UNION DES FORCES DÉMOCRATIQUES RWANDAISES

(UFDR)

UNION OF RWANDESE DEMOCRATIC FORCES

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COMMUNIQUE DE PRESSE N° 21

Crise politique au Rwanda: démission du Président P. Bizimungu

L'UFDR n'est pas surprise par la démission de M.Pasteur Bizimungu à son poste de Président de la République Rwandaise qu'il occupait depuis le 18 juillet 1994 suite à un simple communiqué du FPR.

Sans pouvoir réel, M. Bizimungu a fait preuve d'endurance en étant un paravent pendant six ans pour servir un régime oligarchique contrôlé par "l'homme fort du Rwanda", le Général-Major Paul Kagame dont les ambitions démesurées ont été dissimu1ées par un gouvernement de maquillage politique dit d'union nationale au sein duquel les Hutus "de service" se sont succédés pour se soumettre à un test de loyauté aveugle, et surtout pour servir de caution. Avec la démission du Président Bizimungu, les masques sont tombés, lui qui voulait se faire passer pour un idéologue d'un régime dictatorial et qui trouvait chaque fois des occasions pour défendre ses crimes tant à l' intérieur du pays que sur la scène internationale en échange d'un pouvoir d'apparence. Ainsi, l'exclusion comme base de gouvernement du FPR est confirmée au grand jour .

Le bras de fer engagé entre le Président et son Vice-Président, l'un défendant le tout puissant Ministre Patrick Mazimpaka accusé de corruption, l'autre plaidant pour sa démission. Le limogeage de celui - ci devait donc nécessairement se solder par la raison du plus fort. Et à l'absence des institutions fermes, l'homme fort s'est imposé et a fait comprendre à Bizimungu que sa fonction n'était qu'une pure illusion.

Avec les démissions, les limogeages, les fuites des deux premiers ministres, des deux présidents de l' Assemblée nationale, des ministres, et plusieurs magistrats, le régime manifeste ostensiblement ses faiblesses et sa fragilité.

D'ailleurs, l'Accord de paix signé en août 1993 à Arusha, en Tanzanie, qui était l' espoir des Rwandais et qui devait servir de Loi Fondamentale, après le génocide rwandais de 1994, pour couvrir un gouvernement dit d' "union nationale", n'est plus appliqué ni dans son esprit ni dans sa "lettre".

Le FPR miné par la corruption et par les divisions idéologiques internes reste malgré tout la seule organisation politique sur laquelle repose tout le pouvoir, celui d'un seul homme, son président le véritable maître du pays. Les autres partis politiques prévus dans l' Accord précité sont muselés et n'existent pratiquement que de nom.

L 'Etat de droit pour lequel les Rwandais se sont battus depuis dix ans au prix des sacrifices humains innombrables est bafoué. Quant à l'Etat rwandais en tant que tel, il est complètement démantelé et n'existe que pour symboliser le pouvoir d'un seul homme qui l'a pris en otage, et qui ne croit qu' à l'usage de la violence pour le règlement de tous les problèmes politiques même les plus simples.

L'UFDR dénonce vigoureusement les méthodes dictatoriales de gestion du pays prônées par le Général Major Kagame. Elle estime en outre que l'absence flagrante des personnes ressources capables reflétée dans la composition du gouvernement actuel mis en place le 20 mars 2000 par M.Bernard Makuza, cousin du Général Major Kagame, traduit bien la volonté de celui-ci de constituer un pouvoir de son "Akazu" par opposition à l' autre Akazu du tout puissant ancien ministre à la présidence M. Patrick Mazimpaka.

Les élections communales en prévision au cour de cette année, qui seraient suivies l'année prochaine par les élections législatives ne changeront en rien à la crise politique actuelle qui sera permanente si d'autres solutions n'étaient pas à envisager .

La seule solution pour dénouer le problème rwandais reste la révision et l' adaptation de l' Accord de Paix d'Arusba aux réalités nationales, accord qui a été négocié plus d'une année et dont le contenu principal reste d'actualité et peut de ce fait constituer la base d'une véritable réconciliation nationale.

L 'UFDR reste persuadée que toute politique tendant à l'exclusion des autres forces vives de la nation rwandaise sera vouée à l'échec peut importe les moyens et les méthodes utilisés.

Le temps est venu où le Général Major Kagame, dont l'armée est accusée d'actes de génocide commis en République Démocratique du Congo en 1966-1997, et accusé lui-même de l'assassinat des deux Présidents Rwandais et Burundais, Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira, ne se contente pas des démissions forcées ou des limogeages des présidents et des ministres dans diverses fonctions de parade, mais oriente sa politique vers un large débat devant déboucher sur un consensus national dans l'intérêt de tout le peuple rwandais.

Sans cela, toutes les autres solutions et mesures qu'il prendra seront sans effet positif sur la situation de la crise profonde que traverse le Rwanda et qui, par ailleurs, n'est que le sommet de l'iceberg

Fait à Bruxelles, le 25 mars 2000

Pour l'UFDR,

Faustin TWAGIRAMUNGU

Président

Ancien Premier Ministre