UNION DES FORCES DEMOCRATIQUES RWANDAISES

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COMMUNIQUE DE PRESSE Nr. 14.

Les membres de la délégation rwandaise au sommet de la francophonie doivent être interdits d'entrer ou être arrêtés au Canada.

Le Gouvernement canadien qui accueille dans son pays les différentes délégations représentant leurs pays au sommet de la francophonie qui se tient du 3 au 5 septembre 1999 à Moncton, au Nouveau - Brunsuick, doit tenir compte des réclamations des Rwandais de la diaspora et de l'intérieur, mais aussi des ONGs, des démocrates et des avocats canadiens, en refusant d'admettre sur son territoire les membres de la délégation rwandaise, notamment le Premier Ministre Pierre Célestin Rwigema et le Ministre des Affaires étrangères, Augustin Iyamuremye.

L 'Union des Forces Démocratiques Rwandaises qui est une alliance des organisations politiques de la résistance comprenant le RDR, les FRD, et le GID, soutiennent que le Canada, qui s'est toujours tenu à l'écart des intérêts divergents des pays colonisateurs lesquels tentent encore aujourd'hui de défendre leurs clients même quand ils ont commis des crimes contre leurs peuples, se démarque en saisissant l'occasion de refuser l'entrée ou d'arrêter sur son territoire des membres d'un régime impliqué dans des crimes de guerres et des crimes contre l'humanité.

En effet, le régime de Kigali qui a pris le pouvoir par la violence, dirigé aujourd'hui par une clique de militaires venus d'Ouganda à la tête de laquelle se trouve l!e Général KAGAME, ne défend ni les aspirations, ni les intérêts du peuple rwandais composé de Hutus, de Tutsis et de Twas. C'est un régime impopulaire accusé par la commission des Nations Unies (Rapport Garreton) d'avoir commis des "actes qualifiés de génocide", caractérisés par les massacres des réfugiés Hutus, sur le territoire de la République démocratique du Congo en 1996-1997. De plus ce régime ne peut être crédible avec plus de 130.000 personnes arrêtées et emprisonnées sans dossiers depuis 1994, certaines d'entre elles étant mortes suite au mauvais traitement dans leurs prisons mouroirs, alors que d'autres restent désespérément dans l'attente des jugements qui ne verront jamais le jour, même pas dans le cadre des tribunaux imaginaires traditionnels. Le régime de KAGAME responsable d'assassinats de plusieurs hommes politiques dont celui de l'ancien Ministre rwandais de l'intérieur, Seth SENDASHONGA, le 16 mai 1998 à Nairobi, ainsi que des massacres de plusieurs personnes commis depuis 1990 jusqu' aujourd'hui se disqualifie, et ses membres ne sont pas dignes de s'asseoir au tour d'une table avec les membres des délégations des pays démocratiques comme la France, le Canada et le Sénégal.

Les malheurs que connaissent la région des Grands Lacs sont en grande partie imputables à la clique des militaires qui sont venus d'Ouganda en envahissant le Rwanda depuis octobre 1990, provoquant ainsi le génocide de 1994, et qui entreprend aujourd'hui une politique hégémonique des temps révolus en envahissant impunément la République démocratique du Congo.

Et enfin quelle Francophonie défend le régime de Kigali qui se débat acharnement pour mettre fin à l'usage de la langue française au Rwanda?


 
  Fait à Bruxelles, le 2 septembre 1999

Faustin TWAGIRAMUNGU, Président

Ancien Premier Ministre du Rwanda (1994-1995).