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COMITÉ EXÉCUTIF |
RDR
Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda
Rally for the
Return of Refugees and Democracy in Rwanda
Ihuliro Liharanira Itahuka ry’Impunzi na Demokarasi
mu Rwanda Pour un Peuple Reconcilié dans un Etat de droit -
For a Reconcilied People in a Rule of Law Duharanire Ubwiyunge bw'Abanyarwanda mu Gihugu
cyubahiriza Amategeko |
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Victoire Ingabire, Présidente Postbus 3124 2280 GC, Rijswijk, Netherlands Phone/Fax : 00-31-180633822 |
Emmanuel Nyemera, Vice-Président Case Postale 5352, Succursale B Montréal, Canada, H3B 4P1 |
Le RDR est membre de l’Union
des Forces Démocratiques Rwandaises (UFDR) |
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE NO.16/2001
AUCUNE PAIX DURABLE DANS LES GRANDS LACS SANS VÉRITABLES
INSTITUTIONS DÉMOCRATIQUES AU RWANDA
L'évidence historique montre que deux démocraties se sont rarement
affrontées en conflit violent durant
les deux derniers siècles, quoiqu'elles soient en général sujettes au conflit
et à la guerre comme les régimes non
démocratiques. La paix démocratique est
certainement un des résultats les plus significatifs et non triviaux de l'étude
scientifique de la politique mondiale.
Bien que les efforts diplomatiques pour restaurer la paix en République
démocratique du Congo (RDC) soient louables, ils ne s’attaquent pas à la
situation politique actuelle dans les pays agresseurs. Ils considèrent tous la RDC comme une île
isolée embourbée dans un conflit interne et ignorent qu’elle est, en fait,
victime d'agression par les armées des gouvernements dictatoriaux, oppresseurs
et agressifs du Burundi, du Rwanda et
de l’Ouganda. La RDC ne peut pas avoir de paix durable pendant que des gouvernements
dictatoriaux, oppresseurs et agressifs continuent à régner au Rwanda, au
Burundi et en Ouganda, à violer les libertés fondamentales de leurs citoyens, à
mener la guerre contre leurs peuples et à faire constamment des incursions
militaires dans les états voisins. En
particulier, le manque de démocratie au Rwanda et les violations continues des
droits et libertés fondamentaux pour des personnes exprimant des opinions
opposées à celles du gouvernement mis en place par le Front Patriotique
Rwandais (FPR) sont les causes profondes à la base de la guerre persistante
dans la région des Grands Lacs africains.
Pour restaurer la paix durable dans les Grands Lacs, un dialogue
inter-rwandais est nécessaire afin de remplacer le régime dictatorial et
inhumain actuel mis en place par le
FPR par des institutions démocratiques authentiques.
En démocratie, gagner n'exige pas
l'élimination de l'adversaire et le fait de perdre n’interdit pas au perdant de
tenter sa chance encore plus tard.
Cette norme permet l’existence d'une atmosphère de “vivre et laisser
vivre” qui crée un sentiment de
stabilité au niveau personnel, communautaire et national. En revanche, la compétition politique
dans les régimes autoritaires «sans
partis» mis en place par le Front Patriotique Rwandais (FPR) au Rwanda et par
le Mouvement National de Résistance (MNR) en Ouganda est comme un jeu à somme
nulle. Le gagnant prend presque tout et
utilise la violence et la coercition afin de nier aux autres le pouvoir et
l'opportunité de se relever et tenter
encore leur chance. Dans le système
politique «sans partis», le gouvernement ne tolère aucune forme d'opposition
politique. La dissidence ou
l’opposition politique est considérée comme un crime grave. Ceci crée une
atmosphère de méfiance et de peur au sein et en dehors du gouvernement. Par conséquent, le gouvernement recourt de
plus en plus à la répression et à l'intimidation politiques afin de nier aux
gens exprimant des opinions opposées à celles du gouvernement leurs libertés
fondamentales dans l’espoir d'assurer au parti au pouvoir le monopole effectif
de toutes les activités politiques. Les activités politiques sont interdites
pour d'autres formations politiques. En
cas d'élection, on ne permet pas aux
partis politiques de présenter ou de soutenir des candidats. Le pluralisme politique au Rwanda n’existe
qu’en apparence, il n’est pas réel.
Comme le système politique «sans partis» installé par le FPR ne permet
pas l’existence d’une compétition politique ouverte et pacifique contre le parti
au pouvoir mais tourne plutôt ses forces de sécurité contre le peuple dans
l’espoir d’assurer à la clique dirigeante le monopole éternel du pouvoir, il
est maintenu par la violence et est condamné à disparaître dans la violence.
Le gouvernement rwandais actuel est contrôlé par des dirigeants
politiques et militaires du FPR responsables de nombreux crimes contre
l'humanité, crimes de guerre et actes de génocide commis au Rwanda depuis 1990
et en RDC depuis 1996. Sans confiance du peuple et n’ayant aucune légitimité
pour diriger le pays, les dirigeants du FPR ont banni toutes les formes d'expression politique par des moyens légaux et
pacifiques et gouvernent par la force,
la violence et des massacres continus.
Les gens qui ne sont ni membres ni sympathisants du FPR sont purgés de
la fonction publique, de l’administration territoriale, du système d'éducation,
de l'armée, de la police, du système judiciaire, du parlement et d'autres
sphères de la vie publique. Le système
judiciaire rwandais a été ethniquement et politiquement épuré et n'est pas
indépendant du pouvoir exécutif, le parlement
est composé par des membres approuvés par le FPR et désignés par le
gouvernement contrôlé par le FPR. L'armée du gouvernement rwandais actuel,
l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), est l’aile militaire du parti au pouvoir,
le FPR, et non une véritable armée nationale.
Des Rwandais de toutes catégories
continuent à fuir la répression et la persécution politiques et/ou à rejoindre
en masse les forces d'opposition au régime dictatorial FPR à l'intérieur et à
l’extérieur du pays. Parmi ceux qui ont
démissionné et fui le pays figurent deux anciens premiers ministres du
gouvernement installé par le FPR, Mr Faustin Twagiramungu et Mr Pierre-Célestin
Rwigema, l'ancien Président du parlement désigné et contrôlé par le FPR, Mr
Joseph Sebarenzi, beaucoup de ministres, de hauts fonctionnaires, d'officiers
militaires, d'hommes d'affaires et de citoyens ordinaires. L’ancien vice-président du FPR et président
du Rwanda, Mr. Pasteur Bizimungu, a démissionné de la présidence de la
république et du FPR l'année passée. Lui et son collègue, Mr Charles
Ntakirutinka, ancien ministre qui a également démissionné, ont lancé récemment
leur propre parti politique à l'intérieur du pays mais sont constamment
harcelés et intimidés. Le harcèlement continu des adversaires politiques
pacifiques met au grand jour la politique d’intimidation et de harcèlement
menée par le gouvernement installé par le FPR contre des gens exprimant
simplement des opinons différentes à
celles du FPR.
Le régime politique “sans partis” installé
par le FPR viole les droits des
citoyens rwandais aux libertés
d'association, de réunion pacifique,
d’expression et de mouvement, ainsi que le droit de participer au gouvernement
directement ou par les représentants librement choisis tels que reconnus par la
Déclaration Universelle des Droits Humains et la Charte africaine des droits
de la personne et des peuples. Il a choqué la conscience de tous les hommes et femmes rwandais
de bonne volonté, de tous les secteurs, de tous les groupes ethniques et
religieux, et a réveillé leur plus profonde indignation. Si les dirigeants actuels du FPR continuent
à fermer leurs oreilles aux appels pour le dialogue afin de régler le conflit
rwandais par des voies pacifiques et à maintenir le pouvoir par le bout du
fusil et les clés de prison, la paix continuera à éluder la région des Grands
Lacs africains. La situation grave dans laquelle se trouve le peuple le
contraint à résister jusqu’à la mort au régime dictatorial inhumain installé
par le FPR. Finis pour de bon les jours
où la répression brutale fournissait aux oppresseurs des années de paix et de
tranquillité. Il n'y a aucune voie
d'avoir la paix durable dans les Grands Lacs sans institutions démocratiques
authentiques au Rwanda.
Fait à Montréal le 1er octobre 2001
Pour le RDR
Emmanuel Nyemera, Ph.D.
Vice-Président