RASSEMBLEMENT POUR LE RETOUR DES

REFUGIÉS ET LA DÉMOCRATIE AU

RWANDA

R.D.R

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Le 1/4/1996

 

COMMUNIQUE DE PRESSE Nº 62

 

Au moment où les réfugiés rwandais attendent impatiemment l'arrivée des cassettes video de Tunis , l'étau se resserre autour des camps pour si pas déclencher un retour volontaire, du moins provoquer de nouvelles tensions qui justifieraient des mesures exceptionnelles contre les réfugiés.

Au Zaire, toutes les infrastructures scolaires y compris l'enseignement pré-scolaire et primaire, ont été fermées de force.

Dans les camps de NYANGEZI et UVIRA, l'ONG GOAL IRLANDE en a même détruit quelques-unes démontrer son excès de zèle.

Au nord Kivu, des infrastructures sanitaires ont été fermées dans les camps de Kibumba et Mugunga, sans qu'aucune organisation de défense des droits de l'homme ne lève le doigt. A Mugunga, afin de se débarrasser du personnel rwandais, les formations sanitaires qui n'ont pas fermé les portes ont introduit un test d'"évaluation" pour tout le personnel para-médical rwandais, alors que leurs collègues Zairois et expatriés en étaient dispensés. Ceci a déclenché un bras de fer qui dure depuis plus de deux semaines, au grand dam des malades qui voyaient en ce personnel rwandais un motif de réconfort.

Les réfugiés ne sont plus autorisés à s'approvisionner en ville en articles de base et ce malgré l'interdiction formelle de toute forme de commerce dans les camps, sous-prétexte que le HCR fournit tout ce qu'il faut. Les réfugiés arrêtés sur chef d'accusation "d'intimidateurs", croupissent toujours en prison à Kinshasa, sans aucun espoir d'être déférés devant la justice pour se défendre.

En Tanzanie, la pratique inhumaine de déportation de réfugiés sur simple dossier policier, continue. Le 19 février 1996, jeunes étudiants rwandais des camps de NGARA ont été discrètement remis au FPR au poste frontalier de Rusumo et on est sans nouvelles de ces pauvres jeunes gens. Ils étaient accusés de simple sortie illégale des camps, alors qu'ils avaient des permis de circulation délivrés par un commissaire de l'administration locale.

Au Burundi, les réfugiés rwandais continuent, dans la grande indifférence, de payer les frais de la confrontation entre la rébellion armée du CNDD et l'armée burundaise.

Comme si cela ne suffisait pas pour briser les nerfs, des listes sauvages d'autres prétendus "intimidateurs" à arrêter circulent dans les camps dans ces trois pays, et certains cercles étrangers amis du FPR commencent à évoquer même l'éventualité d'élargir la liste "intimidateurs" qui seraient en dehors des camps !!

Tour à tour, l'organisation Amnesty International, la Commission des Nations-Unies chargée des droits de l'homme, le Comité des Nations-Unies pour l'élimination de la discrimination, les ONG comme Orphelins du Rwanda, ainsi que l'Etat du Vatican, ont tous affirmé que les conditions propices au rapatriement volontaire n'étaient pas réunies.

Même le Haut Commissaire des Nations Unies aux Réfugiés a demandé d'Addis-Abeba le 29 février 1996 au FPR, de donner "des signaux clairs et irréversibles de sa disposition à accueillir et intégrer les réfugiés.

Par ailleurs, s'il n'y a pas d'insécurité au Rwanda, qu'est ce qui justifie le couvre-feu imposé aux préfectures de Gisenyi et de Ruhengeri, ainsi que les mesures exceptionnelles de sécurité imposées aux préfectures de Gikongoro, Cyangugu et Kibuye.

Dans ces conditions, le RDR demande au HCR spécialement à ses agents de terrain d'assumer leurs responsabilités malgré les pressions qu'il subit, et de se faire l'interprète fidèle des réfugiés au lieu de prendre parti pour l'oppresseur

 

Pour le RDR

Chris NZABANDORA

Directeur de l'Information