Communiqué de Presse

Rapport de la Commission d'Enquête du Sénat Belge pour le Rwanda

La Commission d'Enquête du Sénat Belge pour le Rwanda qui vient de terminer son rapport conclut notamment en la responsabilité des Nations Unies et des pays dont la Belgique spécialement pour la décision de retirer les Casques Bleus au moment où les combats entre les forces gouvernementales et l'armée du FPR (Front Patriotique Rwandais) venaient de reprendre.

Pour le RDR, la décision de retirer du Rwanda les Casques Bleus ne constitue pas une erreur politique de jugement mais un acte délibéré destiné à faciliter la victoire d'une des parties en conflit. Les différents responsables de la Minuar étaient bien au courant que le FPR avait renforcé ses positions et, selon leurs estimations, il était en mesure de s'assurer la victoire et de prendre rapidement le pouvoir.

La Minuar, sous le commandement du Général Dallaire, avait facilité la logistique militaire du FPR et l'avait appuyé pour occuper des positions stratégiques. Les plus hauts responsables militaires et politiques du FPR dont Mr. Paul Kagame, Mr. Tito Rutaremara, Mr. Jacques Bihozagara ont également contribué à la prise de décision du retrait des Casques Bleus. La décision de retirer les Casques Bleus était politique, consciente, délibérée et elle a été prise pour faciliter la victoire du FPR tout en sacrifiant cyniquement de centaines de milliers d'être humains.

Le RDR regrette par ailleurs que la Commission d'Enquête du Sénat Belge pour le Rwanda a sacrifié certaines vérités en ignorant d'autres témoins pouvant apporter d'autres éclaircissement sur le drame rwandais. Il regrette notamment que les différentes autorités onusiennes qui ont géré ce conflit ont été empêchés de témoigner et que des personnalités politiques et militaires rwandaises opposées au FPR n'ont pas été entendues.

L'ampleur du drame rwandais est telle que la recherche de la vérité et la poursuite de la justice dépassent les discussions, les querelles et les manoeuvres politiciennes internes à un pays. Il s'agit de la mort de millions d'hommes et de la destruction d'un pays et de tout un peuple. C'est pourquoi, l'instruction du dossier devrait être du domaine des tribunaux internationaux habilités à juger les crimes contre l'humanité afin que les différents responsables politiques et militaires rwandais ou étrangers, quels que soient leurs fonctions et leurs rangs, répondent des actes qu'ils ont posés ou des décisions qu'ils ont prises.

 

Fait à Bruxelles, le 8 décembre 1997

Pour le RDR

François Nzabahimana

Président

Pour un Peuple Réconcilié dans un Etat de Droit.

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