RASSEMBLEMENT POUR LE RETOUR DES

REFUGIES ET LA DEMOCRATIE AU

RWANDA

R.D.R

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Le 4 Avril 1996

 

POSITION DU RDR SUR LA JUSTICE AU RWANDA

ET LE TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL POUR LE RWANDA.

 

Le RDR s'est félicité de la mise en place du Tribunal Pénal International pour le Rwanda. Il invite tous les rwandais à dire objectivement leur part de vérité sur la tragédie rwandaise, à soutenir le Tribunal International Pénal pour le Rwanda comme instrument de la justice , indispensable à la réconciliation nationale et à la paix.

Le RDR demande que ce Tribunal puisse travailler en toute impartialité et indépendance, et que son mandat s'étende sur toute la période de la guerre, c'est-à-dire depuis octobre 1990 jusqu'à ce jour, de manière à ne pas occulter les faits ayant conduit à la tragédie et une partie non négligeable des violations des droits de la personne commises par le Front Patriotique Rwandais et le gouvernement actuel.

L'assassinat du Président Juvénal HABYARIMANA ayant été l'élément physique qui a déclenché les massacres en avril 1994, il est indispensable que les circonstances de cet assassinat soient élucidées.

Le Tribunal Pénal International pour le Rwanda ne sera jamais crédible s'il ne cherche pas à faire la lumière sur cet assassinat.

Pour que la justice serve réellement à la réconciliation et à la paix , il faut éviter la justice du vainqueur sur le vaincu. Certains responsables du FPR et du gouvernement de Kigali sont accusés devant le Tribunal International sur base des témoignages des organisations des droits de la personne, des personnalités indépendantes et des membres de leur propre gouvernement et services de renseignement. Le FPR et le gouvernement de Kigali ne peuvent donc pas être juge et partie. Ils ne sont pas moralement habilités à juger les personnes suspectées de responsabilités des crimes rentrant dans les attributions du Tribunal Pénal International pour le Rwanda.

La mise en place des tribunaux spéciaux dits populaires ne peut en aucun cas garantir une justice équitable et rendue de la manière sereine. Ces tribunaux risquent de favoriser les règlements de comptes individuels, les calomnies et les médisances susceptibles d'ancrer des haines indéracinables et des vengeances sans fin au lieu de contribuer à la réconciliation nationale et à la paix.

Pour désamorcer le climat d'antagonisme et de radicalisation croissante entre d'une part les réfugiés et le gouvernement de Kigali d'autre part; le Tribunal Pénal International pour le Rwanda , les Nations Unies, l'OUA et les Gouvernements devraient désavouer la pratique des listes sauvages émises par le gouvernement de Kigali. Ces listes visent à faire admettre au monde entier une seule version des faits sur la tragédie rwandaise et étouffer dans l'oeuf le pluralisme politique et toute opposition. Elles servent à justifier l'exclusion de la gouvernance la grande majorité de la population et sa monopolisation par une infime minorité de préférence née à l'extérieur du Rwanda après les années 1960.

Le RDR demande à la communauté internationale, spécialement aux Nations Unies, à l'Union Européenne, aux Etats Unis d'Amérique, aux gouvernements des pays qui en ont les moyens d'accroître leur contribution au TPR pour qu'il puisse fonctionner normalement et faire face à ses obligations dans des délais raisonnables.

Au cas où le TPR ne disposerait pas de moyens nécessaires pour juger les cas des 100.000 personnes détenues dans les prisons au Rwanda, la justice exige de recourir à des juges étrangers pour garantir l'objectivité et l'impartialité.

Pour le RDR

Dr BUTARE Innocent

Secrétaire Exécutif