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COMITÉ EXÉCUTIF |
RDR
Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la
Démocratie au Rwanda
Rally for the Return of Refugees and Democracy in Rwanda
Ihuliro Liharanira Itahuka ry’Impunzi na Demokarasi
mu Rwanda Pour un Peuple Reconcilié dans un Etat de droit -
For a Reconcilied People in a Rule of Law Duharanire Ubwiyunge bw'Abanyarwanda mu Gihugu
cyubahiriza Amategeko |
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info@rdrwanda.org http://www.rdrwanda.org |
Victoire Ingabire, Présidente Postbus 3124 2280 GC, Rijswijk, Netherlands Phone/Fax : 00-31-180633822 |
Emmanuel Nyemera, Vice-Président P.O. Box 5352, Postal Station B Montreal, Canada, H3B 4P1 Phone: 00-514-585 7153 |
Le
RDR est membre de l’Union des Forces Démocratiques Rwandaises (UFDR) |
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE NO. 4/2002
LE RDR CONDAMNE LES ÉLECTIONS LOCALES NON-LIBRES ET INJUSTES AU RWANDA
Persistant dans son imposition au
peuple rwandais du système électoral «sans partis» qui viole les droits des
citoyens rwandais aux libertés d’association, de réunion pacifique,
d’expression, de mouvement et du droit de participer au gouvernement
directement ou à travers des représentants librement choisis, tels que reconnus
par la Déclaration universelle des droits de la personne et la Charte africaine
des droits de la personne et des peuples, le gouvernement dictatorial mis en
place par le Front patriotique rwandais (FPR) a tenu encore des élections non libres ni justes au niveau
de la cellule (la plus petite unité administrative au Rwanda) et du secteur le
25 et 26 mars 2002. Au nom du peuple luttant pour la démocratie, la liberté et
la justice dans la République Rwandaise, le Rassemblement pour le retour des
réfugiés et la démocratie au Rwanda (RDR) dénonce et condamne les élections
non-libres et injustes organisées par le gouvernement de Kigali.
Sous le système électoral «sans
partis» utilisé au Rwanda, seules les personnes soutenant le gouvernement sont
autorisées à être candidats aux élections. Les candidats sont sélectionnés par
le gouvernement; les partis politiques sont autorisés à exister mais n’existent
que de nom. Le pluralisme politique est apparent mais non réel. Le FPR a banni
les activités politiques à l’intérieur du Rwanda pour d’autres formations
politiques depuis qu’il a pris le pouvoir en juillet 1994. Les autres partis
politiques ne sont pas autorisés à faire campagne, à présenter ou soutenir des
candidats dans les élections, à émettre des cartes de membres, à tenir des
rencontres ou rassemblements publics. Tous les candidats aux élections sont
désignés par le gouvernement et sont forcés de se présenter comme individus et
non comme membres d’un parti. L’enregistrement au registre des électeurs et le vote
sont obligatoires. Aucun parti d’opposition n’est
autorisé à l’intérieur du pays, toutes les factions politiques enregistrées au
Rwanda participent au gouvernement, aux côtés du FPR. Selon la propagande du
gouvernement rwandais, les candidats aux élections sont des personnes intègres
qui se portent candidats à titre individuel seulement. Cependant, ceux et
celles dont la candidature a été retenue sont des membres ou des sympathisants
du FPR déjà connus. Les électeurs n’ont pas eu de programmes alternatifs parmi
lesquels choisir et voter. Le vote était obligatoire. Après l’appel au vote lancé
par le général Paul Kagame sur Radio Rwanda et étant donnée la surveillance
stricte de l’Armée patriotique rwandaise (APR), la police et les unités locales
des milices du FPR armées jusqu’aux dents, les gens ont été obligés d’aller
voter par peur d’être massacrés s’ils n’y allaient pas, comme cela a été dans
le passé. Ceci explique en réalité la forte participation, 95%, observée dans les élections rwandaises.
Le vote au niveau de la cellule
n'était pas secret. Des électeurs ont
été obligés de s'aligner derrière un candidat de leur choix parmi ceux désignés
par le gouvernement. Des candidats qui ont obtenu la majorité de personnes
derrière eux ont été déclarés gagnants au niveau de la cellule et présentés par
le gouvernement comme personnes intègres " élus à cause de leur mérite,
plutôt que leur groupe politique, régional ou ethnique". Ceux et celles
élus dans les différentes cellules composant le secteur ont élu parmi eux, au
vote secret, les dirigeants au niveau du secteur. Ceux et celles élus aux différents secteurs composant la
municipalité (connue sous le nom de
« commune » au Rwanda) ont élu parmi eux, au vote secret, les
dirigeants au niveau de la municipalité. Ce processus électoral complexe est
destiné en réalité à assurer que ceux et celles élus à tous les niveaux sont
des membres ou des sympathisants du FPR, des serviteurs du gouvernement
contrôlé par le FPR et non des serviteurs du peuple. Ceci vise à assurer au
régime dictatorial du FPR une apparence de légitimité tout en laissant intact
le monopole du FPR sur les institutions de l’État rwandais.
Il n’y a pas de Commission
Électorale indépendante au Rwanda. Le président de la Commission électorale
nationale, M. Protais Musoni, est un haut dirigeant connu du FPR et est en même
temps secrétaire général au Ministère de l’administration locale et des
affaires sociales. Le secrétaire exécutif de la Commission électorale
nationale, M. Christophe Bazivamo, est
aussi Vice-Président du parti au pouvoir, le FPR. Tous les membres de la Commission électorale
à tous les niveaux sont des membres et des sympathisants du FPR, choisis et
nommés par le gouvernement mis en place par le FPR.
Tout le processus électoral au
Rwanda est truqué. L'interdiction des
activités des partis politiques devrait être levée, la liberté politique devrait être entièrement restaurée. Les citoyens devraient avoir le droit
d'élire leurs dirigeants à tous les niveaux au suffrage direct et au vote
secret parmi des candidats présentés par les partis politiques et les candidats
indépendants. La Commission électorale
nationale devrait être réellement indépendante. Le système électoral «sans partis» prévalant au Rwanda ne
garantit pas une compétition libre et juste pour la direction politique du
pays; il est antidémocratique.
Le RDR
invite les Nations Unies, l'Organisation de l'unité africaine/Union africaine,
l'Union européenne, tous les pays démocratiques et toutes les personnes et
organisations éprises de liberté à ne pas s'associer à la tyrannie du général
Paul Kagame au Rwanda, à condamner les
élections locales non-libres et injustes organisées par le gouvernement
rwandais sous le système électoral «sans partis» et à conditionner tous les
flux d’aides financières vers le Rwanda à la libéralisation de l’espace
politique nationale et la démocratisation réelle des institutions. Il est
moralement inacceptable de condamner le Zimbabwe qui permet aux partis
politiques de présenter des candidats aux élections locales, municipales,
parlementaires et présidentielles et, en même temps, de garder le silence et de
ne pas condamner le système électoral
«sans partis» qui interdit les activités des partis politiques au Rwanda. Ignorer les abus des droits civils et
politiques du système dictatorial «sans partis» mis en place par le FPR au
Rwanda mine la notion de l'universalité des droits humains dans la région
africaine des Grands Lacs et ailleurs.
Fait à Montréal le 28 mars
2002
Pour le RDR
Emmanuel Nyemera, Ph.D.
Vice-Président