COMITÉ

EXÉCUTIF

RDR

Rally  for the Return of Refugees and Democracy in Rwanda

Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda

Ihuliro Liharanira Itahuka ry’Impunzi na Demokarasi mu Rwanda

 

Pour un Peuple Reconcilié dans un Etat de droit - For a Reconcilied People in a Rule of Law

Duharanire Ubwiyunge bw'Abanyarwanda mu Gihugu cyubahiriza Amategeko

info@rdrwanda.org

http://www.rdrwanda.org

Victoire Ingabire, President

Postbus 3124

Rijswijk, Netherlands

Phone/Fax : 00-31-180633822

Emmanuel Nyemera, Vice-President

P.O. Box 5352, Postal Station B

Montreal, Canada, H3B 4P1

Phone : 00-514-340 0618

Le RDR est membre de la coalition Union des Forces Démocratiques Rwandaises (UFDR)

 

 

MEMORANDUM  DE PROTESTATION CONTRE LA PARTIALITE DU TPIR

 

 

Depuis la guerre lancée par le FPR en 1990, l'Humanité vient de perdre plus de 5.000.000 de personnes dont 3.000.000 de rwandais et 2 millions de congolais. Il n’y a plus d’ombre de doute que le FPR a une responsabilité politique et criminelle dans le génocide du peuple rwandais et dans les actes de génocide du peuple congolais.

 

Il y a une année nous exprimions notre confiance envers Madame Carla Del Ponte, alors nouveau Procureur Général au Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie et pour le Rwanda, dans l’espoir qu’elle allait imprimer une nouvelle dynamique au TPIR en vue d’aider réellement les rwandais à se réconcilier et pour mettre fin à l’impunité au Rwanda et dans la région des Grands Lacs d’Afrique, en traduisant en justice notamment aussi les membres du Front Patriotique rwandais ( FPR ) responsables d’actes de génocide , de crimes contre l’humanité et des crimes de guerre  perpétrés au Rwanda  au moins durant la période couverte par le mandat de ce Tribunal. Le peuple rwandais s’étonne que 7 ans après ces actes horribles, le Procureur du TPIR se soit limité jusqu’à ce jour de poursuivre uniquement une partie en conflit et que les efforts pour traduire devant ce Tribunal des éléments du FPR présumés coupables restent encore trop timides. En effet, seuls ceux qui ont perdu le pouvoir au Rwanda ont été inculpés ou sont entrain d'être jugés, tandis que ceux qui ont conquis le pouvoir jouissent d’une impunité totale. C’est cette impunité qui  encourage le FPR à poursuivre ses actes criminels au-delà de la frontière rwandaise notamment par la guerre qu’il a provoquée en RDC où des crimes contre l’humanité se commettent encore au vu et au su de tout le monde.

 

Au lieu de veiller à ce que les présumés coupables puissent contribuer à faire connaître la vérité sur le drame rwandais pour l'intérêt de la justice, de la paix et de la réconciliation du peuple rwandais, le déroulement des enquêtes et des procès nous laissent penser que le Conseil de Sécurité des Nations Unies a créé le TPIR pour neutraliser ceux qui venaient de perdre le pouvoir au Rwanda afin de permettre au gouvernement dictatorial contrôlé par le Front Patriotique Rwandais (FPR) d'asseoir son pouvoir. Jusqu’à preuve du contraire, tout le corps de ce Tribunal semble s’accommoder à ce mandat et fait tout pour ne pas s’en écarter, car il s’est comporté jusqu’à présent comme un tribunal des vainqueurs qui jugent les vaincus. Il est donc tout à fait normal qu’il n’inspire aucune crédibilité au peuple rwandais, car il est plus un outil politique qu’un appareil judiciaire. Au lieu de contribuer à la réconciliation nationale, il radicalise la société rwandaise et lance un message que tout est permis aux vainqueurs.

 

Pour aider le TPIR dans son travail, le Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda (RDR) a remis le 6 avril 2000 à Mme le Procureur Général Carla Del Ponte un dossier de 2.000 pages contenant 20.325 victimes massacrées par le FPR dont 16.407 en 1994. Conformément à la logique qu’utilise le TPIR pour poursuivre les présumés coupables du côté adverse, nous avons transmis le 15 mai 2000 des informations complémentaires comprenant une liste non exhaustive de certains présumés criminels du FPR. Nous comprenons donc mal comment le TPIR peut contribuer à la réconciliation alors qu’il se limite à juger seulement la partie vaincue tout en affichant une complaisance révoltante vis à vis du FPR. Personne ne nous convaincra qu’il ne peut y être une réconciliation sans une justice équitable. D’autre part , le TPIR ne peut pas prétendre absolument pas rechercher la vérité sur le génocide rwandais et ses auteurs tout en refusant d’enquêter sur l’élément physique déclencheur du génocide, à savoir l’assassinat des deux présidents, Habyarimana Juvénal du Rwanda et Ntaryamira Cyprien du Burundi le 6 avril 1994 à Kigali, pour en punir les auteurs et commanditaires.

 

L’article 15 du TPIR précise que le Procureur est un «organe  distinct  qui  agit en  toute indépendance » et  «ne sollicite ni ne reçoit d’instructions d’aucun gouvernement ni d’aucune autre source ». Mais force est de constater qu’au lieu de rentrer dans cette logique d’impartialité et d’indépendance, les responsables du TPIR ne cachent plus leur complicité avec le régime dictatorial du FPR. En effet, le TPIR a non seulement agréé un Ambassadeur permanent de la dictature de Kigali  qui ne cesse de s’immiscer continuellement dans les travaux du TPIR en faisant la pluie et le beau temps, mais le TPIR a également financé au Rwanda des projets des rescapés, et  ses juges ainsi que le Procureur général n’hésitent pas de s’afficher au grand jour à côté des grands criminels du FPR dans différentes manifestations publiques patronnées par ce régime sanguinaire. Toutes ces visites des officiels du TPIR montrent l’absence d’indépendance du TPIR par rapport au gouvernement dictatorial et criminel du Général Paul Kagame. A nos yeux, le TPIR n’est donc ni équitable, ni impartial ni indépendant, car c’est finalement le gouvernement rwandais qui a le dernier mot dans le déroulement des procès, tel que l‘a illustré l’affaire Barayagwiza. Le peuple rwandais se voit donc acculé d’accumuler une fois de plus ses frustrations dans son subconscient collectif jusqu’au jour où une nouvelle explosion violente va encore sidérer le monde entier.

 

Au nom du peuple rwandais, le RDR qui se veut le porte-parole et l'expression des revendications de ses membres et d’autres laissés pour compte du FPR, vous demande encore une fois de plus de faire en sorte que le TPIR recherche  la  vérité  sur  le  drame  rwandais  en  vue  d'aider  la  justice  à  établir  les  responsabilités  et  à  punir  les  véritables  coupables  de tous  les crimes  commis contre le  peuple  rwandais,  sans  distinction  de  l'auteur  ni  de  la  victime. Tous les criminels, quelles que soient leurs fonctions ou leur appartenance ethnique, doivent être identifiés, pour répondre de leurs actes, chacun individuellement, devant ce Tribunal, seul cadre approprié pour juger les responsables de ces crimes. A cet effet, il faudrait aussi que le mandat du TPIR soit étendu sur toute la période de la guerre, c'est‑à‑dire depuis octobre 1990 jusqu'à ce jour, de manière à ne pas occulter les faits ayant conduit à la tragédie et une partie non négligeable des violations des droits de la personne commises par le Front Patriotique Rwandais et le gouvernement actuel. Le RDR reste à l’entière disposition du TPIR pour fournir toute contribution pouvant faire triompher la vérité sur l’imposture, faire prévaloir la justice sur l’impunité, et pour rendre espoir à notre région et à nos peuples.

 

 

Le 6 avril 2001

 

Pour le RDR

Victoire Umuhoza Ingabire

Présidente