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COMITÉ EXÉCUTIF |
RDR
Rassemblement pour
le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda
Rally for
the Return of Refugees and Democracy in Rwanda
Ihuliro Liharanira Itahuka ry’Impunzi na Demokarasi
mu Rwanda Pour un
Peuple Reconcilié dans un Etat de droit - For a Reconcilied People in a Rule
of Law Duharanire
Ubwiyunge bw'Abanyarwanda mu Gihugu cyubahiriza Amategeko |
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RDR est membre de l’ Union
des Forces Démocrtiques Rwandaises (UFDR) |
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Francfort, le 20 Juin 2001
COMMUNIQUÉ DE
PRESSE NO.10/2001
INSECURITÉ AU RWANDA PRÉTENDUMENT ATTRIBUÉE AUX «EX-FAR»
ET «INTERAHAMWE» PAR LA JUNTE MILITAIRE DE KIGALI: UN ARBRE QUI CACHE UNE FORÊT
Ces derniers temps, avec la relance du processus de
paix en République Démocratique du Congo (RDC), le chef de la junte militaire
au pouvoir au Rwanda, le général Paul Kagame, ne cesse d’incriminer la
communauté internationale qui ne ferait rien pour que les « Ex-Forces
Armées Rwandaises (FAR) » et les « milices Interahamwe » cessent
de menacer le Rwanda. Il jure par tous les dieux que son armée ne quittera pas
le territoire congolais tant que les
prétendus «Interahamwe» n’auront pas fait de même.
Cette amalgame entre une violation flagrante du droit
international que constitue l’invasion d’un pays souverain et un problème
interne est pour le moins inacceptable car la persistance du problème
d’insécurité à l’intérieur du Rwanda attribué à des insurgés
« Interahamwe » et « Ex-FAR » est la création même du
FPR/APR. Ce que le FPR/APR appelle « Interahamwe et Ex-FAR» est en
réalité un générique pour qualifier
tous les ressortissants rwandais qui ont fui le FPR/APR et qui restent en exil,
qu’ils portent ou non des armes.
Si le général Paul Kagame appelle de tous ses vœux la
communauté internationale à voler à son secours pour chasser les prétendus
« Interahamwe» et «Ex-FAR» du Congo, il serait utile que cette communauté
internationale se penche aussi sur les
raisons véritables, dans le chef du régime du FPR/APR, qui empêchent le retour
au bercail de ces rwandais qui errent de par de monde. Les leaders du FPR/APR
qui ont dans leur large majorité connu l’exil savent très bien, et plus que
quiconque, que l’exil n’est pas de tout repos. Ceux qui l’ont choisi ont sûrement
des raisons plus sérieuses que «la peur de représailles pour participation au
génocide» oh combien médiatisée par le régime.
Sans vouloir donner des leçons de droit
international, si on lit l’article II de la « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide» entrée
en vigueur le 12 Janvier 1951, on comprend que ce que le général Paul Kagame
continue de faire en République Démocratique du Congo depuis 1996 n’est rien
d’autre qu’un génocide. Cette article II définit le génocide comme: «l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de
détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou
religieux, comme tel :
a. Meurtre de membres
du groupe;
b. Atteinte grave à
l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe;
c. Soumission
intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa
destruction physique totale ou partielle;
d. Mesures visant à
entraver les naissances au sein du groupe;
e.
Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe.»
Les réfugiés rwandais au Congo, ou les « Interahamwe » comme le
général Paul Kagame les appelle, constituent un groupe de personnes qui subit
de plein fouet ce que cette convention prescrit. Quand le gouvernement rwandais
remplit des prisons, dans la plupart des cas de personnes innocentes et dans
des conditions inhumaines, les points b et c de la convention susdite sont bel
et bien visés.
Il faut que les Rwandais et toute la communauté internationale à laquelle
le général Kagame fait appel ne soient plus dupés. La campagne développée
autour des « Ex-FAR » et « Interahamwe » cache une volonté
d’annihilation de toute opposition au régime qualifiée d’«Interahamwe »
pour une cause génocidaire. Les membres des groupes armés qui, selon le FPR/APR, attaqueraient le Rwanda ne
sont pas ce qu’étaient les Interahamwe en 1994. Cela se confirme par l’âge des
soi-disant infiltrés capturés que le régime parade devant les médias
internationaux et nationaux. Ils sont tous ou presque mineurs alors que les
Ex-FAR qui n’avaient jamais enrôlé des mineurs en 1994 doivent être
certainement plus âgés que ces fameux infiltrés. Dans ses dernières tentatives
de sauver son règne, le régime du FPR/APR essaie de diviser l’opposition en
qualifiant tout opposant tutsi de monarchiste comme si se soulever en vue de se
débarrasser de la dictature incarnée par le FPR/APR est l'apanage des seuls
«Interahamwe» et des monarchistes.
En vue de résoudre définitivement le problème des «Ex-FAR» et des
«Interahamwe», le RDR demande aux amis du Rwanda à cesser de se voiler la face
et propose que les mesures minimalistes suivantes soient examinées :
§
Vu le génocide des réfugiés rwandais au
Congo qui reste impuni, il est hasardeux de demander aux survivants de sortir
de la clandestinité pour rentrer au Rwanda. Le retour des réfugiés rwandais
restés au Congo ne doit donc pas être un préalable au recouvrement de la
souveraineté de ce pays sur tout son territoire. Les problèmes d’insécurité à
l’intérieur du Rwanda sont le résultat d’une opposition intérieure et
extérieure de plus en plus grandissante au régime dictatorial et criminel du
FPR/APR.
§
Vu qu’une armée même vaincue ne
s’évapore pas tout simplement dans la nature et que chaque être humain a droit
à la vie, nous suggérons la renégociation des accords d’Arusha pour tenir
compte de tous les groupes armés nés à cause de la dictature installée par le
général Paul Kagame au Rwanda. Fort de l’expérience des sept dernières années
post-Arusha, il est possible de corriger les lacunes des protocoles d’Arusha pour
en faire un véritable pacte national.
§
Des pressions extérieures sont
indispensables pour obliger le régime du FPR/APR à reconnaître qu’il a une
opposition et que la solution se trouve d’abord et avant tout entre ses mains.
Si le régime veut vraiment mettre fin à l’impunité et redonner confiance à tout
le peuple rwandais, il doit accepter qu’il n’a pas, loin de là, le monopole de
la vérité et de la justice. Pour cela, des négociations sérieuses avec son
opposition doivent avoir lieu pour
mettre ensemble sur pied un cadre légal pour juger les criminels présumés de
génocide et de crimes de guerre. Actuellement, la seule instance légale pouvant
poursuivre les présumés génocidaires est le TPIR. Le FPR/APR et son opposition
doivent, de la même manière qu'en République Démocratique du Congo, se réunir
autour d'une table pour un dialogue inter-rwandais pour la sécurité et la paix
dans notre pays.
§
Le problème des «Interahamwe» et
«Ex-FAR» est donc simplement un faux problème. Ces éléments ne sont pas la
cause, mais la conséquence d’un mal auquel il faut s’attaquer sans hypocrisie.
Nous sollicitons l'appui de la communauté internationale à cette fin.
§
Le RDR demande à ceux qui s'affrontent au Nord du Rwanda de préserver la
vie des civils et condamne énergiquement les massacres déjà perpétrés par
l'Armée du FPR contre les civils accusés injustement de sympathiser avec
l'adversaire. Nous condamnons avec notre dernière énergie les mesures prises
par le régime de Kigali d'associer ses milices sanguinaires LDF( Local Defense
Forces) dans la lutte contre les infiltrés, ce qui ne va servir qu' à augmenter
le nombre de victimes innocentes parmi la population civile.
Pour le RDR,
Eric Bahembera
Commissaire chargé de l’information