Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda
Rally for the Return of Refugees and Democracy in Rwanda
Ihuliro Riharanira Itahuka ry’Impunzi na Demokarasi mu Rwanda
R D R
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Le 10 novembre 1998
Madame Mary ROBINSON
Haut Commissaire des Nations Unies
aux droits de l’Homme
GENEVE
Objet: Violations massives des Droits de l'Homme et actes de Génocides au Rwanda .
Madame le Haut Commissaire,
Le RDR voudrait saisir cette occasion pour vous remercier encore une fois de plus, des efforts que vous ne cessez de déployer pour veiller à ce que les droits de l'Homme soient respectés dans le monde. Nous avons encore fraîche dans notre mémoire l'interpellation que vous avez faite au gouvernement du FPR sur les violations graves des droits de l'homme lors de votre visite au Rwanda, il y a une année. Mais hélas, au lieu de s'améliorer, la situation n'a fait que s'empirer . Au rythme auquel Kagame et son armée massacrent la population rwandaise, si rien n'est fait, le peuple rwandais risque d'être anéanti.
En effet depuis sa prise du pouvoir, le gouvernement du FPR massacre continuellement la population civile et innocente dont le seul "crime est d'être Hutu", sous prétexte qu'elle soutient ou est susceptible de soutenir des rebelles. Prenant la Communauté Internationale en otage, le FPR utilise le chèque en blanc du génocide de 1994 pour parachever le génocide qu'il a commencé depuis qu'il a attaqué le Rwanda en 1990, qu'il a continué depuis sa prise du pouvoir notamment par les massacres de Kibeho le 22/04/95 où la Communauté Internationale a été témoin de tueries macabres de plus de 8000 personnes.
Ce génocide que la Communauté Internationale s'est jusqu'à présent gardé de condamner s'est poursuivi en 1996/1997 dans l'ex-Zaïre où plus de 200.000 réfugiés Hutu ont été systématiquement éliminés. Malgré les recommandations de la Commission d'enquête des Nations Unies, et les récentes déclarations du Président Kabila et des membres de son gouvernement sur la responsabilité écrasante de l'armée de Kagame dans ces crimes, les Nations Unies n'ont encore donné aucune suite aux appels du RDR et de plusieurs organisations de défense des Droits de l'homme pour mettre en œuvre les recommandations de la Commission d'enquête des Nations Unies sur les massacres de réfugiés rwandais dans l'ex-Zaïre en 1996/97.
Au moment où la Communauté Internationale célèbre le 50ème Anniversaire des Droits de l’homme, le FPR poursuit des massacres des populations civiles par les armes et fait mourir de faim les rescapés qu'il a coupés de leurs bases de production en les regroupant dans des camps de concentration, notamment dans les préfectures de Gisenyi, Ruhengeri et Gitarama. Sous prétexte de couper les approvisionnements des rebelles qui sont au Rwanda, le FPR détruit systématiquement les cultures pour se retourner après vers la Communauté Internationale pour lui demander l'assistance alimentaire pour nourrir une population qu'il affame lui-même. Le RDR est convaincu que la concentration des populations du Nord dans des camps de la mort cache d'autres plans machiavéliques. La Communauté Internationale ne devra pas dire qu'elle ne savait pas , le jour où le FPR massacrera ces populations ainsi internées sous prétexte de poursuivre les rebelles qui s'y seraient infiltrés. Le RDR est scandalisé par l'attitude de la Communauté Internationale qui hier a décrié les arrestations massives par l'ancien régime (en octobre 1990) des personnes suspectées de complicité avec le FPR, et garde un silence complice sur des massacres à grande échelle des pauvres paysans accusés de soutenir des rebelles par le seul fait qu'ils sont de même ethnie.
Le RDR vous lance un cri d'alarme et vous demande de bien vouloir user de votre force morale de militante convaincue de défense des Droits de l'homme pour amener la Communauté Internationale à prendre les mesures qui s'imposent pour mettre fin aux massacres systématiques et aux violations massives des droits de l'homme au Rwanda. Certaines puissances qui hier ont accordé un soutient inconditionnel au dictateur Pinochet et qui continuent de faire de même pour le régime sanguinaire de Kigali, doivent assumer leur responsabilité et s'attendre de répondre un jour devant l'histoire de leur complicité des crimes contre l'humanité que continue de mener le régime du FPR au Rwanda.
Comptant sur votre humanisme et votre esprit de justice, je vous prie d'agréer, Madame le Commissaire, l’expression de ma très haute considération.
Pour le RDR
NDEREYEHE Charles
Président
CPI:
Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies
à New-York.