CENTRE
DE LUTTE CONTRE L’IMPUNITE
ET
L’INJUSTICE AU RWANDA
BP 2 - Molenbeek
4
Bruxelles, le 21 avril
2002.
1080
BRUXELLES -
Tél/Fax:32.81/60.11.13
GSM:
0476.701.569
Communiqué n° 60/2002
Arrestation de l'ancien chef d'Etat rwandais Pasteur BIZIMUNGU et de
l'ex ministre Charles NTAKIRUTINKA les 19 et 20 avril 2002.
Le Centre de Lutte
contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda dénonce et condamne l’arrestation de l’ancien Président de la
République rwandaise, Monsieur BIZIMUNGU Pasteur, et de l’ancien Ministre des
travaux publics, Monsieur Charles NTAKIRUTINKA, après plusieurs mois de persécutions,
de harcèlement politique et d'agressions physiques. Ces deux personnalités sont
les plus hauts dirigeants du Parti Démocratique pour le Renouveau (PDR)
UBUYANJA, créé et aussitôt interdit fin mai 2001 au Rwanda. La junte militaire
du Général Paul KAGAME les accuse de subversion d'après les médias proches du
pouvoir.
Voici la chronologie des faits :
Dans la
matinée de vendredi 19 avril 2002, des militaires de l’Armée Patriotique
Rwandaise (APR) envahissent la résidence de Monsieur Pasteur BIZIMUNGU et
l’embarquent vers une destination inconnue. Avant de l'amener, les militaires
ont opéré une minutieuse fouille et confisqué son matériel informatique et ses
documents. Ils l'auraient d'abord conduit au camp militaire de Kacyiru dans la
capitale Kigali où il serait encore détenu selon certaines sources. Mais
d'autres sources affirment qu'il serait déjà incarcéré dans la prison centrale
de Kigali appelée "1930" et sise dans le secteur MUHIMA.
2) Arrestation de Monsieur Charles NTAKIRUTINKA,
Secrétaire Général du PDR :
Dans la matinée du samedi 20 avril 2002 vers 6h00, 15
policiers nationaux conduits par un officier appelé KURAMBA ont fait irruption
au domicile de Monsieur Charles NTAKIRUTINKA et ont fouillé minutieusement
toute sa maison. Ils ont confisqué ses documents et son matériel informatique
qu'il venait d'acquérir avant de le conduire au camp militaire de KACYIRU vers 8h00 du matin. Dans la matinée du
dimanche 21 avril 2002, son épouse a pu vérifier qu'il était toujours détenu
dans ce camp militaire. Rappelons que leur dernière arrestation du 17 août 2001
s'était déroulée avec une brutalité extraordinaire. A cette époque déjà, leurs
ordinateurs ainsi que les documents relatifs à leur parti avaient été saisis
par les militaires qui ne les ont jamais rendus.
Cette nouvelle double
arrestation survient après que les deux dirigeants du parti PDR - UBUYANJA
aient été victimes d'agressions physiques exécutées par des éléments de l'armée
et apparemment commanditées par le Général Paul KAGAME les 8 août (agression
contre Bizimungu) et 16 août 2001 (agression contre Ntakirutinka). En effet, le
scénario de toutes ces agressions était identique et impliquait des militaires
et des agents de la Directorate of Military Intelligence (DMI).
Le 25
mars 2002, Messieurs Pasteur BIZIMUNGU et Charles NTAKIRUTINKA ont écrit une
lettre au Premier Ministre Bertin MAKUZA pour mettre le gouvernement rwandais
devant ses responsabilités afin qu'il respecte leurs droits et leurs libertés
fondamentaux.
Face à ces nombreuses persécutions, ces dirigeants
du parti PDR – UBUYANJA ont écrit deux lettres, début et fin juin 2001, au
Président de la République, le Général Paul KAGAME, pour lui demander de mettre
fin à ces pratiques antidémocratiques et de donner les instructions pour lever
tous les obstacles mis à la création de leur parti. Aucune suite ne fut
enregistrée. Pour toute réponse, le pouvoir a développé une nouvelle stratégie
et organisé des attaques contre eux! Rappelons les principales agressions
qui ont frappé plusieurs membres du PDR-UBUYANJA depuis août 2001 :
a)
Ainsi,
l'ancien chef de l'Etat, Monsieur Pasteur Bizimungu a été victime d’un attentat
le 8/08/2001, Monsieur Cassien Munyarubuga fut victime d’un vol de véhicule le
13/08/2001, Monsieur. Magambo fut l'objet d’attaque le 15/08/2001 et M.
Ntakirutinka fut attaqué et blessé le
16/8/2001 en plein jour. Ce dernier a réagi d’une manière qui a fort surpris et
mécontenté le pouvoir. En effet, blessés lui et son chauffeur, il a fait
constater les blessures par un diplomate américain en poste à Kigali et il a
donné une interview à la Radio BBC en Kinyarwanda en relatant les agressions
dont tout ce monde avait été l’objet et en concluant à une action politique.
b)
Un autre
membre du parti PDR, Monsieur Cassien Munyarubuga fut menacé par l’inspecteur Gilbert
Ruhorahoza lors de sa visite chez Pasteur Bizimungu. Il fut finalement
assassiné le 26/12/2001 à Nyarutarama vers 15h de l’après-midi! Ce qui est
encore très grave, certains visiteurs ont été menacés par les policiers
affectés au domicile des deux personnalités. Le pouvoir, à travers sa police, a convoqué M. Bizimungu pour
l’interroger sur le contenu des journaux qui ont osé commenter cet assassinat
et écrire sur son parti PDR et sur l’idéologie de son parti politique. Les
interrogatoires ont eu lieu les 5/01/02 (un samedi!) ; 8/01/02 ; 9/01/02 ;
11/01/02 ; 12/01/02(un samedi!), jour où la police lui a interdit de
retourner à la messe sous prétexte que sa présence sème la division parmi
les chrétiens !
d) Le 21/01/02, alors qu’il venait de franchir le portail de l’Ambassade de Belgique à Kigali, Monsieur Ntakirutinka a été rappelé par le policier qui le surveille pour lui dire qu’il n’était pas autorisé à se rendre à cet endroit. Il a refusé d’obtempérer bien sûr et l’altercation qui s’en suivie a scandalisé les agents de l’Ambassade accourus voir ce qui se passait.
e) Le 5/02/02, le Président de la République a tenu
une réunion au Village Urugwiro (à Kigali) avec les ressortissants de la préfecture
Gikongoro et les a interrogé sur les massacres de Kibeho. Il a dit que les
informations qui ont été diffusées par les médias gouvernementaux à l’époque
reflétaient la réalité et que les autres chiffres avancés par les ONG
humanitaires sont des inventions répandues par M. Ntakirutinka et son épouse
RECOMMANDATIONS :
Le Centre recommande instamment aux autorités rwandaises
de :
-
Libérer immédiatement et sans conditions les deux
dirigeants du parti PDR-Ubuyanja ;
-
Garantir à tous les rwandais, sans exception, la
liberté d’expression et d’association ;
-
Identifier et sanctionner les auteurs de
l'assassinat de Munyarubuga et de ces agressions.
Le
Centre demande au pays membres de l'Union Européenne
d'exercer des pressions pour faire libérer les deux dirigeants et de
conditionner l'aide financière et toute coopération au respect des droits
humains. La Belgique et les USA doivent jouer un grand rôle dans la libération
des deux opposants
Le
Centre insiste auprès de toutes les organisations internationales des droits humains afin qu'elles s'efforcer d'exiger la libération
de tous les opposants politiques rwandais tels que les deux dirigeants du PDR
et l'ancien député Jean MBANDA (Parti Social Démocrate) emprisonné
arbitrairement en juin 2000 après qu'il eut écrit une lettre dénonçant la
dictature du FPR. Le Centre propose à Amnesty International et Human Rights
Watch d'adopter les deux dirigeants arrêtés comme des prisonniers d'opinion.
Le
Centre demande à la population rwandaise de ne
pas céder à la terreur la junte militaire qui l'opprime et de résister à toutes
les manipulations du pouvoir visant à consolider le terrorisme d'Etat.
Fait à
Bruxelles, le 21 avril 2002.
Pour le
Centre, MATATA Joseph, Coordinateur.
ET L’INJUSTICE
AU RWANDA
BP 2 - Molenbeek
4
Bruxelles, le 24 août
2001.
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Communiqué n° 58/2001
Fabrication
de fausses accusations contre l'ancien chef de l'Etat rwandais Pasteur
BIZIMUNGU et l'ex ministre Charles NTAKIRUTINKA
Le Centre de Lutte contre l'Impunité et l'Injustice
au Rwanda vient d'apprendre des milieux proches des deux opposants politiques
et principaux dirigeants du Parti Démocratique pour le Renouveau (PDR) UBUYANJA
que la Junte militaire du Général Paul KAGAME est en train de fabriquer des mensonges et de constituer de faux dossiers judiciaires pour
emprisonner arbitrairement Monsieur Pasteur BIZIMUNGU et Monsieur Charles
NTAKIRUTINKA.
Par
ailleurs la séquestration à domicile dont ils sont victimes n'est pas destinée
à les protéger comme le prétend le gouvernement rwandais mais elle vise surtout à les isoler et à les empêcher de dénoncer, dans les
médias nationaux et internationaux, les manœuvres du pouvoir de Kigali visant à
se débarrasser de ces deux personnalités gênantes qui ont osé défier la junte
militaire et fonder un parti politique dans un pays où toutes les ouvertures
démocratiques sont interdites.
Le
Centre rappelle le Communiqué de presse du Comité directeur de la Ligue des
droits de la personne dans la région des Grands Lacs (LDGL) réuni du 1er
au 3 août 2001 en session ordinaire à GOMA en République Démocratique du Congo
(RDC). Les membres de ce Comité directeur ont constaté que "au Rwanda, les entraves posées par les autorités à l'exercice des
libertés d'association et d'opinion laissent présager des conflits potentiels
dans la mise en place du processus démocratique en cours". Dans son
communiqué daté du 3 août et signé par son Président, le Docteur Christophe
SEBUDANDI, la LDGL lance un appel pressant aux différents acteurs impliqués
dans divers processus de paix, de réconciliation et de démocratisation en
recommandant "aux autorités du Rwanda, de permettre
l'ouverture des espaces démocratiques à travers la promotion d'un cadre légal,
propice à l'exercice pacifique des libertés fondamentales".
En créant le PDR UBUYANJA, l'ancien chef de l'Etat
Rwandais, Pasteur BIZIMUNGU et l'ex-ministre, Charles NTAKIRUTINKA n'ont fait
qu'exercer leurs droits et leurs libertés d'expression et d'association. Ils
n'ont pas déstabilisé le pays et n'ont commis aucun crime.
Le
Centre dénonce et condamne le comportement antidémocratique de la Junte
militaire du Général Paul KAGAME qui bafoue et viole impunément les droits et
les libertés fondamentaux des rwandais qui refusent l'oppression et qui
préfèrent fuir leur pays.
Le Centre demande à tous les hommes de bonne
volonté et à toutes les Organisations humanitaires et des droits humains de
faire de fortes pressions sur le régime de Kigali afin de contrecarrer le
projet d'emprisonner arbitrairement les deux principaux dirigeants du PDR
UBUYANJA afin de museler définitivement l'opposition démocratique naissante.
Le Centre déplore les manœuvres d'infiltration du
PDR UBUYANJA par de faux membres manipulés par la Directorate of Military
Intelligence (DM). Selon la dépêche de l'IRIN du 15/06/01, qui cite celle de
l'Agence de presse rwandaise (RNA) du jeudi 14/06/01, trois membres présumés
fondateurs du PDR : Eugène Rwibasira, le major Sam Bigabiro et Ladislas
Ngendahimana ont fait défection parce que le PDR "préconise la division
et les différences qui ne permettront pas au pays de mener à bien sa politique
d'unité et de réconciliation". Le Centre rappelle que le major Sam
BIGABIRO a été condamné par la Cour militaire à la prison à vie le 30 janvier
1998 pour avoir ordonné les massacres de civils innocents à GIHARA dans la
commune RUNDA (Gitarama). Il semble qu'il a été remis en liberté pour continuer
les massacres dans le nord-ouest du Rwanda et dans l'Est du Congo.
ANTECEDENTS :
Depuis
plus de 10 ans, le Rwanda est devenu essentiellement le pays le plus grand producteur de cadavres et de réfugiés politiques. Malgré les
millions de morts victimes des actes de génocide commis par les deux blocs
d'extrémistes hutu et tutsi, la Junte militaire du Général Paul KAGAME se
distingue par des massacres massifs de populations civiles, des assassinats
politiques, le terrorisme d'Etat, la corruption et le pillage du patrimoine
national et des pays voisins comme la République Démocratique du Congo (RDC).
Tous les anciens
collaborateurs de la Junte militaire ont été assassinés ou se sont exilés:
- Le président du Parlement rwandais, Joseph
SEBARENZI, fut obligé de démissionner le 7 janvier 2000 avant de s'exiler pour
échapper à la mort et/ou à la prison
- L'ancien premier ministre Faustin TWAGIRAMUNGU
s'est exilé en Belgique depuis 1995;
- L'autre ancien premier ministre P.Célestin
RWIGEMA s'est exilé aux USA depuis 2000 avec un mandat d'arrêt international
lancé à ses trousses par la junte militaire de Kigali;
- L'ex- président du FPR, vice-premier ministre
et ministre de l'intérieur, le colonel Alexis KANYARENGWE, a été obligé de
démissionner fin mars 1997 en guise de protestations contre les massacres de
civils innocents dans le nord-ouest du Rwanda (sa région d'origine);
- L'ex ministre de l'intérieur et membre influent
du FPR, Seth SENDASHONGA s'exila avant d'être assassiné par un commando du FPR
en plein jour à Naïrobi le 16/05/98;
-
L'ex-ministre de la justice et président de l'ARDHO, NKUBITO Alphonse Marie,
fut retrouvé mort mystérieusement dans son lit le matin du 13/02/97. Son
successeur s'exila;
- Le président du Conseil d'Etat, Vincent
NSANZABAGANWA, fut assassiné le 14/02/97
- Le député du FPR, le colonel LIZINDE Théoneste,
fut assassiné à Naïrobi le 6/10/96;
- Le député du Parti Libéral, Evariste BURAKARI,
fut assassiné au Rwanda le 16/01/97;
- 14 députés du Parlement rwandais furent limogés
et certains exilés depuis mars 1999;
-
L'ancien député du Parti Social Démocrate (PSD), Jean MBANDA, fut emprisonné en juin 2000
pour avoir dénoncé
l'installation de la dictature militaire dans une lettre adressée aux députés et aux chefs de
partis politiques associés au gouvernement;
- Plusieurs préfets, sous-préfets, bourgmestres
et conseillers communaux ont été assassinés par la DMI sur ordre de la junte
militaire qui voulaient s'en débarasser;
-Des dizaines d'autorités locales,
essentiellement hutu, ont été écartés avant d'être emprisonnés sans enquêtes et
sans dossiers judiciaires. Plusieurs meurent en prison;
Plusieurs anciens membres
du FPR ont été assassinés ou se sont exilés à partir de 1998:
A partir de 1998, les rescapés tutsi décidèrent de s’exiler en
masse tandis que d’autres furent assassinés par des commandos non identifiés
mais soupçonnés d’être à la solde du régime. En effet, les événements suivants
démontrent à suffisance le danger couru par les rescapés :
- L’assassinat des hommes d'affaires tutsi dont Victor BAYINGANA et son
épouse,
- L'assassinat de trois agents de cadre du PNUD visant à chasser ses
dirigeants locaux;
- L’assassinat de l’ancien préfet de Kibuye Assiel KABERA le 05/03/2000 à
Kigali;
- L’assassinat de Monsieur Alphonse MBAYIRE (conseiller à l’ambassade
rwandaise à Naïrobi et organisateur de l’assassinat de Seth Sendashonga) tué à
Kigali le 08/02/2001;
- La mort mystérieuse du major Wilson RUTAYISIRE survenu dans l'est du
Congo en 2000;
- Le limogeage et la fuite de Joseph SEBARENZI, président du Parlement
rwandais le 7/1/00
- La fuite des principaux chefs et membres de l’Association de rescapés
tutsi du génocide IBUKA (Anastase Mulumba :Ségéral ; Josué
Kayijaho, V/Président, Etienne Masozera, Secrétaire exécutif, Niyibizi
Osée : Directeur du Fonds de soutien aux Rescapés du génocide;
- La démission suivi d’exil des députés rescapés du FPR Valens Kajeguhakwa (résidence secondaire au USA, Sissi Evariste (exilé en Uganda) et Deus Kagiraneza (exilé en Belgique);
- L'actuel bras de fer et le divorce entre le président Paul KAGAME et le
banquier KAJEGUHAKWA Valens démontre la volonté de s'approprier tout le secteur
économique;
- La récente fuite du ministre de la sécurité, M.Théobald
RWAKA Gakwaya exilé aux USA;
Bref, tous ceux qui
critiquent la mauvaise gestion du Rwanda sont devenus des cibles du FPR. A plusieurs reprises, le
noyau dur de la Junte Militaire du Général Paul KAGAME a planifié de massacrer
les rescapés tutsi. En commençant par ceux qui sont encore dans l’APR.
L’association des rescapés tutsi du génocide IBUKA fut d’abord utilisée par le FPR dans la délation et l'intimidation avant d’être infiltrée et complètement récupérée par des nouveaux chefs à la solde du FPR. Le nouveau président d'IBUKA, Monsieur Antoine MUGESERA, vient de le démontrer dans son communiqué du 2 août 2001, dans lequel il vole au secours de la junte militaire, lorsqu'il s'attaque au président du PDR UBUYANJA, Monsieur Pasteur BIZIMUNGU, au sujet de son interview dans le journal "Jeune Afrique n°2112". Le président d'IBUKA demande que des sanctions soient prises contre le président du PDR Ubuyanja qui a osé dénoncer l'oppression contre le peuple.
Rappelons que
toutes les institutions officielles de l'Etat rwandais (Gouvernement,
Parlement et Magistrature) sont toutes noyautées, contrôlées et paralysées par
les vrais détenteurs du "pouvoir occulte" que sont les chefs
militaires extrémistes tutsi, dominés eux-mêmes par le noyau dur de la
Junte militaire constituée par :
- Le général Paul KAGAME, Président de la République Rwandaise (22 avril 2000), Vice-Président de la République, Ministre de la Défense et Président du FPR ;
- Le Colonel James KABAREBE, actuel Chef d’Etat Major Adjoint de l’Armée
Patriotique Rwandaise (APR) et ancien aide de camp de Kagame et ancien
Commandant des unités militaires rwandaises occupant la République Démocratique
du Congo (RDC) ;
- Le Général KAYUMBA Nyamwasa, actuel Chef d’Etat Major de l’Armée Patriotique
Rwandaise (APR) et ancien Chef de la Directorate Military of Intelligence (DMI)
impliqué dans les massacres massifs de civils non armés et les assassinats
politiques ;
- Le Colonel Frank MUGAMBAGE, actuel Chef d’Etat Major de la Police
Nationale. Son Adjoint, le Major Denis KARERA a ordonné le massacre de plus de
1.500 paysans au Stade régional de Byumba le 28 avril 1994 à 14h.
Les différents régimes dictatoriaux
qui se succèdent au Rwanda n’ont jamais voulu rompre la culture de l’impunité,
de la peur et de la mort qui sévit au Rwanda. Tous ces régimes ont un point
commun : ils sont tueurs, ils sont menteurs et manipulateurs,
ils sont surtout pillards. Certains responsables politiques et militaires du régime actuel de Kigali
se comportent comme de vulgaires gangsters que ce soit au Rwanda ou au
Congo-Kinshasa.
Que faut-il faire ? :
De nombreux remèdes sont disponibles et des moyens
non-violents existent comme la désobéissance civile visant à refuser de
respecter les lois injustes. Mais il faut que tous les rwandais courageux,
dignes de se considérer comme membres de la Société Civile rwandaise, se
battent pour résister à l'oppression et à l'arbitraire des militaires pour
instaurer dans leur pays :
-
un système
démocratique respectueux des droits humains et capable de mettre en place une
justice équitable pour tous les rwandais et instaurer un état de droit;.
-
Une
politique de bon voisinage et de solidarité avec les pays frontaliers du
Rwanda.
RECOMMANDATIONS: Le Centre recommande instamment :
Au Président de la République Rwandaise, le Général Paul
KAGAME de :
-
libérer immédiatement et sans conditions les deux dirigeants du PDR;
-
garantir les libertés d'expression et d'association à tous les rwandais
-
organiser le dialogue inter-rwandais et créer des ouvertures
démocratiques;
-
libérer tous les détenus innocents qui croupissent dans les prisons
rwandaises;
-
cesser tout terrorisme d'état et sanctionner tous les agents de l'Etat et
de l'Armée impliqués dans les exactions contre de paisibles citoyens au Rwanda
et au Congo;
Aux membres du Gouvernement et du Parlement rwandais de :
-
se libérer de la tutelle des chefs militaires et mettre fin à l'ingérence
des militaires APR dans les affaires du gouvernement, du parlement et de la
magistrature. Rien ne peut marcher au Rwanda tant qu'il n'y aura pas la
séparation et l'indépendance des trois pouvoirs (exécutif, législatif et
judiciaire), seuls piliers d'un état de droit;
-
proposer le dialogue inter-rwandais et dissuader la Junte militaire du
Président KAGAME à continuer d'étouffer l'opposition et le processus
démocratique;
-
prendre conscience qu'ils seront accusés de complicité dans les crimes
commis par la Junte militaire s'ils ne les condamnent pas officiellement;
-
exiger des sanctions sévères contre les chefs militaires et politiques du
FPR et des autres individus impliqués dans les actes de génocide et les crimes
contre l'humanité
Aux pays occidentaux qui financent le Rwanda (Belgique,
Hollande, Allemagne, France Canada, USA, etc …) de:
-
exiger la libération immédiate des deux dirigeants du PDR Ubuyanja:
Messieurs Pasteur BIZIMUNGU et Charles NTAKIRUTINKA;
-
faire immédiatement de fortes pressions sur la junte militaire du Général
Paul Kagame afin de rendre possible le dialogue inter-rwandais pour éviter un
nouveau bain de sang
-
conditionner l'aide financière au respect des droits humains et de la
démocratie;
-
accorder la parole et les moyens financiers aux opposants rwandais
démocrates de l'intérieur et de la diaspora;
Aux médias nationaux et internationaux de:
-
médiatiser la situation dramatique vécue par les dirigeants du PDR
UBUYANJA;
-
suivre la situation socio-politique du Rwanda et donner la parole à tous
les opposants rwandais de l'intérieur et de la diaspora
-
la RTBF, VRT, RTL et les quotidiens belges doivent faire un effort pour
accorder un espace de dialogue entre les rwandais réfugiés en Belgique;
-
La BBC, la Radio France Internationale (RFI), la Voix de l'Amérique (VOA)
et d'autres agences de presse, qui sont très écoutées par les rwandais, doivent
créer une opinion favorable à la tenue urgente d'un dialogue inter-rwandais en
donnant la parole à de nombreux rwandais muselés par la dictature du Général
Paul KAGAME;
Fait à Bruxelles, le 24
août 2001.
Pour le Centre, MATATA
Joseph, Coordinateur.
ET
L’INJUSTICE AU RWANDA
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Communiqué n° 57/2001
Séquestration de l'ancien chef de l'Etat rwandais Pasteur BIZIMUNGU et de l'ex ministre Charles NTAKIRUTINKA
Le
Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda dénonce et condamne
la séquestration, dans leurs résidences respectives à Kigali, de l’ancien chef
de l’Etat rwandais Pasteur BIZIMUNGU et de l’ex-ministre Charles NTAKIRUTINKA. Ces deux
personnalités sont les plus hauts dirigeants du Parti Démocratique pour le
Renouveau (PDR) UBUYANJA, récemment créé au Rwanda.
Cette séquestration survient après leur arrestation en date du 17 août 2001 que notre Centre avait dénoncée dans son communiqué n°56/2001 du 18 août 2001. Depuis lors, leur arrestation a tourné en séquestration à domicile. La séquestration dont sont victimes les deux personnalités n’a rien à voir avec « la mise en résidence surveillée » suite aux conditions inhumaines et dégradantes imposées à ces opposants politiques à la Junte militaire du Général Paul KAGAME.
Voici la chronologie des faits :
1) Arrestation et séquestration de
Monsieur Pasteur BIZIMUNGU, Président du PDR :
Monsieur Pasteur BIZIMUNGU avait un rendez-vous avec l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique dans la matinée du 17 août 2001. Pour empêcher que cette rencontre puisse avoir lieu, le Major GACINYA RUBAGUMYA a organisé l’arrestation de Monsieur Pasteur BIZIMUNGU exactement quelques minutes avant l’heure du rendez-vous à l’Ambassade américaine. Le Major GICINYA est le responsable du SPECIAL INTELLIGENCE, un service attaché au Criminal Investigation Department (CID) appelé « criminologie ».
Au moment où Monsieur Pasteur BIZIMUNGU s’apprêtait à se rendre à l’Ambassade des USA à Kigali, un des responsables de cellule « nyumbakumi » lui a présenté une convocation signée par le Major GACINYA et qui lui enjoignait de se présenter immédiatement au camp de la Police Nationale (ancienne gendarmerie) à Kacyiru. Lorsqu’il prit son véhicule pour sortir de chez lui, il trouva devant son portail deux véhicules de la police et de nombreux militaires qui l’attendaient déjà. Encadré par les deux véhicules, il fut forcé de se rendre à Kacyiru. Arrivé là-bas, tous ses documents d’identité, y compris son permis de conduire, lui furent retirés. Avec un mépris incroyable, on lui demanda de quoi il vivait, pourquoi il avait vendu sa maison, etc…Pour l’empêcher de parler aux diplomates et aux journalistes occidentaux, il fut retenu dans ce camp jusqu’à 22h avant d’être conduit chez lui manu militari. Ce fut un militaire qui prit le volant de son véhicule. Arrivés à son domicile, les militaires fouillèrent toute la maison et emportèrent son ordinateur et ses nombreux documents furent saisis.
La télévision rwandaise a déjà commencé
une campagne de diffamation contre lui le 19 août 2001:
Au cours de la fouille, un pistolet, qu’il avait reçu de l’armée lorsqu’il était Président de la république, fut découvert. Lorsque fin mai 2001 il fut dépouillé de tous les biens et avantages lui accordés en tant qu’ancien chef de l’Etat, Monsieur Pasteur BIZIMUNGU avait pourtant insisté auprès des militaires pour qu’ils reprennent ce pistolet « de service ». Curieusement, ces militaires lui avaient tout dépouillé à l’exception de ce pistolet qu’ils prétendent avoir découvert aujourd’hui.
La découverte de
ce pistolet chez lui a fourni un prétexte à la Télévision rwandaise (TVR) qui
s’est livrée à la campagne de diffamation visant à camoufler l’attentat dont il
fut victime le 8 août 2001 vers 18h30 à Kigali (voir notre communiqué
n°56/2001). La TVR a transformé cet attentat en diffusant l’information
selon laquelle « Monsieur Pasteur BIZIMUNGU a tenté d’assassiner
quelqu’un avec un pistolet » !
Depuis le 19 août 2001 à 1h du matin, Monsieur Pasteur BIZIMUNGU et tous ceux qui vivent avec lui sont séquestrés dans sa résidence. Il leur est interdit de sortir ou de recevoir les visites. Tous les téléphones fixes et portables ont été coupés. Dans la matinée du 19 août, son domestique a été autorisé de se rendre au marché escorté par un militaire en tenue civile. Sa résidence reste encerclée par des militaires en tenue civile et de service.
2) Séquestration de Monsieur Charles
NTAKIRUTINKA, Secrétaire Général du PDR :
Dans l’après-midi du 17 août 2001, Monsieur Charles NTAKIRUTINKA a été conduit à la Brigade judiciaire de REMERA. Il fut interrogé sur tout. Les militaires s’arrangèrent aussi pour qu’il fut retenu à la Brigade jusque à 24h. Les militaires le ramenèrent chez lui pour le fouiller vigoureusement vers 1h du matin. Son ordinateur et ses documents ont été saisis. Tous les téléphones fixes et mobiles sont coupés. Un responsable militaire lui a donné les directives suivantes :
- Vous êtes en détention à partir d’aujourd’hui ;
- Il vous est interdit de parler aux journalistes nationaux et étrangers
- Il vous est interdit de sortir et de recevoir des visites
Or Monsieur Charles NTAKIRUTINKA a besoin des soins médicaux pour ses blessures reçues lors de l’attentant contre lui et son chauffeur en date du 16 août 2001 à 15h30.
Toutefois, son épouse, escortée par un militaire en tenue civile, a été autorisée à se rendre à la messe ainsi que leur domestique qui est allé au marché sous escorte militaire lui aussi.
Le Centre recommande aux autorités
rwandaises de :
-
Libérer immédiatement et sans conditions les deux
dirigeants du PDR-Ubuyanja ;
-
Permettre à Charles NTAKIRUTINKA a recevoir des
soins médicaux appropriés ;
-
Garantir à tous les rwandais, sans exception, la
liberté d’expression et d’association ;
-
Initier sans tarder le dialogue inter-rwandais
pour permettre à toutes les couches de la population rwandaise à s’exprimer sur
la façon dont elles veulent être gouvernées.
Pour le
Centre, MATATA Joseph, Coordinateur.
CENTRE
DE LUTTE CONTRE L'IMPUNITE
ET
L’INJUSTICE AU RWANDA
BP 2 - Molenbeek
4 Bruxelles, le 18 août 2001.
1080
BRUXELLES -
Tél/Fax:32.81/60.11.13
GSM: 0476.701.569
Communiqué n° 56/2001
Arrestation et agressions de l'ancien chef de l'Etat rwandais Pasteur
BIZIMUNGU et de l'ex ministre Charles NTAKIRUTINKA
Le Centre de Lutte
contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda apprend avec consternation l’arrestation de l’ancien Président de la
République rwandaise, Monsieur BIZIMUNGU Pasteur, et de l’ancien Ministre des
travaux publics, Monsieur Charles NTAKIRUTINKA, après qu'ils aient été victimes
d'agressions physiques. Ces deux personnalités sont les plus hauts dirigeants
du Parti Démocratique pour le Renouveau (PDR) UBUYANJA, récemment créé au
Rwanda.
Voici la chronologie des faits :
Dans la
matinée du 17 août 2001, des militaires de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR)
envahissent la résidence de Monsieur Pasteur BIZIMUNGU et l’embarquent vers une
destination inconnue.
2) Arrestation de Monsieur Charles NTAKIRUTINKA,
Secrétaire Général du PDR :
Dans l’après-midi du 17 août 2001, des militaires de
l’APR font irruption au domicile de Monsieur Charles NTAKIRUTINKA et le
conduisent vers une destination inconnue.
Dans la nuit du 17 au 18 août 2001 vers 1h du matin, des
militaires de l’APR reconduisent Monsieur Charles NTAKIRUTINKA à son domicile
qu’ils fouillent vigoureusement. Ils emportent tous les documents et notamment
ceux relatifs au parti PDR-Ubuyanja.
Cette double
arrestation survient après que les deux dirigeants du parti PDR-Ubuyanja aient
été victimes d'agressions physiques exécutées par des éléments de l'armée et
apparemment commanditées en haut lieu. En effet, le scénario de toutes ces
agressions est identique et implique des militaires et des agents du
Directorate of Military Intelligence (DMI).
Voici la chronologie des
agressions contre ces deux dirigeants :
3) Attentat du 16 août 2001 contre Monsieur Charles
NTAKIRUTINKA :
Jeudi le 16/08/01 à
15h30, Monsieur Charles NTAKIRUTINKA et son chauffeur Abraham Ndagijimana ont
été blessés dans un attentat dirigé contre eux dans le quartier de KACYIRU dans
la capitale KIGALI non loin des bureaux de la Police Nationale (ancienne
gendarmerie). Une voiture, contenant environ quatre personnes et portant une
plaque d’immatriculation « essai » à l’avant et une plaque normale à
l’arrière, leur a barré la route pour les obliger à s’arrêter. Un homme qui se
tenait près de la fameuse voiture s’est approché de leur véhicule et leur a
subitement lancé de grosses pierres.
Monsieur Charles
NTAKIRUTINKA est touché au menton, aux poignets, au coude droit ainsi qu’à la
poitrine.
Le chauffeur Abraham
Ndagijimana est blessé à la bouche et dans le dos.
Le pare-brise de leur
véhicule est également endommagé.
Le chauffeur est parvenu
à dégager leur véhicule en roulant au dessus du talus et à fuir jusqu’au centre
ville de Kigali. Ils se sont directement présentés à l’Ambassade des Etats-Unis
d’Amérique où un agent de cette ambassade a constaté effectivement les
blessures des deux victimes. Monsieur NTAKIRUTINKA a pu communiquer avec les
correspondants locaux des radios et des agences de presse internationales
basées à Kigali notamment la BBC, l’agence de presse REUTERS et Radio France
Internationale (RFI).
Les deux victimes ont été soignées dans une clinique privée et des amis
et connaissances ont pu téléphoner pour exprimé leur sympathie à Monsieur
Ntakirutinka. Un responsable de la Brigade de REMERA lui a suggéré de passer
faire une déposition là-bas.
4) Attentat du 8 août 2001 contre Monsieur Pasteur
BIZIMUNGU, Président du PDR :
Mercredi le 08/08/01 vers 18h30, Monsieur Pasteur
BIZIMUNGU est allé chercher son chauffeur, Monsieur Gashakiye, qui devait se
trouver au garage d’un certain MAGAMBO dans le quartier de REMERA au nord-est
de la capitale Kigali. Sans entrer à l’intérieur du garage, il a appellé par de
légers coups de klaxon son chauffeur sans éteindre le moteur de son véhicule
(Defender). Il a baissé la vitre de la portière avant (du côté chauffeur) et
demandé aux personnes présentes si son chauffeur (Gashakiye) était toujours là.
Sur un ton inamical, elles lui répondent qu’elles ne connaissent pas cet homme.
Sentant l’hostilité dans cette réponse, Monsieur Pasteur BIZIMUNGU commence à
remonter la vitre. Avant d’avoir fini son geste, plusieurs jeunes gens en tenue
civile se jettent sur son véhicule. L’un d’eux ouvre la portière du côté
chauffeur, prend Monsieur BIZIMUNGU par le collet et lui crache à la figure
avant de lui lancer une question : « que
cherches-tu ici ?». Monsieur Bizimungu parvient à se dégager et tente
de fermer la portière tout en se débattant pour repousser les assaillants à sa
gauche. Pendant cette empoignade, une grosse pierre pulvérise la vitre de son
véhicule et tombe à l’intérieur du véhicule sans atteindre sa cible, qui
réussit à s’enfuir.
Des témoins oculaires ont constaté qu’une Toyota Landcruiser blanche militaire de type pick up et une "Defender", qui servaient auparavant dans la protection rapprochée de Monsieur BIZIMUNGU, avaient beaucoup circulé sur les lieux de l’agression pour déposer des soldats en uniforme et des jeunes en civil sur les lieux de l’attentat avant de se retirer.
Un chauffeur nommé
MAURICE, conduisant une Suzuki « Samuraï » et un militaire appelé
BUTERA, tous deux anciens membres de l'escorte officielle de l'ex Président
BIZIMUNGU, ont été aperçus sur les lieux de l’attentat. La Landcruiser et la
Defender ont récupéré les assaillants.
5) Agressions contre deux autres membres du
PDR-Ubuyanja :
Le 13 août 2001, une
voiture taxi appartenant à un membre du PDR a été sélectionnée parmi d’autres
et volée par un groupe d’hommes armés de fusils et qui ont dû l’abandonner en
chemin à cause de l’antivol automatique qui s’est déclenché.
Le 15 août 2001, un autre membre du PDR et ami personnel de Pasteur BIZIMUNGU a été agressée sur son chemin de retour alors qu’il venait de lui rendre visite. Un agent de la DMI ( Directorate of Military Intelligence ), contraint d’exhiber ses pièces d’identité, faisait partie des agresseurs.
Rappelons que le
processus de création du PDR fut torpillé par le pouvoir le 30 mai 2001, jour
où il devait être annoncé à la presse. Son président, Pasteur Bizimungu, fut
séquestré chez lui le 30/05/01.
Le Centre condamne ces
agressions et arrestations, perpétrées par des éléments de l'armée nationale
rwandaise, faits que les plus hautes autorités du pays ne peuvent ignorer.
Il constate que, plutôt
que de poursuivre les commanditaires et exécutants de ces agressions, les
autorités nationales procèdent à l'arrestation des victimes et à la fouille de
leurs domiciles.
Le Centre demande instamment aux autorités rwandaises de :
-
Libérer immédiatement et sans conditions les deux
dirigeants du PDR-Ubuyanja ;
-
Garantir à tous les rwandais, sans exception, la
liberté d’expression et d’association ;
-
Identifier et sanctionner les auteurs de ces
attentats criminels.
Pour le Centre, MATATA Joseph, Coordinateur
ET
L’INJUSTICE AU RWANDA
BP 2 - Molenbeek
4
Bruxelles, le 18 août
2001.
1080
BRUXELLES -
Tél/Fax:32.81/60.11.13
GSM: 0476.701.569
Remarque :
Pour vous permettre de connaître tous les détails sur le déroulement des
attentats dirigés contre les dirigeants et deux autres membres fondateurs du
Parti Démocratique pour le Renouveau (PDR), le Centre de Lutte contre
l’Impunité et l’Injustice au Rwanda vous invite à lire l’intégralité du
communiqué fait par M. NTAKIRUTINKA Charles peu avant son arrestation :
Attentat du 16 août 2001 contre M. NTAKIRUTINKA
Charles (ancien Ministre et Secrétaire Général du PDR-Ubuyanja :
A 15h30 : Monsieur NTAKIRUTINKA Charles arrive à Kacyiru venant du centre ville. Il va se rendre compte de l’état d’avancement des travaux de réparation d’une maison. Pendant qu’il visite les lieux, son chauffeur, Monsieur NDAGIJIMANA Abraham est resté en stationnement dans le véhicule à l’extérieur du mur faisant office d’enclos. Il remarque alors (ce qu’il dira plus tard après que nous ayons échappé au pire) une voiture qui faisait des va et vient dans les environs où il stationnait.
A la
sortie des lieux, Monsieur NTAKIRUTINKA Charles embarque dans son véhicule et
le chauffeur emprunte une petite route macadamisée située entre le siège de
CAMERWA et le dispensaire de l’ancienne Gendarmerie (devenue) aujourd’hui
Police Nationale. Arrivés à la jonction de cette rue avec la route principale
longeant les bureaux de la police nationale, notre véhicule est bloqué par la
fameuse voiture qui avait une plaque d’immatriculation « essai »
à l’avant et une plaque normale à l’arrière mais on n’a pas pu l’identifier.
Elle contenait plus ou moins quatre personnes et à côté d’elle se tenait debout
un homme qui avait caché ses bras dans son dos.
Alors que le chauffeur, à faible vitesse, se cherchait le
passage pour éviter d’écorcher la voiture en question, l’homme debout
s’approcha de notre véhicule et lança beaucoup de grosses pierres qui nous
blessèrent, le chauffeur à la bouche et dans le dos tandis que Monsieur Charles
NTAKIRUTINKA était touché au menton, aux poignets et au coude du bras droit
ainsi qu’à la poitrine, le pare-brise du véhicule ayant été également cassé. Le
chauffeur parvint tout de même à fuir en roulant au-dessus du talus et une fois
au centre ville, Monsieur Ntakirutinka estima qu’il serait judicieux de montrer
son état à des personnes sans parti pris et après avoir essayé de son téléphone
mobile les numéros de plusieurs Ambassades, il pût obtenir au bout du fil un
agent de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique qui accepta de le voir à
l’entrée de la Chancellerie et constata effectivement les blessures des deux
victimes. Il téléphona également ou fût contacté par les correspondants locaux
des radios ou agences internationales basées à Kigali notamment la BBC,
l’Agence REUTERS et la RFI.
Ensuite, les deux victimes se rendent dans une clinique privée
pour obtenir des soins. Bien sûr, beaucoup de coups de fil ont été fait à
Monsieur NTAKIRUTINKA pour lui exprimer de la sympathie ou pour d’autres
raisons comme celui d’un responsable de la police qui lui a dit appeler de
Remera et qui, après avoir écouté son récit des faits, lui a demandé de faire
une déposition à la brigade du même nom qui a compétence sur le lieu ou
l’agression a eu lieu.
Analyse
de la situation :
- Vu que le 8 août 2001,
l’ancien Président Pasteur BIZIMUNGU a, lui aussi, été attaqué par un groupe de
gens parmi lesquels des membres de son ancienne escorte ont été reconnus ;
- Vu que le 13 août
2001, une voiture utilisée comme taxi a été volée sélectionnée parmi beaucoup
d’autres plus neuves et plus confortables par des gens ayant menacé les
gardiens par des armes à feu mais abandonnée en chemin suite à l’insertion
automatique de l’antivol, cette voiture appartenant à quelqu’un qui est membre
du parti PDR-UBUYANJA dont Monsieur BIZIMUNGU est le fondateur le plus
connu ;
- Vu que le 15 août 2001
vers 19, une autre personne, amie de Monsieur BIZIMUNGU et qui rentrait de chez
celui-ci, a été agressée elle aussiet que parmi les agresseurs, un agent du
Service de renseignements militaires (DMI) a été contraint d’exhiber ses
pièces, suite à quoi il a été reconnu ;
- Vu que Monsieur
NTAKIRUTINKA est membre fondateur du PDR-Ubuyanja dont le processus de création
a été tortillé par le pouvoir ;
- Il est clair que les
commanditaires de l’attentat (contre M. Ntakirutinka) sont identiques à ceux
qui ont ordonné les coups précédents et malheureusement.
Fait à Kigali, le 17
août 2001.
Charles NTAKIRUNKA.
Attentat
du 8 août 2001 contre Monsieur BIZIMUNGU (ancien Président de la République et
Président du PDR-UBUYANJA) :
Mercredi le 8 août 2001 vers 15h : appel
téléphonique de M. BIZIMUNGU à M. Gashakiye (son chauffeur) qui se trouve au
garage de M. MAGAMBO à Remera. Monsieur BIZIMUNGU enjoint à son chauffeur de
l’attendre là-bas quoiqu’il arrive, parce qu’il va le prendre de retour de NYAKALIRO,
endroit où M. BIZIMUNGU mène quelques activités champêtres.
N.B. : la communication téléphonique était de tout vraisemblance sous
écoute comme va le révéler la suite.
Vers 18h20 : M. BIZIMUNGU dépose à Masaka, via
KABUGA, les dames qui travaillent pour lui aux champs et se dirige vers le
garage de MAGAMBO.
Sur le passage, rien à signaler sinon qu’il offre un « lift » à un adolescent de l’endroit où la route en terre rejoint le macadam jusqu’à la station d’essence hors activité tout près du lieu dit 19. Il dépasse aussi un véhicule militaire sans plaque, une landcruiser à la hauteur de la résidence de M. MARINO.
Au lieu du rendez-vous chez M. Magambo, M. BIZIMUNGU
arrive vers 18h30. Il n’estime pas nécessaire d’entrer à l’intérieur du garage,
attend plutôt devant le portail de fortune et appelle par légers coups de
klaxon M. GASHAKIYE (son chauffeur). Le moteur de son véhicule (Defender)
continue de tourner, il attend le pied posé sur la pédale de frein. Pour ne pas
perdre de temps, il abaisse la vitre de la portière avant (côté chauffeur) et
demande aux gens attroupés dans l’ombre devant le portail si Gashakiye est
toujours là. On répond que l’on ne connaît pas ce type. Le ton de réponse est
pour le moins amical. Les gens font semblant de répercuter la question aux
gardiens du garage qui sont à l’intérieur du garage. M. Bizimungu qui perçoit
une certaine hostilité commence à remonter la vitre. Il n’a pas encore fini que
de sa gauche, un nombre de jeunes en civil fait irruption. L’un d’eux ouvre la
portière, prend Monsieur Pasteur BIZIMUNGU par le collet, crache sur son visage
et lance « que cherches-tu ici ? ». M. BIZIMUNGU se
dégage et cherche à fermer la portière. Soudain, un bruit de tonnerre est perçu
et des éclats de vitre cassée atteignent M. Bizimungu. Les badauds, paniqués,
courent dans toutes les directions. M. Bizimungu trébuche sur la pédale de
frein et le véhicule sans contrôle recule. Il se bat en fait pour repousser les
assaillants à sa gauche et refermer la portière. Des gens de la bande s’escriment
aussi pour entrer par les deux portières de derrière mais elles sont bloquées.
Enfin, il parvient à engager la première vitesse et à s’enfuir. Le gros
caillou, qui avait été furieusement lancé contre la vitre (côté passager avant)
et qui avait provoqué la détonation, ne l’a heureusement pas atteint. Il le
retrouvera à l’intérieur sur le plancher du véhicule.
Peu de
temps avant son arrivée sur les lieux de l’agression, des gens ont pu faire des
observations suivantes :
-
véhicules : une samuraï, une landcruiser
blanche militaire de type pick up et une defender ont nerveusement circulé sur
les lieux (de l’attentat). La première et la dernière servaient dans ce qui
était naguère la protection rapprochée de M. BIZIMUNGU. Un chauffeur du nom de
MAURICE, travaillant régulièrement dans ce service était même au volant de la
Samuraï.
-
La landcruiser a déposé des soldats en uniforme,
la defender pleine de jeunes gens en civil les a aussi tous déposés là-bas (sur
les lieux de l’attentat). Après quoi, les véhicules se retiraient.
-
Avant l’arrivée de M. BIZIMUNGU, les barrières
(placés) aux approches du portail du garage interdisent aux passants d’utiliser
le petit tronçon de la rue dans un sens ou dans l’autre. Mais on laissera
M.Bizimungu venir sans obstacle.
-
Après qu’il se soit enfui, une landcruiser verte
et la defender reviendront sur les lieux et ramasseront les assaillants. On
pouvait même reconnaître un certain BUTERA, membre lui aussi de ce qui était
naguère l’escorte officielle de M. Bizimungu.