Espace d'expression pour construire l'avenir du Rwanda
Bulletin du Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda
Mensuel N° 1 du 01 au 31 Octobre 1998
Le 1er octobre, un triste anniversaire
Le Rwanda est devenu tristement célèbre depuis son agression par le Front Patriotique Rwandais (FPR). Les Rwandais viennent de passer huit ans de larmes et tristesses suite à l'invasion du Rwanda par le FPR le 01 octobre 1990 à partir de l'Ouganda. Depuis lors, la mort est un drame vécu au quotidien. Aujourd'hui encore on est loin de voir le bout du tunnel. Sans doute pour camoufler ses crimes, son incapacité de gérer le pays ... le régime du FPR essaie de distraire la communauté internationale en exportant la haine ethnique dans des pays voisins. Le pays du " lait et de miel " promis par le FPR n'est rien d'autre que celui du sang et de la haine dont le chiffre d'affaire s'élève à des millions de morts. La tragédie imposée au Rwanda par le FPR est très profonde. Elle est ressentie par toutes les familles rwandaises. Le FPR a fait du génocide des tutsis un fond de commerce en humiliant les victimes. Le FPR fait croire au monde entier que le génocide des tutsis, qu'il a provoqué par ailleurs, lui donne un feu vert d'exterminer les | hutus et de
squatter leurs biens, de s'accaparer de tout le pouvoir et de faire la
guerre aux pays voisins dans toute impunité.
La guerre déclenchée par le FPR depuis 1990 a brisé le fragile équilibre de la société rwandaise et celle imposée à la République Démocratique du Congo hypothèque des relations de bon voisinage. Ceci est l'œuvre de Paul Kagame, " l'homme fort, invincible " comme le disent certains médias ". Qui vivra verra, dit-on. Ces plans machiavéliques de Paul Kagame ayant pour objectif de noyer ses forfaits envers les rwandais doivent être décriés haut et fort. Il est inconcevable que le Rwanda, où les victimes de la famine se comptent par milliers, ose financer des guerres inutiles dans lesquelles des innocents continuent de périr. Quand on connaît les ressources du Rwanda on est en droit de se demander d'où vient cette argent ou encore , qui finance ces guerres et dans quel but ? Paul Kagame et sa bande criminelle devront | répondre aux rwandais et au monde
entier.
Forum Rwandais ouvre le débat sur tous les thèmes en rapport avec le Rwanda et la région des Grands Lacs. Cette nouvelle revue offre la parole à tous ceux qui veulent donner leur point de vue sur les tragédies rwandaises mais dans le seul but d'y mettre fin. Forum Rwandais remplace de facto " La lettre du RDR " pour élargir le débat à tous les démocrates rwandais qui désirent contribuer à l'objectif de mettre fin au calvaire du peuple rwandais. Avant toute contribution extérieure, seule la détermination du peuple rwandais lésé dans ses droits pourra changer le cours des événements et mettre fin au régime irresponsable et terroriste du FPR. ? Oscar Nkurunziza
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SOMMAIRE 1. Déclaration du 1er Congrès extraordinaire
du RDR |
Editeur Responsable: Oscar Nkurunziza, P.O. Box 85, 3840 GB Hardewijk, Nederland
Déclaration du 1er Congrès extraordinaire du RDR, tenu à Namur du 15 au 17 août 1997
RDR
Le RDR est une organisation politique qui lutte pour un Etat de Droit, la Justice, la Démocratie, les Valeurs Républicaines et la Vérité sur le Drame Rwandais, comme base de véritable réconciliation, de paix et de développement durables.
Nous réitérons notre attachement à un Etat de Droit, géré sans aucune forme d'exclusion, basé sur la liberté, la justice et la paix, respectant la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples.
Le RDR réaffirme sa condamnation du génocide commis contre des Tutsi.. Il renouvelle sa condamnation du génocide, toujours en cours, contre les Hutu.
Quels que soient leurs fonctions ou leur appartenance ethnique, les auteurs des crimes de génocide, de crimes contre la paix, de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et d'autres violations des Droits de l'Homme, commis ou en cours, doivent être identifiés pour répondre de leurs actes, chacun individuellement, devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda, seul cadre approprié pour juger les responsables de ces crimes. Nous demandons que le mandat de ce tribunal soit révisé pour élargir sa compétence et la période couverte.
Nous invitons tous les rwandais à honorer la mémoire de toutes les victimes sans exception et à éviter d'exploiter à des fins politiques, les malheurs qui ont endeuillé les familles, le Peuple Rwandais et l'humanité toute entière.
Nous réitérons la demande à la Communauté Internationale
- de condamner fermement le génocide toujours en cours commis par le FPR
contre les Hutu et de faire tout le nécessaire pour l'arrêter ;
- d'assumer ses responsabilités notamment pour qualifier les crimes commis
lors de l'extermination des réfugiés dans l'ex-Zaïre, et en poursuivre les
auteurs devant la justice internationale ;
- de garantir la sécurité et de répondre des réfugiés qui ont été déportés
au Rwanda où beaucoup d'entre eux sont exécutés sans autre forme de
procès ;
- de faire respecter les conventions internationales, spécialement la
convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, pour rétablir le droit
d'asile, de protection, d'assistance et de non refoulement, pour les
réfugiés Rwandais qui sont toujours persécutés et refoulés vers le Rwanda.
Nous réaffirmons que le conflit Rwandais est de nature politique et que sa solution est absolument politique. Nous restons attachés au dialogue et à la négociation comme meilleur moyen de résoudre ce conflit. Néanmoins, nous constatons que les efforts politiques et diplomatiques ne sont pas suffisants car le régime dictatorial-FPR reste sourd aux appels au dialogue et continue sa politique délibérée d'extermination d'une partie de la population et d'exclusion.
Dès lors, il est complètement justifié d'envisager tout autre moyen légitime d'arrêter l'extermination de la population et de la protéger.
Nous invitons les membres du RDR et des autres démocrates rwandais, à se mobiliser et à s'investir pour mettre fin au calvaire du Peuple Rwandais et pour mettre en place un Gouvernement de Large Consensus National légitime, démocratique et respectueux de la vie humaine, en remplacement du régime dictatorial-FPR.
Pour le RDR
François Nzabahimana
Président du RDR.
Pour un Peuple réconcilié dans un Etat de Droit.
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SOLIDARITE ENTRE LES REFUGIES
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Par Ndereye Charles, Président du RDR Nous devrions apprendre à analyser les erreurs de tout un chacun positivement et prendre les mesures pour que nous ne les commettions plus. Il ne faut pas continuer de nous contenter de culpabiliser. A partir du moment où chacun de nous accepte qu'il s'est trompé, car s'il en avait été autrement on n'en aurait pas été là ... 1. Introduction Par le présent article , je voudrais renouveler l'appel aux rwandais et plus particulièrement aux membres du RDR pour tout faire en vue de mettre en oeuvre la recommandation du 2ème Congrès ordinaire du RDR concernant la solidarité de tous les rwandais et surtout des réfugiés pour constituer une alternative crédible à la dictature militaro-ethniste du FPR. Dans son histoire, le Rwanda n'a jamais connu de régime dont la cruauté soit comparable à celui que fait vivre le FPR au peuple rwandais depuis le 1er octobre 1990. 2. Situation actuelle 2.1. Problème On assiste actuellement à une multitude d'initiatives pour lutter contre le FPR. Le problème posé consiste à savoir s'il est possible de créer une synergie entre les différentes organisations politiques et les associations existantes et opposées au FPR, pour constituer une alternative démocratique à la dictature régnant actuellement à Kigali. |
2.2. Origine du problème De temps à autre surgissent quelque part des sentiments ethnistes, mais le manque de solidarité entre les réfugiés découle principalement de l'héritage des problèmes de régionalisme et les conséquences qui s'en sont suivies avant et après la guerre d'octobre 1990. En effet, en l'absence de mécanismes constitutionnels d'accès au pouvoir ou de promotion, la proximité géographique ou les liens de parenté avec les dirigeants constituaient l'essentiel de la carte de visite à exhiber pour prétendre à une promotion. Dans la première comme dans la deuxième République, la démagogie régionaliste a poussé chaque individu à se définir d'abord par rapport à sa région. L'on a assisté progressivement à un processus d'identification entre individus, le punir même à juste titre était devenu s'attaquer à sa région d'origine. Inversement, ceux qui refusent cette solidarité automatique sont considérés comme des déviants voire des traîtres. Ce recroquevillement sur la région et dans certains cas sur le terroir a eu pour conséquence la faiblesse du sentiment de solidarité et même, dans certains cas, d'indifférence devant le malheur de l'autre. Après l'éclatement de la guerre et l'instauration du multipartisme, les leaders de l'opposition intérieure pour la plupart originaires du Centre et du Sud, estimèrent que l'occasion était venue pour chasser le Nord du pouvoir et le donner à leur région. Ce faisant, dans leur stratégie, ils accordèrent peu d'importance à |
la détermination
de la rébellion armée du FPR à conquérir militairement tout le pouvoir.
Poussés par le régionalisme, certains d'entre eux conclurent une alliance
avec le Front Patriotique Rwandais soutenu par la NRA ougandaise pour,
disaient-ils, ravir le pouvoir au Président HABYARIMANA, à son entourage
et à sa région. Or, les quelques Hutu occupant des fonctions importantes
sur l'organigramme officiel du FPR tels les KANYARENGWE (Président),
BIZIMUNGU (Commissaire à l'information et chargé des négociations
d'Arusha), les BISERUKA (membre du Haut Commandement de l'APR) étaient
tous originaires du Nord. En jouant sur cet antagonisme, le FPR parvint
à diviser profondément les forces politiques et les forces armées, au grand
dam à la fois des Nordistes et des Sudistes, qui perdirent le pouvoir
ensemble et furent condamnés sans distinction à l'exil ou à la
marginalisation par le FPR, qu'ils ont ensemble contribué à installer au
pouvoir. Par faiblesse d'analyse et par cécité politique, certains
politiciens et officiers ressortissants du Sud, entamèrent une propagande
de démobilisation et de divisions des Forces Armées Rwandaises sous
prétexte que, combattre le FPR, signifiait travailler pour la pérennité du
Président HABYARIMANA et de son régime.
Des régionalistes du Sud sont restés indifférents à l'égard de la misère des populations déplacées de Ruhengeri et de Byumba, fuyant le FPR, par le simple fait d'être originaires du Nord. Inversement, des régionalistes du Nord ont pendant longtemps souhaité |
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SOLIDARITE ENTRE LES REFUGIES
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que la guerre s'étende au Sud, pour que "ceux-là aussi souffrent". Au bout de la ligne, les régionalistes de deux bords ont tous souffert de cette horrible guerre et de ses conséquences. L'on serait tenté cyniquement de dire que c'est bien fait pour eux, si leur funeste compétition n'avait pas précipité le peuple innocent dans des malheurs et des souffrances indescriptibles Les séquelles de cet aspect du régionalisme sont encore vivantes parmi certains réfugiés, qui pointent du doigt les ressortissants de la région autre que la leur, comme étant la cause de la débâcle rwandaise et partant la cause de leur exil et de leur misère. D'autres, inconscients des enjeux de l'heure, justifient leur repli sur eux-mêmes et leur incapacité à collaborer avec les autres, par une peur quelque peu maladive de se retrouver de nouveau sous un régime régionaliste, après leur retour hypothétique au Rwanda. Une dernière catégorie des malades du régionalisme est celui qui se méfie silencieusement ou conteste surnoisement ou ouvertement tout leadership parmi les réfugiés, non sur base des idées ou du programme qu'il défend et des réalisations obtenues, mais sur le simple fait que les hommes qui l'incarnent ne sont pas de chez eux. Cette méfiance, cette suspicion, cette diabolisation permanente de l'autre, jointe souvent à l'incapacité de mener un débat d'idées ouvert avec les autres et à s'affirmer comme leader dans une communauté qui dépasse son terroir d'origine, conduisent à l'incapacité de travailler avec les autres et à la tendance absurde de multiplier à l'infini les initiatives, les organisations et les associations dont | certaines demeurent fantomatiques,
n'ayant que les seuls initiateurs comme "membres". C'est surtout à ce
dernier aspect qu'il faut trouver la solution pour stimuler la solidarité
entre les réfugiés .
Il en résulte qu'actuellement les comportements des réfugiés sont prédominés par des sentiments de méfiance dûs aux clichés, aux préjugés et aux schémas mentaux avec lesquels nous avons échappé aux massacres du FPR, contradictions attisées par le FPR et ses complices étrangers qui n'ont aucun intérêt à ce que les réfugiés retrouvent leur unité. C'est ainsi que tel est traité de traître, tel autre d'Interahamwe, tel autre de génocidaire.... Ces attitudes conduisent aux blocages et à l'absence de communication, de dialogue et de débat, au moment où nous prétendons vouloir négocier avec le FPR et réconcilier tout le peuple rwandais. 3. Solution Pour être conséquent, la tolérance, la réconciliation et le dialogue que nous mettons dans tous nos textes et que nous prônons vouloir apporter au Rwanda, doivent commencer dans le milieu des réfugiés. Nous devrions apprendre à analyser les erreurs de tout un chacun positivement et prendre les mesures pour que nous ne les commettions plus. Il ne faut pas continuer de nous contenter de culpabiliser. A partir du moment où chacun de nous accepte qu'il s'est trompé, car s'il en avait été autrement on n'en aurait pas été là, nous devons faire l'apprentissage du pardon et passer plus de temps à voir comment bâtir ensemble le futur plutôt que nous appesantir sur le passé au | risque de compromettre irrémédiablement
l'avenir.
C'est pour cette raison que tous les démocrates rwandais doivent se mobiliser et faire une révolution des mentalités en vue de promouvoir le débat pour voir ensemble comment construire un Etat de Droit au Rwanda, mettre en place un pouvoir démocratique, pluraliste et républicain qui consacre l'opposition; une gouvernance qui sécurise tout le monde et protège les minorités; un régime politique qui respecte les intérêts des partenaires, les conventions internationales, le bon voisinage et qui contribue à la paix durable en Afrique et plus particulièrement dans les pays des Grands Lacs. Le RDR est tout à fait disposé à discuter avec tous les partenaires intéressés pour construire cette alternative démocratique. LE RWANDA EXPORTATEUR DE LA GUERRE EN RDC. La région des pays des grands lacs africains est en ébullition depuis déjà 8 ans. En effet, c'est le 1er octobre 1990 que certains membres de l'armée ougandaise, essentiellement anciens tutsi d'origine rwandaise, ont attaqué le Rwanda à partir du Nord du Pays, mettant ainsi le feu sur une savane qui allait embraser toute la région d'Afrique centrale. La situation ne s'améliore guère. Comme cela a été dit et redit par les observateurs de la géopolitique qui est menée en Afrique Centrale, la situation est loin d'être normalisée. Ceux-là |
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LE RWANDA EXPORTATEUR DE LA GUERRE
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même qui ont détruit le Rwanda ne sont nullement préoccupés par le développement du pays et moins encore par sa stabilité, ni celle des pays voisins. C'est dans ce cadre que la République Démocratique du Congo est devenue, dès fin 1996, le terrain privilégié des entraînements militaires et des essais d'armes de l'Armée Patriotique Rwandaise et de l'Armée Nationale Ougandaise. Dès 1996, et même à partir de fin 1995, l'Armée Patriotique Rwandaise n'a cessé de lancer des hommes sur le territoire de l'ex-Zaïre, que ce soit dans la province du Sud ou du Nord Kivu. Tous ceux qui ont condamné ces actes criminels ont été qualifiés de " génocidaires " ou de pro-génocidaires. Lorsque l'Armée Patriotique Rwandaise a attaqué l'actuel
RDC à partir de l'Est, sur les frontières rwandaises et burundaises, tout
le monde, y compris ceux qui avaient encore des doutes, a compris les
vraies visées des armées mono-ethniques du Rwanda et de l'Ouganda.
A voir de près, la situation politique de la région est de loin normalisée,
et ce pour cinq principales raisons : | Rwanda en 1990 jusqu'à ce jour, pèse sur le dos de ces deux
criminels tellement qu'ils ne peuvent pas accepter qu'une enquête
internationale soit faite pour déterminer les responsabilités dans ces
crimes; Troisièmement, la politique d'épuration ethnique n'a jamais cessé depuis la prise du pouvoir par le FPR et s'est même intensifiée depuis le retour massif et forcé des réfugiés fin 1996, créant ainsi un climat de méfiance sans précédant de la population vis-à-vis du pouvoir en place et une insécurité généralisée dans toutes les régions du Rwanda; Quatrièmement, certains milieux occidentaux sont allés loin dans leur soutien au régime criminel actuellement installé au Rwanda qu'ils ont difficile à faire marche arrière; Enfin, la politique du cynisme a pris la place du système démocratique, de sorte que même les pays les plus démocratiques comme ceux de l'Europe Occidentale n'osent pas condamner les responsables des crimes commis au Rwanda par le pouvoir en place. Devant cette réalité, la population rwandaise, de même que celle de la région des Grands Lacs d'Afrique, peut-elle espérer revivre tranquillement? Sans doute oui parce que plusieurs démocrates rwandais espèrent vivre dans leurs pays tranquillement et sans aucune exclusion. Si les puissances occidentales veulent aider le peuple rwandais à vivre paisiblement dans un état de droit, elles devraient encourager le dialogue entre toutes les forces politiques et | cesser la
diabolisation d'une partie de la population. ?
" QUEL AVENIR POUR LE RWANDA " ? Le 12 septembre 1998, l'Association ''Avenir du Rwanda'', une association à but humanitaire et culturel, a organisé une conférence à Liège sur le thème ''Quel avenir pour le Rwanda''. Elle avait invité entre autres conférenciers, M. Faustin Twagiramungu, ex-Premier Ministre du Rwanda. Parlant de ce qui s'est passé au Rwanda, M. Twagiramungu refuse la monopolisation du terme ''rescapé'': '' Il y a des Bahutus, nombreux, qui sont aussi des rescapés au même titre que moi, au même titre que des Batutsis, car dans le cas du Rwanda personne n'a le monopole de la souffrance. Nous avons tous souffert du même mal, la perte des nôtres peu importe d'où qu'elle tire son origine''. En acceptant d'être Premier Ministre dans un gouvernement du FPR, Twagiramungu ne s'est pas trompé, il a été tout simplement trahi. Il croyait en effet partager avec les Inkotanyi ''un même idéal de démocratie, idéal devenu par malice et par hypocrisie celui de l'oligarchie (...). Cette hypocrisie du FPR était imprévisible et imperceptible. Nous étions politiquement myopes, obnubilés par une propagande axée sur le simple retour de nos frères réfugiés (...). Le résultat de cette trahison se mesure aujourd'hui par les dégâts et les catastrophes , les assassinats et les massacres des paysans, le génocide tantôt à compte goutte tantôt brutal''. |
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" QUEL AVENIR POUR LE RWANDA " ?
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Dans son discours, il a renvoyé les Interahamwe et les Inkotanyi dos à dos. '' En termes de violence, mais pas de méthodes, les Interahamwe n'ont rien à envier aux Inkotanyi (...). Aujourd'hui, le FPR tue, assassine tous ceux qui ont eu l'idéal de construire le pays (... ). Au nom du génocide d'autres génocides sont permis et sont commis impunément. Pour ma part je condamne les interahamwe, mais je condamne aussi les Inkotanyi. Tuer n'est jamais bon (...). comment pourrait-on oublier Kibeho et beaucoup d'autres situations tragiques semblables à travers tout le pays? Le FPR devrait reconnaître ses massacres à grande échelle dans les préfectures de Byumba, de Ruhengeri, de Kibungo, du nord de la Préfecture de Kigali, de Gitarama et de Gisenyi. Le FPR et son Président le Général Kagame ainsi que ses compagnons d'extrémistes tutsis devraient reconnaître comme une réalité le génocide commis par leur armée dans les forêts de la République Démocratique du Congo en 1996 et 1997, en plus de l'assassinats des présidents du Rwanda et du Burundi en avril 1994, ainsi que d'autres assassinats importants comme ceux de Seth Sendashonga et de Théoneste Lizinde ou des évêques catholiques du R wanda en juin 1994 et de l'archevêque de Bukavu et de l'évêque de Ruhengeri en novembre 1996.'' La solution pour endiguer la violence au Rwanda est qu'il faut aujourd'hui, plus que jamais ''s'engager pour défendre cette population rwandaise humiliée et contrainte d'accepter un pouvoir lui imposée par la force des armes''. Monsieur Twagiramungu a abordé d'autres sujets tels que | la Révolution de 1959 qu'il ne faut pas confondre avec le génocide ou sur les victimes des tragédies rwandaises. ''La Révolution rwandaise a eu lieu en réaction contre l'esclavagisme, les humiliations et les massacres par l'oligarchie issue des grandes familles tutsies, plus tard soutenues et protégées dans l'exercice de son exploitation et d'aliénation du peuple par le pouvoir colonial. En aucun cas la Révolution ne peut être qualifiée de génocide par la descendance de l'oligarchie''. S'agissant du nombre des victimes et des survivants, il faut rétablir la vérité par ''un recensement national pour savoir qui a été tué, et qui a tué''. Car aujourd'hui on ne fait que perpétuer ''le mensonge par l'arithmétique'':''1 million 500 mille tutsis selon Colette Braeckman dans son dernier livre La Tragédie Africaine. Entre 500 et un million selon les autres,. 800 mille selon Gérard Prunier dans son livre Rwanda Crisis. Tous ces chiffres sont fondés sur le mensonge du FPR avec la complicité de certains médias et des experts sur le Rwanda. Et pourtant s'agissant du génocide commis par le FPR en République Démocratique du Congo en 1996 - 1997 Braeckman parle avec ironie de quelques dizaines de milliers de hutus tués alors que le rapport officiel établi par M. Gareton des Nations - Unies donne le chiffre de 180 à 200 mille". M. Twagiramungu a terminé en invitant ''la jeunesse à ne pas se résigner mais à envisager une guerre de libération pour pouvoir vivre dans la dignité. Il faut se rebeller pour vivre dignement et en même temps préparer notre avenir''. Il a conclu par cet adage de la sagesse burundaise ''Uratinya ntu ramba''>. ? |
LE RDR RESTRUCTURE PROFONDEMENT. Le RDR - Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda a clôturé un long processus de restructuration interne qui avait commencé depuis le 1er juin 1997. Cette restructuration avait été décidée après une évaluation interne. Cette dernière a démontré notamment que dans le soucis de chercher le dialogue et la réconciliation, le RDR avait sous-estimé la volonté du régime militaire de Kigali de détruire les camps et d'aller jusqu'au bout de sa logique d'épuration ethnique. Par ailleurs, le RDR, mu par le souci de rassembler diverses tendances parmi les réfugiés et les exclus de la gouvernance du pays, a été handicapé par le fait que toutes ces différentes tendances n'ont pas toujours adopté une position partagée sur des questions essentielles comme le génocide ou les responsabilités des différents acteurs dans le drame rwandais.
D'autres comportements liés à l'égoïsme et à l'attachement au passé ont constitué également un handicap qui a été exploité par les détracteurs de l'organisation pour réduire ses possibilités de défendre efficacement les intérêts du peuple rwandais devant l'opinion internationale. |
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LE RDR RESTRUCTURE PROFONDEMENT
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Ce sont entre autres ces considérations qui ont présidé dans la restructuration du RDR. Dans le cadre de cette restructuration, le RDR a tenu à Namur en date du 15 au 17 août 1997 un Congrès extra-ordinaire. A l'issu de ce Congrès, le RDR a rendu public sans équivoque, dans un dépliant écrit en trois langues (Anglais, français et Kinyarwanda) sa position sur les problèmes essentiels entre autres le génocide des tutsis de 1994 et celui des Hutus de 1996-1997 et toujours en cours au Rwanda. Ce Congrès extra-ordinaire a décidé que le RDR cesse d'être une organisation de masse (groupe de pression) mais qu'il devienne plutôt une organisation politique avec les membres adhérants à son idéologie et respectant son code de conduite. Le processus de restructuration du RDR a été officiellement clôturé par son deuxième Congrès ordinaire tenu à Paris du 22 au 23 août 1998. Ce Congrès a adopté plusieurs Résolutions dont les principales ont été formulées comme suit: Résolution N° 1: Le Deuxième Congrès Ordinaire du RDR, réuni à Paris du 22 au 23 août 1998 a adopté les Statuts ainsi que la Plate-forme Politique du RDR. Résolution N° 2 : Le Congrès a élu M. NDEREYEHE Charles au Poste de Président du RDR pour un mandat de deux ans. Le Congrès a élu M. Kanyarushoki Claver au Poste de Vice-Président du RDR pour un mandat de deux ans. Résolution N° 3. Appel à l'Union des Forces Démocratiques Rwandaises. |
(..... )le RDR lance un appel solennel aux organisations démocratiques rwandaises afin qu'elles mettent en place des structures et des mécanismes appropriés pour conjuguer leurs efforts dans la mobilisation des rwandais contre l'oligarchie militaro-ethniste du FPR en vue de la réalisation du but ultime qui est : " un peuple réconcilié dans un état de droit ". Résolution N° 4 : Position du RDR sur la guerre actuelle en République Démocratique du Congo. Le deuxième Congrès Ordinaire du RDR réitère la condamnation de la nouvelle guerre imposée à la RDC depuis le 2 août 1998 par le régime criminel de Kigali et ses alliés qui poursuivent leurs visées expansionnistes visant la création d'un empire hima-tutsi. Le RDR exprime sa solidarité au Peuple de la RDC confronté à la guerre lui imposée par le régime de Kigali. Le Congrès demande à la Communauté Internationale de condamner sans ambiguïté cette agression injustifiée dont le régime militaro-ethniste de Kigali se sert pour poursuivre son plan génocidaire contre les réfugiés rwandais rescapés de sa précédente expédition au Zaïre en 1996-1997. Le Congrès réitère l'appel du RDR à la Communauté Internationale pour réactiver de toute urgence l'initiative restée lettre morte pour l'organisation d'une conférence internationale sur la paix, la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs. Toutes les parties, y compris le RDR, devront être impliquées afin de jeter des bases solides pour une solution définitive du conflit |
qui
embrase la région depuis le déclenchement de l'invasion du Rwanda le 1er
octobre 1990 à partir de l'Ouganda.
Pour le RDR le problème des réfugiés rwandais est toujours d'actualité Le RDR n'est pas une organisation clandestine et défend toujours la cause des rwandais exclus de la gouvernance du pays. Certains de ses détracteurs avaient été surpris d'apprendre la tenue de son Congrès extra-ordinaire de Namur et ont alerté les journaux voir même les Parquets de la Belgique. Cela n'a pas empêché le RDR d'organiser son deuxième Congrès ordinaire à Paris. Plusieurs personnes qui liaient l'existence du RDR à celle des camps des réfugiés avaient déjà mis une croix sur le RDR après la destruction de ces derniers. D'aucuns ont même pensé que le RDR devrait changer son logo, car paraît-il le problème des réfugiés n'existe plus! Paradoxalement la plupart de ceux qui le disent sont eux-mêmes des réfugiés. Le problème des réfugiés rwandais est toujours d'actualité, nul n'est besoin de s'y attarder. C'est pour cela que même en devenant une organisation politique ouvertement opposée au régime de Kigali, le RDR a décidé de maintenir son logo. ? A L'INTERIEUR DU RWANDA Quatre ans sont déjà passés, depuis la prise du pouvoir par le Front Patriotique Rwandais |
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A L'INTERIEUR DU RWANDA
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(FPR). Huit ans se sont presque écoulés depuis l'attaque du FPR dans le Nord-Est du Rwanda en ce 1 octobre 1990. Il avait promis aux Rwandais la paix, la justice et la prospérité. Mais, force est de constater actuellement que le Rwanda est loin de ces promesses de ce 18 juillet 1994, date de l'installation d'un gouvernement FPR autoproclamé à Kigali. Un régime géré par un club mafieux, sous le couvert des malheureux événements de 1994, a voulu gérer les problèmes du pays par un système militaire implacable. Des massacres organisés de populations civiles innocentes jalonnent sa campagne militaire d'octobre 1990 jusqu'à maintenant. Corruption, emprisonnements arbitraires, terrorisme envers la libre expression et assassinats caractérisent la gestion actuelle du pays par le FPR. Société Le tissus social rwandais, déchiré par les tristes événements de 1994, est aujourd'hui réduit en poussière par le régime de Kigali. Les relations ethniques sont plus que jamais exacerbées. Le népotisme et la ségrégation ethnique gangrènent l'armée et la fonction publique. Le gouvernement a même mis en place un système de terrorisme pour contrôler le privé (les ONG, les entreprises). Le régime ne veut pas reconnaître le fossé qu'il a créé et agrandi entre les Rwandais selon leur origine. Il ne veut ni reconnaître ni résoudre les divisions manifestes entre Rwandais venus du Burundi, ceux venus de l'ex-Zaïre et ceux venus du Burundi. Ceux qui vivaient au Rwanda avant | 1994 ne sont pas des Rwandais à ses yeux.
L'un des moyens utilisés pour créer ces divisions, et que la communauté internationale finance sans retenue, est sans doute le processus de villagisation. Des villages sont construits de toutes pièces, souvent dans des endroits non adaptés, et sont destinés aux réfugiés d'avant 1994 rapatriés à partir de cette même année, et aux rescapés du génocide tutsi. La préfecture d'Umutara nouvellement créée à partir d'une partie de Byumba et de Kibungo est réservée à ceux qui sont venus d'Ouganda. Ce qui est plus grave, c'est le fait de nier systématiquement de nombreux faits positifs qui ont eu lieu avant son avènement, qui caractérise la politique du régime de Kagame. De nouveaux jours fériés liés à l'arrivée du FPR ont été introduits dans le calendrier : 4 juillet (Libération), 01 octobre ( Héros nationaux) ; Plusieurs dates mémorables ont été effacées du calendrier ou reçu de nouvelles appellations. Et des " spécialistes" se sont attelés à réécrire l'histoire du Rwanda niant la période de 1959 jusqu'à juillet 97. L'hymne nationale a été aussi bannie. A quand le drapeau national? Sécurité Plus de 200.000 Rwandais ont été massacrés par le FPR, d'autres obligés de fuir dans la forêt congolaise ; aujourd'hui, on n'en parle presque plus ; on ne parle même plus du tout des 250.000 autres identifiés dans les forêts zaïroises. Des milliers de Rwandais sont tués chaque mois dans le pays. Lorsque l'on s'entretient avec les paysans, leur souci direct est d'être encore vivant. Sur les | collines, les paysans n'ont plus le courage
d'aller aux champs craignant pour leur sécurité.
Kigali, qui restait encore relativement calme, est aujourd'hui hanté par la peur d'une guerre intérieure menée par une rébellion devenue insaisissable et dont la répression par le FPR s'en prend à la population, et par une guerre venue des pays voisins que ne cesse d'agresser le régime de Kigali. La mort est devenue la compagne de tous les jours des Rwandais. Et l'actuel Chef d'Etat-major, le terrible Kayumba Nyamwasa est décidé à la leur imposer lorsqu'il dit que lorsque ses hommes poursuivent les rebelles, ils ont pour mot d'ordre de tirer d'abord sur tout ce qui bouge et de discuter ensuite. " A tout endroit où se trouve un cours d'eau, on est sûr d'y rencontrer des cadavres ", répondait-t-il cyniquement au journaliste qui lui demandait d'où venaient les nombreux cadavres flottant sur le lac Kivu. Plusieurs zones, telles que le Nord-Ouest du pays, ont été vidées de leur population soit disant lors des affrontements avec les infiltrés. Ces populations sont tuées et les rescapés sont terrorisés. Actuellement, des milices sont déjà en action dans les préfectures et, dernièrement, la préfecture de la ville de Kigali a mis en place sa propre milice (local defence) à laquelle des armes doivent avoir été distribuées au moment où nous écrivons cet article. Et le régime se moque du mécontentement des Rwandais éprouvés en 1994 qui voient le reste de leurs enfants rescapés aller se faire tuer sur une terre étrangère alors qu'ils croyaient |
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définitivement rentrés chez eux et jouir enfin de l'intsinzi (victoire). Droits de l'homme Les rescapés du génocide hutu de 96-97 dans les camps du Zaïre ont été peu à peu emprisonnés ramenant ainsi le chiffre record des prisonniers à environs 300.000 personnes emprisonnées depuis des années sans dossiers et dans des prisons pour la plupart inconnues de la communauté internationale (camps militaires, containers, maisons privées, fossés,...). Comment aurait-elle pu les connaître ou connaître d'autres exactions du FPR alors que cela fait presque une année que le régime de Kigali a chassé la mission des droits de l'homme au Rwanda après avoir expulsé les ONG internationales qui travaillaient au Rwanda. Et devant cela, la communauté internationale s'est tue ; tout comme elle s'est tue lorsque les autorités de la RDC ont refusé net les enquêtes sur les massacres des réfugiés rwandais de ses camps. Massacres, assassinats, enlèvement, musellement de la libre expression sont devenus monnaie courante au Rwanda. A Kigali, on ne parle plus du squattage des biens (maisons, terrains, ...) par des privés ou par l'Etat comme si l'affaire était réglée. On parle même plus du chômage auquel ont été forcés des milliers de Rwandais rapatriés des camps de l'ex-Zaïre et de la Tanzanie, encore vivants et à qui le gouvernement avait promis la réintégration professionnelle après une formation idéologique dans des camps de travail. Faut-il parler des droits de l'homme pour les milliers et milliers d'ossements exposés ici | et là soit disant pour témoigner du
génocide. La coutume rwandaise voulant qu'un mort soit enterré, comment
peut-on profaner si facilement les morts. Quelle différence y a-t-il entre
ce qui procèdent ainsi et ceux qui les ont tué et laissé sans sépulture.
Et pourtant, des cérémonies de sépulture ont été organisées ici et là pour
les victimes du génocide.
Ce que le FPR ne dit pas évidemment, c'est qu'à côté des victimes nombreux du génocide tutsi, il y avait et il y a aussi des fosses où s'entassent des milliers et des milliers de hutu tués par les soldats du FPR au fur et à mesure de leur avancée et même après la prise du pouvoir. Justice Des centaines de milliers de prisonniers sont entassés dans des prisons connus et inconnues du public. Malgré les efforts de la communauté internationale pour aider le régime à former des magistrats, l'assainissement de la situation judiciaire au Rwanda n'est pas le souci du gouvernement en place. Le régime de Kigali ne se prive pas de clamer à qui veut l'entendre d'avoir quand même mené quelques jugements. L'on sait comment ils ont été expédiés : jugements sommaires et sans respect des procédures, absence de la défense des inculpés ou même des témoins à charge. La plupart des enquêtes n'ont jamais abouti. Des parades de jugements sont faites pour des militaires coupables d'avoir tué récemment des gens. Mais, les grands criminels qui se sont caractérisés par des atrocités innommables depuis 1990 sont toujours couverts et occupent | des
responsabilités au sein du régime.
La loi du silence qui règne au Rwanda fait évidemment que la population n'ose rien dire. Ils n'osent rien dire les tutsi rescapés qui, avec l'arrivée du FPR, avait cru voir leur calvaire prendre fin mais qui se voient trahis par un pouvoir qui les ignorent et les tuent aussi. Politique Le seul cadre qui pouvait garantir la légitimité d'un gouvernement au Rwanda était les Accords d'Arusha. Actuellement, l'esprit d'Arusha est un rêve, le FPR prenant le prétexte du génocide pour légitimer un système militaire, totalitaire et hégémoniste. Les partis ont été éliminés du paysage politique rwandais, mais le FPR continue à donner l'illusion que les membres des gouvernements qui se sont succédé depuis juillet 1994 étaient formés sur base de partis politiques dont les survivants ne peuvent même pas faire une réunion au grand jour ni à plus forte raison organiser un meeting ou une autre manifestation. Pour le FPR, les voix dissonantes sont des génocidaires ou des révisionnistes qui doivent être soumis à la diabolisation, au harcèlement, au terrorisme et à la liquidation. Ainsi un système d'espionnage est en place au Rwanda et à l'étranger pour pister les opposants et une branche de l'armée et chargée de liquider les opposants à l'étranger.Pour pouvoir tout contrôler, l'Etat a procédé à une mainmise sur tout ce qui peut constituer la société civile : Association des droits de l'homme, Association des Journalistes, organisations |
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de jeunesse et autres ONG locales. Economie Lors de sa visite à Bruxelles, Mr Paul Kagame annonçait que l'économie avait connu une croissance de 13 %. Mais comment un pays peut-il enregistrer une croissance semblable, lorsque une partie du territoire est vidée de sa population, une autre partie (l'ancien parc Akagera) a accueilli une population à tradition pastorale obligée de s'initier à l'agriculture car leurs troupeaux sont décimés par les maladies. Dans tout le pays, la faim fait des ravages. En effet, les aléas climatiques, la pauvreté des sols et surtout l'insécurité empêchent de produire suffisamment pour toute la population. Le Nord-Ouest du pays, qui fournissait surtout la pomme de terre, est devenu désert. Le Sud-Ouest du pays, région très pauvre, connaît des problèmes plus graves qu'en 1986-87. Les prix se sont multipliés par 5 comparativement à la situation d'avant 1994. Mais, même dans une situation aussi pénible, la gestion du pays reste catastrophique. La compétence a été bannie ; l'honnêteté a été foulée au pied ; La justice reste un rêve. Il y a un an, Mr Birara Jean B., ancien ministre des finances, dénonçait les plaies qui gangrènent les douanes rwandaises, l'une des plus importantes sources des finances du pays : 20% des fonctionnaires des douanes sont analphabètes ; sur 4 containers qui passent par la douane, un seul officiellement taxé. Et les militaires jouent un très grand rôle dans cette affaire. |
Parlant de la situation alimentaire, le Ministre de l'Agriculture et de l'Elevage, le Dr Iyamuremye Augustin déplore : " Les aides qui sont vraiment parvenues à leurs destinataires ne représentent que 37% de toute l'aide prévue ". Où sont passé les 63% ? La corruption a été plusieurs fois dénoncé par les médias, mais la seule rétribution réservée aux braves qui osent le faire reste le licenciement, l'emprisonnement et la mort. Plusieurs ministres ont été démis de leurs fonctions, certains ont été tués, d'autres ont fui le pays. Des journalistes sont harcelés, terrorisés, emprisonnés et tués pour avoir dénoncé ces crimes car a loi du silence et celle de la mort reste les grandes armes du club de Kigali. Relations avec les autres pays La seule volonté qui existe est celle de gérer les problèmes du Rwanda et de la sous-région des Grands-Lacs africains par des moyens militaires. Ce qui est regrettable c'est que l'une des grandes puissances qui se dit défendre les valeurs démocratiques -les USA-, cautionne et appuie cette volonté en envoyant des militaires et des armes au Rwanda, en Ouganda et en RD du Congo. C'est sans doute cela qui a fait avouer Kagame l'intervention de ses hommes pour tuer les réfugiés rwandais, renverser Mobutu et mettre Kabila au pouvoir. Un an plus tard, il a réitéré la même arrogance sur son intervention au Congo : " I think there are more opportunities for me...I can now pursue them (the Hutu rebels) up to Kisangani. It's not as the last time when I had to ask permission from Kabila. " | (Associated Press, le 14.09.1998). Ce que lui
et ses parrains savent bien mais ne disent pas, c'est que cette manière de
gérer les problèmes est destructrice pour les populations.
Ce qu'on ne dit pas également, c'est l'une des raisons qui ont encouragé certains pays africains à être aux côtés de Kabila pour son combat contre les rebelles Banyamulenge, créés et appuyés par Kagame et Museveni : en effet, au moment où Kabila venait de prendre le pouvoir, il s'était vu proposer par ses parrains d'alors un plan machiavélique de conquête de l'Afrique australe. Ce que l'autre avait refusé et porté à la connaissance des pays concernés : Angola, Zimbabwe, etc.. On ne parle même plus de pauvres jeunes Rwandais envoyés au front congolais. En effet, de sources sûres, on sait que le régime de Kigali, en plus de militaires de carrière, a envoyé et continue d'envoyer sur le front congolais de jeunes rwandais entraînés via les organisations de sécurités parrainées par les grands officiers de l'APR ou via les comités de sécurité développés dans les communes. Où peut conduire une telle idéologie ? Ce qui est sûr, c'est que des visées hégémoniques et génocidaires comme celle que pratique le club de Kigali ne peuvent durer. Ce qui est sûr également c'est les Rwandais, qui ont besoin de connaître réellement leurs criminels, sont conscients de la manipulation en laquelle le FPR est devenu maître. Alors, " malheur à celui par qui le scandale arrive "... ? |
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ACTUALITES EN BREF
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" INYANGAMUGAYO " UNE NOUVELLE MILICE DU FPR Dans la matinée du 19/09/1998, un communiqué du préfet de la Préfecture de la Ville de Kigali a été diffusé à la Radio nationale de la République Rwandaise à maintes reprises. Ce communiqué invitait la population de Kigali à une réunion qui devait se tenir le même jour dans les secteurs administratifs de cette préfecture à partir de 9 h 00. Ces réunions ont été dirigées par les autorités civiles et militaires et toutes les activités ont été suspendues (magasins, marchés...). Dans ces réunions dites de sécurité, de nombreuses personnes qu'on appelle ironiquement " INYANGAMUGAYO " ont été choisies pour assurer la défense locale. Cinq personnes par cellule en moyenne, étaient nommés et montrés à la population. Dans cette réunion il a été déclaré que plus de huit cent | personnes de la PVK devaient recevoir des
entraînements militaires à partir du 26/09/98. Après cette formation les
armes à feu seront distribuées pour assurer la défense chacun dans sa
cellule. Ces personnes sont composées en majorité de militaires de l'APR
anciennement démobilisés et des rescapés du génocide d'Avril 1994. Ingoma
zisa ntacyo zipfana.
REUNION DE L'OPPOSITION RWANDAISE A BRUXELLES Du 19 au 20 septembre 1998, cinq organisations politiques rwandaises dont 2 monarchistes et 3 républicaines se sont réunies à Bruxelles pour tenter de mettre en place une plate-forme commune. Il s'agissait du Groupe d'Initiatives pour le Dialogue (GID), le Forces de Résistance pour la Démocratie (FRD), le Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda (RDR), le Rwanda National Liberation | Movement (RNLM) et l'Union Nationale Rwandaise
(UNAR).
Au moment de la signature, ces deux dernières ( monarchistes) se sont désolidarisées de l'initiative. La porte reste ouverte, car ce processus devrait continuer. LE RWANDA : UN PAYS SANS HISTOIRE ? Le FPR qui s'est emparé du pouvoir en 1994 est très acharné à effacer toutes les traces de la Révolution Sociale de 1959 et de l'accession du Rwanda à l'indépendance en 1962. C'est ainsi que le gouvernement du FPR a qualifié de " symboles de génocide " le drapeau et l'hymne national du Rwanda indépendant. Evidemment, la fête de l'indépendance est remplacée par le 14 juillet dite " fête de la libération ", quelle libération ? Les historiens rwandais doivent se mettre en œuvre avant qu'il ne soit tard. Sinon, le Rwanda sera un pays sans Histoire. |
AU RWANDA LE FPR RECRUTE DE LA CHAIR A CANON POUR LE FRONT A L'EST DE LA RDC
| Plusieurs sources et témoignages concordants en provenance de l'intérieur du Rwanda font état de recrutements forcés parmi les jeunes rapatriés par force du Zaïre en 1996 et parmi les hommes valides emprisonnés sans dossiers judiciaires, pour en faire de la chair à canon dans la guerre à l'Est de la RDC. Dans ces opérations, l'armée du FPR procède à des rafles spécialement dans des quartiers de Kigali mais aussi dans des campagnes, sous prétexte de contrôle de pièces d'identité. Quant à la destination des ces personnes arrêtées, des Hutu essentiellement, le FPR prétend qu'elles sont renvoyées dans leurs communes d'origines. Pure mensonge car les membres de leurs familles affirment ne plus avoir de leurs nouvelles. Les mêmes sources ont signalé l'existence des camps d'entraînement de transit (crash training) dans plusieurs régions du Rwanda notamment à Gishari et à Remera. Ces informations ont été confirmées par des personnes évadées récemment du Front de l'Est de la RDC qui a requis l'anonymat. Cette politique du FPR de déportation des hommes pour en faire de la chair à canon fait partie de son plan d'extermination d'une partie de la population au Rwanda. ? |
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DANS LE PROCHAIN NUMERO.... |
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1. Toute la vérité sur la guerre en République Démocratique
du Congo 2. Forum Rwandais a suivi pour vous le Colloque de la FEDA a
Louvain-La-Neuve : 3. L'actualité en Afrique Centrale etc..
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