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Le 13 Janvier 1997
COMMUNIQUE DE PRESSE Nº 114
La crise des réfugiés rwandais est encore là et interpelle la communauté internationale.
Contrairement à la honteuse guerre des chiffres des réfugiés rwandais qui a couronné les expulsions primitives des réfugiés rwandais au Zaïre et en Tanzanie, en octobre et décembre 1996, la crise des réfugiés rwandais est encore loin d'être résolue.
Au Zaïre, il y a encore plus de 500.000 réfugiés dans la zone géographique entre les localités de WALIKALE et KISANGANI, qui risquent une mort certaine si la communauté internationale ne se mobilise pas rapidement pour leur venir en aide.
Après avoir fait plus de 200 km à pied, sous les balles du FPR et de ses acolytes BANYAMURENGE, sans compter la faim et des intempéries climatiques qu’ils ont dû affronter sur leur chemin, ceux qui proposent de leur créer immédiatement des corridors de sécurité pour qu'ils regagnent le Rwanda avant qu'ils ne reprennent de la force sont ceux-là même qui ont mis en échec la mission de la force internationale qui devait leur venir en aide conformément à la résolution 1080(96) du conseil de sécurité des Nations-Unies.
Ils sont beaucoup plus intéressés par la survie politique du FPR que par les vies humaines qu'ils sont en train de mettre en danger.
En Tanzanie, malgré les déclarations victorieuses du HCR et du FPR sur la conclusion de l'opération de rapatriement forcé des réfugiés, ce sont encore des milliers de réfugiés qui errent sans la moindre assistance, leur seul crime étant d'avoir laissé libre cours à leur instinct de survie.
En effet, puisqu'ils étaient selon le gouvernement tanzanien autour de 750.000 et que selon le HCR et le gouvernement du FPR, seul environ 500.000 sont rentrés au Rwanda, où sont les 200.000 de reliquat?
Certains qui ont bravé l'imposant dispositif de sécurité et se sont dispersés dans la nature à l'intérieur des frontières tanzaniennes sont en train d'être pourchassés par la police tanzanienne comme des criminels, sans que personne ne proteste. Même les graves débordements des services de sécurité tanzaniennes durant les expulsions n'ont jusqu'ici fait l'objet d'aucune enquête indépendante.
Ceux des camps de KARAGWE au nord de la Tanzanie qui avaient franchi la frontière ougandaise et regagné leur compatriotes du camp d'ORUCHINGA dans le district de MBARARA sont en train d'être recherchés à la loupe. Les rares rescapés qui avaient pris la route de KAMPALA pour les bureaux du HCR ont été cueillis par la police ougandaise dans la ville de MBARARA et leur sort est jusqu'ici inconnu.
D'autres qui avaient franchi le filet et qui avaient regagné les autres pays voisins de la Tanzanie sont traités comme des rebelles et le HCR demande ouvertement aux pays d'accueil de les arrêter et les renvoyer au Rwanda, en violations de l'article 31 (1)&(2) de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés , ainsi qu'à l'article 14 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
Le HCR avance que ces réfugiés ont renoncé à sa protection, du moment qu'ils ont quitté les camps. Or, ces camps n’existaient plus où étaient sans objet dès lors qu'ils n'offraient plus la protection recherchée.
En refusant toute assistance et protection à ces réfugiés en fuite, le HCR minimise aussi et à dessein les problèmes rencontrés par leurs compatriotes déversés au Rwanda, alors que toutes les organisations sérieuses de défense des droits de l'homme reconnaissent qu'il y a de graves tensions entre d'une part le gouvernement du FPR et les rapatriés, et d'autre part entre les rapatriés de 1959 essentiellement d'ethnie Tutsi, et ceux de 1996, essentiellement d'ethnie Hutu, dont plus de 5700 viennent déjà d'être écroués, sans compter ceux qui sont en résidence surveillée, ou ceux qui attendent encore deux mois après, de récupérer leur biens occupés par des squatters sous le menteau du FPR. Les récents incidents meurtriers en commune MURAMBI, NKUMBA, KIDAHO, RUNDA et dans la majeure partie de toute la préfecture de KIBUNGO ne sont que la partie visible de l'icerberg.
Il est tout aussi incompréhensible et inadmissible que le HCR qui avait toujours justifié son incapacité d'assister comme il le faut les réfugiés rwandais par leur nombre, ne puisse même pas assister ceux qui restent et dont les effectifs ont été réduits de plus de moitié.
Plutôt que de faire la politique de l'autruche, le RDR rappelle que la crise des réfugiés rwandais n'était qu'une des manifestations d'un problème politique beaucoup plus complexe, qui ne peut en aucun cas être résolu par le seul retour, même violent, des réfugiés.
Une solution durable passe inéluctablement par un dialogue politique national devant déboucher sur la mise en place d'institutions véritablement représentatives et démocratiques, en lieu et place de l'actuel administration issue d'un coup de force du FPR. Ces institutions sont les seuls capables de garantir une sincère réconciliation nationale ainsi qu'une sécurité et le respect des libertés fondamentales de chaque rwandais sans aucune exclusion.
Ni le mensonge, ni le maquillage médiatique, et encore moins les aventures militaristes ne viendront à bout d' un problème essentiellement politique.