QUELLES PERSPECTIVES POUR LA PAIX EN AFRIQUE CENTRALE

Bruxelles du 7 au 8 Juin 2001

Intervention de Mme Victoire Ingabire Umuhoza

Présidente du RDR.

 

Chères dames, Chers Messieurs,

 

Je voudrais d’abord remercier les organisateurs de cette conférence pour m’avoir associée à la réflexion sur les perspectives de la paix  et  la recherche de la solution à la crise qui déchire les pays des Grands Lacs depuis plus de 11 ans.

 

En ma qualité de présidente du RDR, je voudrais vous faire-part de nos propositions pour mettre définitivement à terme cette crise.  Le RDR est un parti politique qui lutte pour la renaissance de la démocratie républicaine au Rwanda. Il vise le bien-être de tous les rwandais, un développement économique, social et culturel de tout le peuple rwandais sans discrimination aucune. Le RDR est convaincu que l’Etat de droit, une justice impartiale, une démocratie pluraliste et la vérité sur le drame rwandais, constituent la base d'une véritable réconciliation, de paix et de développement durables.

 

Le thème que nous traitons aujourd’hui est d’actualité. Le monde entier est au chevet de la région des Grands Lacs d’Afrique pour tenter de mettre fin au cauchemar que vit la population de cette région depuis, en fait l’attaque menée contre le Rwanda par le FPR le 1 octobre 1990 avec l’appui de l’Ouganda.

 

Cette guerre insensée vient de coûter la vie à plus de 6 millions de personnes dont plus de 3.000.000 au Rwanda et plus de 3.000.000 en RDC.  Nous déplorons le génocide qui a été commis. Mon organisation, le RDR, a toujours fermement condamner ce génocide et leurs auteurs. Elle n’a jamais cessé de rappeler que la justice, c’est-à-dire, l’identification des responsables, leur traduction devant les tribunaux constituent un facteur indispensable à la paix.

 

Sept ans après la prise du pouvoir, le FPR n‘a pas réussi à garantir la paix et la sécurité à toutes les composantes du peuple rwandais. Bien au contraire, pour régner,  il a instauré une dictature militaire et a propagé la guerre dans d’autres pays. Le régime ne tolère aucun espace dans lequel d’autres sensibilités politiques peuvent s’exprimer. Le pouvoir a été privatisé, le pays est dirigé selon la seule volonté des responsables militaires du FPR. Son système n'offre aux rwandais qu'une seule alternative: se soumettre ou disparaître. Il intègre qui il veut, chasse qui il veut et quand il le veut. A la preuve, les anciens premiers ministres alliés, des membres de cabinets ministériels, des magistrats,  des députés, des hauts cadres tant civils que militaires, toutes les ethnies confondues, se bousculent aux frontières du Rwanda pour fuir le pays. La récente mise en résidence surveillée, de Monsieur Pasteur Bizimungu ancien président intronisé pourtant par le FPR, en est un autre exemple. Si nous dénonçons l’attitude actuelle du FPR, c’est pour signaler ses responsabilités passées dans le drame rwandais et ses responsabilités politiques dans la recherche d’une solution durable.


 

1. La genèse de la crise rwandaise

 

C’est depuis le 1er octobre 1990, date à laquelle le Front Patriotique Rwandais (FPR)  a attaqué le Rwanda à partir de l'Ouganda, que le peuple rwandais vit un des drames les plus tragiques de son histoire. Il est dès lors erroné de vouloir à tout prix situer le début de la crise rwandaise au génocide de 1994. Celui-ci a été l’aboutissement d’un profond malaise qui couvait depuis longtemps et qui avait été ravivé par l’agression militaire du FPR en octobre 1990. S’il est vrai que la gestion de la crise des réfugiés rwandais des années soixante par le régime de Habyarimana avait bien des failles, la signature des accords rwando-ougandais en 1989 sous les auspices du HCR et de l’O.U.A. offrait un cadre solide de résolution pacifique de ce problème. Si donc le FPR a attaqué, ce n’était sans doute pas pour hâter la mise en exécution de ces accords mais pour les saboter. D’ailleurs, tout au long des négociations d’Arusha, le FPR s’est toujours défendu avec ongle et bec contre toute idée d’en faire le porte-parole des réfugiés. Son intention était de prendre le pouvoir et le problème des réfugiés n’était qu’un tremplin.

 

En prenant le pouvoir et en rejetant les autres partis politiques, le FPR a renié l'esprit et la lettre de la loi fondamentale et  de l’accord de Paix d'Arusha pour le Rwanda qui consacraient  notamment les principes suivants :

 

-          La nécessité d'instaurer un Etat de Droit, de respecter le pluralisme politique, les droits de la personne et le refus de tout pouvoir issu d'un coup d'état ou d'un coup de force ;

-          Le partage du pouvoir entre toutes les forces politiques représentatives de l'opinion rwandaise, sans exclusion ni restriction ;

-          Le droit des réfugiés à retourner sans conditions dans leur pays dans la dignité et dans la sécurité, et participer sans discrimination à toutes les activités de la vie nationale ;

-          Le respect des droits fondamentaux de la personne humaine, notamment le droit à la vie, le droit à la propriété, le droit d'entrer et de sortir du pays sans restriction ainsi que le libre exercice des libertés fondamentales de la personne, notamment la liberté d'expression, d'opinion et d'association ;

-          La formation sous contrôle international d'une véritable armée nationale ayant pour mission de défendre l'intégrité du territoire national et la protection de toute la population.

 

Actuellement au Rwanda, il n'y a plus de référence légale connue qui légitime les institutions et garantisse l'Etat de droit.

 

Lors des négociations d'Arusha, dont l'Accord de Paix constitue notre base fondamentale de référence juridique, les parties en conflit se sont accordées que la démocratie est fondée sur l'idée que toute souveraineté appartient au peuple et que la représentation populaire doit être le reflet authentique de la volonté des citoyens; que la société démocratique repose sur la séparation des pouvoirs et également sur le pluralisme qui est l'expression des libertés individuelles, que le multipartisme implique la légitimité de l'opposition.

 

C'est pendant la phase de mise en application de l’accord d’Arusha que le Président rwandais Juvénal Habyarimana,  de retour d'un sommet des chefs d'Etats de la sous-région en Tanzanie, va être assassiné dans un attentat d'avion , en compagnie du Président Cyprien Ntaryamira du Burundi qui venait à peine de remplacer Melchior Ndadaye assassiné en 1992 alors qu’il venait d’être démocratiquement élu. Tous ces Presidents étaient des Hutu. Les auteurs de tous ces assassinats qui ont servi d’étincelles aux massacres au Burundi en 1992, et au génocide rwandais en 1994 restent jusqu’à ce jour ni punis ni inquiétés.

 

Aujourd’hui le FPR a enterré le multipartisme. Il ne peut plus camoufler sa volonté délibérée d’exercer le pouvoir sans partage, même en faisant tenir des élections mascarades dont les résultats sont canalisés par sa police politique. Il a déjà opté pour le système de «no party democracy » qu’il actionne à partir du Forum des partis qu’il contrôle complètement. L’opposition et le pluralisme politique au Rwanda ne sont plus que des vieux rêves.

 

En effet, il n’existe  légalement ni opposition ni pluralisme politique au Rwanda. Avec le démantèlement des partis politiques qui avaient été choisis unilatéralement par le régime du FPR lui-même en 1994 pour faire partie de son gouvernement, notamment le parti «Mouvement Démocratique Républicain » (MDR) et le Parti Social Démocrate (PSD), et le musellement de la société civile, il est clair que le  FPR veut rester encore pour longtemps seul maître à bord du navire rwandais. Pour tenter d'étouffer les critiques, ce régime militaire a mis sur pied une commission chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Dans la mesure  où l’avis de l'opposition ne sera pas requis, il ne fait aucun doute que  la nouvelle constitution sera taillée sur mesure et ne reflétera donc que les seules aspirations du Front Patriotique Rwandais.

 

Il est inacceptable qu’une seule sensibilité politique (FPR)  qui dirige le pays depuis sept ans par la force des armes et une vraie terreur, domine tous les rouages du gouvernement, de l'administration centrale et territoriale, du Parlement, du système judiciaire, de  l'armée et des services de sécurité. Le FPR a instauré une dictature absolue. Dans le gouvernement, c’est le FPR qui nomme et révoque les ministres, y compris ceux issus des formations politiques satellites qui n’ont plus d’existence que le nom. Certaines de ces formations politiques ont même été obligées de changer de nom sous peine de bannissement.

 

Au Parlement, le scénario est le même. Le FPR a un droit absolu de veto sur toutes les propositions de candidatures, qu’elles émanent ou non de ses rangs. Des parlementaires qui ont tenté de se libérer du joug du FPR ont fini en prison ou en exil. Et la purge continue.

 

Dans l’armée, il s’agit de la plus étanche chasse gardée du FPR. Une armée entièrement dévouée à la cause d’un parti-Etat. Son organe suprême, le High Command, est le véritable gouvernement du pays.

 

Dans la fonction publique, la compétence a cédé la place au clientélisme. Par ailleurs, tout  le monde doit passer  une formation idéologique  où on exalte les idéaux du FPR.

 

Dans ces conditions, le Rwanda ne pourra jamais avoir la paix. Cette attitude ne fait que continuer à exacerber les passions et les tensions qui conduiront sans nulle doute à une nouvelle catastrophe.

 

Nous avons réaffirmé à maintes reprises que la crise rwandaise, la question des réfugiés en particulier et la persistance des différentes formes de rébellions qui en découlent doivent être placées dans un contexte plus large embrassant des alliances ethniques et politiques régionales. Lorsque le 1er octobre 1990,  des réfugiés sont entrés armés et ont envahi leur pays, le Rwanda ils ont créé un antécédent préjudiciable à la paix. 

 

Nous croyons qu’un autre facteur de paix est l’implication des autres forces politiques de l’intérieur et de l’extérieur du pays dans la recherche de cette paix. Car toute exclusion d’autres forces politiques  ne laissera à terme aucune alternative que de combattre le régime par tous les moyens légitimes au moment où le peuple aspire à la paix. Il appartient donc aux bailleurs de fonds du régime en place à Kigali d’exercer des pressions pour l’amener à l’ouverture.

 

2. La justice au Rwanda

 

Comme nous l’avons signalé plus haut, la justice est un facteur fondamental à la recherche de la paix. En instituant un tribunal international pour le Rwanda, la communauté internationale avait jugé que le FPR ne pouvait pas dispenser une justice équitable aux présumés coupables de génocide. Et de fait, la décision était très sage car ça aurait été faire du FPR  juge et  partie. Aujourd’hui le FPR se présente en justicier et la même communauté internationale qui l’avait jugé inapte s’en accommode aisément.

 

Sous une indifférence quasi totale de cette communauté internationale, le FPR maintient en prison depuis plus de 7 ans, plus de 150.000 personnes sans jugement, ni inculpation. Sans le moindre souci, il a même procédé à des exécutions publiques après une mascarade de procès. La chasse à l’homme se poursuit par tous les moyens, notamment les assassinats, les emprisonnements arbitraires et la publication des listes arbitraires de présumés génocidaires. Tout leader d’opinion, tout opposant politique est présumé génocidaire par le régime quand il est d’ethnie hutu, ou coupable d’être monarchiste quand il est d’ethnie Tutsi.

 

Pour détourner l’attention, le régime vient  de faire voter par ce qui fait office de Parlement une loi institutionnalisant les tribunaux populaires localement appelés GACACA, en dépit des protestations de beaucoup d’organisations des droits de l’homme. Certains gouvernements occidentaux financent ces tribunaux populaires sous prétexte qu’ils sont le moindre mal, car autrement les procès s’étireraient sur des dizaines d’années. Mais en entérinant une telle logique, on élude la question essentielle  de savoir comment on en est arrivé là.

 

Notre opposition aux tribunaux d’exception GACACA ne vise pas à soustraire à la justice des coupables; loin de là. Notre seul souci est de veiller à ce que les rwandais aient aussi droit à une justice de qualité, conforme aux normes internationales. Quelles que soient leurs fonctions ou leur appartenance ethnique, tous les auteurs de  génocides, de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et d'autres violations des droits de l'homme commis dans le passé ou en cours, doivent être identifiés pour en répondre chacun individuellement devant un système judiciaire indépendant et impartial assurant à l'accusé un procès juste et équitable.

 

Nous avons demandé à cet effet l’élargissement des compétences du Tribunal Pénal International pour juger les crimes commis avant 94 ainsi que ceux commis au Congo par le FPR, de même que l’ouverture officielle d’une enquête sur l’attentat du 6 avril 94 car on ne peut dissocier l’assassinat des présidents rwandais et burundais du reste du drame rwandais.

 

3. L’insécurité et les guerres dans la région des Grands Lacs.

 

Dans chaque pays de la région des Grands Lacs africains, les gouvernements en place ont utilisé la force, la violence, la guerre pour arriver au pouvoir. Or, la manière d’accéder au pouvoir détermine toujours celle de la gérer et de la vivre. Les opposants politiques, réels et supposés, sont massacrés, jetés en prison ou contraints à l’exil. Dans chaque pays, l’armée gouvernementale fait face à une ou plusieurs rébellions armées et des populations civiles, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, continuent malheureusement de payer le plus lourd tribut de ces combats fratricides.

 

Les contradictions internes à certains pays de la région ont débordé sur d’autres pays. Ainsi, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi ont envahi la République Démocratique du Congo (RDC) en évoquant des raisons de sécurité à leurs frontières. Mais des combats acharnés qui ont régulièrement opposé les soldats rwandais aux soldats ougandais sur le territoire de la RDC ont montré clairement que ces alibis ne tiennent pas débout. D’autres objectifs, liés notamment à l’impérialisme, à l’hégémonisme, et surtout au pillage des ressources naturelles ou autres et au positionnement géostratégique expliquent mieux cette agression.

 

Ce qui s’est passé en RDC en 1996 et en 1998 n’est qu’une simple réédition  de ce qui s’est passé au Rwanda en 1990. Prétextant des raisons de sécurité aux frontières  rwandaises, M. Kagame continue de violer le droit international au Rwanda et en RDC, en faisant fi de l'esprit et de la lettre des Chartes de l'ONU et de l’O.U.A., et des autres nombreuses conventions, pactes et accords internationaux en matière de paix et de sécurité internationales. En effet, le FPR qui envoie massivement des prisonniers accusés de génocide sur le front ne peut plus prétendre qu’il est allé combattre les « Interahamwe accusés de génocide » à une profondeur de plus de 1000 Km  à l’intérieur de la RDC. Après l‘attaque et la destruction des camps des réfugiés rwandais à l‘Est de la RDC en 1996, le massacre de plus de 300.000 personnes dans les forêts congolaises et le retour forcé des réfugiés suivi de massacres à grande échelle des populations du Nord-Ouest du Rwanda, M. Kagame avait déclaré avoir anéanti les Interahamwe et les ex-FAR. Il doit donc cesser de continuer à berner la Communauté Internationale en qualifiant tous ses opposants politiques de génocidaires et d‘Interahamwe, de même qu‘il s‘efforce de toujours faire croire que toute lutte armée contre sa dictature est l’œuvre des Interahamwe et ex-FAR.

 

Le régime de Kigali ne poursuit pas légitimement les Interahamwe. Les Interahamwe et les ex-FAR constituent au contraire des faux boucs émissaires et un subterfuge pour une politique diabolique qui cache sa figure. Kagame n‘est pas entrain de faire prévaloir la sécurité du peuple rwandais, il demande à la Communauté Internationale d‘assurer la survie de sa dictature. Personne ne doit plus s’y tromper car c‘est tout le peuple rwandais dans l‘exercice de son droit à la liberté, à la sécurité et au bonheur, droit inaliénable et le plus légitime, qui se soulève pour combattre un régime qui l‘opprime, ce qu’a confirmé Mr Pasteur Bizimungu à la RFI le 6 juin 2001.

 

Les rwandais comprennent  clairement l'enjeu et les dimensions historiques d'un crime contre la paix d'une guerre d'agression et de violation de la souveraineté nationale d'un peuple frère. Nous sommes bien conscients que le régime dictatorial du général Kagame a lourdement hypothéqué le bien-être général des générations futures de notre pays incapables de payer les réparations des nombreux dommages imposés au peuple congolais. Ce n'est pas le peuple rwandais qui est en guerre contre  le peuple congolais. Ce sont des extrémistes Tutsi du FPR, membres de la mafia internationale, qui contrôlent le gouvernemnt rwandais qui sont les seuls responsables de la sale guerre dont la RDC et son peuple sont victimes.

 

En se faisant passer pour porte-étendard et défenseurs de l’ethnie Tutsi, les criminels du FPR ont fini par exposer inutilement les Tutsi qui vivaient pacifiquement dans les pays de l’Afrique Centrale. C'est le régime de Kigali qui met du feu de la haine dans les cases d'un village africain qui brûle. C’est le FPR qui est devenu le plus grand danger pour l’ethnie Tutsi. C'est lui qui est le fossoyeur de toutes les initiatives de la paix. Il a mis toute une région dans les filets d'une logique d'une culture de guerre de vendetta qui n'épargne même pas les innocents, enfants, femmes, vieillards, etc. Ce n'est pas donc le Congo mais bien le Rwanda qui constitue la première urgence dans la mesure où il faut que le problème crucial de la sécurité et de la paix dans notre région soit résolu.

 

4. Solution à la crise dans la région des Grands Lacs

 

Le RDR  estime que bien que l’accord de Lusaka pour la RDC et l’accord d'Arusha pour le Burundi soient des étapes importantes dans la recherche de la paix dans la sous-région, nous estimons que ces accords restent néanmoins très incomplets et ne peuvent pas atteindre les résultats attendus sans que les crises rwandaise et ougandaise soient simultanément résolues. Ce n'est pas équitable d'être intransigeant en demandant la démocratisation de la RDC tout en appuyant parallèlement les régimes dictatoriaux qui ont envahi ce pays.

 

Le RDR a réaffirmé à maintes reprises que la crise rwandaise, la question des réfugiés en particulier et la persistance des différentes formes de rébellions qui en découlent doivent être placées dans un contexte régional plus large. Feindre ne pas voir l'interpénétration des crises rwandaise, burundaise et congolaise ainsi que les ambitions du régime ougandais actuel serait enfoncer des portes ouvertes, passer à côté des vrais problèmes et pratiquer la politique de l'autruche.

 

La solution à la crise dans la région des Grands Lacs africains, comme ailleurs, réside dans une distribution et une gestion démocratiques du pouvoir. La clé se trouve dans l’avènement d’un Etat de droit pour que les citoyens puissent participer activement et librement aux choix des politiques et avoir la possibilité de choisir librement et de contrôler leurs dirigeants, afin de pouvoir les remplacer, de manière pacifique, chaque fois qu’ils le jugent opportun.

 

On ne pourra jamais résoudre le problème de l'insécurité et de la déstabilisation dans les pays des Grands Lacs sans que tous les protagonistes de l'Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de la RDC discutent autour d'une même table. C'est pourquoi le RDR a accueilli avec satisfaction le fait que maintenant la Belgique, les Etats-Unis d'Amérique et la Grande Bretagne soutiennent l'idée lancée depuis longtemps par la France pour organiser une conférence internationale sur la paix et la sécurité dans notre région. Mais cette conférence ne doit pas être un forum inter-Nations, regroupant les délégués des régimes dictatoriaux qui sont à l’origine de cette crise. Chaque gouvernement et les groupes qui lui sont opposés, qu’ils soient armés ou pas, de toutes tendances et sensibilités politiques, de l’intérieur comme ceux de la diaspora, de la société civile et des représentants des confessions religieuses doivent définir ensemble les meilleures voies pour résoudre les différends qui les opposent.

 

Pour ce faire, il faut un dialogue interne pour chaque pays concerné et pas uniquement pour la RDC. Ce dialogue s’impose pour discuter et se mettre d’accord sur la manière de distribuer et de gérer le pouvoir politique dans la société. C’est dans ce cadre que la conférence internationale sur la paix durable dans les pays de la région des Grands Lacs est pleinement justifiée.

 

Comme le régime de Kagame est le principal responsable de l’internationalisation de la crise dans la région, le dialogue inter-rwandais est un préalable à la solution des conflits dans cette région. Il n’y aura jamais de paix ni de sécurité au Rwanda ni dans cette sous-région aussi longtemps que le RDR et les autres forces démocratiques rwandaises n’auront pas été effectivement impliqués dans les différentes initiatives qui tentent de trouver une solution à la crise rwandaise.

 

 

CONCLUSION