suivant un plan machiavélique visant à terme une parité numérique entre les deux ethnies.

Parmi les crimes du Front Patriotique Rwandais (FPR) au pouvoir à Kigali et sa milice l'Armée Patriotique Rwandaise (APR), il y a lieu de citer :

  • les massacres perpétrés contre la population depuis le début de la guerre le 1/10/1990

  • l'assassinat du Président rwandais Juvénal Habyarimana et du Président burundais Cyprien Ntaryamira le 06/04/1994, assassinat qui a déclenché le génocide rwandais

  • le massacre dans le camp de personnes déplacées de Kibeho qui a coûté la vie à 8.000 personnes le 22/04/1995 en présence des casques bleus de la MINUAR les massacres, exécutions extrajudiciaires et autres atrocités rapportés par la Mission d'Observation des Droits de l'Homme des Nations Unies jusqu'à son expulsion du Rwanda en juillet 1998 comme le fut la MINUAR auparavant qui constituaient des témoins gênants les massacres de plus de 200.000 réfugiés Hutu dans l'ex-Zaïre en 1996/97, massacres que la Commission d'enquête des Nations Unies a qualifié d'actes de génocide

Face cachée de la guerre civile au Rwanda

Les guerres expansionnistes du Général Kagame servent non seulement à piller les richesses de la RDC mais également à occulter une guerre civile meurtrière qui n'a jamais cessé au Rwanda.

Prenant le prétexte de lutter contre la rébellion qui opère dans le Nord Ouest et dans le Centre du pays, le régime de Kigali mène une politique de la terre

brûlée et affame la population en ordonnant notamment la destruction de cultures dont des milliers d'hectares de bananeraies pour que les rebelles ne puissent pas se nourrir. Le régime a récemment renforcé cet arsenal contre la population par le regroupement des populations dans des camps de concentration (plus de 600.000 personnes actuellement), une politique pratiquée au Burundi voisin et unanimement décriée par les organisations internationales humanitaires.

Par ses pratiques et ses déclarations, le régime rwandais reconnaît de fait l'existence d'une rébellion interne, mais il accuse contre toute logique, la RDC de ne pas contrôler cette rébellion. Le régime de Kagame n'est pas crédible en essayant de justifier sa deuxième invasion contre la RDC par le fait que Kabila aurait entraîné des milliers de Hutu et que ceux-ci lançaient des attaques contre le Rwanda à partir du Kivu. Cette accusation est sans fondement puisque tout le monde sait que c'est l'APR qui contrôlait l'armée de la RDC jusqu'en juillet 1998 et qu'elle a toujours gardé des brigades entières au Kivu depuis son invasion de 1996, soi-disant pour empêcher l'infiltration des rebelles hutu.

Le régime rwandais doit donc cesser de se voiler la face, et reconnaître que la guerre civile rwandaise est interne et qu'aucune invasion à l'extérieur du Rwanda ne pourra jamais résoudre le problème interne rwandais. Il faut rappeler que ce problème est essentiellement d'ordre politique, et qu'il ne pourra jamais être résolu militairement ni au Rwanda ni en RDC ni ailleurs dans le monde. Ce n'est non plus dans des élections fictives que le régime du FPR a organisées au Rwanda en vue de frauduleusement légitimer sa dictature sanguinaire d'où sortira une solution

alternative. Ce n'est que tout simplement des pratiques déloyales visant à tromper l'opinion internationale en faisant croire que cette dictature serait encline de se soucier de la démocratie.

Solution du conflit

Le Rwanda se trouve au premier plan des pays qui recommandent la négociation entre le Président Kabila et ses opposants. Avant de faire ce genre de recommandations, le gouvernement impopulaire et sanguinaire de Kigali devrait d'abord accepter de dialoguer avec l'opposition démocratique rwandaise représentée par l'Union des Forces Démocratiques Rwandaises. L'UFDR reste convaincue qu'une solution durable à la guerre qui fait actuellement rage en RDC et qui plonge ses origines dans la guerre civile toujours en cours au Rwanda, ne pourra être trouvée sans le règlement des conflits existant dans les autres pays de la région des Grands Lacs en général et au Rwanda plus particulièrement.

En effet, les dirigeants du Rwanda et de l'Ouganda ont justifié les deux invasions de la RDC en l'espace de deux ans, par la volonté affichée de résoudre militairement le problème des "infiltrations" de leurs rébellions respectives. Malgré que les armées rwandaises et ougandaises contrôlent depuis octobre 1996 les provinces de la RDC qui touchent à leurs frontières, les guerres civiles internes ont redoublé d'intensité dans ces deux pays, démontrant ainsi l'inutilité de ces invasions meurtrières du moins en ce qui concerne la solution des conflits interne au Rwanda et en Ouganda.

Ainsi force est de constater qu'une solution uniquement limitée à la RDC ne sera que partielle et passagère. L'on aura

 

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traité les symptômes et non la maladie. Une solution globale s'impose, non pas dans un cadre diplomatique ambigu mais surtout en reconnaissant les particularités de chaque pays avec son peuple.

Pour une solution durable de ce conflit qui affecte toute la région, l'UFDR propose :

  • le retrait inconditionnel du territoire de la RDC de tous les agresseurs rwandais et ougandais

  • la tenue d'une conférence organisée par les pays de la SADC, et dans laquelle participeront les pays de la région des Grands Lacs, les trois pays de la Communauté Est Africaine et tous les pays frontaliers de la RDC.

  • l'organisation de négociations politiques séparées entre le gouvernement de la RDC, du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi et leurs oppositions respectives.

  • la garantie internationale des accords de paix issus des négociations ci-dessus.

  • Les accords SYRTE signés le 18 avril 1999 sous les hospices du leader Libyien, pas plus que les manœuvre de diversion rwando-ougandaise sur le retrait de leur troupes de la RDC n'entament en rien la pertinence de ces propositions.

    En ce qui concerne le conflit rwandais, l'UFDR reste convaincue que sa solution durable ne se trouve pas dans les massacres de populations

    civiles à l'intérieur du pays ni dans des guerres de conquête des pays voisins qui sont sans issue, mais réside d'abord dans le fait d'accepter des négociations sincères entre rwandais, pour mettre en place un véritable Gouvernement d'union nationale capable d'instaurer une réconciliation de tout le peuple rwandais aujourd'hui très éprouvé.

    Pour l'UFDR, l'Accord de paix d'Arusha du 4 août 1993 qui a été négocié et conclu avec l'appui de la communauté internationale constituerait une base sérieuse de négociations pour une solution définitive du conflit rwandais.


    Rwanda :La Révolution sociale de 1959 face à la Terreur du Régent.




    Par JB NKURIYINGOMA, chargé de l'Information
    du CONGRES DEMOCRATIQUE AFRICAIN - CDA,

    Au moment où le régime du FPR parachève sa politique d'épuration politique avec l'éviction notamment des militants pourtant dits modérés des partis politiques des anciennes Forces Démocratiques du Changement, il est impératif que toute l'opposition démocratique rwandaise abandonne sa cacophonie et accorde ses violons sur les véritables enjeux à défendre. C'est dans ce cadre que nous publions ce texte.....

    COMMUNIQUE DE PRESSE

    La Révolution française de 1789 a connu sa Terreur blanche, sa Restauration et sa Monarchie de Juillet pour triompher définitivement en 1848 avec la proclamation de la République. L'histoire bégaierait-elle et serions-nous en train d'assister à l'exécution de la même partition en ce qui concerne le Rwanda ? Le Régent du pouvoir, le Général Kagame, dont la terreur est arrivée à son point culminant avec ses crimes contre

    l'humanité, ses procès, ses emprisonnements, son quadrillage militaire du pays et ses invasions extérieures, voudrait-il piétiner des pans entiers de l'histoire du pays et effacer les conquêtes d'égalité, d'accès à la propriété privée et de liberté de la Révolution rwandaise de 1959 pour établir la restauration d'une aristocratie militaire et fasciste d'un autre âge ?

    Le Congrès Démocratique Africain - CDA - ne peut pas ne pas réprouver profondément la dérive actuelle du régime de Kigali quand nous prenons connaissance que des projets de réécriture de l'histoire sont en cours et que des personnalités, y compris celles qui l'ont aidé à prendre le pouvoir par les armes, sont jetées en prison pour le seul fait d'avoir pris part à la Révolution rwandaise. Le CDA ne peut pas ne pas dénoncer fortement le discours politique qui, aujourd'hui, avec une vigueur arrogante et un révisionnisme méprisant, proscrit le mot révolution, radie des

    institutions publiques, bannit et incarcère toute personne qui se réclame de son héritage ou soupçonné comme tel. Si le CDA peut comprendre l'amertume endurée par quiconque rentrerait d'un long et éprouvant exil, il condamne par contre avec énergie, que, pour se venger de l'éviction passée du pouvoir, les acquis aussi précieux d'un peuple, arrachés de haute lutte, soient qualifiés de génocide. Un tel comportement présage malheureusement de craindre que la tragédie des rwandais n'aurait pas encore connu de fond et que le pouvoir politique préparerait un bain de sang, sa " Terreur blanche ".

    La Révolution sociale de 1959 a apporté des acquis et des espérances fondamentaux à de larges couches de la population rwandaise, particulièrement les tutsi et les hutu de conditions modestes qui subissaient l'arbitraire et la cruauté d'un régime féodal de fer. Elle a véhiculé des revendications fortes d'égalité, de justice sociale, de liberté, de

     

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    reconnaissance de la propriété privée au nom desquelles le CDA lutte pour la démocratie et condamne le génocide rwandais et les crimes contre l'humanité commis au Rwanda et dans la République Démocratique du Congo. Remettre en cause des valeurs fortes dans lesquelles de nombreux rwandais se reconnaissent, revient à rompre définitivement l'espoir de réconciliation et déchaîner les chiens de la violence, du désespoir et du racisme. Les remettre en cause, c'est ouvrir la voie royale à la restauration des privilèges à une caste minoritaire de militaires et d'hommes d'affaires extrémistes aujourd'hui au pouvoir et engluée dans la corruption, le non droit et le crime politique.

    Pour le CDA, que les conquêtes de 1959 aient été plus tard dévoyées par des politiciens ethnistes ou régionalistes (1963, 1973, 1990, 1994, 1995 -1999) pour se hisser ou se maintenir au pouvoir, cela n'enlève rien à leur nature émancipatrice et en la croyance forte par la population dans les idéaux véhiculés. Cela montre au contraire qu'un pouvoir non contrôlé par les citoyens court des risques forts de ne pas se trouver en phase avec ces derniers, lesquels il prétend représenter. Cela est une preuve supplémentaire que, laissée à sa seule ivresse, la classe politique peut corrompre les institutions, les détourner à son seul profit et commettre l'irréparable. Et elle l'a commis, le génocide. D'où l'extrême urgence d'instaurer des institutions démocratiques assises sur la participation et le contrôle des citoyens.

    La Révolution de 1959, rappelons-le et l'affirmons-nous, a été l'œuvre d'une majorité de Rwandais, hutu et tutsi de conditions modestes, considérées comme des êtres de seconde zone, qui luttaient avant tout pour sortir du servage et accéder à leur émancipation

    politique et sociale. On comprend mieux maintenant pourquoi le FPR, organisation de réfugiés, participant à l'activation de la fibre ethnique, abattant l'avion présidentiel, reprenant unilatéralement la guerre le 6 avril 1994, sommant deux jours après les troupes étrangères de déguerpir dans les meilleurs délais sous peine d'être traitées comme des ennemis, a sciemment exposé les tutsi de l'intérieur au génocide et l'opposition démocratique aux massacres.

    Pour cette organisation politique, les gens de l'intérieur, toutes ethnies confondues, ayant choisi de vivre les structures fondamentales de la révolution à la base de l'exil, devaient en supporter le prix fatal. Il est vrai, en effet, en ce qui concerne particulièrement les tutsi, que malgré les drames qu'ils ont endurés en termes de représailles lors des attaques armées des réfugiés de 1962 à 1967, ils sont restés fidèles aux institutions émanant de la révolution qui a mis un terme à la féodalité. Si le CDA condamne fermement le génocide tutsi commis par l'ancien régime, c'est aussi parce qu'il réprouve totalement le racisme à la base et le reniement aux tutsi le legs légitime des idéaux d'humanité de la révolution à laquelle ils ont eux-mêmes œuvré.

    Aujourd'hui encore les rescapés tutsi sont taxés de collaboration avec les régimes " hutu " et doivent justifier à leurs " libérateurs " les raisons et les mobiles de leur survie au génocide. Ceux qui semblent s'en tirer le mieux sont ceux qui se constituent en délateurs contre les justes qui les ont sauvés. Les autres se taisent, ne peuvent témoigner des solidarités qui les ont tirés de la mort certaine, à cause du péché de complicité qui leur colle sur la peau. Le plus cynique, le plus incroyable est l'exploitation politique du génocide par le FPR

    alors qu'il connaît bien la casse présentée comme nécessaire qu'il a opérée en vue de " faire de l'omelette ", ainsi qu'il le confiait en 1994 aux différents diplomates à Kigali, lesquels le dissuadaient de reprendre la guerre. Alors, après toutes les affres commises, au non de quoi le FPR revendique-t-il l'héritage du génocide?

    Le CDA n'acceptera jamais qu'à cause de l'imposition soudaine de la violence armée pour arriver au pouvoir, le nouveau régime rwandais occulte sa responsabilité flagrante dans les crimes contre l'humanité qui se sont abattus sur le peuple rwandais. Il demandera toujours à ce que, pour une question de justice et d'équité, comme il le fait déjà en ce qui concerne les bergers du génocide tutsi, le Tribunal pénal international d'Arusha, par sa compétence temporelle, juge également les auteurs au sein du FPR qui se sont rendus coupables de crimes contre l'humanité. Le CDA n'acceptera jamais qu'une clique de nostalgiques de l'aristocratie féodale, qui s'opposa en 1959 à ce que le pouvoir à l'époque évolue en monarchie constitutionnelle, foule ensuite aux pieds l'histoire et la mémoire des rwandais qui reconnaissent la Révolution sociale comme une avancée essentielle de la vie politique et sociale de la nation.

    Et, puisqu'il faut rechercher les origines de l'idéologie génocide qui a inspiré aussi bien l'ancien régime que le nouveau à commettre l'irrémédiable, il convient de reculer dans le temps et tourner les yeux vers l'histoire récente des massacres de Rucunshu où la lignée " nyiginya ", fut systématiquement décimée par le Régent Kabare, - encore un régent -, pour se hisser au pouvoir et opérer un coup d'Etat qualifié de biologique, tellement les plans sordides qui précédèrent et suivirent les massacres et le coup de force

     

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    étaient d'une infinie perfidie. Ils n'ont de comparaison que les tueries qui se sont déroulées dès 1994 et se révèlent comme de parfaits clones. Le coup d'Etat de Rucunshu, non seulement perturba les équilibres institutionnels de l'ordre monarchique jamais recouvrés, mais surtout introduisit dans les mœurs politiques l'idéologie de l'extermination systématique, en

    masse, pour le seul fait de l'appartenance d'un individu à un groupe social ou clanique.

    Les graines de la liberté et de l'égalité ont été semées, elles ont des racines indéboulonnables, elles germent et résisteront contre le machiavélisme le plus sagace. Prenez garde ! Et nous prenons les rwandais et l'opinion

    internationale à témoin. Plus vous enfouissez l'histoire et la mémoire des peuples, plus profond la conscience se cultive et plus haut elles se déterrent et rebondissent avec plus d'éclats et de vigueur.

    Fait à Bruxelles le 23 mars 1999.


    Rwanda : La tyrannie de la peur ou l'opposition entre Machiavel et Gandhi


    Par Emmanuel NYEMERA

    Par le présent article je voudrais briévement présenter aux lecteurs et lectrices de Forum Rwandais une synthèse des idées de deux grands penseurs politiques qui ont inspiré et influencé beaucoup de mouvements et de personnalités dans leurs luttes politiques. Ces deux grands penseurs sont le florentin Niccolo Machiavelli (1469-1527) et l'indien Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948). D'étranges similitudes avec la politique du régime du FPR au Rwanda nous donnerons matière à réflexion.

    Les idées de Niccolo Machiavelli

    Niccolo Machiavelli, ou simplement Machiavel, est considéré comme le premier théoricien de la politique moderne. Il s'est intéressé beaucoup plus aux tenants du pouvoir, en particulier des rois et des potentats de son époque, et est connu par une phrase devenue célèbre: "la fin justifie les moyens." Pour Machiavel, c'est la fin qui compte et non les moyens utilisés pour l'atteindre. Qu'on atteigne la fin par le mensonge ou la vérité, la haine ou l'amour, la violence ou la non-violence, la fourberie, la ruse, la perfidie, la duplicité, la cruauté, la brutalité, des demi-vérités, etc., Machiavel ne s'occupe pas de savoir si la morale vulgaire désigne de défauts, d'immoraux ou d'impitoyables les moyens

    utilisés pour atteindre cette fin. Pour Machiavel, la politique ne tient pas compte des intentions; elle juge de la valeur d'une entreprise à ses résultats. Elle n'est pas une affaire de cœur, mais d'intelligence. Ce n'est pas avec une belle âme et de nobles intentions qu'on fait de la bonne politique. On ne doit pas se laisser duper ni par les arguties ni par les faux semblants. Le seul critère d'excellence est la victoire et la seule excuse que l'on ait d'avoir entrepris quelque chose est d'y réussir. Ainsi, pour Machiavel, "un esprit sage ne condamnera point un homme supérieur d'avoir usé d'un moyen hors des règles ordinaires... Ce qui est à désirer c'est qu'au moment où le fait l'accuse le résultat puisse l'excuser; si le résultat est bon, il est absous."

    Le machiavélisme n'ayant aucun critère pour mesurer le bien et le mal, ses partisans dans le marketing politique ne questionnent pas plus l'individu ou le groupe à volonté hégémonique s'ils se mettent au service d'un conquérant car ils postulent qu'il est préférable que le plus fort triomphe. Le plus fort a raison; il a raison d'être fort. Pour eux, les i nstruments du pouvoir -moyens pour l'obtenir ou moyens pour l'entretenir- priment sur les fins. Parce que les fins sont sans objet, puisqu'il n'existe aucune norme morale universelle il ne reste qu'à agir de la manière la plus opportune. Il ne s'agit pas de justifier pourquoi on accède au pouvoir ou pourquoi on s'y maintient mais

    comment y accéder ou comment s'y maintenir.

    Lorsque les partisans du machiavélisme accèdent au pouvoir, ils doivent semer la peur dans la population pour maintenir leur oppression car, pour Machiavel, le meilleur argument pour réformer les hommes c'est la peur. Il faut que les hommes aient peur, si l'on veut commencer à tirer d'eux quelque chose. Pour cela il faut créer un complexe de peur et faire tout pour que tout le pays en devienne malade. Les hommes, les femmes, les enfants, les sages, les sots, les riches, les pauvres, les érudits et les analphabètes, tout le monde doit trembler. Machiavel justifie la création de ce complexe de peur de la façon suivante :

    "On s'est demandé s'il valait mieux être aimé qu'être craint, ou craint qu'aimé. Je crois qu'il faut de l'un et l'autre, mais comme ce n'est pas chose aisée de réunir les deux, quand on est réduit à un seul de ces moyens, je crois qu'il est sûr d'être craint que d'être aimé. Les hommes, il faut le dire, sont généralement ingrats, changeants, dissimulés, timides et âpres au gain. Tant qu'on leur fait du bien ils sont tout entiers à vous; ils vous offrent leurs biens, leur sang, leur vie, et jusqu'à leurs propres enfants, comme je l'ai déjà dit, lorsque l'occasion est éloignée; mais si elle se présente, ils se révoltent contre vous. ... Les hommes en général sont plus portés à

     

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    ménager celui qui se fait craindre que celui qui se fait aimer. La raison en est que cette amitié étant un lien simplement moral et de devoir après un bienfait, ne peut tenir contre les calculs de l'intérêt; au lieu que la crainte a pour objet une peine dont l'idée lâche malaisément prise."

    Les idées de Mohandas Karamchand Gandhi

    Mohandas Karamchand Gandhi, appelé aussi le Mahatma Gandhi, fut un humble serviteur de son peuple, un amant de la vérité, un défenseur des pauvres et des malheureux qui a libéré l'Inde de la colonisation britannique et lutté contre le système des castes en appliquant la non-violence qu'il a su ériger au rang des stratégies politique et sociale.

    Pour Gandhi, l'idée du machiavélisme que la fin justifie les moyens est fausse, induit en erreur et peut amener certaines personnes, pourtant réputées croyantes et religieuses, à commettre les pires crimes. Pour Gandhi, on ne peut pas séparer la fin à atteindre des moyens à utiliser. Les moyens et la fin sont intimement liés car les résultats obtenus dépendent des moyens utilisés pour les atteindre. Seuls les bons moyens produisent de bons résultats. Ainsi, contrairement au machiavélisme qui n'a aucun critère pour mesurer le bien et le mal, Gandhi introduit l'importance capitale de la morale dans la vie courante et en politique. Ainsi, par exemple, pour Gandhi, "aucun mensonge ne peut être toléré, même pour le bien du pays; la vérité exige peut-être qu'on s'oppose aux puissants, aux aînés et aux parents..."

    Gandhi a constaté que la vie continue de persister au sein même de la destruction et il en a conclu qu'il existe une loi naturelle plus haute que celle de la destruction. Cette loi c'est l'ahimsa (ne pas faire du mal, contraire de himsa, faire du mal). Cependant, l'ahimsa va plus loin

    que de ne pas faire du mal à aucun être vivant. On viole ahimsa par une mauvaise pensée, par un mensonge, par le fait de souhaiter un malheur à quelqu'un ou simplement en gardant pour soi ce dont un autre a besoin. "Celui qui prête le serment d'ahimsa ne devra pas même lever la main sur ceux qu'il croit injustes; il ne devra pas leur en vouloir, il devra les aimer. C'est ainsi qu'il s'opposera à la tyrannie des parents, des gouvernements et autres instances, sans jamais heurter les tyrans... Celui qui prête les serments de la Vérité et de la Non-Violence, vaincra le tyran grâce à l'amour. Il endurera la punition -même s'il doit mourir - pour avoir désobéi. Il attendra que le tyran soit conquis. Il ne devra pas avoir peur car celui dont la conduite est guidée par la crainte ne peut suivre la Voie de la Vérité. Celui qui ignore la peur se défend grâce aux forces de l'âme..."

    Cependant, ne pas faire du mal à personne ne signifie pas qu'il faut se résigner au mal car ce serait une lâcheté. En politique, l'usage de cette force spirituelle est basé sur le maxime que gouverner le peuple devient possible aussi longtemps que les gens consentent consciemment ou inconsciemment d'être gouvernés par le pouvoir en place. Les deux principales méthodes de la lutte non-violente sont alors la désobéissance civile et la non-coopération avec le pouvoir corrompu, injuste, immoral. La désobéissance civile est le refus d'obéir aux lois, règlements, décrets et pratiques discriminatoires, injustes et immoraux, quelles que soient les sanctions et les punitions à encourir. Le résistant civil endure la punition -même s'il doit mourir - pour avoir désobéi. Dans beaucoup de cas, la désobéissance civile a consisté en un refus de payer des impôts injustes, de demander des autorisations injustes prescrites par la loi, etc. La non-coopération

    implique, quant à elle, le retrait de toute coopération avec l'État devenu corrompu, injuste immoral, c'est-à-dire le rejet de tout ce qui vient de lui.

    En Inde, le Mahatma Gandhi a inspiré son peuple en faisant découvrir à chacun et à chacune la toute puissance de la vérité. Tout en respectant l'adversaire qui était le pouvoir colonial britannique, des millions d'Indiens ont cessé de le craindre. Du moment que même la menace des châtiments les plus sévères ne les influençaient plus, ils étaient libres....libres pour toujours. Gandhi a provoqué la chute de l'Empire britannique en faisant le boycot tout ce qui venait de lui: ne plus fréquenter les écoles britanniques, ne plus plaider dans leurs tribunaux, ne plus accepter leurs emplois, se défaire des vêtements fabriqués en Angleterre avec le coton indien revendu plus cher à ceux qui l'ont travaillé à l'origine. Les Palestiniens ont aussi appliqué certaines manières non violentes dans les territoires occupés de Cisjordanie et Gaza lors de l'Intifada (la guerre des pierres) pour rendre l'occupation israélienne chère sur le plan économique, psychologique et moral. Des mouvements de lutte contre l'apartheid en Afrique du sud et le mouvement de droits civiques aux Etats-Unis d'Amérique ont aussi utilisé la désobéissance civile et la non-coopération pour combattre l'injustice, la tyrannie, l'oppression. On a même vu en Afrique du sud beaucoup de jeunes Blancs refuser de servir dans les forces de défense sud-africaines, parfaitement conscients des conséquences que ce refus pourrait entraîner, notamment de fortes peines de prisons pour insoumission à l'armée. Que ce soit dans le cas de désobéissance civile ou de non-coopération, un organe coordonateur détermine et explique à la population les lois, règlements, pratiques injustes,

     

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    les produits et les services à boycotter.

    Conclusion

    Machiavel nous apprend que tout oppresseur a besoin de la peur pour maintenir son oppression. Gandhi nous apprend que quand un peuple se libère de la peur et prend conscience qu'il est inhumain, déshonorant et indigne d'obéir aux lois, décrets, ordres et pratiques injustes révulsant la conscience, aucune tyrannie ne le soumet jamais. Si nous

    subissons la tyrannie du Général Paul Kagame, du FPR et de l'APR aujourd'hui c'est que nous avons, consciemment ou inconsciemment, choisi de subir leur tyrannie. Il y a des gens qui laissent faire parce qu'ils ne se sentent pas concernés ou sont tout simplement sous l'emprise de la peur; il y en a aussi qui les suivent et les acclament dans tous leurs crimes par intérêt, peur de la prison, de la mort, des pertes des biens matériels ou d'emplois. Ceux-là sont aussi responsables qu'eux-mêmes de

    leurs méfaits. Il est contraire à l'humanité d'obéir aux ordres, aux lois et pratiques injustes d'un tyran qui révulsent notre conscience; agir autrement c'est se réduire soi-même en servitude, en esclavage.

    Si donc le Général KAGAME Paul excelle dans l'art machiaveliste, rendons-lui la monnaie de la pièce en nous libérant de la peur dans laquelle il veut nous maintenir.


    " Iso ntakwanga akwita nabi ", le major NTUYAHAGA seul contre tous "


    Par BAHIZI Gilbert,
    LUSAKA-ZAMBIE

    Il y a des moments dans la vie où on regrette d'être venu dans ce monde impitoyable, ou on se demande si la vie a encore de quoi séduire. L'épilogue de Bernard NTUYAHAGA, ex-major des FAR, dont le nom signifie littéralement " j'habite dans un monde difficile ", en est une parfaite illustration.

    Un matin du 7 avril 1994, au lendemain de l'assassinat du Président Habyarimana qui avait déclenché le génocide, ce jeune major des FAR quitte sa résidence de KIYOVU pour se rendre au service, à l'Etat-Major.

    Par un concours de hasard, il passe dans la vicinité de la résidence de l'ex-premier ministre, Feu madame Uwilingiyimana Agathe, qui venait d'être sauvagement assassinée.

    Le major NTUYAHAGA est accroché par des paracommandos belges en fonction à la résidence de cet ex-premier ministre, qui venaient d'être désarmés par les bourreaux de ce dernier, vraissemblablement des éléments incontrôlés de la garde présidentielle.

    Les paracommandos belges supplient le major NTUYAHAGA

    de les conduire au poste de la MINUAR le plus rapproché ce que ce dernier accepta. Il ne savait pas que par ce geste, il signait son arrêt de mort.

    Le poste de la MINUAR le plus rapproché étant celui de l'Etat Major des FAR, où il se rendait par ailleurs, le major NTUYAHAGA conduisit les para belges au bureau de l'officier togolais de liaison et ce avec leur plein consentement. Il va sans dire que si le major NTUYAHAGA avait conduit contre leur gré les 10 paracommandos belges, avec leurs confrères ghanéens contre leur gré, ils auraient résisté parce que NTUYAHAGA était seul avec son chauffeur.

    Une fois débarqués à l'Etat-Major des FAR, le major NTUYAHAGA les déposa devant le bureau de l'officier de liaison de la MINUAR et s'en alla à son bureau. La suite sera tragique. Un des curieux militaires des FAR attroupés devant le bureau de la MINUAR, lança peut-être sans réaliser la gravité de sa bavure, que les belges débarqués étaient ceux qui avaient assassinés le Président Habyarimana. Ces derniers seront dans la suite sauvagement assassinés.

    Depuis, plusieurs enquêtes ont été faites. Le bureau du PNUD, en sa capacité de coordinateur des opérations onusiennes

    au Rwanda a mené une enquête presqu'à chaud. L'Etat-Major des FAR a institué une commission d'enquête, ainsi que l'auditorat militaire belge.

    Bien qu'aucune preuve tangible n'ait été obtenue contre le major NTUYAHAGA, ce dernier est devenu le diable noir, l'accusé dans un procès contre X pour l'assassinat de ces para belges. Il est vrai que quelqu'un doit répondre de ce crime, mais ce n'est peut-être pas NTUYAHAGA. C'est celui qui a lancé la rumeur pour échauffer les esprits, ce sont ce qui ont porté des coups.

    Dès que l'auditorat militaire belge a manifesté son intérêt à entendre le major NTUYAHAGA comme témoin, ce dernier s'est immédiatement prêté au jeu. Par le biais de son avocat, il a répondu au questionnaire lui soumis et s'est dit disposé à être écouté à tout instant. En dépit des menaces qui pesaient contre lui, il a même donné l'adresse de son asile en ZAMBIE.

    Au mois de Septembre 1998, les menaces contre le major NTUYAHAGA s'intensifient. Les escadrons de la mort du FPR sont lancés à ses trousses en Zambie. Ils connaissent bien le terrain pour y

     

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    avoir enlevé auparavant, l'ex-ministre de la Justice et secrétaire général du parti P.L. (Parti Libéral), madame Agnès NTAMABYALIRO, dont on est sans nouvelles, ni sur le lieu, ni sur les conditions de détention. Le major NTUYAHAGA échappa de justesse à l'enlèvement.

    Alors que la polémique sur sa responsabilité dans l'assassinat des casques bleus belges se poursuivait, ce qui l'aurait présenté comme une cible idéale pour les escadrons de la mort du FPR très actifs en Zambie, le major NTUYAHAGA releva le défi et traversa clandestinement la frontière tanzanienne, pour se remettre librement à la disposition du Tribunal Pénal International pour le Rwanda. Surpris, le TPIR déclina d'abord de le placer en garde à vue, mais sur insistance de ce dernier, il fut placé comme prévenu en détention.

    Etant donné la primauté du TPIR sur les institutions judiciaires nationales, le TPIR a eu sans doute accès aux éléments d'accusation détenus par les justices belge et rwandaise. Il lui était aussi loisible d'entendre les casques bleus ghanéens qui étaient avec les casques bleus belges au moment fatidique, ainsi que l'officier togolais de liaison de la MINUAR qui a assisté à tout ou partie de la scène macabre.

    En mars dernier le TPIR a rendu un non lieu dans le procès du

    major. Dans une conférence de presse, le greffier près le TPIR tout en réitérant que le dossier d'accusation contre le major était faible, a ajouté, comme pour s'excuser, que l'acquittement de ce dernier n'était pas forcément une mauvaise chose. Il répondait aux invectives des autorités rwandaises qui prétendent détenir contre lui des preuves accablantes, mais sans les dévoiler à la justice. En effet, le désaisissement du TPIR ouvre et facilite la procédure d'extradition au Rwanda ou en Belgique du major. Le Rwanda où la peine de mort est toujours en vigueur et même abusée, et dont la demande d'extradition devrait être normalement rejettée, s'est empressé de la demander le 31/03/1999. La Belgique lui a emboîté le pas.

    Dès sa sortie de prison, le major NTUYAHAGA a été cueilli par les autorités tanzaniennes et placé en détention pour entrée et séjour illégal. Qu'aurait-il fait ? Se serait-il rendu à ses ravisseurs en ZAMBIE?

    Aux dernières nouvelles, NTUYAHAGA ne s'oppose pas à une extradition en Belgique ou dans un autre pays où règne l'Etat de droit. Ce qu'il refuse, c'est d'être soumis à une parodie de justice au Rwanda. En le maintenant en détention, espérons que la justice tanzanienne aura assez de temps pour éplucher son dossier et répondre comme il faut à la

    demande d'extradition du Rwanda.

    En plaidant le cas du major NTUYAHAGA, je n'avais nullement l'intention de blesser la mémoire des para belges tués. Justice doit leur être faite. Oui, la justice et pas la vengeance. Car ils sont morts pour une cause juste.

    Pour dire que ton père peut bien ne pas te haïr, mais te donner un nom porte-malheur. (Iso ntakwanga akwita nabi) dit un adage rwandais.

    EN BREF

    Dans le communiqué no 21-25 Mai 99 de L'observatore Romano , le VATICAN " précise qu'il y a eu un double génocide au Rwanda, celui contre les tutsis (et hutu modérés) perpétré après le 6 avril 94 ... et celui envers les hutus à partir d'octobre 1990 ". Un secret de polichinelle ! ! !

    Une tension croissante entre l'armée du Rwanda et celle de l'Ouganda sur le territoire de la RDC inquiète les nouveaux riches de Kigali. Ils auraient suspendu la construction des villas de luxe au bord du Lac MUHAZI ! !

    Pendant que l'armée du FPR poursuit le génocide contre les Hutus au Rwanda, le SIDA lui tue sans discrimination, à des proportions très inquiétantes. Un homme (ou une femme) avertie en vaut deux !

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