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Le 19 Juillet 1996
COMMUNIQUE DE PRESSE Nº80
Le RDR condemne sans reserve la decision de la reunion tripartite Rwanda-HCR-Burundi de fermer les camps de refugies rwandais au nord du Burundi.
Selon une depeche diffusee hier soir par Radio Rwanda, la reunion tripartite sus-mentionee qui se tenait a Bujumbura depuis avant-hier aurait decide de fermer sans autre forme de proces les camps de refugies rwandais se trouvant au nord du Burundi des aujourd'hui.
Ironiquement, le chef de la delegation rwandaise a declare que meme les refugies rwandais avaient marque leur accord a cette decision.
Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce dossier des refugies rwandais au Burundi, parmi les camps qui sont vises se trouvent le camps tristement celebre de RUKIRAMIGABO ou des soit-disant "elements non identifies" ont blesse a la grenade plus de 40 refugies il y a quelques semaines, pour les forcer a rentrer.
De l'avis meme du chef de la delegation burundaise a cette reunion, le phenomene d'intimidation est quasiment insignifiant au sein de la communaute des refugies au Burundi.
Qu'est ce qui aurait alors empeche ces refugies de rentrer malgre ces attaques repetes par des "elements non autrement identifies"?
Comment ont-ils subitement change d'avis au premier contact avec les delegues de cette reunion tripartite? Quelles nouvelles garanties de securite leur ont-ils donnees?
Le RDR pense plutot que la decision a ete prise sous la pression de la delegation rwandaise qui fait tout pour se debarasser a mondre frais frais du dossier des refugies.
C'est donc ni moins ni plus un acte d'intimidation qui est reprehensible quel que soit l'auteur.
La reunion aurait aussi decide que les refugies qui ne voudront pas rentrer devront expliquer de facon convaincante, le motif de leur refus.
Quel sadisme que de poser une telle question!
En effet, depuis le seul debut de ce mois de Juillet, le FPR a deja tue plus de 140 personnes dans les communes de BUYOGA, RUSHASHI, MBOGO, NYAMUTERA, KARAGO, GICIYE, KIBILIRA, NYAMUGALI, et NYAMAGABE, sous le couvert de la lutte contre les insurges HUTU.
Des incidents similaires ont ete signales dans les prefectures de GITARAMA ou on signale deja des deplaces qui fuient le FPR dans les eglises et les bureaux communaux de NYAKABANDA, NYABIKENKE et TABA, ainsi que KIGALI rural, a tel point que de nouveaux refugies commencent a regagner le Zaire.
Par ailleurs, 47 bourgmestres des prefectures de CYANGUGU, GISENYI, KIBUYE, GITARAMA, BYUMBA, BUTARE et KIBUNGO qui sont sur les listes noires du FPR ne peuvent plus vaquer a leurs travaux normalement et vivent sous une peur toute aussi noire.
Dans de telles conditions, les reticences des refugies sont tout a fait legitimes.
Le RDR en appelle au HCR pour qu'il se dissocie sans embage de cette resolution de la reunion de Bujumbura qui viole de facon on ne peut plus fraglante, la convention de Geneve sur la protection des refugies qu'il est suppose sauvegerder.