|
COMITÉ EXÉCUTIF |
RDR
Rassemblement
pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda
Rally for the Return of Refugees and Democracy
in Rwanda
Ihuliro Liharanira Itahuka
ry’Impunzi na Demokarasi mu Rwanda Pour
un Peuple Reconcilié dans un Etat de droit - For a Reconcilied People in a
Rule of Law Duharanire
Ubwiyunge bw'Abanyarwanda mu Gihugu cyubahiriza Amategeko |
|||
|
info@rdrwanda.org http://www.rdrwanda.org |
Victoire Ingabire,
President Postbus 3124 2280 GC, Rijswijk, Netherlands Phone/Fax : 00-31-180633822 |
Emmanuel Nyemera,
Vice-President Case Postale 5352,
Succursale B Montréal, Canada, H3B
4P1 Phone : 00-514-340 0618 |
Le RDR est
membre de la coalition Union des Forces Démocratiques Rwandaises (UFDR) |
|
LE RDR CONDAMNE L’EXPLOITATION
DU GÉNOCIDE RWANDAIS DE 1994 À DES FINS POLITIQUES
Le RDR dénonce et condamne l’exploitation politique du
génocide rwandais de 1994 par le général Paul Kagamé pour éliminer toute
opposition politique à son régime tyrannique ou justifier les crimes commis par sa milice, l’Armée Patriotique
Rwandaise (APR), au Rwanda depuis octobre 1994 et au Congo-Kinshasa (RDC)
depuis août 1996. Cette exploitation
se manifeste par:
a) des listes arbitraires de suspects génocidaires de la
première catégorie
Le
Front Patriotique Rwandais (FPR) publia en janvier 1994 une liste de 210
personnes à être tuées par l’APR et beaucoup d’entre elles (Felicien Gatabazi,
dirigeant du parti PSD, Martin Bucyana, Président du parti CDR, etc.) ont été
effectivement tuées par des présumés escadrons de la mort du FPR avant avril
1994. D’autres ont été tuées plus tard. L’assassinat du Président Juvénal
Habyarimana le 6 avril 1994 déclencha le génocide. Après sa prise du pouvoir en
juillet 1994, le régime dictatorial du
FPR publia dans le Journal officiel du 30 novembre 1996 une liste
de 1946 noms de prétendus suspects génocidaires de la catégorie 1. Une seconde
version de la liste avec 2133 noms est sortie en janvier 2000. Par rapport à la
liste initiale, 643 noms avaient été retirés et remplacés par 830 nouveaux
noms. Une troisième version de la liste avec 2898 noms est sortie en avril
2001. Le gouvernement rwandais ajuste régulièrement sa liste aux changements
dans l’arène politique rwandaise pour supprimer toute opposition politique à sa
dictature et à sa mauvaise gouvernance. Le génocide des Tutsi est devenu une
arme politique exploitée par le FPR pour disqualifier toute personne ou tout
parti politique (allié ou de l’opposition) qui conteste ses options politiques
ou son leadership.
Voici
quelques exemples illustrant l’exploitation politique du génocide rwandais par
le FPR. On trouve sur ces listes les anciens collaborateurs du FPR qui l’ont
quitté et se sont exilés (Pierre-Célestin Rwigema, ministre de l’enseignement
de juillet 1994 à août 1995 et Premier Ministre d’août 1995 à janvier 2000, le
général Léonidas Rusatira, ex-officier de l’APR, Barahinyura Shyirambere Jean,
ex-Commissaire du FPR à la documentation, etc.) ou des personnes décédées
(Président Juvénal Habyarimana, Pasteur Musabe (assassiné au Caméroun), etc. ).
L’évêque catholique Augustin Misago, jugé au Rwanda et trouvé innocent en 2000,
apparaît encore sur la nouvelle liste. Par contre, les personnes qui étaient
sur les vieilles listes et dont la loyauté au service du FPR n’est plus
questionnée ont été rayées de la nouvelle liste (Boniface Rucagu, Préfet de
Ruhengeri, etc.) ou y sont maintenus pour chantage ultérieur. Le gouvernement
rwandais utilise souvent le génocide des Tutsi pour porter de fausses
accusations criminelles contre la personne dont il cherche l’extradition au
Rwanda.
b) Le refus d’aide et de sépulture digne aux victimes non
tutsies et à certaines victimes tutsies
Depuis 1995, au 7 avril de chaque année, le gouvernement
rwandais récupère les restes des victimes Tutsis dans certains sites de
massacres et réserve, pour une période indéterminée, d’autres sites de
massacres pour ses cérémonies futures de commémoration du génocide. Une partie
de ces restes est envoyée par les autorités aux musées pour y être exposées aux
visiteurs pendant que d’autres reçoivent une sépulture digne. Les Hutus ou Twas
victimes de massacres et d’atrocités commis par l’APR, les Interahamwe ou
d’autres milices ne sont pas reconnus par les autorités et une sépulture digne
leur est refusée. Aucune assistance n’est fournie aux survivants Hutus ou Twas.
Seuls quelques Tutsi ont droit au deuil, à une sépulture digne et aux aides.
D’autres victimes et survivants rwandais n’ont pas ces droits; le gouvernement
actuel leur refuse l’aide et la justice ne leur est pas rendue.
c) La culpabilisation de la communauté internationale
Pour attirer la compassion de l’opinion mondiale et
bénéficier de l’impunité de leurs crimes, les dirigeants du FPR reprochent à la
communauté internationale de n’avoir pas empêché le génocide rwandais de 1994
et présentent leur régime dictatorial comme le régime politique des rescapés du
génocide. Or, craignant qu’une force armée onusienne ne leur empêche de prendre
le pouvoir au Rwanda par la force, les dirigeants du FPR ont intimé à l’ONU de
rester en dehors de la guerre au Rwanda durant le génocide de 1994. Le 13 mai
1994, Denis Polisi, alors adjoint du vice-président du FPR, déclara à la BBC
que « Si la force (de l’ONU) vient s’interposer entre les deux
belligérents il sera traité comme une force ennemie et sera attaquée».
Selon le journal britannique The Guardian du 23 mai 1994, Théogène
Rudasingwa, alors secrétaire général du FPR, déclara à une conférence de presse
à Nairobi que « Les Africains savent ce dont ils ont besoin. Nous
n’acceptons pas qu’une force étrangère puisse venir au Rwanda et établir la loi
et l’ordre». En fait, les actions et déclarations du FPR incitèrent
beaucoup de pays à ne pas fournir de troupes à la Mission de l’ONU au Rwanda
durant le génocide de 1994. Le Général Paul Kagamé se vante d’avoir arrêté le
génocide et entretient le spectre d’un second génocide pour se présenter comme
un héros légendaire, sauveur et protecteur des Tutsi de la solution finale. Il
exploite le génocide rwandais non seulement pour justifier la répression
brutale de l’opposition politique et l’invasion de la R.D. Congo par son armée
APR mais aussi pour faire peur aux Tutsi et les intimider afin qu’ils se soumettent
à sa volonté.
Pour restaurer une paix durable au Rwanda et dans la
région des Grands Lacs, le RDR demande :
¨ à tous les
gouvernements de rejeter et de ne pas légitimer les listes de présumés
génocidaires émis par le gouvernement rwandais, de mener leurs propres enquêtes
indépendantes et de transférer les éventuels suspects au Tribunal Pénal
International pour le Rwanda (TPIR) ou de les juger eux-mêmes au lieu de les
envoyer à une mort certaine au Rwanda.
¨ au Secrétaire
Général et au Président du Conseil de
sécurité de l’ONU, au Procureur en chef du TPIR, à tous les pays et organismes
de défense des droits humains, de prendre toutes les mesures nécessaires pour
traduire aussi en justice les dirigeants du FPR/APR responsables des crimes de
guerre, crimes contre l'humanité et actes de génocide commis au Rwanda et en
RDC.
¨à l’ONU, l’Organisation de l’Unité Africaine, l’Union Européenne et aux grandes puissances
d’organiser une Conférence Internationale sur la Paix et la Sécurité dans les
Grands Lacs où les différents gouvernements de la région et leurs oppositions
politiques seront invités pour trouver des solutions politiques à leurs
conflits par le dialogue et la négociation.
Pour le RDR
Emmanuel Nyemera, Ph.D.
Vice-Président