COMITÉ

EXÉCUTIF

RDR

Rally  for the Return of Refugees and Democracy in Rwanda

Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda

Ihuliro Liharanira Itahuka ry’Impunzi na Demokarasi mu Rwanda

 

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Pour un Peuple Réconcilié dans un État de droit; For a Reconcilied People in a Rule of Law; Duharanire Ubwiyunge bw'Abanyarwanda mu Gihugu cyubahiriza Amategeko;

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE NO. 1/2000

 

LE RDR CONDAMNE LES ÉLECTIONS ANTIDÉMOCRATIQUES AU RWANDA

 

En tant que membre de la coalition Union des Forces Démocratiques Rwandaises  (UFDR), le Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda (RDR) dénonce et condamne vigoureusement les élections anti-démocratiques prévues pour octobre ou novembre de cette année par le gouvernement dictatorial du Rwanda dirigé par le Front Patriotique Rwandais (FPR).  Ces élections communales sont la continuité des élections anti-démocratiques qui ont eu lieu en mars de l’année passée au niveau des cellules et des secteurs sous le soi-disant «système sans partis» importé de l’Ouganda par le FPR.

 

En s’inspirant du système «sans-partis» ougandais, le FPR a interdit toute activité politique aux autres partis politiques et les a rendu inefficaces à l’intérieur du pays depuis juillet 1994. Pour le dirigeant ougandais, le Général Yoweri Museveni, la démocratie multipartite n’apporte que la division. Il affirme que dans les pays en voie de développement, les partis politiques divisent la société sur base ethnique, tribale ou religieuse. Il permet l’existence des partis politiques, mais limite sévèrement leurs activités.  Les partis politiques n’ont pas le droit de faire campagne, d’émettre les cartes de membres, de tenir des réunions, rencontres ou rassemblements publics,  ou de soutenir des candidats dans des élections. Ces restrictions sévères sont justifiées par une sorte de paternalisme selon lequel les peuples africains sont politiquement immatures et devraient donc endurer des décennies de dictatures dirigées par une élite auto-proclamée éclairée qui prétend  délivrer, à un moment inconnu, la liberté politique et sociale à des masses reconnaissantes. Cette idée est totalement fausse, dangereuse et n’a aucune raison d’être aujourd’hui.  Elle justifie seulement la mise en place d’une dictature à parti unique au lieu de trouver les voies et moyens de contrôler les aspects négatifs, tel que le tribalisme, qui peuvent surgir avec le multipartisme. En effet, sur le continent Africain, le Botswana, le Sénégal, l’Afrique du Sud et l’Ile Maurice sont des démocraties multipartites.

 

Le RDR demande à tous les gouvernements démocratiques et à toutes les personnes et organisations éprises de liberté de condamner le régime dictatorial de Kigali et de n’accorder aucune subvention pour ces élections antidémocratiques organisées par le gouvernement du FPR qui violent les droits des rwandais à la liberté d’association, de réunion pacifique, d’expression et de mouvement ainsi que le droit de participer au gouvernement, soit directement ou à travers les représentants élus librement tel que reconnus par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

 

Après l’interdiction des activités des autres partis politiques lorsqu’il a pris le pouvoir en juillet 1994, le FPR s’est engagé dans des tactiques destructrices et de division.  Il a choisi quelques Hutus appartenant à ses factions sympathisantes dans les partis politiques muselés et leur a nommés dans son gouvernement dictatorial, au  parlement et dans la fonction publique. En faisant cela, le FPR pensait que ces quelques Hutus seront aveuglement suivis par le peuple, et lui permettront ainsi de faire accepter son régime. Cependant, le peuple rwandais n’est pas dupe, il considère ces Hutus comme des serviteurs du gouvernement dictatorial qui ont choisi d’aider l’oppresseur et ne les reconnaît pas comme  ses représentants. Lorsque ces Hutus refusent de prêcher pour leur maître, ils sont révoqués, emprisonnés ou tués. C’est ce qui est arrivé à beaucoup d’entre eux.  Incapable de gagner les cœurs de la population et  les démissions successives et dénonciations révélant chaque jour le mensonge derrière le soi-disant «gouvernement de l’unité nationale»,  le FPR est maintenant entrain d’organiser des élections antidémocratiques qu’il présente comme étant un processus de décentralisation et de démocratisation à la base.  Cette manœuvre vise simplement à camoufler le déclin imminent du régime dictatorial du FPR.

 

Dans des élections tenues l’année dernière au niveau des cellules et des secteurs, seuls les sympathisants du régime pouvait se porter candidats.  Cependant, selon le gouvernement, ils se présentaient  seulement comme candidats indépendants, et non comme membres de partis politiques. Les électeurs n’avaient pas de programmes alternatifs parmi lesquels ils pouvaient choisir et voter. Le vote était obligatoire. Quadrillés par des forces militaires, de la police et des milices du FPR armées jusqu’aux dents, les citoyens étaient forcés de se rendre au bureau de vote et obligés de s’aligner derrière un candidat, parmi ceux désignés par le gouvernement. Les candidats qui avaient plus de gens derrière eux étaient déclarés "élus selon le mérite et non selon leur appartenance politique ou ethnique". Dans les élections communales, seules 10.000 personnes élues l’année passée au niveau des cellules et des secteurs auront le droit de voter et d’élire parmi eux 154 bourgmestres dans une élection à bulletin secret; le suffrage sera indirect.

 

Pour le RDR, tout le processus électoral est truqué. L’interdiction des activités des partis politiques doit être levée; la liberté politique doit être entièrement restaurée. Les citoyens doivent avoir le droit d’élire leurs dirigeants à tous les niveaux par des élections universelles, directes, libres, égales et à bulletins secrets. Tout le pouvoir doit appartenir au peuple.

 

Le RDR demande à tous les gouvernements démocratiques et à toutes les personnes et organisations éprises de liberté de dénoncer et de condamner les élections antidémocratiques organisées par le gouvernement dictatorial dirigé par le FPR au Rwanda et de ne pas s’associer à l’oppresseur du peuple rwandais et à la tyrannie dans notre patrie. Tous les tyrans, quel que soit leur couleur, leur ethnie,  sont là aujourd’hui mais ils partiront. Les peuples, victimes de la tyrannie, vivent à jamais. Tous les systèmes tyranniques, quel que soit l’etiquette qu’ils revêtent, sont là aujourd’hui mais ils ne deviendront qu’un mauvais souvenir.

 

 Fait à Montréal le 31 août 2000

Pour le RDR

 

Emmanuel Nyemera, Ph.D.

Vice-Président