|
COMITÉEXÉCUTIF |
RDR
Rally for the Return of Refugees and Democracy in Rwanda
Rassemblement pour le
Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda Ihuliro Liharanira Itahuka ry’Impunzi na
Demokarasi mu Rwanda |
|
|
P.O. Box 5352, Postal Station B |
Postbus
3124 Website: http://www.rdrwanda.org |
|
|
Pour
un Peuple Réconcilié dans un État de droit; For a Reconcilied People in a
Rule of Law; Duharanire Ubwiyunge bw'Abanyarwanda mu Gihugu cyubahiriza
Amategeko |
||
LE RDR DEMANDE LE DÉMANTÈLEMENT DE TOUS LES VILLAGES ÉTABLIS PAR LE GOUVERNEMENT DANS LES CAMPAGNES DU RWANDA
Au nom du peuple opprimé du Rwanda luttant pour la justice, la démocratie et la liberté pour tous, le Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda (RDR[1]) demande à tous les gouvernements démocratiques, aux Nations Unies, à l’Union Européenne, à l’Organisation de l’Unité Africaine, à toutes les organisations des droits de l’homme et à toutes personnes et organisations éprises de liberté de dénoncer, condamner et ne pas financer le programme coercitif et obligatoire de villagisation de style communiste mis au point par le régime dictatorial du Général Paul Kagame. En vertu de ce programme, des millions de paysants sont forcés d’abandonner leurs moyens d’existence traditionnels, perdent leurs maisons, leurs terres, leurs propriétés, leurs liberté de mouvement et de résidence et sont internés dans de petites enclaves aux terres marginales pendant que la plus grande partie des meilleures terres arables sont distribuées aux membres de l’armée, aux fonctionnaires et aux sympathisants du régime.
En 1998 et en 1999, plus de 700 000 personnes dans les préfectures du Nord-ouest du Rwanda, Gisenyi et Ruhengeri, ont été chassées de leurs maisons par l’armée comme mesure contre-insurrectionnelle et ont été internés dans des camps de concentration de type NAZI où les conditions de vie très dures ont causé la mort de milliers de gens. Pendant les opérations contre-insurrectionnelles, l’armée du Général Paul Kagame a fréquemment utilisé la technique consistant à forcer l'évacuation des civils sur de grandes surfaces et, par la suite, à massacrer tous les civils trouvés dans des zones censées avoir été évacuées. Cette liberté de tuer en toute impunité a causé la mort de plusieurs milliers d’hommes, de femmes, d’enfants et de personnes âgées non armés qui ne représentaient aucune menace à l’armée du Général Paul Kagame.
Lorsque le régime dictatorial du Général Paul Kagame a déclaré que la sécurité avait été restaurée dans les préfectures du Nord-ouest du Rwanda, les déplacés n’ont pas été autorisés à retourner chez eux. Au contraire, sans les consulter du tout, le gouvernement a plutôt décidé de les installer dans des villages le long ou près des routes pour les contrôler plus facilement et les soumettre à une surveillance administrative plus oppressive sous prétexte de la modernisation et de l’amélioration des infrastructures sociales (eau potable, électricité, système routier). D’autres mesures administratives et restrictions ont imposé des souffrances, des actes d’humiliation et des épreuves sans nom à une population sans défense. Pour la majorité des Rwandais, le Rwanda est devenu un État policier dans lequel ils sont devenus «prisonniers dans leurs maisons», «semi-esclaves dans leur propre pays». Heureusement, la Divine Providence n’a pas donné aux autocrates du FPR, assoiffés de pouvoir, le pouvoir de bannir des cœurs des gens les aspirations profondes à la liberté. C'est un drame que le gouvernement dictatorial du FPR semble fermer les yeux sur l’ampleur de la souffrance du Peuple et sur la réalité que tôt ou tard le peuple retrouvera sa liberté.
Commencée dans la partie Nord-ouest du Rwanda, la villagisation forcée est en train de s’étendre sur le reste du pays, notamment dans les préfectures de Kibungo, Gitarama et Cyangugu, régions qui n’avaient pas été touchées par les combats entre l’armée du FPR et les rebelles. Dans ces régions, le programme de villagisation force les familles à abandonner leurs propriétés foncières en échange de nouvelles propriétés allouées par le conseil du village, entité juridique régissant les droits fonciers et qui octroie toujours les meilleures terres aux membres du FPR, aux fonctionnaires de l’État et aux sympathisants du gouvernement. Ce sont les autorités préfectorales et locales qui déterminent les lieux où les villages seront installés. Le régime ne tient absolument pas compte de ce que le peuple pense de ce plan ni de sa qualité de vie suite à ce programme de villagisation forcé. Les paysans rwandais préfèrent vivre sur leurs terres. Il est peu probable qu’un paysan décidera volontairement de quitter sa maison et sa terre pour aller vivre dans un village central installé à 10 kilomètres de chez lui. Comme les nouveaux villages sont installés loin des propriétés foncières des gens, le programme de villagisation a pour résultat l’arrêt des activités traditionnelles de fertilisation du sol auxquelles les paysans s’adonnaient. Comme conséquence directe de ce programme, la production vivrière des paysans a diminué ainsi que leurs revenus. À long terme, le programme de villagisation conduira à la paupérisation de millions de paysans expropriés qui seront forcés de devenir tenanciers à vie et de travailler sur les grandes fermes appartenant aux membres du FPR et aux sympathisants du gouvernement auxquels les meilleures terres sont attribuées. Le RDR exige le démantèlement total et complet de tous les villages gouvernementaux afin que les internés puissent avoir un accès complet et libre à leurs propriétés traditionnelles.
Fait à Montréal, le 13 octobre 2000
Emmanuel Nyemera, Ph. D.
Vice-Président
[1] Le RDR est membre de l’Union des Forces Démocratiques Rwandaises (UFDR), coalition constituée par les Forces de Résistance pour la Démocratie, le Groupe d’Initiative pour le Dialogue (GID) et le Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda (RDR).