UNION DES FORCES DÉMOCRATIQUES RWANDAISES

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COMMUNIQUE DE PRESSE No 22

La visite du Premier Ministre belge au Rwanda est décourageante

La visite du Premier Ministre belge en ce jour de commémoration du génocide rwandais revêt un caractère plutôt politique qu'un acte de solidarité avec les Rwandais victimes de ce crime contre l'humanité. Demander pardon c'est bon. Mais il serait aussi bon et courageux de dénoncer le Général Major Paul Kagame.

Monsieur Verhofstadt, rapporteur de la commission parlementaire belge sur le Rwanda en 1997, préfère dissimuler la réalité sur l'attentat par le Général Major Paul Kagame contre l'avion du Président Habyarimana du Rwanda pour accréditer solennellement, haut et fort sa thèse de la planification du génocide rwandais contenu dans le rapport. Couvrir l'homme fort du Rwanda, accusé d'avoir déclenché cette catastrophe par l'assassinat de deux Présidents rwandais et burundais, le 6 avril 1994, est aussi une autre responsabilité du gouvernement belge dans la tragédie rwandaise, qui s'ajoute à celle d'avoir retiré ses casques bleus en abandonnant les Rwandais à la merci de leurs bourreaux.

Pour l'UFDR cette visite, si elle est à la satisfaction des Belges, en revanche, elle divise beaucoup les Rwandais. Car elle est une expression inavouée de la volonté du gouvernement actuel belge de ne pas prendre au sérieux leurs problèmes fondamentaux, comme celui de l'impunité dont jouit le Général Major Paul Kagame. Le soutien qu'offre le Premier Ministre à ce dernier, un homme accusé de crimes de guerres et qui consolide sa dictature militaire, qui occupe impunément une partie de la République Démocratique du Congo, pille ses richesses et continue ses assassinats politiques sans inquiétude, dénote, pour nous une indifférence manifeste et incompatible avec la réconciliation recherchée.

Avec Raider et Pinochet, le gouvernement belge voulait, ces derniers jours, déplacer les montagnes, condamnant tour à tour l'un pour son langage tendancieux et extrémiste, l'autre pour son non respect des droits de l'homme. Aujourd'hui il préfère garder un silence complet sur les crimes du dictateur rwandais, qu'il honore même par un geste fort d'une visite officielle. Décidément un criminel d'origine européenne est moins honorable qu'un criminel d'origine africaine, culture oblige. Veut-on se moquer des Rwandais massacrés par le régime en place à Kigali, parmi lesquels les évêques, les ministres, les hauts fonctionnaires, les femmes et les enfants à Kibeho et au Congo, sans oublier les Congolais eux-mêmes massacrés aujourd'hui dans le Nord et Sud Kivu? Le génocide rwandais ne permet pas tout. Il a quand même des limites.

Aussi, est-il temps de mettre fin à la politique étrangère ambiguë de la Belgique dans la région des Grands Lacs, qui est une politique des partis et non une politique de l'Etat belge.

Fait à Bruxelles, le 7 avril 2000

Faustin TWAGIRAMUNGU
Président de l'UFDR
Ancien Premier Ministre