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Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda Rally for the Return of Refugees and Democracy in Rwanda Ihuliro Liharanira Itahuka ry’Impunzi na Demokarasi mu Rwanda R D R P.O. Box 85 ; 3840 GB Hardewijk; NETHERLANDSTélefax (31) 341 419336 ; (33)2 41489987 Pour un Peuple réconcilié dans un Etat de Droit ; For a reconcilied People in a Rule of law; Duharanire Ubwiyunge bw'abanyarwanda mu Gihugu cyubahiliza Amategeko.
A : M. Claude Rukeba ; Président de l'Union Nationale Rwandaise ; 5752 PLAMONDON-BROSSART-QUEBEC J4W-1H4 Canada De : Ndereyehe Charles ; Président du RDR Postbus 85; 3840 GB HARDERWIJK NEDERLAND CC : M. Eugène Ndahayo ; Président des FRD BP. 53 Molenbeek 5 France Mr Twagiramungu Faustin ; Président de l'UFDR Le 21 Octobre 1998 Monsieur le Président de l'UNAR,
Par la présente je voudrais répondre à une lettre que vous êtes supposé m'avoir adressée et que je n'ai reçue que par de tierces personnes. Je m'interroge encore sur les raisons qui vous ont amené à ne pas me l'envoyer. Pour lever tout équivoque, je voudrais apporter les précisions suivantes sur le contenu de votre lettre : A moins d'un oubli, lors de la réunion du 19 au 20 septembre 1998, le RDR vous a remis un dépliant de sa ligne politique. Si vous n'en êtes pas satisfait, vous êtes en droit de demander des renseignements complémentaires. Depuis sa création le RDR a toujours lutté pour le dialogue et la réconciliation de toutes les composantes de la population rwandaise, sans distinction ni de l'ethnie, ni de région, ni l'ancienne appartenance à tel ou tel parti politique, ni le fait d'avoir assumé telle ou telle ancienne fonction et/ou responsabilité. Déjà, dans son communiqué du 9 avril 1996, le RDR affirmait que la voie de la paix passe par le dialogue et la négociation et non par la violence et la guerre. Le RDR a pour objectif politique l'instauration d'un État de Droit au Rwanda, un État Républicain caractérisé par une démocratie pluraliste qui protège et sécurise tout le monde. Le RDR n'est pas exclusif, il accepte comme membre toute personne sans distinction aucune qui adhère à son idéologie républicaine qui vise à mettre en place l'environnement politique nécessaire pour arriver à sa devise qui est : UN PEUPLE RÉCONCILIE DANS UN ÉTAT DE DROIT. Concernant les discussions que nous avons eu dans notre réunion du 19 au 20 septembre 1998, le RDR est disposé à collaborer avec toutes les forces politiques qui luttent contre le pouvoir militaro-etniste et dictatorial du FPR. Néanmoins, il y a des principes que le RDR ne peut pas sacrifier, tel que j'ai l'occasion de le souligner dans la dite réunion. 1. Le RDR réitère le bien fondé de la révolution de 1959, il ne peut donc cautionner un quelconque pouvoir fondé sur la féodalité et l'inégalité parmi le peuple. Néanmoins le RDR pense que les monarchistes ont leur place dans la société rwandaise où ils peuvent défendre leurs idées dans le cadre notamment d'un parti politique. 2. Comme la nature du RDR est républicaine et démocratique, il est donc inacceptable pour notre organisation de mettre en cause la souveraineté du peuple et son droit inaliénable de désigner ses dirigeants à travers des élections justes et libres fondées sur le principe d'UNE PERSONNE UNE VOIX, bien qu'il reconnaisse la nécessité de mettre en place des mécanismes constitutionnels qui doivent garantir les droits des minorités politiques et autres. 3. Le RDR milite pour l'instauration d'une société équitable et qui place la personne humaine au centre de toutes les préoccupations. Il considère que la personne humaine est sacrée. C'est pour cela qu'il a condamné sans équivoque le génocide commis par le FPR sur la composante hutu du peuple rwandais depuis 1990 et qui continue jusqu'à présent, de même qu'il a condamné le génocide commis sous l'ancien régime contre la composante tutsi en 1994. Ceci a été réaffirmé dans son congrès extraordinaire tenu à Namur du 15 au 17 Août 1997 et qui a fait du RDR une organisation politique. Le RDR n'accepte pas la tendance actuelle qui veut consacrer la règle de deux poids deux mesures et a demandé au Conseil de Sécurité de condamner les deux génocides avec la même rigueur, et de veiller à ce que tous les responsables de ces crimes odieux soient punis sans distinction ni de l'auteur ni de la victime. 4. Le RDR est convaincu que le principe de présomption de l'innocence est universel et doit être également appliqué aux rwandais. Le RDR ne peut cautionner la politique du FPR qui veut que tout opposant à sa politique soit taxé de génocidaire. Le RDR ne peut donc pas accepter que tous ceux qui ont loyalement servi leur pays sous l'ancienne administration, qu'ils soient civils ou militaires, soient indistinctement considérés comme des assassins par le seul fait qu'ils ont lutté contre le FPR, ou qu'ils soient automatiquement mis sur le banc des accusés comme si l'exercice de leur fonction avait été un crime, ou parce qu'ils ont été mis sur les listes sauvages du FPR sans aucune preuve de leur culpabilité. 5. Dans son communiqué diffusé le 3 Avril 1996, le RDR a invité ses membres à collaborer avec la justice pour que tous les responsables des crimes commis au Rwanda soient punis. La propagande du FPR et le chantage de ses sponsors qui accusent le RDR de couvrir ou de protéger les criminels sont sans fondement. Le RDR n'a pas d'Etat dans lequel il protège des criminels. Le RDR a écrit au Procureur du TPIR pour lui offrir sa collaboration le 13/07/96 en estimant même que si un de ses membres devaient répondre devant le TPIR, le RDR était disposé à lui demander de se présenter volontairement. Le RDR n'a donc jamais fait obstruction à la justice. Le RDR refusera jusqu'au bout la politique de globalisation et de diabolisation collective que véhicule le FPR et ses alliés. Le RDR n'est donc pas disposé de collaborer avec les personnes ou les organisations qui se veulent les portes-parole du FPR et qui mettent le RDR sur le banc des accusés pour les crimes qu'il n'a pas commis. Est-ce que vous apprécierez si le RDR ou quelqu'un d'autre se mettait à accuser l'UNAR des crimes que commet le FPR du seul fait qu'à un certain moment, comme vous nous l'avez dit, vous avez été ses alliés. C'est à cette logique de globalisation que nous nous opposons et c'est dans ce cadre que le 13/07/1996 le RDR a salué et encouragé l'initiative lancée d'abord par le RNLM puis par l'UNAR le 26/05/1996 pour demander à ses membres de se désolidariser du régime du FPR à cause de ses crimes contre la population rwandaise. Enfin le RDR ne répond que des engagements qu'il prend. Il n'est pas de notre ressort d'aller analyser les raisons des dissensions à l'intérieur de telle pu telle organisation. Chaque organisation a ses statuts et son règlement d'ordre intérieur ; nous ne pouvons donc nous y immiscer. Pour l'UFDR, nous avons conclu un accord de collaboration, sur base d'une plate-forme commune et c'est à cela que nous devons nous en tenir. Si vous vous êtes ravisé, nous en prenons bonne note et nous continuerons avec les autres partenaires qui ont accepté cette plate-forme. Nous restons toutefois ouverts et disponibles à une collaboration ultérieure avec toute organisation dont le but et les actions privilégient la primauté des intérêts de tout le peuple rwandais. |