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Le 26 Octobre 1996
Communiqué de presse nº100
L’appel du HCR aux réfugiés rwandais est une capitulation devant les pressions rwandaises et américaines.
Dans une déclaration largement médiatisée, le HCR est entrain d’exhorter les réfugiés rwandais à regagner le Rwanda, sous pretexte que les conditions de sécurité y sont beaucoup meilleures qu’au Zaïre, en proie à une agression étrangère.
Le HCR affirme qu’il aurait même assez de vivres à Cyangugu mais ne dit pas pourquoi il ne peut pas les transférer à Bukavu où se trouvent les réfugiés au lieu de leur demander de venir les prendre sur place.
Cette décision du HCR constitue ni moins ni plus une captulation devant d’intenses pressions américaines et rwandaises, dont les gouvernements n’ont pas caché depuis longtemps que l’usage de la violence pour forcer les réfugiés à rentrer constituait la meilleure solution à la crise des réfugiés rwandais.
Dès avant hier, 24 octobre 1996, avant même que le HCR ait rendu publique cette déclaration, Radio Rwanda avait annoncé que le HCR s’apprêtait à lancer un appel au retour, ce qui prouve à suffisance qu’il y a eu complicité entre le HCR et le FPR.
Le RDR rappelle le FPR est entièrement responsable des malheurs actuels des réfugiés rwandais au Zaïre, suite à ses incursions armées en territoire zaïrois. Au lieu de condamner energiquement cette agression contre un pays étranger, le Zaïre, qui endure depuis deux ans le fardeau d’entretenir plus d’un 1 million de ses ressortissants, le HCR veut donner au FPR un cadeau, en faisant son jeu.
Il est étonnant que le HCR qui avait energiquement condamné le rapatriement forcé des réfugiées rwandais au Burundi, et qui avait reconnu que les militaires burundais (et rwandais comme le révelera plus tard l’organisation Amnesty International) ,prend cet incident à temoin pour convaincre les réfugiées à rentrer. Il est tout aussi erroné de prétendre qu’il s’est déroulé sans incident alors que des centaines d’entre eux croupissent encore dans les cachots communaux de Butare et que d’autres attendent toujours la remise de leur biens, tout comme les ressortissants de la commune MUVUMBA rentrés en 1994 et qui attendent toujours d’être réintégrés dans leurs biens occupés par les zélotes du FPR.
Les réfugiés ne sont pas du tout emus par les larmes de crocodiles que le FPR verse à leur sort. Le seul geste qui les rassurerait serait l’arrêt immédiat par le FPR de ses raids sur les camps à l’Est du Zaïre, le rappel de ses escadrons de la mort envoyé dans les pays hebergeant les réfugiés, ainsi que la restitution immédiate et sans condition de leur biens.
Mais avant toute chose, le FPR doit accepter le principe d’un dialogue avec les répresentants des réfugiés, seul capable de dissiper la méfiance que les réfugiés ont à l’égard du FPR..
Quant aux puissances étrangères qui sont en train de soutenir contre vents et marais l’opération de rapatriement forcé des réfugiés rwandais sans s’attaquer aux causes profondes à l’origine de leur exode, et sans résoudre au préalable le problème posé par les incursions armées du FPR en territoire zaïrois, le RDR les informe qu’ils sont simplement en train de compliquer le problème et qu’à terme le FPR en sera le grand perdant.
En effet, tant que les revendications légitimes des réfugiés ne seront pas satisfaites, le seul retour, même forcé ne fera que renforcer le fossé existant entre le FPR et le peuple rwandais qu’il veut soumettre par les armes.
Il est donc crucial que les amis qui veulent aider le FPR à se maintenir au pouvoir réalisent que le meilleur service qu’ils peuvent lui rendre est de l’aider a rapatrier les réfugiés rwandais dans la sécurité et la dignité au lieu de chercher à tout prix à les humilier.
En conséquence, le RDR condamne sans réserve la campagne actuelle visant à profiter de la crise actuelle à l’Est du Zaïre causée par le FPR pour forcer les réfugiés à rentrer dans le caffouillage et l’insécurité.