COMITÉ EXÉCUTIF

RDR

Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda
Rally  for the Return of Refugees and Democracy in Rwanda

Ihuliro Liharanira Itahuka ry’Impunzi na Demokarasi mu Rwanda

 

Pour un Peuple Reconcilié dans un Etat de droit - For a Reconcilied People in a Rule of Law

Duharanire Ubwiyunge bw'Abanyarwanda mu Gihugu cyubahiriza Amategeko


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Victoire Ingabire, Présidente

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Emmanuel Nyemera, Vice-Président

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 Le  RDR est membre de l’Union des Forces Démocratiques Rwandaises (UFDR)

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE NO. 5/2002

 

LE RDR DEMANDE LA LIBÉRATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES AU RWANDA

 

Samedi le 20 avril 2002, la police du régime du Front patriotique rwandais (FPR) a de nouveau arrêté les dirigeants du Parti pour la démocratie et le renouveau (PDR), MM. Pasteur Bizimungu,  et Charles Ntakirutinka, respectivement ancien président de la République et ex-ministre des travaux publics dans le régime FPR. «Nous avons reçu des informations selon lesquelles les deux hommes continuaient les activités de leur parti politique interdit par les autorités», a déclaré M. Tony Kuramba, porte-parole de la police rwandaise. Depuis sa prise du pouvoir en juillet 1994, le FPR s’est arrogé un monopole politique en bannissant les activités politiques pour d’autres organisations politiques. Depuis bientôt 8 ans, plusieurs personnalités politiques des partis MDR, PSD, PC, PL et autres sont mortes ou croupissent encore en prison pour leurs opinions politiques, pour leur simple appartenance politique et ethnique. Au nom du peuple rwandais luttant pour la démocratie, la liberté et la justice, le RDR condamne l’emprisonnement de Pasteur Bizimungu et Charles Ntakirutinka pour des raisons politiques et demande la libération immédiate de tous les prisonniers politiques détenus par le régime dictatorial du FPR.

 

Le régime FPR reproche aux responsables du PDR d’appeler à la désobéissance civile, à la division des Rwandais et de porter  atteinte à la sûreté de l'État. Cependant,  face au régime tyrannique de Paul Kagame, répressif et destructeur de la liberté, la désobéissance civile est en fait un devoir pour chaque patriote rwandais. Pour ce qui est de la division des Rwandais, le fait que les responsables du PDR reconnaissent l’existence des communautés Hutus,  Tutsis et  Twas composant la société rwandaise n’est pas du tout semer la division; c’est plutôt affirmer une réalité humaine que le Rwanda ne peut plus cacher devant la face du monde. La négation de la diversité communautaire rwandaise par le régime FPR vise à masquer sa politique d’exclusion et de discrimination qui a fini par concentrer tout le pouvoir politique, économique et militaire entre les mains d’une poignée d’extrémistes tutsi. Pour ce qui est de la prétendue atteinte à la sûreté de l’État, cela relève de la paranoïa. M. Paul Kagame se rend compte que de plus en plus de Rwandais commencent à vaincre la peur de la mort et que sa politique de terreur n’influence plus leurs comportements. Il a alors peur que le peuple les imite.

 

Exercer son droit à  la liberté d’association, de réunion pacifique, d’expression et participer à la gestion publique de son pays en remettant en question le monopole politique du parti-État FPR est un droit et un devoir pour tout citoyen rwandais soucieux de l’avenir de son pays. Nous condamnons le harcèlement et la persécution continuels des membres des partis d’opposition à l’intérieur du Rwanda. Nous demandons à l’Union européenne, à l’Union africaine, à tous les gouvernements, bailleurs de fonds et organismes de défense des droits humains d’user de leur puissance et influence auprès du régime FPR pour la libération immédiate de tous les opposants politiques, la cessation de la persécution de l’opposition politique et la tenue d’un dialogue inter-rwandais pour mettre en place des institutions sûres pour toutes les composantes de la population. Nous demandons l’arrêt des appuis diplomatiques, aides financières, exportations d’armes et formations militaire au gouvernement de Kigali.

Il est dans la stratégie du FPR de se débarasser de ses collaborateurs, en particulier Hutus, après les avoir impliqués dans des crimes graves. Pasteur Bizimungu a été commissaire à l’information et documentation du FPR quand il était encore dans le maquis, puis vice-président du FPR et président de la République jusqu’à sa démission en mars 2000. MM. Pasteur Bizimungu, Paul Kagame et les autres hauts dirigeants politiques et militaires du FPR sont suspectés de crimes de guerre, génocide, crimes contre la paix et contre l’humanité commis au Rwanda depuis octobre 1990 et en République démocratique du Congo (RDC) depuis 1996. Leur responsabilité individuelle est notamment présumée dans les massacres des civils Hutus par leur armée APR dans les zones sous contrôle du FPR durant la guerre 1990-1994 au Rwanda, dans les massacres de 8000 déplacés de guerre à Kibeho en avril 1995, dans les massacres de plus de 200000 réfugiés Hutus et des centaines de milliers de civils congolais par l’APR en 1996-1997 et dans d’autres crimes. Des plaintes à leur égard ont déjà été déposées auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et dans d’autres tribunaux nationaux. M. Pasteur Bizimungu a aussi fait emprisonner plusieurs personnes innocentes, dont notamment l’évêque catholique Mgr Augustin Misago. Quand le FPR a banni les activités des partis politiques en juillet 1994, M. Bizimungu n’a rien dit. Maintenant, cette mesure injuste se retourne contre lui. Tout en condamnant l’emprisonnement de M. Pasteur Bizimungu pour des motifs politiques, nous estimons que la bonne place pour lui et les autres responsables du FPR suspectés de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité est devant un tribunal pénal, indépendant et impartial, capable de leur assurer un procès juste et équitable pour qu’ils répondent des accusations graves pesant sur eux et non au sommet de l’État ou des partis politiques.

 

Une adaptation du fameux poème du pasteur allemand Martin Niemöller peut mieux illustrer comment les forces du mal  profitent des divisions et de l’inconscience populaire pour consolider leur règne de la terreur au Rwanda:


Quand  les gens du FPR/APR  ont massacré des centaines de milliers de Hutus de Byumba et Ruhengeri
Je n'ai rien dit
Je ne suis pas  de Byumba,  ni de Ruhengeri ni Hutu

Quand les différents dirigeants politiques ( Emmanuel Gaphyisi du MDR,  Félicien Gatabazi du PSD, Martin Bucyana du CDR, le Président Juvénal Habyarimana du MRND) susceptibles de s’opposer au plan politique du FPR, ont été assassinés
Je n'ai rien dit
Je n’étais pas  membre ni sympathisant  de leurs partis politiques

Quand  des centaines de milliers de Tutsis ont été tuées dans les zones du gouvernment  rwandais au printemps 1994
Je n'ai rien dit
Je ne suis pas Tutsi

Quand les gens du FPR/APR  ont massacré 3 évêques et 17 prêtres catholiques à Gakurazo le 5 juillet 1994
Je n'ai rien dit
Je ne suis pas catholique

Quand les gens du FPR/APR  ont interdit les activités des partis politiques à leur prise du pouvoir en juillet 1994
Je n'ai rien dit
Je ne fait  pas de politique

Quand les gens du FPR/APR  ont emprisonné des dizaines de milliers de personnes sans dossiers les accusant de génocide
Je n'ai rien dit
J’ai moi-même perdu des membres de ma famille et des amis dans le génocide

Quand les gens du FPR/APR    ont tué 8000 déplacés de guerre Hutus dans le camp de Kibeho en avril 1995
Je n'ai rien dit
Je ne suis  pas de Gikongoro, ni Hutu et n’étais pas déplacé de guerre

Quand les gens du FPR/APR  ont envahi le Congo,  massacré plus de 200000 réfugiés Hutus et des centaines de milliers de congolais
Je n'ai rien dit
Je ne suis pas congolais, ni Hutu et n’étais pas réfugié

Puis ils sont venus me chercher
Et j’étais seul, il ne restait plus personne pour dire quelque chose.


 

Rwandaises, Rwandais, amis du Rwanda, mobilisons-nous plus que jamais pour le salut et la liberté de la patrie. Ne laissons pas les extrémistes du FPR/APR continuer à mettre le Rwanda et  les Grands Lacs à feu et à sang.

 

Fait à Montréal le 24 avril 2002

Pour le  RDR

Emmanuel Nyemera, Ph.D.

Vice-Président