COMITÉ

EXÉCUTIF

RDR

Rally  for the Return of Refugees and Democracy in Rwanda

Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda

Ihuliro Liharanira Itahuka ry’Impunzi na Demokarasi mu Rwanda

 

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Pour un Peuple Reconcilié dans un Etat de droit  ;  For a Reconcilied People in a Rule of Law;

Duharanire Ubwiyunge bw'Abanyarwanda mu Gihugu cyubahiriza Amategeko;

 

Communiqué de Presse N° 05/2000

 

Déclaration du RDR sur la stratégie du pouvoir de Kigali d’étouffer le   processus  de la réconciliation des rwandais

 

Le pouvoir du Front Patriotique Rwandais a mis sur pied une Commission Nationale de Réconciliation, qui est entrain de prendre contact avec certains réfugiés de l’extérieur individuellement pour les convaincre  par sa stratégie politique démagogique à participer à un séminaire qui est prévu de se tenir à Kigali en octobre 2000.  Comme par le passé, le pouvoir dictatorial et auto-proclamé de Kigali utilise la même démagogie qu’hier lors de la mise en échec des accords de paix d’Arusha, pour tromper l’opinion nationale et internationale  en fabriquant une mascarade de réconciliation dite nationale.

 

En effet, le Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda trouve que c’est une stratégie démagogique du pouvoir de Kigali qui se choisit avec ses méthodes de corruptions, ses alliances et ses partisans pour bâtir une réconciliation des rwandais. Il se refuse d’ores et déjà à reconnaître les résolutions de ce séminaire organisé de manière unilatérale.

 

QUI DOIT SE RÉCONCILIER AVEC QUI ET SUR QUOI  ? 

 

Ca fait déjà dix ans que le FPR-Inkotanyi a lancé une attaque armée contre le Rwanda, en provenance d’Uganda. L’actuel Président du Rwanda, le Général  Paul Kagame, qui était le chef des Services de Renseignement de l’Armée ougandaise, était le haut dirigeant de cette rébellion reconnue d’avoir commis des graves violations des droits de l’homme depuis son agression jusqu’à ce jour.  Il est inadmissible  que cette même personne puisse s’accréditer le patronage de cette réconciliation.

 

Depuis le premier octobre 1990, le peuple rwandais a misérablement souffert d’une guerre insensée. Les conséquences de celle-ci sont multiples ; elle a fait notamment naître des tensions interethniques entre les Hutus et les Tutsis qui ont conduit   à des massacres sans précédent dans l’histoire du Rwanda.

 

Dés le début du conflit, le gouvernement d’alors, conscient de la gravité du problème, demanda, avec l’aide de la communauté internationale, une médiation entre les deux parties, à savoir le régime du Président Habyarimana et son agresseur le FPR-Inkotanyi.  Les négociations ont abouti aux Accords de Paix d’Arusha en Tanzanie,  le 04 août 1993. Les Rwandais attendaient beaucoup de ces accords notamment :

-       l’arrêt de la guerre

-       le partage du pouvoir

-       le retour des réfugiés.

 

Mais hélas ! Voyant que ces accords ne lui apportaient  aucun avantage selon son plan et sa stratégie de conquérir le pouvoir par la force, le FPR a choisi de les bafouer en assassinant  les  présidents Juvénal  Habyarimana du Rwanda et  son homologue Burundais Cyprien Ntaryamira.

L’actuel Président Paul Kagame est l’auteur principal de cet acte ignoble du 06 avril 1994, ( cfr. Le journal canadien  « National Post ») qui a été le détonateur du drame rwandais et que le FPR  a profité  pour usurper le pouvoir au Rwanda. Les conséquences de ce comportement ont été très fâcheuses,  notamment les multiples violations des droits humains ainsi que l’annulation complète du système multipartite qui était déjà instauré dans le pays.

 

Les massacres des Tutsi  en 1994, qualifiés de génocide par le Conseil de sécurité de l’ONU,  ont donné une carte de crédit au FPR, qui décime le peuple Hutu, avec la complicité de silence de la communauté Internationale. On ne peut pas nier que c’est ce silence de complicité de la communauté Internationale qui a permis au FPR d’étendre ses crimes jusqu’au territoire de la République Démocratique du Congo. Nous rappelons que ces crimes contre les réfugiés Hutu dans l’ex-Zaïre ont été qualifiés par les enquêteurs des Nations Unies, et d’autres organisations des droits de l’homme, ”d’actes de génocide”. Le Président Kagame du Rwanda a revendiqué la paternité de la planification et de la conduite de ces opérations ( Washington post du 8/7/1997).  Pourquoi le FPR se précipite t-il á une mascarade de réconciliation  dite nationale? Sans doute pour s’attirer la sympathie de la communauté internationale et masquer sa responsabilité dans les massacres. 

 

Le RDR trouve que le problème aussi crucial que la réconciliation des rwandais, ne peut pas être résolu sans qu’ il y ait un débat contradictoire des différents protagonistes, représentés par des différentes sensibilités politiques. Il est inadmissible que le FPR qui porte une grande responsabilité dans les malheurs qui endeuillent le peuple rwandais et dont la justice est celle du vainqueur sur le vaincu, soit lui qui patronne  ce séminaire sur la Réconciliation Nationale  avec les individus de paille et de son choix.

 

Le RDR rejette bien avant les résolutions qui seront prises dans ce séminaire car il trouve que les jalons de réconciliation des rwandais ne sont pas bien posés.

 

Le RDR trouve que la lutte pour l’impunité et le rétablissement d’une justice impartiale et intégrale sont des bases d’une véritable  réconciliation entre les rwandais.

 

Le RDR n’a jamais cessé de lancer un appel à la réconciliation, car il trouve que seul le processus de réconciliation mènerait á une solution durable au conflit rwandais.

La réconciliation nationale doit être le fruit d’une volonté, une politique et un processus concret visant à régler pacifiquement le contentieux de haine et de division entre les adversaires. La réconciliation n'est possible qu'en acceptant de se donner un pardon réciproque après avoir analysé positivement les erreurs de chacun et dépassé le passé pour donner plus d'importance à l'avenir. Ce pardon n'est réalisable que lorsque les parties concernées se seront mises d'accord de retenir et capitaliser les aspects positifs du passé, et de se dépouiller de tout ce qui est négatif et les sépare, tout en mettant en place les mesures nécessaires pour ne plus retomber dans les mêmes erreurs. Toutes  les ethnies Rwandaises Twa, Hutu, Tutsi doivent se réconcilier et c’est sur cette base solide et  durable que l’on construira l’État de droit.

 

Le RDR trouve que la réconciliation du peuple rwandais est possible à condition que le FPR qui détient aujourd’hui le pouvoir au Rwanda accepte un dialogue franc et sincère entre tous les représentants de différentes sensibilités politiques et de la société civile. Ce dialogue doit avoir lieu sur un terrain neutre et avec un facilitateur neutre choisis de commun accord par toutes les composantes sociales oú les participants peuvent être libres  de leurs expressions sans subir des intimidations du FPR. La solution au problème de réconciliation, les solutions politiques ainsi que les méthodes de prévention des conflits pour l’avenir  devraient être recherchées dans la logique des Accords de Paix d’Arusha d’août 1993.

 

Le RDR lance encore une fois un appel pressant à la communauté Internationale en lui demandant de cesser de financer le régime sanguinaire du FPR au Rwanda. Il demande á cette dernière d’apporter son attention aux souhaits et propositions des différentes composantes de la société rwandaise. C’est là le seul moyen d’apporter une contribution que la population rwandaise attend  pour  résoudre ses problèmes politiques, sociaux et économiques.

 

 

                          Fait á Zevenhuizen, le 08 octobre 2000

 

 

                         Victoire INGABIRE

                          Présidente du RDR