RASSEMBLEMENT POUR LE RETOUR DES

REFUGIES ET LA DEMOCRATIE AU

RWANDA

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Le 7 décembre 1995

 

COMMUNIQUE DE PRESSE Nº39

 

LE REPRESENTANT DE L'ONU AU RWANDA DEVRAIT DEMISSIONNER.

 

Les prises de positions répétées du Représentant des Nations Unies au Rwanda, Mr Shaharyar Khan, en faveur du régime militaire et dictatorial du FPR nous impose de rompre notre silence et de demander ni moins ni plus , qu'il soit courageux et démissionne de son poste, pour mieux se consacrer à sa passion d'agent de relations publiques du FPR.

En effet, depuis sa nomination à Kigali , Mr Shaharyar Khan n'a cessé d'afficher son biais en faveur du FPR, en prenant fait et cause pour ce dernier, même en cas de bavure indescriptible.

Dernier exploit en date, le 6 décembre 1995, Mr Shaharyar Khan a accusé sur les ondes de la Radio Rwanda, la Tanzanie et le Zaïre de "soutenir politiquement les extrêmistes hutus présents dans les camps de réfugiés, qui tuent les personnes voulant rentrer au Rwanda". Il a ajouté que " ce sont ces extrêmistes qui contrôlent les camps" avant de renchérir que "la Tanzanie et le Zaïre connaissent très bien les auteurs du génocide".

Cette prise de position maladroite de Mr Shaharyar Khan intervient au moment où les Nations Unies cherchent encore à persuader le régime dictatorial et militaire du FPR, d'accepter la prolongation de la mission onusienne au Rwanda , seule capable de rassurer les réfugiés et les inciter à rentrer.

Dès lors que , pour Mr Shaharyar Khan, les obstacles se trouvent en amont dans les camps des réfugiés , et non en aval dans l'insécurité et la représsion par le régime sanguinnaire du FPR, il n'a quà tirer honorablement les conséquences qui s'imposent et céder la place à un fonctionnaire plus capable de servir la cause du peuple rwandais et non le FPR.

Les déclarations de Mr Shaharyar Khan coïncident ironiquement avec l'annonce par ses collègues de l'opération onusienne d'observations des droits de l'homme au Rwanda , de nouveaux massacres perpétrés par la soi-disante Armée Patriotique Rwandaise, dans la forêt de NYUNGWE. Elles coïncident également avec l'expulsion de 38 ONGs internationales, ainsi que par l'annonce par la CICR, de la détérioration grave des conditions de détention dans les prisons-mouroirs du FPR, dont la "population carcérale a atteint un niveau inacceptable".

Pour Mr Khan , ces facteurs n'auraient aucune incidence sur les réticences des réfugiés à rentrer, et toute la resposabilité devrait être rejettée aux boucs émissaires que sont d'imaginaires "intimidateurs".

Le RDR lance un défi à Mr KHAN à fournir la preuve et l'identité de ces "intimidateurs" qui "tuent les personnes voulant rentrer", afin que justice puisse se pencher sur leur cas. Faute de relever ce défi, il devra rendre son tablier pour la crédibilité de son employeur.

Ce n'est pas la première fois que Mr Khan dtraiepar ses déclarations pour le moins diplomatiques.

1. En Novembre 1994,il a déclaré à Nairobi qu'il avait autorisé la fouille des camps des déplacés de guerre de Kibeho, pour éviter que les fonctionnaires des ONGs ne fassent les frais de grenades et AK47 aux mains des déplacés.

A la fin de l'opération, on ne ramassa, selon le porte-parole de la MINUAR, qu'un millier d'instruments à lame (bladed instruments) . Afin de sauver la face, Mr Khan déclare que les criminels avaient eu écho au préalable de cette opération et s'étaient enfui dans la forêt.

2. Durant les odieux massacres de Kibeho d'Avril 1995, Mr Khan n'a cessé de défendre et relayer les alibi du FPR. Au moment où des sources concordantes faisaient état d'un bilan de 8000 morts, il monta sur le crénau en affirmant que selon le "pointage scientifique" dont il est le seul détenteur de secret, il y aurait eu uniquement 2000 victimes. Pourtant, les casques bleus zambiens et australiens, qui étaient sur place, affirmaient avoir stoppé leur comptage après avoir dénombré 4050 cadavres!

3. En Novembre 1995, durant les massacres de KANAMA, il a maintenu encore que les auteurs étaient des miliciens Hutu, même après que Mr KAGAME ait reconnu la responsabilité de son armée.

Ce ne sont là que quelques exemples , par ce que la liste est très longue.

C'est pour toutes ces raisons que, à défaut de pouvoir démissionner de son gré, le RDR espère que les Nations Unies se feront le devoir de rappeler Mr Khan, par ce que son maintient est en soi une entrave au retour rapide des réfugiés et de la stabilité au Rwanda, et un dicrédit pour la MINUAR. Le tort causé aux réfugiés et aux autres victimes du FPR est tellement grand que seul son départ pourrait le réparer.

Le RDR remercie néanmoins tout le personnel de la MINUAR, qui n'épargne rien pour dénoncer les dérives du régime militaire et dictatorial du FPR, et leur assure de son plein soutien.

Pour le RDR

 

NZABANDORA Chris

Commissaire à l'Information