PREMIER CONGRÈS DE L'UNION DES FORCES DÉMOCRATIQUES RWANDAISES (UFDR)

RÉSOLUTIONS ET RECOMANDATIONS

Réuni en son Premier Congrès ordinaire à Bruxelles les 11 et 12 mars 2000, le Congrès de l'Union des Forces Démocratiques Rwandaises a pris les résolutions et recommandations suivantes :

Structure et Organisation de l'Union

  1. Considérant que la réussite de l'Union dépend de sa structure et de la performance de son organisation ;

    Constatant la dispersion et l'émiettement des initiatives ainsi que des efforts dans la recherche de solution aux problèmes rwandais ;

    Convaincu de l'efficacité d'une plus grande cohésion dans les actions de lutte à mener ;

    Le Congrès :

    Le Congrès décide de créer un comité ad hoc chargé d'assurer le suivi et conseil au cours de ce processus .

    Justice et le TPIR :

  2. Réaffirmamt sa condamnation du génocide du peuple rwandais et demamdant le jugement de tous les responsables de ce crime ;

    Surpris par l'accréditation à Arusha, auprès du TPIR, d'un émissaire du Gouvernement rwandais, partie intéressée puisque comprenant des présumés coupales de crimes contre l'humanité et capable de paralyser les travaux de ce Tribunal sensé assurer une justice équitable et impartiale ;

    Le Congrès recommande aux Nations Unies la création d'une Commission "Justice et vérité " avec mandat - de collaborer avec le TPIR dans la recherche et collecte de témoignages en vue d'une justice équitable et - de collaborer avec toutes les organisations, Institutions ou Etats qui oeuvrent pour l'établissement de la vérité sur les causes et les conséquences du drame rwandais.

  3. Considérant les graves présomptions sur la responsabilité du FPR dans l'assassinat des deux Chefs d'Etat rwandais et burundais et leurs suites ministérielles le 6 avril 1994 et dont la presse internationale fait actuellement un large écho ;

    Le Congrès recommande aux Nations Unies et au TPIR de poursuivre jusqu'à son terme l'enquête sur cet assassinat afin de traduire en justice les responsables de ce crime odieux déclencheur du génocide du peuple rwandais.

    Les droits de l'homme au Rwanda

  4. Déplorant la violation grave et persistante des droits humains entretenue au Rwanda ;

    Le Congrès recommande :

    à la communauté internationale de restaurer le monitoring international des droits de l'homme au Rwanda, et d'appuyer les Organisations de promotion et de défenses de ces droits.

  5. Condamnant la compilation de mensonges et l'amalgame délibérés entretenus par le FPR sur le drame rwandais ;

    Le Congrès demande à la communauté Internationale de créer en toute priorité une Commission d'enquête indépendante sur les origines et les conséquences du drame rwandais, à l'instar de la Commission d'enquête indépendante de l'ONU sur ses propres responsabilitéS dans le génocide rwandais.

  6. Profondément préoccupé par une surpopulation carcérale excessive de plus de 150.000 êtres humains dans les prisons mouroirs rwandaises dans des conditions inhumaines depuis bientôt 6 ans ;

    Considérant les arrestations arbitraires quotidiennes de populations innocentes pour remplacer les détenus décédés afin de maintenir le même nombre de prisonniers sans pour autant attirer l'attention de la Communauté internationale sur l'excès d'élimination massive des détenus ;

    Convaincu que la publication de la récente mise à jour de la première liste des personnes poursuivies et accusées d'actes de génocide n'a d'autres fin que le harcèlement, les nouvelles arrestations, détention et mise à mort de ces présumés coupable alors même que la plupart des 150.000 personnes incarcérées n'ont dans leur dossier aucun acte d'accusation ;

    Le Congrès interpelle la communauté internationale pour qu'elle se libère de la manipulation du FPR et l'amène à faire une libération conditionnelle pour toutes les personnes dont la culpabilité n'est pas encore démontrée par une enquête impartiale. Le Congrès exige également le retrait de la circulation de ladite liste vicieuse, qui n'a d'autre fin que la persécution des personnes encore présumées innocentes.

    Réconciliation et résolution du conflit rwandais :

  7. Considérant l'instabilité des Institutions et de l'administration rwandaises suite à leur persistante manipulation par le FPR pour ses visées de monopoliser le pouvoir politique, économique et sociale ;

    Constatant l'asphyxie des partis politiques qui ne le sont plus que de nom ;

    Condamnant l'animation et l'entretien des haines et divisions au sein de la population rwandaise et de ses voisins ;

    Le Congrès exige l'organisation d'un Cadre de dialogue inter-rwandais, franc, libre et transparent en vue de la mise en place d'un Gouvernement de transition véritablement représentatif devant conduire le Pays aux élections libres et démocratiques et invite le peuple rwandais et la Communauté internationale à se mobiliser à cette fin.

    Crimes économiques

  8. Dénonçant la violation répétée par le FPR des décisions du Conseil de Sécurité de l'ONU notamment en ce qui concerne les résolutions relatives à l'embargo à l'encontre de l'UNITA ;

    Déplorant le pillage institutionnalisé de la République Démocratique du Congo entre autres et des crimes économiques à l'actif du FPR ;

    Le Congrès recommande au Conseil de Sécurité de l'ONU d'imposer des sanctions contre le régime FPR y compris un embargo sur les armes, plutôt que l'encourager par l'assistance à l'instar du récent don de 180 Millions de dollars américains accordés par l'U.E.au régime impénitent de Kigali.

    Recensement de la population rwandaise actuelle

  9. Préoccupé par les spéculations et les manipulations de chiffres quant à la population actuellement présente au Rwanda, et les victimes du génocide et des massacres à grande échelle ainsi que des crimes de guerre qui ont endeuillé le Rwanda depuis 1990 ; considérant par ailleurs que le dernier recensement général de la population a eu lieu en 1991, le congrès demande à la communauté internationale d'initier et de financer dans les meilleurs délais un Recensement Général de la population rwandaise afin d'établir la vérité sur l'ampleur réelle de la destruction du peuple rwandais.

    La guerre en République Démocratique du Congo

  10. Préoccupé par l'invasion du FPR en République Démocratique du Congo ;

    conscient de la gravité des conséquences à court, moyen et long termes de cette situation prolongée,

    solidaires avec les nombreuses victimes de cette aventure expansionniste du FPR,

    le Congrès exprime sa sympathie aux familles des victimes des forfaits du FPR tant au Rwanda qu'en RDC, ainsi que sa solidarité au peuple congolais dans sa lutte de libération et demande à la Communauté Internationale de mettre fin sans délais à cette situation de souffrance et d'humiliation des populations civiles innocentes et qui n'a que trop duré.

    Mobilisation, sensibilisation et formation

  11. Soucieux de la réussite de ses objectifs de rétablir au Rwanda les valeurs démocratiques, économiques et sociales ; d'instaurer rapidement un État de droit digne de ce nom ;

    conscient du besoin de mobilisation maximale à cette fin ;

    Le Congrès trouve qu'il est impératif de faire participer tout Rwandais de bonne volonté à l'action constructive entreprise par l'UFDR ;

    Le congrès recommande la création rapide d'un organe d'information, de sensibilisation et de formation aux objectifs, programme et stratégie de l'UFDR. Cette action portera une attention particulière aux femmes et à la jeunesse.

  12. Considérant que l'absence d'un Etat de droit et de la démocratie a été la cause essentielle du monopartisme, de la discrimination ethnique, régionale, idéologique ou religieux et d'autres formes de discriminations qui ont conduit aux massacres des populations civiles innocentes et au génocide du peuple rwandais ;

    Le Congrès recommande avec insistance le dialogue, la tolérance, le respect de son prochain comme de soi même, préalables à la paix, à l'unité, à la concorde nationale et à l'épanouissement intégral du peuple rwandais, sans lesquels il est impossible d'instaurer un Etat de droit au Rwanda.

    Dispositions Générales

    13 Convaincu de l'importance de la collaboration active entre les membres de l'UFDR et les Organisations similaires ;

    Conscient du rôle important qui revient à la société civile et de l'engagement de collaboration exprimé par celle-ci dans l'esprit de la recherche de solutions aux problèmes rwandais ;

    Le congrès recommande :

    la synergie entre les membres de la société civile d'une part et entre celle-ci et l'UFRD d'autre part,

    le développement et le maintien des bonnes relations et des contacts suivis avec ces partenaires ainsi que le renforcement des voies et moyens d'information régulière des membres de l'UFDR et de la Communauté Internationale.

    Fait à Bruxelles le 12 mars 2000.

    Faustin Twagiramungu

    Président de l'UFDR