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COMITÉ EXÉCUTIF |
RDR
Rally for the Return of Refugees and Democracy in Rwanda
Rassemblement pour le
Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda Ihuliro Liharanira Itahuka ry’Impunzi na
Demokarasi mu Rwanda |
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P.O.
Box 5352, Postal Station B |
Postbus
3124 |
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Pour un Peuple Réconcilié
dans un État de droit; For a Reconcilied People in a Rule of Law; Duharanire
Ubwiyunge bw'Abanyarwanda mu Gihugu cyubahiriza Amategeko; |
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En tant que membre de la coalition Union des Forces Démocratiques
Rwandaises (UFDR), le Rassemblement
pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda (RDR) dénonce et
condamne vigoureusement les élections anti-démocratiques prévues pour octobre
ou novembre de cette année par le gouvernement dictatorial du Rwanda dirigé par
le Front Patriotique Rwandais (FPR).
Ces élections communales sont la continuité des élections
anti-démocratiques qui ont eu lieu en mars de l’année passée au niveau des
cellules et des secteurs sous le soi-disant «système sans partis» importé de l’Ouganda par le FPR.
En s’inspirant du système
«sans-partis» ougandais, le FPR a interdit toute activité politique aux autres
partis politiques et les a rendu inefficaces à l’intérieur du pays depuis
juillet 1994. Pour le dirigeant ougandais, le Général Yoweri Museveni, la
démocratie multipartite n’apporte que la division. Il affirme que dans les pays
en voie de développement, les partis politiques divisent la société sur base
ethnique, tribale ou religieuse. Il permet l’existence des partis politiques,
mais limite sévèrement leurs activités.
Les partis politiques n’ont pas le droit de faire campagne, d’émettre
les cartes de membres, de tenir des réunions, rencontres ou rassemblements
publics, ou de soutenir des candidats
dans des élections. Ces restrictions sévères sont justifiées par une sorte de
paternalisme selon lequel les peuples africains sont politiquement immatures et
devraient donc endurer des décennies de dictatures dirigées par une élite
auto-proclamée éclairée qui prétend
délivrer, à un moment inconnu, la liberté politique et sociale à des
masses reconnaissantes. Cette idée est totalement fausse, dangereuse et n’a
aucune raison d’être aujourd’hui. Elle
justifie seulement la mise en place d’une dictature à parti unique au lieu de
trouver les voies et moyens de contrôler les aspects négatifs, tel que le
tribalisme, qui peuvent surgir avec le multipartisme. En effet, sur le continent
Africain, le Botswana, le Sénégal, l’Afrique du Sud et l’Ile Maurice sont des
démocraties multipartites.
Le RDR demande à tous les
gouvernements démocratiques et à toutes les
personnes et organisations éprises de liberté de condamner le régime dictatorial de
Kigali et de n’accorder aucune subvention pour ces élections antidémocratiques
organisées par le gouvernement du FPR qui violent les droits des rwandais à la liberté
d’association, de réunion pacifique, d’expression et de mouvement ainsi que le
droit de participer au gouvernement, soit directement ou à travers les
représentants élus librement tel que reconnus par la Déclaration Universelle
des Droits de l’Homme et la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des
Peuples.
Après l’interdiction des activités
des autres partis politiques lorsqu’il a pris le pouvoir en juillet 1994, le
FPR s’est engagé dans des tactiques destructrices et de division. Il a choisi quelques Hutus appartenant à ses
factions sympathisantes dans les partis politiques muselés et leur a nommés
dans son gouvernement dictatorial, au
parlement et dans la fonction publique. En faisant cela, le FPR pensait
que ces quelques Hutus seront aveuglement suivis par le peuple, et lui
permettront ainsi de faire accepter son régime. Cependant, le peuple rwandais
n’est pas dupe, il considère ces Hutus comme des serviteurs du gouvernement
dictatorial qui ont choisi d’aider l’oppresseur et ne les reconnaît pas
comme ses représentants. Lorsque ces
Hutus refusent de prêcher pour leur maître, ils sont révoqués, emprisonnés ou
tués. C’est ce qui est arrivé à beaucoup d’entre eux. Incapable de gagner les cœurs de la population et les démissions successives et dénonciations révélant
chaque jour le mensonge derrière le soi-disant «gouvernement de l’unité
nationale», le FPR est maintenant
entrain d’organiser des élections antidémocratiques qu’il présente comme étant
un processus de décentralisation et de démocratisation à la base. Cette manœuvre vise simplement à camoufler
le déclin imminent du régime dictatorial du FPR.
Dans des élections tenues l’année dernière au niveau des cellules et des
secteurs, seuls les sympathisants du régime pouvait se porter candidats. Cependant, selon le gouvernement, ils se
présentaient seulement comme candidats
indépendants, et non comme membres de partis politiques. Les électeurs
n’avaient pas de programmes alternatifs parmi lesquels ils pouvaient choisir et
voter. Le vote était obligatoire. Quadrillés par des forces militaires, de la
police et des milices du FPR armées jusqu’aux dents, les citoyens étaient
forcés de se rendre au bureau de vote et obligés de s’aligner derrière un
candidat, parmi ceux désignés par le gouvernement. Les candidats qui avaient
plus de gens derrière eux étaient déclarés "élus selon le mérite et non
selon leur appartenance politique ou ethnique". Dans les élections
communales, seules 10.000 personnes élues l’année passée au niveau des cellules
et des secteurs auront le droit de voter et d’élire parmi eux 154 bourgmestres
dans une élection à bulletin secret; le suffrage sera indirect.
Pour le RDR, tout le processus électoral est truqué. L’interdiction des
activités des partis politiques doit être levée; la liberté politique doit être
entièrement restaurée. Les citoyens doivent avoir le droit d’élire leurs
dirigeants à tous les niveaux par des élections universelles, directes, libres,
égales et à bulletins secrets. Tout le pouvoir doit appartenir au peuple.
Le RDR demande à tous les
gouvernements démocratiques et à toutes les personnes et organisations éprises de
liberté de dénoncer et de condamner les élections antidémocratiques organisées
par le gouvernement dictatorial dirigé par le FPR au Rwanda et de ne pas
s’associer à l’oppresseur du peuple rwandais et à la tyrannie dans notre
patrie. Tous les tyrans, quel que soit leur couleur, leur ethnie, sont là aujourd’hui mais ils partiront. Les
peuples, victimes de la tyrannie, vivent à jamais. Tous les systèmes
tyranniques, quel que soit l’etiquette qu’ils revêtent, sont là aujourd’hui mais
ils ne deviendront qu’un mauvais souvenir.
Fait à Montréal le 31 août 2000
Pour le RDR
Emmanuel
Nyemera, Ph.D.
Vice-Président