|
RASSEMBLEMENT POUR LE RETOUR DES | |
|---|---|
|
4, RUE A. CLUYSENAAR 1060 BRUXELLES BELGIQUE Tél: 32-2-5348035 Fax: 32-2-5348053 |
7, RESIDENCE MONTESQUIEU 49000 ANGERS FRANCE Tél/Fax: 33-41489987 |
Le 10 Juin 1996
COMMUNIQUE DE PRESSE Nº74
Le HCR s'apprête à reprendre très bientôt les opérations de fermeture des camps des réfugiés rwandais au Zaïre,très probablement avant la tenue fin ce mois à Genève de la table Ronde des bailleurs de fonds du Rwanda.
Selon des documents confidentiels à notre disposition, le nouveau plan de fermeture des camps,encore plus sinistre que le précédent, devait initialement démarrer en Mai 1996 mais a été retardé en raison des problèmes organisationnels.
Le détail de ce plan comprend entre autre;
¨ Le harcèlement intensif du RDR dans les camps en brisant surtout ses circuits de communications et en assimilant ses leaders à des "intimidateurs" et en les transférant à Kinshasa pour emprisonnement. Ce volet a déjà commencé dans le camps d'INERA au Sud Kivu dans lequel une quinzaine de réfugiés ont été récemment arrêtés et transférés à Kinshasa où ils sont écroués.
¨ Le renforcement des pouvoirs du CZSC (Contingent Zaïrois de Sécurité dans les Camps ). Le nouveau mandat donnerait au CZSC des pouvoirs illimités de "neutralisation des intimidateurs" ainsi que la saisie de tout article pouvant faire "l'objet de commerce" dans les camps.
¨ Interdiction de tout "rassemblement de masse " dans les camps, y compris les services religieux, non encadrés par les agents du HCR.
¨ Suppression " des postes d'administrateurs civils dans les camps", leurs attributions revenant automatiquement aux CZSC afin de parachever la militarisation de l'administration.
¨ Réduction drastique du personnel et des activités d'assistance humanitaire du HCR et des ONG.
¨ Briser " tous les circuits d'information entre les réfugiés, en dressant les listes des gens qui les animent et en les considérant comme intimidateurs à éloigner des camps".
Le RDR rappelle que l'impasse dans la crise des réfugiés a effectivement duré et qu'il est temps qu'on y mette un terme. Mais tant que les conditions minimales de sécurité et de dignité ne seront pas remplies le RDR ne s'associera pas à un quelconque plan de rapatriement massif par ce que ça reviendrait à trahir ses membres. Le RDR en particulier s'étonne que le HCR ait choisi ce moment précis d'extrême tension au Rwanda où des éléments armés non autrement identifiés mènent la vie dure au FPR dans les préfectures de Cyangugu, Gikongoro, Kibuye, Ruhengeri, Gisenyi et une partie de Butare et Gitarama, pour reprendre ses opérations de fermeture des camps.
Le RDR réitère que la seule coercition exercée sur les réfugiés sans rien faire sur les nombreux obstacles au retour propres à l'administration du FPR, fera certes du mal aux réfugiés, mais ne provoquera jamais un retour volontaire massif.
Le problème fondamental est que les réfugiés n'ont pas confiance au FPR pour assurer leur sécurité et ce ne sont pas les harcèlements psychologiques et physiques qui apaiseront les inquiétudes. Plutôt que d'investir dans le surarmenent militaire et le lobby étranger, le FPR doit redorer son blason à l'intérieur du pays en essayant d'inspirer confiance aux rwandais qu'il ambitionne de diriger.
Il est donc temps que le HCR change le fusil d'épaule et insiste sur les inévitables réformes politiques à opérer au Rwanda.
Pour le RDR
NZABANDORA Chris
Commissaire à l'Information
Sé