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Le 04/03/199.
COMMUNIQUE DE PRESSE Nº55
L'ambiguïté de la position de l'OUA sur le Rwanda est inquiétante.
La conférence de suivi sur les réfugiés dans la région des grands lacs qui vient de se tenir à Addis-Abéba en marge des travaux de la 63 ème session du conseil des ministres de l'OUA a mis en évidence les difficultés de cette dernière à analyser courageusement la question rwandaise.
En effet, au même moment où le Haut Commissaire des Nations-Unies pour les Réfugiés demandait au gouvernement de Kigali "de multiplier les signaux de nature à convaincre les réfugiés de rentrer chez-eux" et insistait sur le "besoin sans équivoque et ferme de lancer un signal sur l'intention du même gouvernement de respecter les droits de l'homme, d'assurer la sécurité des réfugiés lors de leur retour ainsi que la restitution de leurs biens", la 63 ème session ministérielle de l'OUA n'a même pas trouvé utile de passer une simple résolution sur le Rwanda comme si la crise était terminée.
Pire encore, la politique de deux poids deux mesures pratiquée par l'OUA sur les crises au Rwanda et au Burundi voisin, qui découlent pourtant d'une même maladie, à savoir l'obsession d'une oligarchie militaire monolitique à contrôler tous les rouages du pouvoir,ainsi que leur refus des principes démocratiques d'"un homme une voix", dénote un certain biais préjudiciable à la neutralité de cette organisation.
En effet, alors que la session ministérielle de l'OUA a insisté sur la nécessité du dialogue au Burundi, elle n'a soufflé aucun mot sur le Rwanda où ce dialogue est tout aussi indispensable pour sortir de l'impasse.
Faut-il croire que l'OUA a fini par réclamer ce dialogue par ce que les opprimés burundais ont affiché leur impatience en recourant aux armes pour revendiquer leurs droits?
Si tel était le cas, ce qui serait catastrophique, faut-il que les opprimés rwandais manifestent à leur tour leur colère de façon violente pour faire prévaloir leur appel au dialogue?
Au vu des missions de l'OUA au Rwanda depuis 1991, il y a de quoi soupçonner que le Secrétariat de l'OUA n'est pas bien informé de la nature exacte de la crise rwandaise.
En effet, en lisant attentivement le rapport du Secrétaire Général de l'OUA présenté à la dite session ministérielle, que le ministre rwandais des affaires étrangères lui-même a qualifié orgueilleusement sur les antennes de radio Rwanda de "favorable au gouvernement rwandais" pour justifier l'absence d'une résolution sur le Rwanda, ainsi que celui présenté à la récente réunion de l'Organe Central de Prévention, de Gestion et de Règlement des Conflits (ref Central Organ/MEC/MIN/2B (v)), on ne peut s'empêcher de faire des spéculations de toutes sortes.
La présence au secrétariat général de l'OUA de hauts cadres membres actifs du FPR avec des passeports ugandais, tanzaniens et zaïrois depuis longtemps n'est pas étrangère à ce biais dans l'analyse de la crise rwandaise par l'OUA.
Si trois d'entre eux ont déjà regagné le Rwanda dès la prise du pouvoir par le FPR et occupent de hauts postes de responsabilité, un autre pas moins influent demeure à son poste.
Si le FPR s'oppose avec autant d'acharnement à toute idée de conférence internationale sur la sous-région, c'est exactement par ce qu'il est sûr d'avoir miné suffisamment toutes les instances régionales, et qu'il peut se permettre de continuer ses manoeuvres dilatoires qui ne font que retarder l'ère de paix et de stabilité au Rwanda.
En conséquence, le RDR prie l'OUA d'accepter et coopérer, dans l'intérêt supérieur de la sous-région, à l'organisation d'une conférence internationale sur la crise dans la sous-région des grands lacs, seule capable de surmonter les intérêts égoïstes du FPR et de son lobby dans la sous-région.
Pour le RDR
Chris Nzabandora
Commissaire à l'Information