Espace d'expression pour construire l'avenir du Rwanda
Bulletin du
Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda
Mensuel
N° 1 du 01 au 31 Janvier 1999
Que cherche Paul Kagame
en République
Démocratique du Congo (RDC) ?
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Depuis le 2 août 1998, Paul Kagame que la presse occidentale surnomme " l'homme fort du Rwanda " a récidivé en envahissant de nouveau la RDC. En octobre 1996, l'armée de Kagame avait attaqué le Zaïre avec un double objectif. D'une part il voulait exterminer les réfugiés dans les camps de l'Est du Zaïre, d'autre part renverser le Maréchal Mobutu et installer " un pouvoir marionnette " qui devait servir les intérêts du FPR avant ceux du peuple congolais. Ce dernier objectif n'a pas était réalisé car le Président Kabila n'a pas obéi aux ordres de Kigali et a opéré un divorce en renvoyant au rwanda les hommes de Kagame en juillet 1998. Cette nouvelle a été accueillie avec consternation à Kigali. Le Rwanda qui commençait à figurer parmi les grands exportateurs d'or en Afrique et dont les hommes d'affaires avaient déjà démarré de grands investissements dans " le territoire d'outre lac " ne pouvait pas supporter |
cette désobéissance du Président Kabila. Une
autre déception pour Kagame est que malgré le plan d'extermination des
réfugiés dans l'est du Zaïre, la rébellion à l'intérieur du Rwanda ne
s'est pas arrêtée. L'incapacité à diriger le pays s'est fait de plus en
plus sentir et l'opinion internationale commençait à s'en rendre compte.
Pour camoufler cette incapacité notoire à gérer le pays, et pour
dissimuler le massacre des hutus en cours au Rwanda, Kagame devait
entreprendre une nouvelle invasion du Congo, cette fois-ci en attaquant
par derrière, à la frontière angolaise. Evidemment, la formation d'une
alliance autour de l'armée congolaise a contraint Kagame à remettre les
pieds sur terre et à aller déguiser ses troupes en une rébellion
congolaise à partir de l'Est.
A présent, l'internationale tutsi ougando-rwando-burundaise est toujours à l'œuvre officiellement pour renverser le |
régime du Président Kabila. La nouvelle donne est
que les armées de l'internationale tutsi ont fini par accepter leur
invasion du Congo. De toute façon, qui ne le savait pas ?. Si
l'internationale tutsi essaie de distraire l'opinion internationale en
évoquant les problèmes de sécurité aux frontières (alors que la guerre se
déroule à plus de 1000 km) le vrai mobile de la guerre est ailleurs. Il
s'agit d'une guerre de razzias pour piller par force les richesses du
Congo et pour asseoir l'hégémonie tutsi dans la région. La guerre au Kivu
est une entreprise stratégique pour l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi.
Non seulement, ces pays s'approvisionnent en ressources rares, mais aussi,
la guerre leur permet d'occuper sur un front éloigné tous ceux qui peuvent
être dangereux pour leurs pouvoirs sans partage.?
Oscar Nkurunziza
1999 |
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SOMMAIRE 1. RDR: Bilan 1998 |
Editeur Responsable: Eric Bahembera, P.O. Box 85, 3840 GB Hardewijk, Nederland
RDR: Bilan de l'année 1998
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Il est de coutume pour le RDR de faire un bilan à la fin de chaque année. L'objectif est de faire un résumé rétrospectif des actions qui ont marqué l'année qui s'achève. Nous devons préciser toutefois que ce bilan n'est pas exhaustif. 1. Le FPR poursuit son plan l'extermination de la population hutu à l'intérieur comme à l'extérieur du Rwanda. Malgré une série de mise en garde adressée au gouvernement de Kigali et à ses différents sponsors, l'armée du FPR poursuit son plan d'extermination de l'ethnie hutu aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du Rwanda. Les tueries perpétrées par l'armée du FPR ont beaucoup préoccupé le RDR au cours de l'année 1998. Dans plusieurs communiqués, le RDR a condamné sans équivoque l'armée du Général Kagame qui est décidée à poursuivre le génocide contre la population hutu. Le 13 mars 1998, le RDR a adressé une lettre au président des Etats Unis d'Amérique (un des grands parrains de Kagame) qui s'apprêtait à visiter le Rwanda en mars 1998. Le RDR voulait encore une fois attirer son attention sur les crimes contre l'humanité qui pèsent sur l'armée du général Kagame. Le 23 mars 1998, M. NZABAHIMANA François, ancien président du RDR a donné une conférence de presse à Bruxelles sur " les crimes de guerre au Rwanda et les conditions de l'arrêt de la violence au Rwanda ". Au cours de cette conférence, le président a réitéré qu'étant donné que le FPR est resté |
sourd aux appels au dialogue et continue sa
politique d'extermination d'une partie de la population, il est
complètement justifié d'envisager tout autre moyen légitime d'arrêter
l'extermination de la population et de la protéger.
Dans un mémorandum du 21 mai 1998 adressé aux chefs d'Etats et de Gouvernement des pays membres de l'OUA, le RDR a attiré l'attention de ces derniers sur les points suivants : - la reprise et maintien du Rwanda sur la liste des pays gérés par l'organe central du mécanisme de l'OUA sur la prévention, la gestion et le règlement des conflits; - l'arrêt définitif du génocide et des massacres du peuple rwandais; - la condamnation sans réserve du génocide commis contre les réfugiés rwandais et burundais au Congo ex-Zaire; - le maintien et l'intensification des actions humanitaires urgentes et effectives en faveur des survivants du génocide et des massacres au Rwanda; - la protection, l'assistance et le non refoulement des réfugiés rwandais qui ont cherché asile dans différents pays africains; - le soutien diplomatique pour la recherche d'une solution politique du conflit et une médiation à l'ouverture de négociations entre le gouvernement rwandais dominé par le FPR et les différents groupes d'opposition en vue de la restauration de la légalité constitutionnelle et des institutions démocratiques au Rwanda. |
2. La réorganisation interne du RDR Du 22 au 23 Août, le RDR a tenu son deuxième congrès ordinaire à Paris. Ce congrès a approuvé les nouveaux statuts et la nouvelle plateforme politique du RDR qui est devenu une organisation politique (Voir " Forum Rwandais N°0 du 01-30 novembre 1998). Le RDR nouvelle formule est une organisation qui lutte pour un Etat de Droit, la Justice, la Démocratie , les valeurs Républicaines et la Vérité sur le drame rwandais. Le RDR reste attaché au dialogue et à la négociation comme meilleur moyen de résoudre le conflit. 3. Le RDR dans le concert des organisations politiques. Après son deuxième congrès ordinaire le RDR a participé à la mise en place de l'Union des Forces Démocratiques Rwandaises (UFDR) qui est née le 20 septembre 1998. Le RDR a invité ses membres et les autres démocrates rwandais à se mobiliser et à s'investir pour mettre fin au calvaire du peuple rwandais et pour mettre en place un gouvernement à large consensus national, légitime, respectueux des de la vie humaine, et le remplacement du régime dictatorial du FPR. Le RDR est content de ce couronnement des efforts de deux ans et espère que cette dynamique va continuer, afin que toutes les f orces réellement démocratiques contribuent à chasser du pouvoir la dictature du FPR pour instaurer un Etat de Droits, dans une démocratie pluraliste, qui rassure tout le monde ? |
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DOSSIER : LA GUERRE DANS LA RDC |
Enjeux géostratégiques du Conflit des Grands Lacs
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.....C'est aux peuples qui sont victimes de ce mariage contre nature "Museveni-Kagame et les Etats Unis", y compris les simples citoyens Tutsi et Hima, de s'organiser et de résister contre l'oppression et l'injustice. La tâche est sûrement immense mais pas impossible, puisque d'autres l'ont fait, .... Le 26 février 1981, une rébellion naît en Ouganda, la NRM/NRA. Elle parvient à prendre le pouvoir en janvier 1986 à Kampala, jetant dans la poubelle en passant, un Accord de paix conclu à Nairobi avec le gouvernement ougandais un mois plus tôt. Le 1er octobre 1990, une invasion du Rwanda est lancée à partir de l'Ouganda par une partie de la NRA, sous l'appellation de FPR/APR, l'invasion écrasée après un mois se transformera en une guérilla qui finira par s'emparer du pouvoir en juillet 1994 à Kigali, enterrant dans les placards l'Accord de paix d'Arusha signé avec le gouvernement rwandais le 4 août 1993. Le 21 octobre 1993, le premier Président démocratiquement élu au Burundi est assassiné, par l'armée qui devait le protéger, seulement 4 mois après son élection. Le 26 septembre 1996 les armées du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi attaquent le Zaïre sous le couvert d'une rébellion baptisée " Banyamulenge", et installent un régime à Kinshasa au bout de 7 mois. Le 27 juillet 1998, l'armée rwandaise (APR) est priée de quitter la RDC (ex-Zaïre), et 5 jours après, le 2 août 1998, les armées du Rwanda, de |
l'Ouganda et du Burundi lancent la deuxième
invasion de la RDC (ex-Zaïre), sous le couvert d'une rébellion baptisée "
Banyamulenge II ".
Cette série d'événements a fait et continue à faire couler des fleuves de sang dans des génocides et des massacres inimaginables, des désintégrations de sociétés entières et même de pays, des déplacements (intérieurs) de populations et l'exil de millions de personnes. Il convient de rappeler le décompte macabre ci-après que ces folies meurtrières ont entraîné : plus de 500.000 morts (la majorité étant des civils comme pour la plupart de ces guerres fratricides des Grands Lacs) ont été dénombrés pendant la guerre de "libération" de la NRA (1981-1986) et l'on compte des dizaines de milliers de morts depuis 1986 dans les différentes rébellions contre le pouvoir de Museveni ; plus de 3 millions de rwandais sont mort depuis l'invasion du FPR le 1er octobre 1990, le paroxysme ayant été atteint au cours du génocide Tutsi d'avril à juillet 1994 qui a coûté la vie à plus de 500.000 personnes, essentiellement massacrés par des miliciens et certains éléments des FAR ; ainsi que du génocide Hutu (réfugiés rwandais) en RDC (ex Zaïre) en 1996/97 où l'armée du FPR a systématiquement massacré plus de 200.000 personnes; plus de 200.000 morts sont déplorés au Burundi depuis 1993 (il convient de ne jamais oublier le génocide Hutu de 1972 avec plus de 200.000 morts) ; le décompte macabre de la guerre en cours en RDC n'est pas fini, mais les victimes se comptent déjà par milliers et |
les organisations des Droits de l'homme ont
rapporté des massacres de populations civiles et de fosses communes dont
le cas le plus connu est le massacre de Kasika (près de Bukavu) où 1096
civils ont été massacrés par l'armée du FPR et ses Banyamulenge le 24 août
1998.
Mais existe - t - il un lien entre tous ces événements qui ensanglantent toute la région des Grands Lacs ? La réponse est Oui. Le lien existe bel et bien, et c'est l'un des enjeux majeurs de la crise de la Région des Grands Lacs africains. Ce lien est constitué par le fait que les acteurs principaux de cette tragédie sont toujours les mêmes ou leurs représentants. Ils forment une sorte de secte ou mieux, une caste de gens qui sont animés d'une farouche volonté de domination sur les autres populations de la région. Cette volonté est diversement appréciée et reçoit différentes qualifications selon qu'on est un allié ou supporter de cette catégorie, ou qu'on est un adversaire ou une victime de ses velléités hégémoniques. Les premiers, notamment certains membres de l'administration des Etats Unis et une armée de lobbies, appellent cela une campagne salutaire qui a donné naissance à une "Nouvelle génération de leaders éclairés en Afrique", qui constitue un espoir pour le salut du continent. Parmi les seconds, beaucoup affirment qu'il s'agit d'une volonté d'imposition sur toute la région d'une domination dirigée par la minorité ethnique qui poursuit un rêve de se tailler un Empire Hima-Tutsi, proche de |
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Enjeux géostratégiques du Conflit des Grands Lacs
L'empire Hima-Tutsi : mythe ou réalité ?
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ce que l'on a connu au 19° siècle avant l'arrivée des colonisateurs, ce que Museveni, chef de cette caste, appelle l'Empire du Bunyoro-Kitara. Cet empire englobait selon lui, l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi, l'Est de la RDC et l'ouest de la Tanzanie. Cet article a pour objet de mettre en évidence les principaux enjeux géostratégiques qui sous-tendent le conflit tentaculaire qui ensanglante la région des Grands Lacs. Plusieurs acteurs interviennent dans cette région, chacun défendant ses intérêts ou ce qu'il affirme être ses intérêts, dont les principaux sont : * ceux des néo-impérialistes locaux qui veulent se tailler un empire contre la volonté des populations concernées * ceux des populations locales qui résistent à l'asservissement de ces bâtisseurs d'empires d'un autre âge ; * ceux des anciennes puissances coloniales (Belgique, Grande Bretagne, mais aussi la France) qui veulent maintenir leur influence politique et économique ; * ceux de l'unique superpuissance du moment (Etats Unis) qui veut prendre la place des petites et moyennes anciennes puissances coloniales pour contrôler les richesses naturelles de la région; * ceux de petites et moyennes puissances régionales émergentes dans la région d'Afrique de l'Est et Australe (Ethiopie, Zimbabwe, Angola, Afrique du Sud). |
I. L'empire Hima-Tutsi : mythe ou réalité ? Modèle de l'Empire Bunyoro-Kitara Les références à cet empire hypothétique sont nombreuses, tant au niveau des acteurs politiques de la région des Grands lacs que d'universitaires et de journalistes. Le premier à en avoir parlé sans bien sûr lui donner l'épithète de Hima-Tutsi parce qu'il récuse avec véhémence toute idée de sectarisme, c'est le Président ougandais Yoweri K. Museveni. L'empire du Bunyoro-Kitara lui sert de bonne référence et d'exemple pour défendre l'idée d'une intégration régionale, indispensable pour constituer un territoire suffisamment grand pour être viable politiquement, militairement et économiquement. Il considère que l'Ouganda et ses voisins à commencer par le Rwanda et le Burundi, sont trop petits et qu'ils doivent disparaître en tant qu'entités autonomes, pour former, de gré ou de force, le noyau d'un nouveau Bunyoro-Kitara beaucoup plus grand. Plan de domination Tutsi du 6 août 1962 Mais bien avant lui, une idéologie avait été mise au point par ses cousins Tutsi du Kivu, et qui fut exposée dans un document publié le 6 août 1962 au Nord Kivu. C'est une véritable charte, un plan de conquête dont l'objectif est la domination permanente des Tutsi sur les Bantous de la région : Hutu, Wanande... Il semblerait que les infâmes dix commandements des Bahutu que Hassan Ngeze a publié dans son journal Kangura au début de la guerre au Rwanda (1990), aient été une réplique et |
directe référence à ces commandements des Tutsi.
Mais la machine infernale de propagande du FPR a largement diffusé les dix
commandements des Bahutu, qu'il a attribué au régime rwandais de l'époque
parce qu'il affirmait que Kangura était financé par les proches du
Président Habyarimana. Dans cette campagne de diabolisation du régime
accusé de racisme anti-tutsi, le FPR et ses lobbies ont soigneusement
gommé toute référence et similitude aux commandements des Tutsi du 6 août
1962, qui sont plus nombreux, plus élaborés et aussi scandaleux.
Contribution des Tutsi aux guerres de Museveni, de Kagame, de Buyoya et aux invasions au nom de code "Banyamulenge". 1. La contribution physique et massive de réfugiés rwandais qui vivaient en Ouganda dans la guérilla de Museveni de 1981 à 1986 est bien connue. Cela a d'ailleurs eu beaucoup de conséquences néfastes sur cette communauté à commencer par l'expulsion de dizaines de milliers des Banyarwanda de la région de Mbarara par le régime de Milton Obote en octobre 1982, pour "vider le réservoir de recrutement de la rébellion de Museveni". L'opération n'a pas produit l'effet escompté parce que les réfugiés recueillis au Rwanda étaient composés majoritairement de femmes, de vieillards et d'enfants. La majorité des hommes mobilisables était déjà ou a rejoint le maquis de la NRA au moment des expulsions. 2. Les contributions financières pour financer toutes ces guerres ont été régulièrement versées par les hommes d'affaires du Rwanda, du Burundi, du Zaïre |
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Enjeux géostratégiques du Conflit des Grands Lacs:
L'empire Hima-Tutsi : mythe ou réalité ?
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et de toute la diaspora Tutsi en Afrique, en Europe et en Amérique. Les fonctionnaires ont versé des cotisations. La contrainte a été même utilisée pour les réfugiés en Ouganda et au Burundi pour verser des contributions obligatoires, en espèces ou en nature (vaches, récoltes) pour financer la guerre du FPR (1990-94). |
Détournement des ressources des états contrôlés par les Hima-Tutsi Le Président Bagaza du Burundi a clandestinement financé la guérilla de Museveni, qui prétendait que c'était des dettes qu'il rembourserait quand il sera au pouvoir à Kampala. Quand Buyoya a renversé Bagaza en 1987, il a réclamé le remboursement de ces dettes et |
c'est pourquoi Museveni ne l'a jamais porté dans
son coeur.
Le président Museveni a financé intensivement la guerre de Kagame pour conquérir le Rwanda, et il l'a réédité pour les deux invasions que celui-ci a lancées en RDC. En retour, Kagame appui l'armée de Buyoya dans sa guerre contre la Rébellion Hutu au Burundi malgré l'embargo toujours en vigueur contre le régime burundais. |
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....... "Museveni, a déjà exprimé le vœu de créer un vaste état qui s'étendrait de l'Atlantique à l'Océan indien. Il semble avoir un besoin d'espace vital à l'instar d'Adolf Hitler dont il est un admirateur comme on le voit dans sa déclaration du 4 avril 1997 devant l'East African Law Society: "Ma mission est de faire en sorte que l'Erythrée, l'Ethiopie, le Soudan,l'Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi et le Zaïre deviennent des états fédéraux d'une même nation. Maintenant ce n'est pas un choix, mais une obligation (a must)... Comme Hitler a fait en unissant l'Allemagne, nous devons le faire aussi ici. Hitler était un type brillant, mais je crois qu'il est allé un peu trop loin en voulant conquérir le monde entier "...... |
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Ces soutiens croisés des Hima-Tutsi au pouvoir en faveur des rébellions ou de régimes Tutsi en difficulté n'ont pas commencé en 1981 avec la rébellion de Museveni. Ils ont été déjà constatés au début des années 60 après la Révolution sociale de 1959 et l'instauration d'un régime républicain au Rwanda. Les Tutsi ont organisé une guérilla pour rétablir la monarchie, et ils ont reçu un soutien actif des monarques Hima de l'Ankole (en Ouganda) et Tutsi du Burundi. Leur soutien était tellement vital que cette guérilla s'est éteinte avec la disparition simultanée en 1966 de ces deux monarchies qui prenaient le Rwanda en sandwich. Le projet de création d'un empire Hima-Tutsi a été évoqué par plusieurs sources. Citons-en les deux suivantes : " ...De nombreux dirigeants zaïrois et kenyans sont convaincus que M. Museveni, 'parrain des Tutsis au pouvoir à Kigali, joue un rôle machiavélique dans |
la région, animé du vieux rêve, menaçant pour
eux, d'un 'empire Tutsi' qui regrouperait les populations tutsies, ou
ethniquement proches, du Rwanda, du Burundi, d'Ouganda et de l'Est du
Zaïre". (Serge Arnold, dépêche de l'AFP Nairobi 25 août 1995).
La seconde citation est tirée de la déclaration de M. Gérard Kamanda wa Kamanda, alors Vice Premier Ministre et Ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation de la République du Zaïre, à la 47è Session du Comité Exécutif du programme du Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), le 8 octobre 1996 à Genève : "Je voudrais vous faire part ici, des préparatifs intenses d'une guerre que se propose de mener la population "tutsi" contre le reste des populations des régions de la rivière Ruzizi, depuis Uvira jusqu'à Bukavu. Cette guerre, qui pourra intervenir dans les jours et les semaines à venir, viserait la concrétisation d'un rêve fou d'un |
empire "Hima" à restaurer dans toute la région
des Grands Lacs, en soumettant militairement, politiquement et socialement
les populations hutu, rega, shi, hunde, nyanga, etc... vivant à l'est du
Zaïre".
Compte tenu de tout ce qui précède, nous pouvons conclure qu'il existe une réelle solidarité et une volonté de domination qui unit les leaders de l'ethnie Hima-Tutsi qui transcende les frontières. Le principal et le plus hardi parmi eux, Museveni, a déjà exprimé le vœu de créer un vaste état qui s'étendrait de l'Atlantique à l'Océan indien. Il semble avoir un besoin d'espace vital à l'instar d'Adolf Hitler dont il est un admirateur comme on le voit dans sa déclaration du 4 avril 1997 devant l'East African Law Society: "Ma mission est de faire en sorte que l'Erythrée, Ethiopie, Soudan, Ouganda, Kenya, Tanzanie, Rwanda, Burundi et le Zaïre deviennent des états fédéraux d'une même nation. Maintenant ce n'est pas |
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Enjeux géostratégiques du Conflit des Grands Lacs:
L'implication des Etats Unis d'Amérique
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un choix, mais une obligation (a must)... Comme Hitler a fait en unissant l'Allemagne, nous devons le faire aussi ici. Hitler était un type brillant, mais je crois qu'il est allé un peu trop loin en voulant conquérir le monde entier". (The Shariat , April 15-21, 1997). Museveni est un peu plus modeste que son modèle aryen, il est disposé à se contenter d'un tiers du continent africain pour commencer. L'implication des Etats Unis Le soutien des Etats Unis au duo Museveni-Kagame dans leurs guerres de conquête est multiforme. Il va de l'entraînement des armées des deux seigneurs de guerre tant aux Etats Unis qu'en Ouganda et au Rwanda, à la fourniture d'armes, munitions, moyens de communication et autres matériel de guerre. Ce soutien s'exerce également au niveau du Conseil de Sécurité des Nations Unies où les Etats Unis utilisent leurs diktat pour imposer des résolutions qui favorisent leurs "alliés-instruments". L'on peut rappeler à cet effet: Le blocage de l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité en octobre -novembre 1996 et le blocage de la mise en œuvre de la Résolution 1080 (1996) finalement adopté le 15 novembre 1996 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies sur le déploiement d'une force multinationale de protection des réfugiés et de la population civile menacée dans l'Est du Zaïre. Gommage par l'administration américaine du mot génocide dans le rapport de la Commission d'enquête des Nations Unies sur les massacres de plus de 200.000 réfugiés hutu, et imposition d'une scandaleuse déclaration |
invalidant les conclusions de la Commission
d'enquête et demandant aux régimes rwandais et congolais, accusés d'être
responsables du génocide, de faire des enquêtes eux-mêmes et punir les
coupables !
Toutes ces manœuvres scandaleuses poussent certains à se demander si les comportements des Etats Unis durant le génocide de 1994 au Rwanda qui semblent irrationnels, à savoir: le retrait de la Minuar, l'imposition de l'embargo sur les armes contre le gouvernement intérimaire rwandais durant le génocide en avril-mai 1994 au Rwanda, marchandages interminables pour la location des blindés américains à l'ONU qui ont retardé de quelques semaines le déploiement de la Minuar II..., n'étaient pas aussi calculés pour ne pas gêner la progression du FPR tant qu'il avait l'avantage sur le terrain, exactement comme en 1996/97 dans l'ex-Zaïre, avec le blocage de la Résolution 1080 du Conseil de Sécurité, qui a permis le génocide des Hutu! Si tel est le cas, l'on ne doit plus s'étonner de la volonté des Etats Unis d'empêcher les Nations Unies de poursuivre l'enquête sur ce génocide. Ainsi assurés d'un soutien militaire et diplomatique inconditionnel des Etats Unis, qui leur garanti aussi l'impunité pour les crimes qu'ils commettent contre la paix internationale, les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et les crimes de génocide, les armées de Museveni et de Kagame peuvent attaquer qui ils veulent, se venter de l'occupation de territoires d'un pays voisin sans crainte de la moindre condamnation des Nations Unies, et encore moins de |
sanctions comme celles imposées à l'Irak pour le
même crime.
La question est de savoir pourquoi ce soutien inconditionnel à ces régimes militaristes et minoritaires qui violent les conventions internationales et les droits de l'homme et qui se moquent des principes démocratiques universellement reconnus? La réponse la plus logique avancée par nombre d'analystes est que les stratèges américains ont choisi la région des Grands Lacs comme le meilleur point d'encrage pour opérer leur pénétration dans cette partie du globe qui regorge de richesses minières (RDC) et de là vers le bassin pétrolier de la façade atlantique du continent africain. Cette zone pétrolière doit être contrôlée par les américains comme ils contrôlent celle du Golfe persique. Le choix de s'appuyer sur des régimes minoritaires semble délibéré, croyant qu'ils seront d'autant plus malléables qu'ils ne pourront pas se passer de l'appui de leur protecteur. Aujourd'hui, ils se servent de la lutte contre une prétendue idéologie génocidaire pour éloigner tout ce qui peut remettre en cause la suprématie de leurs protégés tout comme hier pour exploiter les ressources minières du Zaïre, ils se servaient de la lutte contre le communisme. Leur immoralité sans limites ne s'embarrasse pas de contradictions flagrantes puisqu'ils sont hautement amnésiques lorsqu'il s'agit de génocides contre les Hutu, comme celui des Hutu du Burundi en 1972 et celui des |
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Enjeux géostratégiques du Conflit des Grands Lacs:
L'implication des petites et moyennes puissances
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Hutu rwandais en 1996/97 au Zaïre. Implication des petites et moyennes puissances Plusieurs autres acteurs sont bien entendu également à l'œuvre dans le conflit des Grands Lacs. Il s'agit de petites et moyennes puissances européennes comme la Belgique, la France et le Royaume Uni, ainsi que des puissances régionales qui émergent en Afrique comme le Zimbabwe, l'Ethiopie, l'Angola et l'Afrique du Sud. Le rôle d'Israël est également à examiner de près. L'autopsie de l'implication de la France dans le conflit rwandais a été récemment réalisé par une Mission d'information du Parlement français, et son volumineux rapport est sur Internet. Il serait intéressant d'avoir une opération similaire de l'action des Etats Unis et de la Grande Bretagne, tant au Rwanda que dans toute la région des Grands Lacs. De toutes façons, l'action de ces petites et moyennes puissances, qu'elles soient africaines ou extra africaines, sont largement écrasées par le rouleau compresseur américain. Leur avis ne compte plus, même ceux qui ont le droit de veto au Conseil de Sécurité comme la France semble en avoir perdu l'usage. Bref, pour le moment, ce que veulent les Etats Unis est ce qui se fait, que ce soit moral ou immoral, que tous les autres soient d'accord ou pas, il n'y a plus de contre poids à leur toute puissance. Les quelques pays courageux de l'Afrique australe qui ont osé s'opposer aux caprices de Kagame et Museveni ont rapidement subi la pression |
écrasante des Etats Unis, d'abord pour un
sauf-conduit des troupes rwando-ougandaises encerclées au Bas Congo en
août 1998, ensuite pour un retrait pur et simple de la RDC pour laisser la
voie libre à ses poulains qui eux ne semblent pas du tout inquiétés. Alors
que Museveni vient par contre d'être gratifié de 2 milliards de dollars
par le Club de Paris qui s'était déplacé à Kampala, le FMI et la Banque
Mondiale ont accentué leurs pressions sur le Zimbabwe.
Leur résistance a vu s'allumer des foyers de tension à l'intérieur de leurs pays respectifs, l'UNITA a retrouvé comme par enchantement tous ses moyens d'antan et a lancé une offensive généralisée contre les forces de Luanda sur plusieurs fronts en Angola. Conclusion. Pour conclure, c'est aux peuples qui sont victimes de ce mariage contre nature "Museveni-Kagame et les Etats Unis", y compris les simples citoyens Tutsi et Hima constamment exposés par ces maniaques expansionnistes, de s'organiser et de résister contre l'oppression et l'injustice. La tâche est sûrement immense mais pas impossible, puisque d'autres l'ont fait, les Vietnamiens en 1975 et tout récemment, les somaliens en 1993. Tout est question de détermination, de patience et de persévérance.?? Jean-Pierre KALALA |
ACTUALITES EN BREF SECURITE. LE NORD DU RWANDA VIDE DE SA POPULATION. Au total, sur 1.500.000 d'habitants (environ 21% de la population rwandaise en 1991) que comptaient les deux préfectures de Ruhengeri et Gisenyi, il restent environs 630.000 personnes qui attendent également la mort dans des camps des déplacées si rien n'est fait pour contraindre le FPR à arrêter le génocide contre la population hutu au Rwanda. Dans le prochain numéro nous reviendrons sur cette information beaucoup plus en détail. |
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ACTUALITES EN BREF
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RUMEURS SILAS MAJYAMBERE ARRÊTÉ PAR LE FPR À KIGALI ? Silas Majyambere, un des Grands Hommes d'affaires rwandais exilé en Belgique mais résident en Ouganda, connu comme le grand sponsors de la guérilla du FPR aurait été arrêté en décembre 1998 à Kigali par les services secret du Général Paul Kagame. Egalement, Monsieur Habimana Bonaventure (Alias Muvoma) a été arrêté pendant la même période. Est-ce les deux autres grands poissons du génocide qui méritent la peine de mort? Igisiga cy'urwara rurerure cyimena inda. SOCIETE LES MILITAIRES DU FRP VENUS DE L'OUGANDA SEMENT LE SIDA. Selon une enquête réalisée par le Ministère rwandais de la Santé, entre septembre et novembre 1997 sur un échantillon représentatif de 4.750 personnes, 11,1% de la population rwandaise est contaminée par le virus du SIDA. Les jeunes Rwandais |
sont parmi les plus touchés par le Sida avec un
taux de prévalence de 13,9% pour les 25-29 ans, 16,3% pour les 35-39, et
18,7% pour les 45-49 ansCe que le Ministère rwandais n'a pas précisé,
c'est qu'au sein de l'armée du FPR, les militaires, surtout ceux qui sont
venus de l'Ouganda, sont porteurs du SIDA dans des proportions qui
dépassent ces pourcentages. Pire encore, ils se livrent aux viols sans
préservatifs évidemment, des jeunes filles et des femmes hutu aussi bien
dans des lieux de détention que sur les collines.
LA VIOLATION DE LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE EST PUNIE PAR LA LOI A KIGALI ! !. Dernièrement Jacques BIHOZAGARA en expliquant des catégories des personnes emprisonnées au Rwanda, il a parlé de l'existence " des prisonniers dits de la 4ème catégorie (ceux qui n'ont pas commis de meurtres mais qui ont violé la propriété privée : vols, pillage, ... ) qui, selon la loi organique sur le génocide, risquent au maximum 4 ans d'emprisonnement ". Tiens, |
tiens ! Tous les dignitaires du FPR qui squattent
les biens des Hutu en exils, y compris BIHOZAGARA, méritent au moins 4 ans
de prison d'après la loi organique sur le génocide.
DEMAGOGIE Joseph Kayijaho, vice-président de l'association des délateurs dite Ibuka ("Souviens-toi"), s'est élevée contre les libérations des innocents qui risquent "de perpétuer la culture de l'impunité", Selon ce médecin reconverti en délateur, "Ne pas avoir de dossier ne signifie pas que quelqu'un est innocent, surtout que la plupart des sans-dossier sont des criminels arrêtés en flagrant délit en 1994" Pourquoi alors ce " flagrant délit " ne serait pas consigné dans le dossier? Pour un Docteur comme Kayijaho, c'est une analyse démagogique. |
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LE PRIX NOBEL DE LA PAIX LANCE UNE CAMPAGNE POUR METTRE FIN AU GENOCIDE DU PEUPLE HUTU... L'appel qui suit et que le Forum Rwandais diffuse intégralement a été lancé par des personnalités reconnues mondialement pour leurs œuvres en faveur de la paix dans le monde, entre autres le PRIX NOBEL DE LA PAIX Monsieur ADOLFFO PEREZ ESQUIVEL et l'Evêque de Sao Felix de Araguaia (Brésil) Don Pere CASALDALIGA très connu dans l'église latino-américaine pour sa défense des indiens et des paysans et pour ses publications. Parmi les promoteurs de l'appel figurent également des ONG européennes comme LA FONDATION S'OLIVAR, INSHUTI, des ONG sud-américaines comme SERPAJ Monsieur Joan CARRERO qui a fait la grève de la faim à Bruxelles pendant les mois de janvier-février 1997 pour une intervention humanitaire en faveur des réfugiés rwandais en ex-Zaïre figure également parmi les promoteurs de l'initiative. |
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CAMPAGNE POUR METTRE FIN AU GÉNOCIDE DU PEUPLE HUTU, POUR LA DÉMOCRATIE ET LA RÉCONCILIATION DANS LA RÉGION DES GRANDS LACS AFRICAINS.
Dans la région des Grands Lacs africains les dictateurs extrémistes Tutsis d´Ouganda, de Rwanda et du Burundi, avec l´appui soutenu de l´administration nord-américaine principalement, continuent d´exécuter un génocide de grandes dimensions contre leurs propres peuples, dont l´ethnie hutu est largement majoritaire, dans le silence informatif (presse et image) le plus absolu. Les stratégies utilisées ces dernières années pour la conquète des ressources et des marchés de cette région sont très semblables à celles qui furent déployées en Amérique latine durant ces dernières décades, bien que perfectionnées. On a amélioré tout spécialement tout ce qui a trait à l´embargo informatif, qui est devenu presque absolu,surtout quant aux images. En Afrique les barbaries qui ne sont plus possibles en Amérique latine continuent d´avoir lieu.
1. LES ÉTATS-UNIS À LA CONQUÊTE DE L´AFRIQUE
Au début de 1996, Ronald Brown, secrétaire au commerce des États-Unis, expliquait publiquement ce qui pour bien des observateurs commençait à être déjà une évidence: L´ère de la domination économique et de l´hégémonie commerciale de l´Europe en Afrique est terminée. L´Afrique nous intéresse". Cette conquête économique et commerciale était une chose qui à certains d´entre nous nous paraissait inévitable en vue de l´effondrement de l´autre grande puissance, l´Union Soviétique, et de l´affaiblissement politique des métropoles coloniales européennes, qui, lors de la conférence de Berlin s´étaient réparti l´Afrique. Mais ce à quoi nous ne nous attendions pas c´était à une telle barbarie dans son exécution. Ou, pour le dire d´une autre manière, (maintenant que l´administration nord-américaine accuse seulement Pinochet, Videla, etc des "excès" dans l´execution du plan global qu´elle avait élaboré et coordonné elle-même), ce à quoi nous ne nous attendions pas c´était à ce que l´administration nord-américaine et les multinationales s´allient à nouveau avec des génocides si cruels comme Museveni, Kagame ou Buyoya.
Mais il est certain que sans eux ils n´auraient jamais pu atteindre cette hégémonie, ou ils ne l´auraient pas fait si rapidement. Les responsables de l´administration nord-américaine présentent les Régimes d´Ouganda et Rwanda comme les dynamiques et prometteurs gouvernements africains émergents. Cependant, au point où nous en sommes ils devraient être conscients de ce que l´histoire, une fois de plus, leur demandera des comptes pour avoir formé ces génocides dans leurs écoles de Fort Bragg et Fort Leavenworth (comme ils l´avaient fait auparavant à l´école des Amériques pour les futurs dictateurs d´Amérique latine et quelques 80.000 militaires de ces pays) et pour avoir planifié et dirigé leurs "rébellions", qui peuvent être considérées plutôt comme des invasions en toute règle.
Ces leaders prometteurs, comme Pinochet, Videla etc, sont d´authentiques nazis. Avec l´orgueil omnipotent et l´incontinence imprudente propre de tout nazi, ils se permettent de faire des déclarations comme celle-ci de Museveni le 4.4.97: "Ma mission est c´elle de me charger de ce qu´Érithrée, l´Éthiopie, le Soudan, l´Ouganda, le Kénia, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi et le Zaire deviennent des Etats fédéraux sous une seule nation. Ce que fit Hitler pour unifier l´Allemagne, nous devons le faire ici aussi. Hitler était un type intelligent". Leur génocide est sur le point d´égaler celui de leur idole admiré.
2. LA TRAME SOUS-JACENTE
Tout ce qui s´est passé en Amérique latine durant ces dernières décades n´a pas été quelque chose d´accidentel, sinon l´exécution d´un projet élaboré et détallé. Cependant, dans les premiers moments il semblait s´agir seulement d´une série d´évènements confus et sans relation. Une confusion induite certainement depuis des puissants empires médiatiques. Maintenant, dans la conquète de la région des Grands Lacs africains nous nous trouvons encore dans cette étape initiale. Et ceux qui commençons à être conscients de la trame sous-jacente derrière ces évènements nous sommes qualifiés d´anti-nord-américains et radicaux, presque complices de génocide, bien que nous ayions d´innombrables et chers compagnons de "lutte" précisément dans la société nord-américaine même et bien que nous soyions des partisans fidèles des principes de la non-violence. Dans les lieux médiatiques les plus stratégiques il apparait toujours quelqu´un qui, depuis la soit-disant professionalité, et le pseudo-savoir, soit consciemment, soit influencé par l´omniprésente "pensée unique", désavoue et ridiculise les "fondamentalistes" anti-nord-américains.
Depuis quelques années, l´administration nord-américaine a un projet bien élaboré pour garantir, surtout l´accès aux ressources minières de la région. Ce projet a été définitivement consacré en 1997, au sommet du G-7 à Denver. Le "Congressional Black Caucus", un groupe de représentants Noirs du Congrès nord-américain a qualifié ce sommet de "deuxième Conférence De Berlin". Cela a été là aussi que la France et les États-Unis ont accordé une politique commune, mettant à part leurs différences. Pour assurer l´exécution de ce projet, l´administration américaine a choisi comme gendarme africain un lobby extrémiste de l´ethnie tutsi. Elle les a formés et les a assistés dans les conquêtes de Rwanda et du Zaire et sur la scène internationale elle les a protégés au niveau de la diplomatie et des médias en jetant leurs abus dans l´oubli.
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Au grand obstacle qu´est la grande masse organisée en groupes politiques et armés dans ce projet est venu s´ajouter l´"inconvénient" du fait que Kabila parait s´éloigner de plus en plus de l´orbite nord-américaine. C´est pourquoi on essaie de lui attribuer maintenant le génocide des réfugiés hutus du Zaïre, génocide qui en réalité a été commis par les éléments tutsis de l´Alliance qui a "libéré" ce pays et dont la réalité a étépendant un an et demi continuellement niée. Mais la position de Kabila a été récemment renforçée par le soutien militaire qu´il vient de recevoir d´autres pays de la région.
3. LE GÉNOCIDE DU 94
En Amérique latine le grand alibi fut la défense de la civilisation chrétienne et occidentale face aux sinistres marxistes, bien qu´un nombre énorme de victimes furent précisément des chrétiens impliqués dans la lutte contre l´injustice, la misère et l´exclusion. En Afrique le grand alibi a été et est toujours celui de mettre fin aux terribles génocides hutus, bien que la grande victime du génocide qui parait interminable soit précisément l´ethnie hutu, éliminée dans un nombre bien supérieur à celui des tutsi. La criminalité des génocides-hutus, incontestable selon la version "officielle" massivement répandue par la majorité des moyens de communication est le principal alibi, bien que pas l´unique, pour massacrer maintenant systématiquement des centaines de milliers de civils hutus sans défense. Tout ce qui aujourd´hui se dit et s´écrit sur cette région se rapporte irrémédiablement au génocide de 94.
A partir de cette version officielle, il importe peu que l´aristocratie ait réduit en esclavage et assassiné ses peuples. Il importe peu que le FPR ait initié en 1990 une terrible invasion qui, avec l´appui de l´Ouganda et des États-Unis principalement, a occasionné d´innombrables assassinats et un million de déplacés et de réfugiés. Que pendant les mois qui ont précédé l´explosion de 1994 trois présidents hutus aient été assassinés. Que le même génocide de 94 n´ait pas seulement été dirigé contre les tutsi, mais aussi contre tous les adversaires. Que dès le 7 avril, les trois batallons du FPR à Kigali aient commencé leurs massacres. Que y compris parmis les génocides "interahamwe" il y ait eu des dirigeants tutsi. Qu´il y ait des indices et des témoignages suffisants de ce que le FPR avait besoin de Ce que la minorité tutsi, derrière laquelle il se protège, apparaisse aux yeux du monde comme la grande victime, pour poursuivre ainsi la "burundisation" du conflit rwandais. (En 1972 au Burundi, sous la présidence du tutsi Micombero, le plan Simbananiye projeta l´élimination de membres de sa propre ethnie, lors d´une supposée opération hutu de déstabilisation, pour justifier l´assassinat massif de hutus, spécialement des élites. On calcule que 300.000 d´entre eux ont été massacrés en moins de trois mois, avec la collaboration active de dizaines de réfugiés tutsi rwandais). Rien de tout cela importe.
Il est important de ne pas tomber dans le piège d´identifier les tutsi en général avec cette élite extrémiste tutsi qu´est le FPR, qui contrôle aujourd´hui tout le pouvoir en Rwanda. Elite qui bien entendu ne fut pas victime du génocide de 94, sinon plutôt co-responsable, comme minimum, De celui-ci, et qui, après 94, est le bras exécuteur d´un génocide systématique et occulte, qui a déja supéré et de beaucoup, celui-là. Dans ce génocide, la grande victime est l´ethnie hutu, composée par des millions d´êtres humains, qui ne semblent pas pouvoir se livrer déjà du stigmate collectif de "génocides" bien que seulement une minorité extrémiste insignifiante soit réellement coupable. L´évêque Munzihirwa, de la même manière que Monseigneur Romero, trois jours avant d´être assassiné clamait: " Nous demandons aux lobbys tutsi qui dirigent Rwanda et le Burundi qu´ils arrêtent d´organiser la desinformation afin de tromper l´opinion internationale".
4. ÉCRANS DE FUMÉE QUI DÉTOURNENT DU PRÉSENT
En nous concentrant presque en exclusivité sur la responsabilité présente des États-Unis nous ne prétendons absolument pas excuser le très grave rôle joué auparavant par les puissances coloniales européennes. Mais nous ne voulons pas tomber dans le piège de ceux qui ont masqué les complicités Qui opèrent dans le présent après avoir dénoncé les antérieures. Centrer l´attention des medias sur les dictateurs déjà tombés en disgrace est le meilleur écran de fumée pour gagner du temps. C´est un coup machiavélique pour que la lutte pour la justice et les droits de l´homme arrivent toujours trop tard. La grande responsabilité du génocide qui aujourd´hui continue de se perpétrer contre le peuple hutu retombe sur les dictatures tutsi et sur le gouvernement des États-Unis, quoique ces terribles interventions se soient toujours produites au nom des plus grands et nobles principes (libérer des dictatures, protéger les minorités oppressées, etc.) D´un autre côté, pas tous les gouvernements antérieurs de la région étaient des dictatures corrompues et assassines comme celle de Mobutu. Au Burundi des milliers d´irréprochables démocrates hutus ont été bassement assassinés par les extrémistes tutsi putschistes. Les présidents Ndadaye et Ntayamira furent les plus significatifs. Au Rwanda, le président Habyarimana, aussi assassiné, s´est fait adjudiquer toutes sortes de corruptions et de crimes.
Quand aux États-Unis mêmes on assassine des présidents, quand le Pentagone et la CIA échappent systématiquemente à tout contrôle démocratique et agissent comme de gigantesques organisations terroristes qui y compris violent la souveraineté d´autres pays, ¿quelle autorité morale a le gouvernement de ce pays pour dicter lesquels sont les bons et les mauvais gouvernements et intervenir militairement de façon camouflée ou ouverte, non pas en mission humanitaire en faveur de milliers de civils sans défense, sinon directement dans la politique interne de ces pays? Et au Zaire même, non seulement la rébellion en finit avec le dictateur Mobutu,
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mais aussi avec les procès démocratiques naissants si ardument construits par les partis de l´opposition. Ni auparavant les gouvernements européens, ni maintenant les nord-américains ont été intéressés par des peuples africains politiquement mûrs, maîtres de leurs destins et de leurs ressources. S´ils avaient soutenu la société civile, qui dans ces pays lutte, fréquemment avec bravoure, pour prendre les rennes de son propre destin, avec la moitié des apportations financières, logistiques, etc qui ont été offertes aux dictateurs, le respect aux droits de l´homme et la démocracie dans la région ne seraient pas aujourd´hui un futur horizon lointain.
5. CONSTRUIRE UN FUTUR POUR TOUS
Même si on essaie de nous faire croire que le grand problème de cette région est celui de la securité de la minorité tutsi, la réalité en est une autre. Le comportement des dictatures extrémistes tutsi n´est pas celui d´une minorité en danger, obligée à s´auto-protéger par tous les moyens, sinon plutôt celui des élites qui oppriment qui ne peuvent maintenir leur tyrannie que par la répression et la terreur. Des gouvernements élus démocratiquement par des majorités écrasantes, comme celui du président Ndadaye au Burundi, firent des concessions l´une après l`autre à l´extrémisme tutsi et à son armée monoethnique. Malgré tout, ce grand lider fut finalement assassiné et sauvagement mutilé. Quelque chose de semblable est survenu au rwandais Habyarimana, qui, après de multiples concessions au FPR lors des conversations d´Arusha, fut assassiné à son retour, ainsi que le président hutu de Burundi, Ntaryamira. Il n´y a d´autre solution définitive que la démocracie. Bien que l´on émette continuellement des messages dans le sens de ce que la démocratie n´est pas pour le continent africain, en vertu -selon les dires- de la structure particulière de ses sociétés, ce qui est certain c´est que la paix et la stabilité de cette région n´est pas possible sans que disparaisse l´exclusion de cette immense majorité qu´est l´ethnie hutu. Les dictateurs tutsi le savent très bien. De là qu´une si massive élimination de hutus, comme celle qui a lieu depuis plusieurs années, nous fasse soupçonner, à plusieurs d´entre nous, que son objectif final est le même que prétendait en 72 le plan Simbananiye, c´est à dire convertir l´actuelle majorité hutu -qui jusqu´à il y a peu de temps représentait 85%- en une minorité.
Mais une fois que cette majorité hutu aura détenu le pouvoir, le retour à l´esclavage antérieur sera impossible ou le sera seulement moyennant des méthodes extrêmement brutales et expéditives. Malgré la constante élimination massive et sélective des hutus, les mouvements d´opposition politique et armée sont encore très actifs. Si l´on est en train de créer une très forte haine raciale et si l´ethnie tutsi est en train d´être exposée à une situation de grave risque, les principaux responsables sont les excès des extrémistes tutsi et les horizons trop courts du bénéfice immédiat qui poussent les pouvoirs économiques qui sont leurs alliés. Il existe encore, tout au contraire, malgré l´assassinat de bon nombre d´entre eux, des liders hutus modérés capables d´assurer le respect aux minorités.
L´expérience de l´Afrique du Sud a mis en évidence que la fin de l´apartheid n´entraine pas forcément le chaos, sinon une plus grande stabilité. Finalement la grande question, intouchable pour les Dictateurs tutsi, est leur contrôle absolu de l´armée. Mais la démocratie ne sera jamais possible avec des armées qui ne sont pas du pays, ni même de l´ethnie minoritaire, sinon d´un petit lobby tout puissant. Le président Ndadaye fut assassiné au moment même où il prétendait donner aux hutus une participation significative dans l´armée. Et l´autre problème gravissime est celui d´une justice complètement partielle. Même le Tribunal Pénal International d´Arusha est, tout simplement, le tribunal des vainqueurs. Imposé par une résolution du Conseil de Sécurité de l´ONU, il ne fut pas constitué par vote de l´Assemblée Générale. Sont exclus de sa compétence tous les crimes contre l´humanité et le génocide perpétrés par le FPR et dénoncés, entre autres, par le rapport Gersony et Garretón, tous deux de l´ONU.
APPEL FINAL
Ceux à qui il nous semble intolérable de vivre au milieu de tant d´injustice et de souffrance absurde nous ne pouvons pas perdre plus de temps. L´objectif de cette campagne est d´alerter l´opinion publique internationale (et spécialement la nord-américaine) et de pressioner les plus hautes instances politiques mondiales (et tout particulièrement l´administration nord-américaine) pour empêcher que ce processus génocide et de brutal apartheid suive son cours. C´est pourquoi nous lançons un appel à toutes les personnes et groupes qui connaissent ou pressentent la vérité de ce que nous venons d´exposer et qui ont conscience de ce qu´il existe des questions inéluctables et non négociables, comme par exemple l´obligation morale de dénoncer et de s´opposer à tout génocide. Nous nous adressons à tous ceux qui ont soutenu nos actions antérieures, à ceux qui, en Amérique latine, ont souffert en chair propre une injustice semblable, à ceux qui, si admirablement, ont lutté pendant des décades pour que ces génocides ne restent pas impunis, à ceux qui, au cours des mois, commencent à comprendre que la version officielle ne correspond pas à ce qui se passe vraiment. Nous invitons aussi tous ceux qui luttent pour la même cause à unir leurs efforts. Nous faisons face à un problème fondamentalement politique, face auquel les aides humanitaires, tant d´assistance comme de développement, ou y compris les simples dénonciations des violations des droits de l´homme qui évitent toute référence aux motifs économiques et politiques ultimes, ne sont pas seulement insuffisants sinon qu´ils ont tendance à se convertir en un analgésique qui distrait l´opinion publique pendant que le cancer avance inexorablement. Ou ce qui est pire, ils peuvent se convertir en appui économique et reconnaissance internationale à des dictatures génocides. Dans les semaines qui vont suivre nous déciderons quelles actions nous allons entreprendre. Pour le moment nous nous limiterons à donner la plus grande diffusion possible à cette campagne et à constater qui et combien nous
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sommes, ceux qui sont disposés à travailler pour elle. Si vous désirez participer d´une façon ou d´une autre, nous vous prions de vous adresser à l´une des adresses suivantes:
En Espagne:
Inshuti (E-mail: casbar@minorisa.es Tl. 93.8320162),
Fundación S´Olivar (E-mail: vmascaro@pangea.org Tl-fax 971.618593)
En Amérique latine:
En Amérique du Nord:
En France:
En Belgique:
En Italie:
CEUX QUI LANÇENT CET APPEL:
Prix Nobel: Adolfo Perez Esquivel;
ONG européennes: Fondation S´Olivar,
INSHUTI;
ONG sudaméricaines: SERPAJ; ONG nord-américaines : Femmes, mères et
grand-mères du monde:
Juristes:
Partis et organisations africaines:
Partis européens et américains:
Depuis l ´art, la pensée et la
litterature
Depuis les moyens de communication:
Depuis les sciences
exactes:
Depuis les sciences humaines:
Depuis le monde du sport:
Evêques et prêtres:
Religieux:
Laïcs:
Vendredi 1 janvier 1999.
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DANS LE PROCHAIN NUMERO.... |
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La situation à l'intérieur du Rwanda - Le FPR promet des élections à l'ougandaise - La sécurité des personnes et des biens - La situation alimentaire est alarmante - La préfecture du Mutara, "un tutsiland" gardé par les américains ....et d'autres points d'actualité sur le Rwanda.
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