UNION OF RWANDESE DEMOCRATIC FORCES
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UNION DES FORCES DEMOCRATIQUES RWANDAISES
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COMMUNIQUE DE PRESSE N° 7

 

L'Union des Forces Démocratiques Rwandaises a été choquée par l'assassinat de huit touristes étrangers, dont quatre britanniques, deux américains et deux néo-zélandais, survenu au parc national de Bwindi dans le sud-ouest de l'Ouganda, le 29 février 1999 au soir.

Par cet acte de barbarie, la violence qui ravage la région des Grands Lacs africains depuis l'agression du Rwanda par d'anciens réfugiés issus des rangs de l'armée de résistance nationale ougandaise en octobre 1990 et qui a eu comme conséquence le génocide rwandais du printemps 1994 et la déflagration totale de toute la région marquée par le massacre de plusieurs centaines de milliers de civils innocents, dont deux cents mille réfugiés dans l'ex-Zaïre, entre dans une phase qualitativement nouvelle avec pour cibles des ressortissants des pays occidentaux impliqués dans ce conflit.

Le monde entier a pu constater en première page des journaux que la prétention des régimes de Kigali et de Kampala d'éradiquer leurs rébellions armées respectives et de sécuriser leurs frontières par l'agression et l'occupation de la RDC est un prétexte pour des intérêts inavouables et non une solution. L'UFDR reste convaincue que si des actions doivent être lancées afin de briser définitivement les cycles de violence dans cette partie de l'Afrique, elles ne seront efficaces que si l'on traite des véritables causes de la violence et si tous les responsables, quel que soit leur bord, sont amenés devant un tribunal. Cela voudrait dire également qu'on reconnaisse la responsabilité des puissances étrangeres dans l'escalade des conflits qui agitent cette région, certaines fournissant des armes et un soutien politique aux uns et aux autres. Quant à la solution du président Museveni de tuer les assaillants à défaut de les attraper, elle reflète une fois de plus les méthodes de gouvernement et la vraie nature d'un homme qui a toujours cru en la violence comme moyen de résoudre des conflits politiques et qui est pourtant présenté comme le fleuron de la " nouvelle génération " des leaders africains qu'on veut imposer à l'Afrique.

L'UFDR est en outre intriguée par l'unisson des médias et des autorités ougandaises et rwandaises en portant, rituellement et sans début d'enquête, la responsabilité de l'enlevement et du bain de sang de Bwindi aux hutu présentés, selon une pensée unique qui s'est installée dans l'opinion, comme un peuple d'extrémistes - nés, ou plus précisement des " Interahamwe " dans leur globalité. Pour l'UFDR, aucune piste ne devrait pourtant être écartée si l'on considère les habituelles stratégies de Kigali lorsqu'il s'agit d'amener ses traditionnels soutiens à l'aider à réaliser un objectif d'une tout autre nature. On l'a vu en 1996 lorsque " l'homme fort de Kigali " cherchait un alibi pour envahir le Zaïre et détruire les camps de réfugiés ; on l'a vu en 1998 lors de la tentative de renverser le président Kabila. Le bourbier congolais et la lassitude de leurs amis face à une impasse qui perdure pourraient avoir inspiré des scénarios machiavéliques au général " visionnaire " de Kigali et à son équipe.

L'UFDR estime que, pour établir la paix au Rwanda et dans toute la région, il faudrait que toutes les forces vives, en particulier les forces de l'opposition démocratique et non-violentes, puissent participer à des pourparlers destinés à mettre fin à la violence et à tracer un chemin vers la normalisation de la vie politique. Continuer à recourir à la terreur pure et simple pour atteindre des objectifs politiques, directement ou par personnes interposées, faute d'une action internationale pour faire cesser le carnage dans cette région, ne contribuera qu'à faire sombrer définitivement les Grands Lacs africains au fond de l'abîme.

 

Fait à Bruxelles, le 04 mars 1999.

 

Faustin TWAGIRAMUNGU

Président de l'UFDR.

(sé)

 

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