RASSEMBLEMENT POUR LE RETOUR DES

REFUGIES ET LA DEMOCRATIE AU

RWANDA

R.D.R

4, RUE A. CLUYSENAAR

1060 BRUXELLES

BELGIQUE

Tél: 32-2-5348035 Fax: 32-2-5348053

7, RESIDENCE MONTESQUIEU

49000 ANGERS

FRANCE

Tél/Fax: 33-41489987


Le 11/02/1996.

 

COMMUNIQUE DE PRESSE Nº47

 

Le premier congrès ordinaire du RDR a tenu ses assises du 7 au 8 février 1996, en marge d'un séminaire organisé par le RDR sur le " rapatriement des réfugiés et la recherche d'une paix durable dans la sous-région des Grands Lacs ".

Ce congrès a regroupé des représentants des réfugiés rwandais venus d'Afrique de l'Est et de l'Océan indien, de l'Afrique Centrale, de France, du Benelux, des camps de réfugiés de Tanzanie, du Nord-Kivu ainsi que du Sud-Kivu au Zaïre.

Au cours des délibérations, il est ressorti unanimement que les réfugiés n'ont pas du tout confiance au gouvernement du FPR spécialement en son armée, et que ce fait explique plus que n'importe quel autre facteur, les réticences des réfugiés à rentrer rapidement. Ils ont à cette occasion énuméré en détail les causes qui empêchent le retour volontaire des réfugiés que sont : l'insécurité caractérisée par des arrestations et détentions arbitraires, les disparitions et la violation systématique des libertés fondamentales, l'accaparement du pouvoir par un gouvernement monolithique, la paralysie du système judiciaire, l'omniprésence et l'omnipotence de l'armée et de la police politique du FPR , ainsi que l'occupation illégale des biens des réfugiés.

Les congressistes ont par conséquent demandé aux forces extérieures qui travaillent à la pérennisation de ce gouvernement monolithique issu des armes, de réaliser qu'il n'a ni l'autorité morale, ni la conviction, ni la capacité de réconcilier le peuple rwandais et de remettre le pays sur la voie du développement.

S'agissant des massacres qu'a connu le Rwanda en 1994 et dont certains ont été qualifiés de génocide, les congressistes ont condamné fermement toutes les atteintes à la vie humaine, quelque soient leurs formes commises au Rwanda de 1990 jusqu'aujourd'hui. L'assassinat du Président Habyarimana étant à leurs yeux l'élément physique qui a mis le feu aux poudres, les congressistes ont demandé au Tribunal Pénal International sur le Rwanda, de faire la lumière sur cet assassinat, faute de quoi il ne sera pas crédible devant tout le peuple rwandais.

Afin de mettre un terme au conflit séculaire entre hutu et tutsi, les congressistes ont demandé aux uns et aux autres, de se donner des garanties solides, qu'aucun des deux groupes n'est animés d'une volonté d'éliminer ou de léser les intérêts de l'autre.

Ils ont demandé aux rwandais tant de l'intérieur que de l'extérieur, de favoriser un climat de réconciliation nationale, en évitant des attitudes inspirées par la peur, la haine et la vengeance.

Les congressistes se sont engagés à gagner la paix avec le peuple rwandais, contrairement au FPR qui a gagné la guerre contre le peuple rwandais.

Dans cet esprit, ils ont renouvelé leur appel au FPR pour qu'il abandonne ses discours belliqueux et s'engage résolument et de façon irréversible, dans une logique de dialogue avec les représentants des réfugiés.

Les congressistes ont enfin adopté la Déclaration de Création, la Charte et la Plate-forme du RDR (voir copie de la déclaration finale du congrès en annexe.

Pour le RDR

 

Mr Chris NZABANDORA

Commissaire à l'Information